{"id":2994,"date":"2009-05-03T12:55:28","date_gmt":"2009-05-03T11:55:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2994"},"modified":"2009-05-03T12:55:28","modified_gmt":"2009-05-03T11:55:28","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-les-zombies-sont-au-pouvoir-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/05\/03\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-les-zombies-sont-au-pouvoir-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : Les zombies sont au pouvoir, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LES ZOMBIES SONT AU POUVOIR <\/strong> <\/p>\n<p>A force de suivre les \u00e9pisodes \u00e0 rebondissement de l\u2019actualit\u00e9 financi\u00e8re am\u00e9ricaine, au pr\u00e9texte que l\u00e0 se trouve l\u2019\u00e9picentre de la crise (avec son corollaire, qu\u2019il en viendra sa solution), il ne faudrait pas n\u00e9gliger celle qui court en Europe, m\u00eame si elle n\u2019est pas toujours aussi flamboyante. Le FMI a sonn\u00e9 il y a quelques jours le tocsin (le mot n\u2019est pas trop fort), devant ce qui la menace, estimant que le vieux continent \u00e9tait tr\u00e8s loin d\u2019avoir accompli tous ses efforts d\u2019assainissement, qui restaient donc devant lui. Dans son dernier \u00ab Rapport sur la stabilit\u00e9 financi\u00e8re dans le monde \u00bb, il a estim\u00e9 qu\u2019il faudra encore injecter entre 325 milliards et 725 milliards de dollars dans le capital des banques de la zone euro (hors Grande-Bretagne donc) pour les sauver. <\/p>\n<p>Il semble d\u00e9sormais acquis que le syst\u00e8me financier am\u00e9ricain est, dans son enti\u00e8ret\u00e9, dans un \u00e9tat de tr\u00e8s fort d\u00e9labrement. De plus en plus difficile \u00e0 dissimuler, en d\u00e9pit de la r\u00e9cente petite embellie boursi\u00e8re dont il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e0 Wall Street, qui ne signifiait pas que les banques ont recouvert la sant\u00e9, comme on a voulu y croire. A la veille de la publication des \u00ab stress tests \u00bb du Tr\u00e9sor US, d\u00e9j\u00e0 qualifi\u00e9s de \u00ab danse des sept voiles \u00bb par des esprits fac\u00e9tieux, il n\u2019en reste pas grand chose. Chaque \u00e9ch\u00e9ance renvoie \u00e0 la suivante, c\u2019est pour l\u2019instant du moins sans fin. Cela signifie-t-il pour autant que l\u2019Europe n\u2019est que marginalement touch\u00e9e ? <\/p>\n<p>Des banques anglaises et allemandes, n\u00e9erlandaises et belges, puis suisses (j\u2019esp\u00e8re n\u2019avoir oubli\u00e9 personne), ont les unes apr\u00e8s les autres d\u00e9fray\u00e9 la chronique ces derni\u00e8res semaines. Dans cette actualit\u00e9-l\u00e0, il pouvait \u00e0 tort sembler qu\u2019aucun syst\u00e8me financier national n\u2019\u00e9tait atteint dans son entier, comme aux USA. L\u2019accent des gouvernants \u00e9tait mis sur la solidit\u00e9 de leurs banques, sans que des informations ne viennent contredire leurs assertions. Des doutes s\u2019exprimaient tout au plus, isol\u00e9s et minoritaires, des interrogations apparaissaient, r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 des c\u00e9nacles d\u2019initi\u00e9s. <\/p>\n<p><!--more-->En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est l\u2019ensemble du syst\u00e8me financier mondial qui est \u00e0 terre. Les banques centrales, par leurs injections syst\u00e9matiques de liquidit\u00e9s, alimentent l\u2019illusion qu\u2019il fonctionne r\u00e9guli\u00e8rement. Ce ne sont pas, ici et l\u00e0, des banques qui sont devenues des \u00ab zombies \u00bb, comme l\u2019a assen\u00e9 Willem Buiter dans sa chronique du Financial Times, terme qui a depuis fait flor\u00e8s, c\u2019est toute \u00ab l\u2019industrie financi\u00e8re \u00bb qui peut \u00eatre en r\u00e9alit\u00e9 qualifi\u00e9e ainsi. Elle, qui conna\u00eet une d\u00e9route sans pr\u00e9c\u00e9dent, cette orgueilleuse qui ne veut toujours pas en rabattre et qui plaque au sol l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. <\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, les d\u00e9g\u00e2ts sont in\u00e9galement r\u00e9partis mais plus l\u2019on approche de ce qui \u00e9tait l\u2019\u00e9lite du syst\u00e8me bancaire et financier international, plus on touche \u00e0 ce qui \u00e9taient ses centres nerveux, \u00e0 ses grandes places financi\u00e8res, plus ceux-ci sont selon toute probabilit\u00e9 \u00e9tendus, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas des plus apparents. Masqu\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9critures comptables plus ou moins l\u00e9gales, travestis \u00e0 grand renfort d\u2019ing\u00e9nierie financi\u00e8re, planqu\u00e9s dans ces refuges discrets que sont le hors bilan et les \u00ab paradis fiscaux \u00bb et dans ce cas-l\u00e0 externalis\u00e9s dans de discr\u00e8tes filiales, compens\u00e9s partiellement gr\u00e2ce aux profits que les gros r\u00e9alisent en mangeant les petits, aux excellentes affaires en tout genre que la crise suscite (dont le \u00ab carry trade \u00bb qui est de retour), et enfin, en raison de l\u2019argent facile et quasiment gratuit que les banques centrales leur procurent sans compter, les marges op\u00e9rationnelles des banques s\u2019\u00e9largissant en cons\u00e9quence. Sans oublier les aides sur fonds publics, les souscriptions d\u2019actions, les pr\u00eats, les garanties, tout un arsenal mis \u00e0 disposition sans v\u00e9ritables contreparties. <\/p>\n<p>Plus la surface financi\u00e8re des banques est grande, plus les capacit\u00e9s d\u2019absorption et de dissimulation des scories de leurs d\u00e9r\u00e8glements sont importantes. En d\u2019autres termes, l\u2019arbre a pourri par la t\u00eate, pas par les pieds. <\/p>\n<p>Mais, pour revenir \u00e0 l\u2019Europe, prenons donc le cas de la France, cette quasi miracul\u00e9e dont on voudrait nous faire une sainte, dont il nous a \u00e9t\u00e9 dit et redit qu\u2019elle \u00e9tait largement pr\u00e9munie de ces turpitudes d\u2019origine yankees, faisant dire aux mauvais esprits que nous revivions cette \u00e9tonnante situation qui avait voulu que le nuage de Tchernobyl s\u2019\u00e9tait en son temps arr\u00eat\u00e9 aux fronti\u00e8res, de part la seule gr\u00e2ce des autorit\u00e9s a-t-on par la suite d\u00e9couvert. <\/p>\n<p>L\u2019OCDE, dont il nous sera accord\u00e9 qu\u2019elle ne peut \u00eatre suspect\u00e9e de complaisance avec les critiques implacables du capitalisme financier qui enflent par ailleurs, vient de rendre public, le 28 avril dernier, son \u00ab Etude \u00e9conomique de la France 2009 \u00bb. Un exercice rituel, avec un contenu qui en g\u00e9n\u00e9ral ne l\u2019est pas moins. A l\u2019exception de quelques petites phrases, et de commentaires de son auteur lors de sa pr\u00e9sentation, qui ressemblent bien \u00e0 des coups de pied de l\u2019\u00e2ne. Qui n\u2019ont regrettablement pas fait la une de la presse. <\/p>\n<p>\u00ab Il y a clairement des expositions \u00e0 des institutions et \u00e0 un certain nombre d&rsquo;actifs dont l&rsquo;\u00e9valuation est tr\u00e8s difficile aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;il faut rester prudent \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Alain de Serres, co-auteur de l\u2019\u00e9tude, \u00e0 propos des bilans des banques fran\u00e7aises. Insistant, en ajoutant, \u00ab Il faut rester vigilant (&#8230;) tant qu&rsquo;il y aura des doutes qui p\u00e8seront sur le bilan des banques fran\u00e7aises notamment reli\u00e9es \u00e0 la question du traitement des actifs toxiques \u00bb. La r\u00e9cession expose \u00ab les banques \u00e0 de nouvelles d\u00e9gradations de leurs actifs alors qu&rsquo;elles sont d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9es \u00bb, bien qu\u2019elles semblent \u00ab en meilleure posture que dans d&rsquo;autres pays \u00bb (propos repris par l\u2019AFP). <\/p>\n<p>Il y a peu de chance que les r\u00e9sultats du 1er trimestre 2009 de BNP Paribas et de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, qui seront rendus publics mercredi et jeudi prochains, nous \u00e9clairent \u00e0 ce propos. Ces banques ont fait des b\u00e9n\u00e9fices en 2008 et vont continuer \u00e0 en annoncer d\u2019autres, et alors ? Il faut l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 de certains journalistes (je fais r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Nicolas Cori, de Lib\u00e9ration), pour soulever des li\u00e8vres comme cela a \u00e9t\u00e9 derni\u00e8rement le cas \u00e0 propos de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, mais c\u2019est rest\u00e9, tout du moins pour l\u2019instant, sans lendemain. A aller d\u00e9nicher, dans des annexes de compte de bilan, certaines valorisations flatteuses d\u2019actifs, qui ont \u00e9t\u00e9 comme isol\u00e9s dans des filiales qui ont toute l\u2019apparence de structures de cantonnement dont on ne dit pas le nom. La banque, disent les banquiers, est une affaire complexe. Si l\u2019on veut. <\/p>\n<p>La banque d&rsquo;investissement Natixis ne peut m\u00eame plus afficher ce genre de sant\u00e9. Elle est en toute premi\u00e8re ligne, d\u2019apr\u00e8s Fran\u00e7ois P\u00e9rol, le pr\u00e9sident du directoire de la Caisse nationale des caisses d&rsquo;\u00e9pargne et directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Banque f\u00e9d\u00e9rale des Banques populaires, ses maisons-m\u00e8re. Elle pourrait en effet avoir \u00e0 encore d\u00e9pr\u00e9cier ses actifs illiquides, actuellement inscrits pour une valeur actuelle d&rsquo;environ 50 milliards d&rsquo;euros dans ses livres, sans qu\u2019il soit pr\u00e9cis\u00e9 de combien. Natixis, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 ce jour la plus touch\u00e9e des banques fran\u00e7aises, a en 2008 reconnu 2,8 milliards d\u2019euros de perte, et cela risque de ne se r\u00e9v\u00e9ler que de la menue monnaie. Les deux r\u00e9seaux, qui ont d\u00e9j\u00e0 d\u00fb fusionner pour faire face \u00e0 leurs propres pertes, sont dans l\u2019incapacit\u00e9 de faire face \u00e0 cette situation par leurs propres moyens. En d\u00e9cembre dernier, Natixis avait cantonn\u00e9 dans une structure sp\u00e9cifique un \u00ab certain nombre d&rsquo;actifs risqu\u00e9s, totalement illiquides (\u2026) des actifs titris\u00e9s, de l&rsquo;exposition aux r\u00e9hausseurs de cr\u00e9dit essentiellement am\u00e9ricains, de l&rsquo;exposition \u00e0 des v\u00e9hicules sophistiqu\u00e9s \u00bb a reconnu, en guise d\u2019\u00e9valuation provisoire des d\u00e9g\u00e2ts, Fran\u00e7ois P\u00e9rol, devant une commission du S\u00e9nat le 29 avril dernier.<\/p>\n<p>Va-t-il falloir envisager en France, comme il semble que cela puisse prendre tournure aux USA, avec la publication retard\u00e9e \u00e0 jeudi prochain des r\u00e9sultats des fameux \u00ab stress tests \u00bb (le temps de n\u00e9gocier avec les banques le bout de gras), une op\u00e9ration v\u00e9rit\u00e9 ? Chaque gouvernement en retarde le plus possible l\u2019\u00e9ch\u00e9ance et ne s\u2019y r\u00e9sout que lorsque ne rien dire serait encore pire. Les Allemands ont ainsi repouss\u00e9 \u00e0 septembre prochain, \u00e0 apr\u00e8s leurs \u00e9lections l\u00e9gislatives, la cr\u00e9ation de \u00ab bad banks \u00bb. Les travaillistes britanniques, selon toute probabilit\u00e9, vont \u00eatre en quelque sorte sauv\u00e9s par leur prochaine d\u00e9faite \u00e9lectorale et passeront ainsi le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 leurs successeurs. En France (et aux USA), la majorit\u00e9 politique ne dispose pas de cette ressource, et c\u2019est bien emb\u00eatant pour ceux qui occupent les si\u00e8ges du pouvoir.<\/p>\n<p>Un article du 27 avril dernier de Dominique Mariette, dans slate.fr, avait \u00e0 ce propos de quoi attirer l\u2019attention. Sous le titre : \u00ab L&rsquo;Elys\u00e9e envisage de nationaliser les banques \u00bb, l\u2019ancienne r\u00e9dactrice en chef de la Tribune, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les questions financi\u00e8res, \u00e9crivait : \u00ab L\u2019Elys\u00e9e explore toutes les pistes pour assainir la situation des banques fran\u00e7aises. Si la crise financi\u00e8re se prolonge, comme cela semble \u00eatre le cas aux Etats-Unis, l\u2019ann\u00e9e 2009 pourrait se traduire \u00e0 nouveau par de tr\u00e8s mauvaises surprises avec de nouvelles d\u00e9pr\u00e9ciations d\u2019actifs, des pertes et pour finir des probl\u00e8mes de solvabilit\u00e9. Pour faire face \u00e0 un tel sc\u00e9nario, l\u2019Elys\u00e9e \u00e9tudie la possibilit\u00e9 de lancer un grand emprunt afin de financer des nationalisations temporaires qui permettraient d\u2019isoler les actifs toxiques et de les cantonner dans une structure ad hoc. La Caisse des d\u00e9p\u00f4ts pourrait aussi \u00eatre appel\u00e9e en renfort. \u00bb <\/p>\n<p>Aucune source n\u2019a certes \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9e \u00e0 l\u2019appui de cette information, mais elle ne d\u00e9tonne pas dans le paysage, et elle ne devrait pas \u00eatre d\u00e9mentie par la suite des op\u00e9rations. <\/p>\n<p>Depuis octobre dernier, l\u2019Etat fran\u00e7ais pratique l\u2019\u00e9quivalent de l\u2019art discret de l\u2019endettement hors bilan, gr\u00e2ce \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Financement de l&rsquo;Economie Fran\u00e7aise (SFEF), que pr\u00e9side Michel Camdessus, ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral du FMI. Cette structure avait \u00e9t\u00e9 initialement d\u00e9nomm\u00e9e Soci\u00e9t\u00e9 de Refinancement des Activit\u00e9s des Etablissements de Cr\u00e9dit (SRAEC), mais il faut croire que son activit\u00e9 \u00e9tait ainsi trop explicitement d\u00e9crite et qu\u2019il fallait la baptiser autrement. La SFEF, soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e d\u00e9tenue \u00e0 66% par sept grandes banques fran\u00e7aises et 34% par l\u2019Etat, est un interm\u00e9diaire entre les march\u00e9s et les \u00e9tablissements de cr\u00e9dit, avec pour mission de r\u00e9aliser des \u00e9missions sur le march\u00e9 obligataire, en lieu et place des banques, avec la garantie de l\u2019Etat, et de leur pr\u00eater ensuite les fonds recueillis. A ce jour, elle a \u00e9mis 35 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;obligations libell\u00e9es en euros et 18,5 milliards de dollars de titres libell\u00e9s en dollars. Les \u00e9missions de la SFEF sont pour l\u2019instant plafonn\u00e9es \u00e0 265 milliards d&rsquo;euros sur la dur\u00e9e de vie du programme, actuellement pr\u00e9vue pour la fin 2009. <\/p>\n<p>Ce montage permet donc d\u2019\u00e9vacuer du budget de l\u2019Etat la charge de refinancement des banques fran\u00e7aises, mais il est un peu scabreux. C\u2019est la raison pour laquelle il a peut-\u00eatre fait son temps. Il \u00e9vite \u00e9galement de poursuivre l\u2019\u00e9mission par les banques d\u2019actions subordonn\u00e9es (sans droit de vote), souscrites par l\u2019Etat mais politiquement insoutenables, si elles devaient se poursuivre. <\/p>\n<p>Mais les ratios sont les ratios. Au fur et \u00e0 mesure que des d\u00e9pr\u00e9ciations d\u2019actifs vont devoir in\u00e9vitablement \u00eatre enregistr\u00e9es dans le monde bancaire, il ne va plus lui \u00eatre possible de pr\u00e9tendre toujours \u00eatre \u00ab dans les clous \u00bb de B\u00e2le II, ces accords internationaux d\u00e9terminant les r\u00e9serves en capital dont les banques doivent obligatoirement disposer. Des recapitalisations vont donc \u00eatre n\u00e9cessaires. <\/p>\n<p>C\u2019est cette exigence \u00e0 venir qui explique l\u2019\u00e9nervement manifeste que les estimations du FMI en mati\u00e8re de recapitalisation ont suscit\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion de sa r\u00e9cente \u00ab r\u00e9union de Printemps \u00bb de Washington, chez Jean-Claude Trichet, gardien du temple de la BCE, ainsi accessoirement que chez Christine Lagarde, ministre fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9conomie. Le doigt \u00e9tait en effet mis l\u00e0 o\u00f9 cela fait politiquement mal. <\/p>\n<p>C\u2019est dans ce m\u00eame contexte qu\u2019il faut aussi analyser les sourdes batailles en cours, dont il ne nous parvient que des \u00e9chos tr\u00e8s affaiblis, \u00e0 propos de l\u2019\u00e9volution des normes comptables d\u2019\u00e9valuation des actifs, suite \u00e0 celle qui est intervenue en urgence aux USA. Et pour laquelle l\u2019\u00ab International Accounting Standards Board \u00bb (IASB), l\u2019organisme en charge dont le si\u00e8ge est \u00e0 Londres, tra\u00eene les pieds aux yeux de nos \u00e9diles. Sous l\u2019\u00e9tendard de la lutte contre la finance am\u00e9ricaine, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9e pour avoir export\u00e9 son mal, que les banques europ\u00e9ennes ont pourtant \u00e9t\u00e9 ravies de partager, elles pr\u00e9tendent prot\u00e9ger le syst\u00e8me financier europ\u00e9en de dangereux d\u00e9s\u00e9quilibres concurrentiels. En r\u00e9alit\u00e9, Il est surtout cherch\u00e9 le moyen de minorer au maximum la n\u00e9cessit\u00e9 de recapitaliser celui-ci, en raison des risques politiques redout\u00e9s qui en d\u00e9couleront. <\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, par quelque bout que l\u2019on prenne les choses, nous sommes bien entr\u00e9s dans l\u2019acte II de la crise. Elle \u00e9tait financi\u00e8re et \u00e9conomique, elle va devenir politique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LES ZOMBIES SONT AU POUVOIR <\/strong> <\/p>\n<p>A force de suivre les \u00e9pisodes \u00e0 rebondissement de l\u2019actualit\u00e9 financi\u00e8re am\u00e9ricaine, au pr\u00e9texte que l\u00e0 se trouve l\u2019\u00e9picentre de la crise (avec son corollaire, qu\u2019il en viendra sa solution), il ne faudrait pas n\u00e9gliger celle qui court en Europe, m\u00eame si elle n\u2019est pas [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[],"class_list":["post-2994","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2994","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2994"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2994\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2996,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2994\/revisions\/2996"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2994"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2994"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2994"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}