{"id":31306,"date":"2011-11-26T09:10:37","date_gmt":"2011-11-26T08:10:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=31306"},"modified":"2013-01-02T01:01:59","modified_gmt":"2013-01-02T00:01:59","slug":"lactualite-de-la-crise-de-lelargissement-a-la-globalisation-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/11\/26\/lactualite-de-la-crise-de-lelargissement-a-la-globalisation-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>DE L&rsquo;\u00c9LARGISSEMENT A LA GLOBALISATION<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Telle une litanie lancinante, les nouvelles se succ\u00e8dent et concourent toutes au m\u00eame sentiment d\u2019effondrement in\u00e9luctable. Aujourd\u2019hui, ce furent une \u00e9mission obligataire calamiteuse &#8211; cette fois-ci italienne &#8211; la d\u00e9gradation de la note de la Belgique, ainsi que celle de banques portugaises et hongroises, succ\u00e9dant \u00e0 celle de la Hongrie elle-m\u00eame. Rien ne semble r\u00e9sister \u00e0 cet effondrement auquel rien ne fait obstacle, surtout pas les discours des dirigeants europ\u00e9ens, d\u00e9pass\u00e9s et divis\u00e9s entre eux, qui multiplient \u00e0 un rythme effr\u00e9n\u00e9 et en pure perte les conciliabules en tentant de donner le change. <\/p>\n<p>\u00ab Un \u00e9croulement de l\u2019Italie am\u00e8nerait in\u00e9vitablement la fin de l\u2019euro\u00a0\u00bb auraient d\u00e9clar\u00e9, selon un communiqu\u00e9 de la pr\u00e9sidence du Conseil italien, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel au cours du mini-sommet de Strasbourg auquel participait Mario Monti. Comme l\u2019usage s\u2019en est d\u00e9sormais instaur\u00e9, la r\u00e9action du march\u00e9 obligataire a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate et sans \u00e9quivoque\u00a0: <i>les march\u00e9s<\/i> ne croient pas au redressement italien et engagent l\u2019asphyxie du pays, qui doit refinancer l\u2019an prochain plus de 400 milliards de sa dette. \u00ab\u00a0L\u2019Italie doit faire face \u00e0 d\u2019immenses d\u00e9fis\u00a0\u00bb, a reconnu Olli Rehn, le commissaire europ\u00e9en. Pas seulement elle, si l\u2019on en croit pour une fois les dirigeants allemands et fran\u00e7ais. <\/p>\n<p><!--more-->Standard &#038; Poor\u2019s a abaiss\u00e9 \u00e0 AA la note de la Belgique, craignant que les difficult\u00e9s du secteur financier &#8211; on pense en particulier \u00e0 Dexia, dont le dossier n\u2019est pas boucl\u00e9  &#8211; ne n\u00e9cessitent de nouveaux soutiens publics, la dette pouvant alors d\u00e9passer les 100% du PIB. C\u2019est Moody\u2019s qui a d\u00e9grad\u00e9 la note hongroise, le motivant pour des raisons qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre relev\u00e9es. La politique du gouvernement hongrois conservateur est en effet s\u00e9v\u00e8rement critiqu\u00e9e pour avoir tax\u00e9 les banques, les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019\u00e9nergie, de distribution et de t\u00e9l\u00e9coms, d\u2019avoir nationalis\u00e9 les fonds de pension priv\u00e9 et oblig\u00e9 les banques \u00e0 partager le surco\u00fbt des cr\u00e9dits en francs suisses qu\u2019elles avaient accord\u00e9s aux particuliers, le forint plongeant et le franc suisse explosant. Tous crimes qui m\u00e9ritent incontestablement ch\u00e2timent.<\/p>\n<p>Il nous est parl\u00e9 d\u2019une crise de la zone euro, qui aurait \u00e9t\u00e9 incompl\u00e8tement construite, ou d\u2019un endettement public, qui aurait d\u00e9pass\u00e9 les bornes, mais nous assistons en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la version europ\u00e9enne de l\u2019implosion du syst\u00e8me financier, un ph\u00e9nom\u00e8ne bien plus profond qui touche aussi le syst\u00e8me bancaire. Faute d\u2019aller au bout du diagnostic, seules des \u00e9chappatoires sont envisag\u00e9es pour y faire face, dont la mise en oeuvre est par dessus le march\u00e9, bloqu\u00e9e. L\u2019\u00e9mission d\u2019euro-obligations et l\u2019intervention de la BCE sont r\u00e9clam\u00e9es de (presque) partout, mais elles ne permettraient que de gagner un simple r\u00e9pit, amortissant le choc sans toucher \u00e0 ses causes. Le syst\u00e8me financier croule litt\u00e9ralement sous le poids d\u2019une dette qu\u2019il a g\u00e9n\u00e9r\u00e9, qui le d\u00e9stabilise et dont il ne sait pas comment se d\u00e9barrasser. On remarque bien \u00e9galement, dans le cas de l\u2019Espagne ou de la Belgique notamment, que l\u2019accroissement de la dette publique provient d&rsquo;abord des difficult\u00e9s du secteur bancaire qu\u2019il faut renflouer, et non pas de largesses de l\u2019Etat qui vivrait, ainsi que les citoyens en b\u00e9n\u00e9ficiant, au dessus de leurs moyens.<\/p>\n<p>Pendant des semaines, le jeu a consist\u00e9 \u00e0 pr\u00e9voir quel serait le prochain pays qui rejoindrait la zone des temp\u00eates. Aujourd\u2019hui tous en prennent le chemin. La fi\u00e8vre des taux obligataires s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 l\u2019ensemble des pays de la zone euro, except\u00e9 l\u2019Allemagne qui a servi de refuge jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle rencontre \u00e0 son tour une d\u00e9saffection des <i>march\u00e9s<\/i>. Ce qui explique que la solution des euro-obligations n\u2019en est plus une et que celle que la BCE repr\u00e9sente la derni\u00e8re chance. Apr\u00e8s les Pays-Bas, la Finlande en vient \u00e0 l\u2019envisager, laissant seule l\u2019Allemagne persister dans son refus.<\/p>\n<p>Les Britanniques, de leur c\u00f4t\u00e9, cherchent \u00e0 se pr\u00e9munir d\u2019un \u00e9clatement de la zone euro qui les atteindraient durement, enjoignant publiquement leurs banques de se <i>d\u00e9lester<\/i> des obligations souveraines des pays de la zone euro qu\u2019elles d\u00e9tiennent, suivant ainsi les traces des banques de ces m\u00eames pays et faisant monter la fi\u00e8vre obligataire. L\u2019exposition des banques britanniques \u00e0 la dette souveraine italienne est en effet de 40 milliards de livres (46 milliards d\u2019euros). <\/p>\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9largie g\u00e9ographiquement, la crise europ\u00e9enne est en passe de se globaliser et de menacer le syst\u00e8me financier et les banques. Tout concourt \u00e0 fragiliser\u00a0ces derni\u00e8res : la baisse de leurs d\u00e9p\u00f4ts r\u00e9sultant des retraits de grandes entreprises\u00a0; les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es pour renforcer leurs fonds propres, alors que l\u2019Autorit\u00e9 europ\u00e9enne des banques (EBA) va encore accro\u00eetre ses exigences et que le Comit\u00e9 de B\u00e2le se fait tirer l\u2019oreille pour accepter de rendre \u00e0 nouveau \u00e9ligible les obligations convertibles au titre du <i>noyau dur<\/i>; le refinancement sur le march\u00e9 de leurs op\u00e9rations courantes, qui atteint le volume de 700 milliards d\u2019euros l\u2019ann\u00e9e prochaine, alors que le march\u00e9 interbancaire est en passe de geler. <\/p>\n<p>Est venue s\u2019ajouter l\u2019absence d\u2019activation des CDS en cas de d\u00e9cote volontaire de la dette souveraine grecque, qui fait craindre aux banques de ne pas \u00eatre assur\u00e9s comme elles l\u2019escomptaient, quand elles en ont acquis pour se couvrir sur d\u2019autres dettes. On a ainsi appris que la Deutsche Bank, qui annon\u00e7ait avoir r\u00e9duit son exposition \u00e0 la dette italienne de 88%, y \u00e9tait parvenu en se couvrant avec des CDS&#8230;<\/p>\n<p>Comme un malheur n\u2019arrive jamais seul, des discussions sont en cours entre ministres des finances europ\u00e9ens \u00e0 propos du prochain M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES), qui doit voir le jour en 2013. Les Allemands voudraient que la participation des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s \u00e0 d\u2019\u00e9ventuels plans de sauvetage soit envisag\u00e9e, alors que les Espagnols, Fran\u00e7ais et Italiens s\u2019y opposent, voulant prot\u00e9ger leurs banques et craignant les effets d\u2019une telle d\u00e9cision. <\/p>\n<p>Mario Draghi, le nouveau pr\u00e9sident de la BCE, a \u00e9voqu\u00e9 il y a une semaine le paysage tourment\u00e9 dans lequel les banques \u00e9voluent, en reconnaissant \u00ab\u00a0les tensions sur les dettes souveraines, l\u2019\u00e9troitesse des march\u00e9s de financement et la p\u00e9nurie de collat\u00e9raux \u00e9ligibles\u00a0\u00bb. La BCE, qui a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9tabli ses pr\u00eats \u00e0 un an pour les \u00e9tablissements bancaires, s\u2019appr\u00eaterait \u00e0 leur offrir des pr\u00eats \u00e0 deux ans et trois ans, afin de leur permettre de fonctionner sans faire si n\u00e9cessaire appel au march\u00e9. Des discussions sont parall\u00e8lement engag\u00e9es \u00e0 propos d\u2019un nouvel assouplissement des r\u00e8gles concernant les collat\u00e9raux fournis en garantie pour acc\u00e9der aux cr\u00e9dits de la BCE. Car cela coince sur ce chapitre.<\/p>\n<p>Les banques essayent de desserrer les contraintes qui p\u00e8sent sur elles, notamment en provenance du Comit\u00e9 de B\u00e2le, et d\u2019obtenir un soutien palliatif durable de la BCE. Elles ne manquent pas \u00e9galement de faire appel au <i>g\u00e9nie cr\u00e9atif<\/i> de la finance, en utilisant les <i>liquidity swaps<\/i>. Ces \u00e9changes d\u2019actifs r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s leur permettent d\u2019emprunter des actifs accept\u00e9s comme collat\u00e9raux en contrepartie de la fourniture d\u2019autres qui ne le sont pas, car de moindre qualit\u00e9. Un proc\u00e9d\u00e9 qui n\u2019est pas sans inqui\u00e9ter les r\u00e9gulateurs, car il comporte des risques de contagion envers les pr\u00eateurs, assurances ou fonds de pension, qui sont friands des r\u00e9mun\u00e9rations que ces swaps leur procurent alors que les taux des actifs qu\u2019elles poss\u00e8dent et peuvent provisoirement \u00e9changer sont bas, comme c\u2019est le cas pour les obligations am\u00e9ricaines. <\/p>\n<p>Le tableau ne serait pas complet s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas fait mention des tests que la Fed se pr\u00e9pare \u00e0 faire passer \u00e0 trente et une banques am\u00e9ricaines, r\u00e9servant \u00e0 six d\u2019entre elles un examen particulier afin d\u2019\u00e9prouver leur r\u00e9sistance \u00e0 d\u2019importantes variations de cours sur les march\u00e9s europ\u00e9ens. Il s\u2019agit de Goldman Sachs, Morgan Stanley, Wells Fargo, Citigroup, Bank of America et JPMorgan Chase. La menace que fait peser la crise europ\u00e9enne se concr\u00e9tise, elle ne pourrait pas manquer d\u2019intervenir si les CDS sur la dette souveraine europ\u00e9enne que les banques am\u00e9ricaines ont \u00e9mis en grande quantit\u00e9 devaient finalement \u00eatre activ\u00e9es\u00a0: les pertes devront bien \u00eatre constat\u00e9es d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre de l\u2019Atlantique\u00a0! <\/p>\n<p>En attendant, la crise europ\u00e9enne s\u2019est donc globalis\u00e9e. Le destin des Etats et du syst\u00e8me financier sont \u00e9troitement li\u00e9es, rendant la strat\u00e9gie de r\u00e9duction du d\u00e9ficit public qui ne repose que sur une patte, irr\u00e9alisable. Que faudra-t-il encore qui survienne pour que cela soit reconnu, conduisant \u00e0 une vaste reconsid\u00e9ration \u00e0 laquelle il est pour l\u2019instant tourn\u00e9 le dos\u00a0? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Telle une litanie lancinante, les nouvelles se succ\u00e8dent et concourent toutes au m\u00eame sentiment d\u2019effondrement in\u00e9luctable. Aujourd\u2019hui, ce furent une \u00e9mission obligataire calamiteuse &#8211; cette fois-ci italienne &#8211; la d\u00e9gradation de la note de la Belgique, ainsi que celle de banques portugaises et hongroises, succ\u00e9dant \u00e0 celle de la Hongrie elle-m\u00eame. 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