{"id":31165,"date":"2011-11-18T14:54:27","date_gmt":"2011-11-18T13:54:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=31165"},"modified":"2013-01-02T01:02:18","modified_gmt":"2013-01-02T00:02:18","slug":"lactualite-de-la-crise-courses-au-tresor-et-dobstacles-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/11\/18\/lactualite-de-la-crise-courses-au-tresor-et-dobstacles-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>COURSES AU TR\u00c9SOR ET D&rsquo;OBSTACLES<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Contrairement aux apparences, les \u00c9tats europ\u00e9ens ne sont pas les seuls \u00e0 tirer la langue dans le cours de leurs recherches de financements. Les banques rencontrent \u00e9galement de s\u00e9rieux probl\u00e8mes dans ce domaine, dont elles laissent entrevoir l\u2019ampleur en s\u2019activant pour y faire face.<\/p>\n<p>Les gouvernements europ\u00e9ens sont lanc\u00e9s dans une course poursuite derri\u00e8re des solutions qui leur \u00e9chappent. L\u2019effet levier du FESF reste \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de projet en d\u00e9pit de l&rsquo;impatience de Mario Draghi, l\u2019intervention \u00e0 grande \u00e9chelle de la BCE est bloqu\u00e9e, celle du FMI \u00e9galement. Selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les gouverneurs de la BCE se seraient fix\u00e9 une limite \u00e0 leur intervention de 20 milliards d\u2019euros par semaine, son niveau actuel d&rsquo;intervention \u00e9tant bien inf\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Il est estim\u00e9 que la BCE a achet\u00e9 pour 50 milliards d&rsquo;euros de dette grecque et 80 milliards d&rsquo;euros de  dette italienne, avec les r\u00e9sultats que l&rsquo;on voit. Il n&rsquo;y a pas de demi-mesures possibles si l&rsquo;on veut \u00eatre efficace. <\/p>\n<p><!--more-->Les d\u00e9blocages n\u00e9cessitent des accords de grande ampleur qui r\u00e9clament une denr\u00e9e devenue rare\u00a0: le temps. Le rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de l\u2019effondrement des pays de la zone euro n\u2019est pas celui des solutions envisag\u00e9es pour le contenir. Selon Wolfgang Sch\u00e4uble, le ministre allemand des finances, 24 mois seront n\u00e9cessaires pour changer les trait\u00e9s en vigueur ! <\/p>\n<p>\u00c9changer avec les Allemands une intervention de la BCE contre une reconfiguration des trait\u00e9s europ\u00e9ens leur donnant de nouvelles garanties quant \u00e0 la <i>bonne conduite<\/i> fiscale des \u00c9tats n\u2019est pas une petite affaire pouvant se r\u00e9gler sur les planches de Deauville. Sans aborder la probl\u00e9matique de l\u2019accroissement des ressources du FMI, dont les Am\u00e9ricains ne veulent pas entendre parler, amenant des hauts fonctionnaires bruxellois \u00e0 \u00e9tudier son financement par la BCE, au pr\u00e9texte qu\u2019il n\u2019est pas formellement interdit par les trait\u00e9s europ\u00e9ens&#8230;<\/p>\n<p>Signe parmi tant d\u2019autres de l\u2019absurdit\u00e9 de la situation et de la n\u00e9cessit\u00e9 de gagner du temps, les CDS sur la Gr\u00e8ce, dont l\u2019objet est de couvrir contre le d\u00e9faut, ne sont pas activ\u00e9s par l\u2019International Swaps and Derivatives Association (ISDA) alors que la dette grecque est n\u00e9goci\u00e9e avec une d\u00e9cote de 50 %\u00a0! A quoi servent-ils donc alors\u00a0? <\/p>\n<p>Certes, une restructuration de dette globale s\u2019imposerait \u00e0 ce stade comme la seule issue, \u00e0 laquelle il serait judicieux de proc\u00e9der une fois pour toutes en grand plut\u00f4t que de proc\u00e9der par petites \u00e9tapes, \u00e0 la grecque, sans s\u2019en donner les moyens et devoir y revenir. Comme un remake des <i>plans de sauvetage<\/i> qui se succ\u00e8dent. Mais tout sera tent\u00e9 pour ne pas en venir \u00e0 cette derni\u00e8re extr\u00e9mit\u00e9, lourde de cons\u00e9quences pour le syst\u00e8me financier dans son ensemble, lui faisant perdre un \u00e9quilibre d\u00e9j\u00e0 difficilement conserv\u00e9 et lui imposant une brutale r\u00e9duction de son <i>patrimoine<\/i>. <\/p>\n<p>Sans en \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 ces extr\u00e9mit\u00e9s, les banques ne sont pas \u00e0 l\u2019aise, devant faire face \u00e0 l\u2019addition de leurs nouvelles obligations r\u00e9glementaires, de taxes dans certains cas, et du refinancement de leurs op\u00e9rations en cours. Elles devaient accro\u00eetre leurs fonds propres au titre de B\u00e2le III (et pour certaines d\u2019entre elles au-del\u00e0 du ratio de base, en raison de leur caract\u00e8re <i>syst\u00e9mique<\/i>), le dernier sommet europ\u00e9en ayant entretemps d\u00e9cid\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le calendrier de cet effort\u00a0; elles doivent en plus et comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9 refinancer leurs activit\u00e9s, \u00e0 une hauteur estim\u00e9e \u00e0 485 milliards d\u2019euros pour l\u2019ann\u00e9e prochaine. <\/p>\n<p>En premier lieu, elles font feu de tout bois pour diminuer leur peine. En essayant d\u2019\u00e9largir les r\u00e8gles d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 au <i>Core Tier One<\/i>, l\u2019agr\u00e9gat des fonds propres utilis\u00e9 pour calculer le ratio entre ceux-ci et leurs engagements. Ou bien en modifiant \u00e0 leur avantage le calcul de la pond\u00e9ration des risques associ\u00e9s \u00e0 ceux-ci, puisque c\u2019est le r\u00e9sultat qui est pris en compte pour d\u00e9terminer ce m\u00eame ratio. <\/p>\n<p>Mais cela ne r\u00e9pond en rien aux besoins de leur refinancement, pour lequel des solutions sont activement recherch\u00e9es, les m\u00e9thodes \u00e9prouv\u00e9es pour lever des fonds n\u2019ayant pas le r\u00e9sultat escompt\u00e9. L\u2019\u00e9mission d\u2019obligations s\u00e9curis\u00e9es implique l\u2019utilisation de collat\u00e9raux apport\u00e9s en garantie aux investisseurs, mais leur gisement n\u2019est pas in\u00e9puisable dans les coffres des banques. Les autres cat\u00e9gories d\u2019obligations, plus risqu\u00e9es pour les investisseurs et d\u2019un meilleur rendement, ne suscitent plus le m\u00eame enthousiasme dans la conjoncture actuelle.<\/p>\n<p>Afin de r\u00e9unir les concours \u00e0 long terme qui leur sont n\u00e9cessaires, les banques voudraient bien se tourner vers l\u2019\u00e9pargne des particuliers, comme l\u2019\u00c9tat italien s\u2019y est d\u2019ailleurs lanc\u00e9 pour son propre compte\u00a0; mais cela suppose, selon elles, que l\u2019\u00c9tat donne des garanties de stabilit\u00e9 fiscale &#8211; qu\u2019il s\u2019engage \u00e0 ne pas accro\u00eetre la fiscalit\u00e9 sur les revenus qui en proviendraient &#8211; ou m\u00eame qu\u2019il all\u00e8ge la fiscalit\u00e9 de long terme par rapport \u00e0 celle de court terme&#8230;<\/p>\n<p>Poursuivant toujours le m\u00eame objectif, les m\u00eames banques voudraient aussi <i>revisiter<\/i> les normes de liquidit\u00e9 de B\u00e2le III qui imposent de mettre en correspondance la maturit\u00e9 de l\u2019actif et du passif des bilans bancaires &#8211; de ses engagements et de ses fonds propres &#8211; afin de la rendre moins d\u00e9pendante des fluctuations du march\u00e9 en cas de crise aigu\u00eb. <\/p>\n<p>Dans un autre domaine, il est question que les \u00c9tats europ\u00e9ens, selon des modalit\u00e9s qui restent \u00e0 d\u00e9finir, apportent leur garantie aux banques afin de faciliter leur acc\u00e8s au march\u00e9 \u00e0 moindre co\u00fbt. Mais cela reste \u00e0 faire et repr\u00e9sente un caract\u00e8re paradoxal et incertain, vu la crise des finances publiques&#8230;<\/p>\n<p>Une autre solution, plus efficace, est recherch\u00e9e aupr\u00e8s de la BCE. Il lui est demand\u00e9 d\u2019assouplir les conditions d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 des collat\u00e9raux fournis par les banques en garantie de leur acc\u00e8s aux liquidit\u00e9s, afin que leur qualit\u00e9 requise puisse \u00eatre moindre que celle qui est r\u00e9clam\u00e9e par le march\u00e9. <\/p>\n<p>Une derni\u00e8re option, plus <i>cr\u00e9ative<\/i>, consiste pour les banques \u00e0 cr\u00e9er des paquets de valeurs mobili\u00e8res, selon diff\u00e9rentes techniques &#8211; comme la cr\u00e9ation d\u2019ABS (Asset-Backed Securities) ou encore de \u00ab\u00a0quasi obligations s\u00e9curis\u00e9es\u00a0\u00bb, actuellement \u00e0 l\u2019\u00e9tude et test\u00e9es sur le march\u00e9 &#8211; et d\u2019obtenir pour elles une notation ad\u00e9quate. M\u00e9thode qui pourrait \u00eatre utilis\u00e9e tant vis-\u00e0-vis de la BCE que des investisseurs. Dans ce dernier cas, de nature priv\u00e9e, ces concours appara\u00eetraient dans l\u2019opaque compte \u00ab\u00a0solutions de capital alternatives\u00a0\u00bb du bilan des banques&#8230;<\/p>\n<p>Pour m\u00e9moire, les banques espagnoles donnent le (mauvais) exemple en accordant des taux mirifiques pour les d\u00e9p\u00f4ts des particuliers, parvenant ainsi \u00e0 accro\u00eetre ceux-ci, ou tout du moins \u00e0 enrayer leur h\u00e9morragie, largement constat\u00e9e en Gr\u00e8ce et hautement suspect\u00e9e en Italie. Enfin, dans les cas extr\u00eames, comme en Gr\u00e8ce et en Irlande, une \u00ab\u00a0aide d\u2019urgence en liquidit\u00e9s\u00a0\u00bb est fournie aux banques par les banques centrales nationales, avec la b\u00e9n\u00e9diction de la BCE qui ferme les yeux.<\/p>\n<p>Les banques disposent d\u2019une palette de moyens que les \u00c9tats n\u2019ont pas. Sans doute parce qu\u2019elles sont plus proches de Dieu, pour le compte de qui elles travaillent <a href=\"http:\/\/blogs.wsj.com\/marketbeat\/2009\/11\/09\/goldman-sachs-blankfein-on-banking-doing-gods-work\/\">si l\u2019on en croit toujours Lloyd Blankfein<\/a>, le Pdg de Goldman Sachs\u00a0! <\/p>\n<p>Tout se passe comme si, initialement pr\u00e9sent\u00e9 comme une op\u00e9ration progressive et de longue haleine, le d\u00e9sendettement s\u2019op\u00e9rait plus brutalement que pr\u00e9vu. En raison de la montagne de dettes publiques et priv\u00e9es qu\u2019il faut refinancer dans l\u2019urgence, face \u00e0 laquelle les investisseurs se font plus exigeants vis-\u00e0-vis des uns comme des autres, en raison des risques suppl\u00e9mentaires qu\u2019ils encourent. Apportant ainsi leur contribution involontaire \u00e0 la d\u00e9stabilisation du syst\u00e8me financier, qui s\u2019approfondit pour la circonstance. <\/p>\n<p>Rembourser les dettes accrues de leurs int\u00e9r\u00eats a longtemps \u00e9t\u00e9 une solution miracle repoussant le probl\u00e8me suscit\u00e9 par leur cr\u00e9ation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, mais sa viabilit\u00e9 est devenue pour le moins incertaine. L\u2019alternative, qui est d\u2019obtenir que la BCE rejoigne ses cons\u0153urs et fasse marcher la planche \u00e0 billets pour l&rsquo;\u00e9ponger, est la deuxi\u00e8me face de la m\u00eame manifeste fuite en avant. <\/p>\n<p>C&rsquo;est la machine \u00e0 produire de la dette (et de la rente) qu&rsquo;il faut remplacer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Contrairement aux apparences, les \u00c9tats europ\u00e9ens ne sont pas les seuls \u00e0 tirer la langue dans le cours de leurs recherches de financements. 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