{"id":2985,"date":"2009-05-01T21:39:12","date_gmt":"2009-05-01T20:39:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2985"},"modified":"2009-05-01T21:39:12","modified_gmt":"2009-05-01T20:39:12","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-la-cause-des-banques-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/05\/01\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-la-cause-des-banques-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : La cause des banques, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA CAUSE DES BANQUES<\/strong><\/p>\n<p>La cause est entendue, si elle n\u2019est pas publiquement admise. C\u2019est sur fonds publics que tous les gouvernements essayent de renflouer leurs syst\u00e8mes bancaires, exon\u00e9rant pour l\u2019essentiel les responsables de la d\u00e9confiture financi\u00e8re, essayant de ne pas faire trop de vagues, sans parvenir \u00e0 ce jour \u00e0 leur fin. Sans savoir m\u00eame s\u2019ils y parviendront, quand et comment. Attendant Dieu sait quel miracle, ils bricolent dans l\u2019improvisation et l\u2019urgence des mesures de soutien \u00e0 l\u2019\u00e9conomie et raclent \u00e0 cet effet leurs fonds de tiroir, sans plus de succ\u00e8s d\u2019ailleurs. Des voix des plus autoris\u00e9es commencent \u00e0 s\u2019\u00e9lever pour craindre qu\u2019il ne soit pas s\u00fbr que le pire est derri\u00e8re nous. <\/p>\n<p>Peut-\u00eatre serait-il temps de se demander, afin de parler s\u00e9rieusement, o\u00f9 va bien pouvoir se manifester cette relance dont tout le monde d\u00e9clare voir au lointain les signes avant-coureurs, dans l\u2019espoir de faire patienter, sans trop se demander par quel m\u00e9canisme (ou par quelle magie) elle va pouvoir intervenir ? En r\u00e9alit\u00e9, tous les grands pays occidentaux connaissent, \u00e0 un degr\u00e9 ou \u00e0 un autre, une r\u00e9cession prolong\u00e9e et le seul espoir cr\u00e9dible consiste, au mieux, en une stabilisation possible de la situation \u00e9conomique. C\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une poursuite durable de la r\u00e9cession. Mais comment l\u2019avouer, comment l\u2019admettre, comment y faire face ? <\/p>\n<p>La crise financi\u00e8re, irr\u00e9solue, fait r\u00e9solument obstacle \u00e0 la relance \u00e9conomique. Combien de temps faudra-t-il pour que d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre le bouchon saute ? Sans que la mani\u00e8re en soit alors innocente, car elle ne le sera pas. Il faudra payer, dans une monnaie ou dans une autre. <\/p>\n<p>Dans ces conditions, le miracle d\u2019une relance pourrait-elle venir des Etats-Unis, dont on a toujours dit qu\u2019ils tiraient la croissance mondiale ? Il faudrait pour cela que soit relanc\u00e9e la machine \u00e0 fabriquer l\u2019endettement des particuliers, pour que la consommation, moteur de la croissance am\u00e9ricaine, puisse reprendre. La machinerie financi\u00e8re pr\u00e9tend certes avoir retrouv\u00e9 sa bonne sant\u00e9, mais cela ne convainc pas, tant l\u2019opacit\u00e9 continue de r\u00e9gner de mani\u00e8re flagrante sur ses comptes. Et puis, il ne suffirait pas de relancer le cr\u00e9dit, il faudrait \u00e9galement que la solvabilit\u00e9 des emprunteurs soit r\u00e9tablie, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019\u00e9conomie soit elle-m\u00eame relanc\u00e9e. Un probl\u00e8me classique d\u2019\u0153uf et de poule. <\/p>\n<p><!--more-->Alors, les regards se tournent vers la Chine, le deuxi\u00e8me partenaire de ce \u00ab G2 \u00bb auquel tout le monde accorde un r\u00f4le majeur dans le proche avenir. Mais est-il vraisemblable que celle-ci puisse, en si peu de temps, r\u00e9orienter les bases m\u00eames de sa croissance, pour s\u2019appuyer d\u00e9sormais sur celle de son march\u00e9 int\u00e9rieur ? Supposant une importante r\u00e9organisation de son appareil de production, qui \u00e9tait largement orient\u00e9 vers les march\u00e9s ext\u00e9rieurs, et impliquant \u00e9galement que les chinois cessent d\u2019\u00e9pargner pour se mettre \u00e0 consommer, \u00e0 la faveur de la mise en place d\u2019un syst\u00e8me public de sant\u00e9, qui ne va pas se construire en deux coups de baguette. Peu probable, tout du moins dans les d\u00e9lais dont on nous parle. <\/p>\n<p>L\u2019Europe pourrait-elle \u00eatre la candidate de dernier recours \u00e0 ce r\u00f4le ? Elle, dont le FMI consid\u00e8re que son syst\u00e8me financier va encore devoir faire face \u00e0 une tr\u00e8s lourde charge de d\u00e9pr\u00e9ciations, et qui est p\u00e9nalis\u00e9e par l\u2019absence d\u2019une politique commune de relance ainsi que par les limites de la construction europ\u00e9enne ? Elle, qui porte le boulet de la crise des pays de l\u2019Europe de l\u2019Est, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, la grande malade avec l\u2019Espagne, pour s\u2019\u00eatre tous deux intensivement pr\u00eat\u00e9es aux mirages du capitalisme financier d\u00e9r\u00e9gul\u00e9 ? La vieille Europe r\u00e9siste comme elle peut, mais il ne faut pas lui en demander davantage. <\/p>\n<p>O\u00f9 que l\u2019on se tourne, un retour m\u00eame timide de la croissance n\u2019est pas au rendez-vous, alors que le financement des plans de relance \u00e9conomiques (que l\u2019on ferait mieux de qualifier tout simplement de plans de sauvetage), qui vont devoir immanquablement se succ\u00e9der, suscite des interrogations de plus en plus prononc\u00e9es pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Les pays \u00e9mergents, qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019exc\u00e9dents abondants, n\u2019envisagent pas de les mettre \u00e0 disposition des organisations internationales, sans contre parties politiques et sans garanties. Les Am\u00e9ricains, qui bloquent les r\u00e9formes en profondeur de ces m\u00eames organisations, r\u00e9coltent ainsi ce qu\u2019ils continuent de semer. A part les Etats-Unis, aucun pays n\u2019envisage de s\u2019appuyer sur une politique de cr\u00e9ation mon\u00e9taire intensive, m\u00eame s\u2019il faudra bien s\u2019y r\u00e9soudre t\u00f4t ou tard. Alors que les banques centrales, dont les bilans gonflent d\u00e9mesur\u00e9ment, commencent \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter de la qualit\u00e9 des contreparties que les banques leur fournissent. Le march\u00e9 obligataire de la dette publique, enfin, objet de toutes les convoitises, n\u2019est pas extensible et les experts avis\u00e9s calculent d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il ne saurait r\u00e9pondre \u00e0 toutes les sollicitations \u00e0 venir. Et que le FMI, charg\u00e9 d\u2019une mission internationale de secours tout azimut, n\u2019aura jamais les moyens de faire face \u00e0 toutes les demandes d\u2019aide financi\u00e8re, d\u2019autant qu\u2019il peine \u00e0 boucler le budget que lui a allou\u00e9 le dernier G20 de Londres.  <\/p>\n<p>Il y a pire encore que la description de ce panorama d\u00e9j\u00e0 peu r\u00e9jouissant. Il est clairement apparu que la mani\u00e8re dont les banques essayent de \u00ab r\u00e9parer \u00bb leurs d\u00e9g\u00e2ts est porteuse de nouveaux d\u00e9r\u00e8glements, de nouvelles fragilit\u00e9s, dans une esp\u00e8ce de fuite en avant, sans d\u00e9cidemment aucun substitut d\u2019envisageable. On a dit qu\u2019une nouvelle bulle \u00e9tait en pr\u00e9paration, celle de la dette publique, mais c\u2019est sans compter avec celle de la dette priv\u00e9e, qui est en train de se reconstituer, sous de nouvelles auspices, au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle se d\u00e9gonfle par ailleurs, sous les anciennes. C\u2019est avec peu ou prou les m\u00eames m\u00e9canismes que ceux qui ont suscit\u00e9 la crise au sein de laquelle nous nous trouvons que l\u2019on essaye d\u2019en pr\u00e9parer la sortie. Voil\u00e0 le plus accablant des constats que l\u2019on peut faire aujourd\u2019hui. <\/p>\n<p>Nous sommes entr\u00e9s dans l\u2019acte II de la crise, \u00e9crivais-je il y a quelque temps. En me demandant quel nouveau discours les politiques allaient bien pouvoir tenir, une fois \u00e9puis\u00e9 celui sur la relance prochaine, pour demain ou bien apr\u00e8s-demain. Avec la pand\u00e9mie de la grippe porcine actuelle, mont\u00e9e convenablement en \u00e9pingle, ils ont trouv\u00e9 quelques r\u00e9pits. Une frayeur chasse l\u2019autre, une crise en masque une autre. L\u2019\u00e9poque semble avoir besoin, expression de sa n\u00e9vrose anxiog\u00e8ne collective, de ces grandes peurs largement irrationnelles qu\u2019elle contribue \u00e0 fabriquer, et qui sont d\u00e9sormais mondiales, comme le reste. Tous les corps institutionnels y contribuent, y trouvant leur pitance et leur raison d\u2019\u00eatre. Fabriquant une diversion, certes, mais qui sera de courte dur\u00e9e. <\/p>\n<p>La crise, la vraie, reprendra vite ses droits.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA CAUSE DES BANQUES<\/strong><\/p>\n<p>La cause est entendue, si elle n\u2019est pas publiquement admise. 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