{"id":30249,"date":"2011-10-30T05:21:27","date_gmt":"2011-10-30T03:21:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=30249"},"modified":"2013-01-02T01:03:27","modified_gmt":"2013-01-02T00:03:27","slug":"apres-lindignation-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/10\/30\/apres-lindignation-par-zebu\/","title":{"rendered":"<b>APR\u00c8S L&rsquo;INDIGNATION<\/b>, par z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Un billet est une dr\u00f4le de chose, une chose qui vous \u00e9chappe, d\u00e8s qu\u2019elle est pos\u00e9e sur un coin de table, sur une table ouverte o\u00f9 chacun peut s\u2019en saisir et l\u2019auteur en \u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9, \u00e0 moins que ce ne soit le billet qui ne le soit, allez savoir. C\u2019est ainsi et c\u2019est tant mieux<\/p>\n<p>Dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=29938\">\u00ab\u00a0Une radicalit\u00e9 simple\u00a0\u00bb<\/a>, contrairement \u00e0 mes habitudes, je n\u2019ai pas voulu intervenir, pour ne pas interf\u00e9rer dans un d\u00e9bat que je pressentais important et sensible, \u00e0 raison semble-t-il. Le pressentiment est un organe complexe et difficile \u00e0 manier, certains diront qu\u2019il doit donc l\u2019\u00eatre avec d\u2019autant plus de circonspection. Reste qu\u2019une mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire ne peut pas tenir compte de l\u2019infinie vari\u00e9t\u00e9 des sensibilit\u00e9s, au risque de se d\u00e9naturer et de ne plus pouvoir transmettre, ce qui est pourtant le but\u00a0: toujours sur le fil mais ne jamais (trop) y penser. C\u2019est ainsi et c\u2019est tant mieux.<\/p>\n<p>Cela permet d\u2019avancer dans des \u00e9changes dont on voit bien qu\u2019ils sont un des moteurs de ce blog. Restent cependant des interrogations, des incompr\u00e9hensions et des questions. Il me semble n\u00e9cessaire d\u2019y r\u00e9pondre, si l\u2019objet d\u2019un billet est bien toujours d\u2019\u00e9changer, mais en identifiant cette fois-ci ce qui pourrait relever d\u2019impasses et de portes de sorties dans une cartographie limit\u00e9e d\u2019un territoire humain en perp\u00e9tuelle \u00e9volution\u00a0: comme le disait un commentateur, la carte n\u2019est pas le territoire. Mais sans cartes, il n\u2019y a que des terres inconnues.<\/p>\n<p><!--more-->La premi\u00e8re des impasses serait de se focaliser sur le niveau de radicalit\u00e9. Car l\u00e0 o\u00f9 il me semblait porter un constat, certains y ont vu une critique des mouvements des <em>indign\u00e9s<\/em>, critique malvenue au demeurant de la part de quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;est ni indign\u00e9, ni dans l&rsquo;action. La question de l&rsquo;absence programmatique de ces mouvements ne se pose pas, d&rsquo;abord parce qu&rsquo;elle est pr\u00e9matur\u00e9e et ensuite parce que, \u00e0 raison me semble-t-il, ces mouvements portent en premier lieu une r\u00e9action ou une r\u00e9sistance l\u00e0 o\u00f9 des partis portent (enfin, devraient porter) des projets politiques. Ainsi, la premi\u00e8re des radicalit\u00e9s que je soulignais des <em>indign\u00e9s<\/em> est de renouveler la forme du d\u00e9bat d\u00e9mocratique\u00a0: rejet de porte-paroles patent\u00e9s, affirmations concr\u00e8tes sur des espaces publics du mal-\u00eatre de soci\u00e9t\u00e9s qui se jouent la pi\u00e8ce des trois petits singes, apolitisme revendiqu\u00e9 haut et fort chamboulant les codes classiques de la politique.<\/p>\n<p>Mais absence de programme ne signifie pas non plus absence de buts politiques, qui permettent de donner une signification \u00e0 l&rsquo;indignation, pour les <em>indign\u00e9s<\/em> mais aussi et surtout pour les fameux 70 % de la population dont on pose comme principe ou hypoth\u00e8se qu\u2019ils partagent une vision commune de la crise. Sur ce point d&rsquo;ailleurs, rien n\u2019est certain et tout reste \u00e0 d\u00e9montrer. Car force est de constater que malgr\u00e9 l&rsquo;approfondissement de la crise, jour apr\u00e8s jour, un sens commun tel qu&rsquo;il puisse \u00eatre partag\u00e9 par 70 % de la population n&rsquo;a pu \u00e9merger, et ce malgr\u00e9 les multiples mobilisations, massives dans les rues, qui ne parviennent pas \u00e0 cr\u00e9er une assise sociale suffisante pour d\u00e9boucher sur une remise en cause profonde du cadre dans lequel cette crise se joue. Pire m\u00eame, dans certains pays comme l\u2019Espagne ou le Portugal, malgr\u00e9 cette \u00ab\u00a0grande perdition\u00a0\u00bb (ou \u00e0 cause de celle-ci), le d\u00e9bouch\u00e9 imm\u00e9diat en termes politiques lors d&rsquo;\u00e9lections se r\u00e9v\u00e8le encore plus catastrophique et dans d&rsquo;autres, comme la Gr\u00e8ce ou l\u2019Italie, on assiste au spectacle navrant de l&rsquo;incapacit\u00e9 de produire une alternance politique.<\/p>\n<p>Ailleurs, lors des r\u00e9voltes arabes, la question du d\u00e9bouch\u00e9 politique ne se posait pas, tant il semblait n\u00e9cessaire et \u00e9vident que la dictature prenne fin, tandis qu&rsquo;en d\u00e9mocratie, la r\u00e9volte contre la ploutocratie vient immanquablement buter sur une repr\u00e9sentation d\u00e9mocratique qui se refuse \u00e0 affronter un tant soit peu l&rsquo;ordre d&rsquo;un monde qui les surplombe. Reste qu&rsquo;en Tunisie, en \u00c9gypte ou ici, le vide politique finit peu ou prou par \u00eatre occup\u00e9, soit par ceux qui furent absents des r\u00e9voltes, soit par ceux qui h\u00e9rit\u00e8rent du pouvoir, soit par les dirigeants au pouvoir m\u00eame. On oublie en France combien les \u00e9meutes (les r\u00e9voltes ?) des banlieues \u00e0 l&rsquo;automne 2005 (6 ans d\u00e9j\u00e0) ont indirectement\u00a0et malencontreusement contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019accession au pouvoir du dirigeant actuel, surfant sur la \u00ab\u00a0peur du chaos\u00a0\u00bb adroitement instill\u00e9e, opposant la \u00ab\u00a0France qui travaille\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;autre France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au demeurant, ce n&rsquo;est pas la mesure de la radicalit\u00e9 qui fait d\u00e9faut puisque ce sera \u00e0 qui proposera le plus de radicalit\u00e9, qui lavera plus blanc que blanc\u00a0(m\u00eame dans les n\u0153uds radicalement nou\u00e9s) : devant cette surench\u00e8re, les chalands ont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 chemin et s&rsquo;en retournent \u00e0 la bonne vieille offre politique ou taquiner le goujon, lequel n&rsquo;a rien \u00e0 dire. Changer de cadre, certes, mais perdus comme nous sommes dans cette \u00ab\u00a0grande perdition\u00a0\u00bb sans carte et sans boussole, rester sur les sentiers balis\u00e9s est encore le meilleur moyen de ne point se perdre plus et mieux. De sorte que l&rsquo;impasse de la radicalit\u00e9 telle que pos\u00e9e et d\u00e9finie plus avant doit nous permettre de poser la question non pas tant de la quantit\u00e9 de radicalit\u00e9 n\u00e9cessaire mais bien de sa g\u00e9ographie et de son histoire.<\/p>\n<p>La seconde impasse serait d&rsquo;oublier les enseignements qu&rsquo;a pu nous livrer l&rsquo;histoire sur les r\u00e9voltes et r\u00e9volutions diverses et vari\u00e9es, dont je n&rsquo;ai retrac\u00e9 (avec le malheureux oubli du CNR et de ses suites) que les plus grands mouvements tectoniques contemporains et pour ne parler que de la France, comme toujours lorsque les Fran\u00e7ais se complaisent \u00e0 parler <em>d&rsquo;Histoire<\/em>. Ces enseignements sont que le corps social et l&rsquo;esprit philosophique des r\u00e9voltes vont de pair et que s&rsquo;il vient \u00e0 manquer l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, celles-ci s&rsquo;\u00e9tiolent irr\u00e9m\u00e9diablement dans les sables mouvants et mordor\u00e9s des empires sanglants, des Guizot et des Thiers renouvel\u00e9s, sans oublier les P\u00e9tain faisant don de leur personne \u00e0 une France qui ne l&rsquo;avait pas requise.<\/p>\n<p>Cette histoire avec laquelle renouent la Tunisie et l&rsquo;\u00c9gypte, apr\u00e8s plus de 40 ans de temps suspendu, est en train de livrer \u00e0 nouveau son message, \u00e0 savoir que si l&rsquo;on ne s&rsquo;att\u00e8le pas \u00e0 d\u00e9finir simplement mais radicalement des buts politiques, d&rsquo;autres le feront pour vous et comme l&rsquo;on sait que \u00ab\u00a0poser la question, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 y r\u00e9pondre\u00a0\u00bb, nul doute qu\u2019ils y trouveront les r\u00e9ponses qu&rsquo;ils souhaitent apporter. L&rsquo;islamisme \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb est ainsi une possibilit\u00e9 de substituer des buts politiques mis \u00e0 bas (l&rsquo;ordre dictatorial) par d&rsquo;autres buts politiques (l&rsquo;ordre et la justice sociale, fond\u00e9 sur des\u00a0 valeurs religieuses), alors m\u00eame que les islamistes ne particip\u00e8rent pas aux r\u00e9voltes mais en r\u00e9colt\u00e8rent les fruits.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats, d\u00e9mocratiques, ne pr\u00e9jugent pas, m\u00eame \u00e0 court terme, des dynamiques sociales et politiques futures (notamment la confrontation d&rsquo;avec l&rsquo;ordre \u00e9conomique international) mais ils enseignent que si les r\u00e9voltes furent radicales dans leurs formes (absence de leaders, pacifisme, manifestations sur les lieux publics, mobilisations des r\u00e9seaux sociaux sur internet) et dans la chute de la dictature comme but politique, il s&rsquo;av\u00e8re au final que le corps social des r\u00e9voltes s&rsquo;\u00e9tiola par absence de buts politiques une fois la dictature tomb\u00e9e. On peut ainsi faire un parall\u00e8le avec les mouvements des <em>indign\u00e9s<\/em> en Occident, dont nombre de caract\u00e9ristiques peuvent \u00eatre retrac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aune de ces r\u00e9voltes arabes mais dont on peut aussi l\u00e9gitimement se poser la question, sans pour autant que cela soit une critique, de ce qu&rsquo;il en adviendra lorsque le grand effondrement succ\u00e9dera \u00e0 la \u00ab\u00a0grande perdition\u00a0\u00bb. \u00c0 mon sens, pas grand chose.<\/p>\n<p>Certains d&rsquo;ailleurs attendent patiemment l&rsquo;heure qu&rsquo;ils disent \u00eatre la leur et d&rsquo;autre n&rsquo;esp\u00e8rent rien tant qu&rsquo;un soubresaut plus brutal encore de la crise pour se remettre en selle quand ils sont eux-m\u00eames en grande perdition politique, l&rsquo;essentiel \u00e9tant alors de fournir une r\u00e9ponse politique, quelle qu\u2019elle soit, du moment qu&rsquo;elle puisse donner un sens \u00e0 tout \u00e7a. Les conservateurs et r\u00e9actionnaires de tout poil en Europe et plus largement en Occident (par exemple le Tea Party aux USA) ne sont en cela que les pendants r\u00e9alis\u00e9s ou \u00e0 venir de l&rsquo;islamisme \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb dans les pays arabes, tout autant d\u00e9mocratique que ne le sont ou le seront ces derniers. \u00c0 l&rsquo;inverse, et quel que soit le degr\u00e9 de radicalit\u00e9 des id\u00e9es politiques, l&rsquo;histoire apprend aussi que sans le corps social de la r\u00e9volte ces id\u00e9es ne feront rien germer\u00a0: 40 ans d&rsquo;oppositions politiques aux r\u00e9gimes de Ben Ali et de Moubarak se sont r\u00e9sum\u00e9s dans l&rsquo;immolation d&rsquo;un vendeur de rue \u00e0 qui on avait retirer le droit de commercer et de gagner sa vie. C&rsquo;est parce que l&rsquo;injustice est faite homme que les hommes recherchent la justice.<\/p>\n<p>Il y a n\u00e9anmoins \u00e0 ce stade une remarque \u00e0 faire, sans quoi nous entrerions l\u00e0 encore dans une autre impasse\u00a0: il ne m&rsquo;appara\u00eet pas relever de la responsabilit\u00e9 des mouvements d&rsquo;<em>indign\u00e9s<\/em> d&rsquo;apporter par eux-m\u00eames obligatoirement une r\u00e9ponse politique, encore moins de porter la responsabilit\u00e9 de son absence en cas d&rsquo;effondrement et de ses cons\u00e9quences, quelles qu&rsquo;elles soient. Identifier un manque n&rsquo;en n&rsquo;impute pas la responsabilit\u00e9 car comme chacun sait, on ne peut \u00eatre \u00e0 la foire et au moulin\u00a0: si les <em>indign\u00e9s<\/em> ont choisi de porter leurs col\u00e8res au moulin, ils se refusent (\u00e0 bon droit) de participer \u00e0 la foire politique, du moins telle qu&rsquo;elle se pr\u00e9sente \u00e0 eux.<\/p>\n<p>\u00c0 force d&rsquo;apolitisme, les <em>indign\u00e9s<\/em> en sont venus \u00e0 rechercher \u00e0 se situer, mais dans le cadre constitu\u00e9. La question de la <em>g\u00e9ographie<\/em> de la r\u00e9flexion politique dans ces mouvements risque donc d&rsquo;\u00eatre byzantine, d&rsquo;autant plus que la forme choisie de d\u00e9bats par consensus risque de devoir concilier les aspects ontologiques des mouvements (pacifisme, apolitisme) et la n\u00e9cessaire dose de radicalit\u00e9 quant au politique, en rapport avec le niveau d&rsquo;indignation exprim\u00e9e. Les questions politiques tourneront donc autour du cadre ou \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur mais pas sur le cadre m\u00eame. En ce sens, j&rsquo;ai donc indiqu\u00e9 que les r\u00e9flexions de Paul Jorion \u00e9taient une \u00ab\u00a0radicalit\u00e9 simple\u00a0\u00bb, que je ne retrouvais pas au sein des mouvements des <em>indign\u00e9s<\/em>.<\/p>\n<p>Radicalit\u00e9, non pas parce que le niveau de radicalisme pour participer aux d\u00e9bats men\u00e9s notamment sur ce blog est si \u00e9lev\u00e9 qu&rsquo;il en interdit l&rsquo;acc\u00e8s aux plus paisibles des citoyens (bien au contraire) mais bien parce que ces d\u00e9bats se centrent sur le cadre lui-m\u00eame de nos actions, d\u00e9bats qui d&rsquo;ailleurs donnaient lieu \u00e0 l&rsquo;expression de positions polaris\u00e9es quant aux priorit\u00e9s \u00e0 d\u00e9finir pour d&rsquo;\u00e9ventuels plans d&rsquo;action ou aux responsabilit\u00e9s des uns ou des autres.<\/p>\n<p>Simple, parce que contrairement aux apparences, c&rsquo;est bien le refus d&rsquo;une radicalit\u00e9 pour la radicalit\u00e9 qui fait que l&rsquo;objectif premier est de pouvoir faire sens socialement, afin de construire un socle social\u00a0: les fameux 70 %. Cette simplicit\u00e9 doit d&rsquo;ailleurs se retrouver dans l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 des choses (\u00ab\u00a0ce qui se con\u00e7oit bien s&rsquo;\u00e9nonce clairement\u00a0\u00bb) mais reste sous-jacente \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de faire sens commun. Sur ce point, la simplicit\u00e9 est aussi un but politique. Certains ont d&rsquo;ailleurs cit\u00e9 Orwell et sa \u00ab\u00a0Common Decency\u00a0\u00bb\u00a0: de la m\u00eame mani\u00e8re qu&rsquo;il existerait un penchant naturel au bien, un bon sens partag\u00e9 par tous, il existerait aussi la capacit\u00e9 naturelle de remettre en cause nos propres cadres. A condition, comme le soulignait l&rsquo;auteur, de ne pas s&rsquo;extraire, de ne pas se couper de la vie quotidienne, en premier lieu parce que celle-ci nous enseigne mais aussi parce que nous perdons dans le cas contraire la capacit\u00e9 \u00e0 signifier simplement aux hommes.<\/p>\n<p>Les deux mamelles d&rsquo;une radicalit\u00e9 simple, que l&rsquo;on pourrait d\u00e9finir par erreur comme un oxymore, seraient\u00a0de :<\/p>\n<p>1\/ s&rsquo;attacher \u00e0 d\u00e9finir non plus le niveau de radicalit\u00e9 n\u00e9cessaire pour modifier le cadre mais plut\u00f4t cibler ce qui d\u00e9finit le cadre lui-m\u00eame. De ce seul fait, toute action ou r\u00e9flexion ciblant ce cadre serait par nature une radicalit\u00e9, peu importe par ailleurs le niveau de celle-ci\u00a0;<\/p>\n<p>2\/ se baser sur ce qui fonde la vie quotidienne de chacun, afin que chacun puisse saisir imm\u00e9diatement ce que chacun a en commun quant aux r\u00e9flexions ou actions propos\u00e9es, quelles que soient leurs radicalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Analysons les diff\u00e9rents termes que Paul Jorion nous a propos\u00e9s, sous la perspective mamellaire devenue ainsi famili\u00e8re\u00a0: h\u00e9ritage, int\u00e9r\u00eat\/pr\u00eat, propri\u00e9t\u00e9. Sur ces trois termes, on peut y d\u00e9celer le fait qu&rsquo;ils soient constitutifs du cadre actuel et le fait qu&rsquo;ils nous sont quotidiens (au sens non pas de journalier mais bien de proximit\u00e9). Point de banalit\u00e9 excessive qui nous les ferait \u00e9carter de nos r\u00e9flexions, \u00e9tant donn\u00e9 leurs importances sociales, mais point non plus de radicalit\u00e9 excessive qui nous en ferait des objets \u00e9trangers. On pourrait ajouter \u00e0 cette liste un certain nombre de termes.<\/p>\n<p>On a \u00e9voqu\u00e9 ainsi le prix, que l&rsquo;on s&rsquo;efforce d&rsquo;\u00e9plucher radicalement pour mieux en saisir toute la banale familiarit\u00e9. Il reste encore beaucoup \u00e0 dire sur ce sujet, notamment sur la proportionnalit\u00e9. Mais l&rsquo;on pourrait aussi poursuivre en si bonne voie avec le travail, dont \u00ab\u00a0ils ne mourraient pas tous mais (dont) tous \u00e9taient frapp\u00e9s\u00a0\u00bb. Mais aussi avec la monnaie, que l&rsquo;on utilise dans nos \u00e9changes tant et si bien que nos \u00e9changes finissent par se monnayer et nous co\u00fbter fort cher. Mais aussi avec la fiscalit\u00e9 sur les revenus dont on a oubli\u00e9 combien la radicalit\u00e9 de son existence fut d\u00e9cri\u00e9e \u00e0 sa cr\u00e9ation, pour ne rien dire de la simplicit\u00e9 universelle de sa progressivit\u00e9. Mais aussi avec la d\u00e9l\u00e9gation que nous octroyons \u00e0 nos repr\u00e9sentants pour diriger la chose publique. Mais aussi avec le partage de la connaissance. Mais aussi\u2026<\/p>\n<p>Tout un programme.<\/p>\n<p>Un programme dont les mouvements des <em>indign\u00e9s<\/em> pourraient s&rsquo;inspirer pour alimenter leurs actions, et inversement, le blog de Jorion (\u00ab\u00a0le rade, avec une porte verte, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;atelier du p\u00e8re Trinquier, pouvez pas vous tromper\u00a0: y un nain de jardin barbu qu&rsquo;est pendu sous une cloche, en guise de tympan\u00a0\u00bb) s&rsquo;inspirer de la nature humaine en mouvement pour alimenter sa simplicit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un billet est une dr\u00f4le de chose, une chose qui vous \u00e9chappe, d\u00e8s qu\u2019elle est pos\u00e9e sur un coin de table, sur une table ouverte o\u00f9 chacun peut s\u2019en saisir et l\u2019auteur en \u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9, \u00e0 moins que ce ne soit le billet qui ne le soit, allez savoir. 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