{"id":30002,"date":"2011-10-24T06:50:53","date_gmt":"2011-10-24T04:50:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=30002"},"modified":"2013-01-02T14:30:54","modified_gmt":"2013-01-02T13:30:54","slug":"lactualite-de-la-crise-dirigeants-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/10\/24\/lactualite-de-la-crise-dirigeants-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>DIRIGEANTS AU BORD DE LA CRISE DE NERFS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Fin du premier round avec des informations fragmentaires, voire contradictoires. Une seule certitude \u00e9merge, en d\u00e9pit de l\u2019affirmation de Nicolas Sarkozy selon qui un \u00ab\u00a0assez large accord est en train de se dessiner\u00a0\u00bb : ils sont loin du compte.<\/p>\n<p>En premier lieu parce que le sort de la dette grecque d\u00e9pend des n\u00e9gociations qui sont engag\u00e9es avec les banques, puisque toute d\u00e9cote doit \u00eatre accept\u00e9e sur une base <i>volontaire<\/i> pour ne pas \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 un d\u00e9faut qui indisposerait les <i>march\u00e9s<\/i>. C\u2019est tout du moins le pr\u00e9texte donn\u00e9. \u00ab\u00a0Les n\u00e9gociations avec les banques viennent de d\u00e9buter et il serait inutile de faire des sp\u00e9culations\u00a0\u00bb, a reconnu Angela Merkel. <\/p>\n<p>Or, les banques ne veulent pas d\u2019une d\u00e9cote sup\u00e9rieure \u00e0 40 % (au lieu des 50 % minimum demand\u00e9s), afin de ne pas d\u00e9pendre par la suite des fonds publics pour se recapitaliser pour y faire face, et risquer de devoir respecter en contrepartie certaines contraintes. Que le rapport de la <i>Tro\u00efka<\/i> estime que cela ne serait pas suffisant pour que la Gr\u00e8ce reprenne la ma\u00eetrise de sa dette est parfaitement secondaire.<\/p>\n<p><!--more-->En second lieu, parce qu\u2019un montant de 110 milliards d\u2019euros a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 propos de la recapitalisation des banques, mais ce chiffrage avantageux est en trompe-l\u2019oeil. Il a \u00e9t\u00e9 obtenu en retenant un ratio de 9 % et en calculant l\u2019exposition des banques \u00e0 la dette souveraine une fois celle-ci valoris\u00e9e au prix du march\u00e9. Les banques qui n\u2019atteindront pas ce ratio, selon ce calcul, auront jusqu\u2019\u00e0 fin juin 2012 pour y parvenir. Afin de les aider, l\u2019Union europ\u00e9enne envisage de r\u00e9activer les garanties offertes aux banques pour qu\u2019elles trouvent des financements \u00e0 moyen et long terme, en compl\u00e9ment du court terme dont la BCE fait son affaire. Il a surtout \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 que les 46 milliards d\u2019aide d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9s pour les banques portugaises, irlandaises et grecques, et dont une partie a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 vers\u00e9e, venaient en d\u00e9duction des 110 milliards annonc\u00e9s, ce qui r\u00e9duit singuli\u00e8rement leur port\u00e9e.<\/p>\n<p>On touche du doigt le principal probl\u00e8me qui parcourt ces rencontres appel\u00e9es \u00e0 durer jusqu\u2019\u00e0 mercredi\u00a0: les \u00c9tats europ\u00e9ens n\u2019ont pas les moyens financiers de leurs ambitions. <\/p>\n<p>Le gouvernement italien en a fait hier dimanche les frais, somm\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0\u00e0 la hauteur de ses responsabilit\u00e9s\u00a0\u00bb par Angela Merkel, et de suivre l\u2019exemple des Grecs, Espagnols et autres Portugais en serrant la vis \u00e0 son tour. La raison de cette subite injonction est simple\u00a0: aucun accord n\u2019a pu \u00eatre trouv\u00e9 sur les moyens de renforcer financi\u00e8rement le FESF pour aider les Italiens et les Espagnols. <\/p>\n<p>Par ailleurs, les solutions encore pr\u00e9sentes sur le tapis des n\u00e9gociations ne peuvent d\u00e9gager que des moyens limit\u00e9s. Que ce soit le montage assurantiel, ou celui qui adosserait le FESF \u00e0 un <i>v\u00e9hicule sp\u00e9cial<\/i> financ\u00e9 par les fonds souverains des pays <i>\u00e9mergents<\/i>, dans lequel le FMI pourrait s&rsquo;impliquer. Toute participation de la BCE d\u00e9sormais rejet\u00e9e, il ne reste plus au gouvernement italien qu\u2019\u00e0 redoubler d\u2019efforts pour r\u00e9duire son d\u00e9ficit et sa dette. Un conseil des ministres extraordinaire va \u00eatre convoqu\u00e9 sur la question des retraites d\u00e8s aujourd\u2019hui lundi par Silvio Berlusconi. C\u2019est la m\u00eame histoire qui recommence. <\/p>\n<p>Toute pr\u00e9sentation des deux sommets d\u2019hier dimanche comme un affrontement entre des politiques <i>nationales<\/i> qui se solderait par une victoire allemande occulterait une constatation bien plus d\u00e9terminante\u00a0: les dirigeants europ\u00e9ens sont enferm\u00e9s comme des insectes dans un bocal et s\u2019y agitent dans tous les sens, incapables d\u2019en ouvrir le couvercle, \u00e0 tous points de vue d\u00e9pass\u00e9s, au plan financier financier mais aussi conceptuel. <\/p>\n<p>Devenus h\u00e9t\u00e9rodoxes, les Fran\u00e7ais sont au nom du r\u00e9alisme partisans d\u2019actionner la planche \u00e0 billets tandis que les Allemands, orthodoxes, se crispent en faveur de la rigueur et de la r\u00e9duction de la dette publique. Ce sont en r\u00e9alit\u00e9 deux versions de la m\u00eame aveugle fuite en avant.<\/p>\n<p>Faire disposer d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre le FESF d&rsquo;un effet de levier revient \u00e0 lui faire jouer le r\u00f4le d&rsquo;un rehausseur de cr\u00e9dit, telle une soci\u00e9t\u00e9 financi\u00e8re qui fait b\u00e9n\u00e9ficier ceux qui font appel \u00e0 ses services d&rsquo;un meilleur taux sur le march\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 sa garantie. Dans le contexte actuel, ce sera un montage financier de tous les dangers. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fin du premier round avec des informations fragmentaires, voire contradictoires. 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