{"id":3150,"date":"2009-05-20T22:57:15","date_gmt":"2009-05-20T21:57:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3150"},"modified":"2009-05-20T22:57:15","modified_gmt":"2009-05-20T21:57:15","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-la-crise-se-poursuit-l%e2%80%99apres-crise-se-dessine-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/05\/20\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-la-crise-se-poursuit-l%e2%80%99apres-crise-se-dessine-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : La crise se poursuit, l\u2019apr\u00e8s-crise se dessine, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA CRISE SE POURSUIT, L&rsquo;APRES CRISE SE DESSINE <\/strong> <\/p>\n<p>Le renouvellement pr\u00e9visible des m\u00e9taphores utilis\u00e9es pour \u00e9voquer la crise et ses perspectives est en bonne voie. Peter Orszag, le directeur du budget \u00e0 la Maison Blanche, a bien commenc\u00e9 en d\u00e9clarant le 17 mai dernier sur CNN : \u00ab la chute libre de l&rsquo;\u00e9conomie semble s&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9e \u00bb, mais il est h\u00e9las imm\u00e9diatement retomb\u00e9 dans un poncif, ajoutant : \u00ab Il y a des lueurs d&rsquo;espoir\u2026 \u00bb. Le lendemain, \u00e9ludant une question lui demandant s\u2019il pensait que nous avions touch\u00e9 le fond, pour rester dans les poncifs, Tim Geithner, secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 sauter \u00e0 la phase suivante, affirmant en innovant que \u00ab la reprise ne sera pas stable et r\u00e9guli\u00e8re. Elle sera cahotante (\u2026) et fragile pendant un temps \u00bb. Au chapitre de la franchise, il a m\u00eame d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Pour nombre d&rsquo;Am\u00e9ricains, \u00e7a n&rsquo;ira pas mieux avant longtemps \u00bb. Barack Obama, \u00e0 l\u2019occasion de la premi\u00e8re r\u00e9union de son conseil pour la reprise \u00e9conomique, a d\u00e9clar\u00e9 avec prudence: \u00ab Nous sommes contents de voir des progr\u00e8s, de voir un certain retour \u00e0 la normale par certains aspects sur les march\u00e9s financiers. \u00bb<\/p>\n<p>A en croire la Fed, le reste ne va pas tr\u00e8s fort aux Etats-Unis. L&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine ne devrait pas \u00eatre conforme \u00e0 ses objectifs de croissance, de ch\u00f4mage et d&rsquo;inflation avant cinq ou six ans. Le taux de ch\u00f4mage, qui est actuellement de 8,9%, pourrait atteindre 9,6% en 2009 et toujours 8,5% en 2011, l&rsquo;objectif de la Fed \u00e9tant compris entre 4,8 et 5,0%. Le PIB devrait chuter en 2009 plus que pr\u00e9vu, soit de 2,0%, avant de cro\u00eetre de 2 \u00e0 3,0% en 2010 et de 3,5 \u00e0 4,8% en 2011. Ces nouvelles pr\u00e9visions plus pessimistes que les pr\u00e9c\u00e9dentes datant de f\u00e9vrier dernier. <\/p>\n<p>Nous ne sommes pas encore sur la branche horizontale du \u00ab L \u00bb, mais nous nous en approchons, Paul Krugman n\u2019en \u00e9carte pas la possibilit\u00e9, Joseph Stiglitz \u00e9galement. Il est frappant de remarquer, toutefois, que les analyses font sauf exception d\u00e9faut pour expliquer cette p\u00e9riode de stabilisation qui nous attend, puisque c\u2019est ce qui nous est au mieux promis. <\/p>\n<p>Dans un article syndiqu\u00e9 intitul\u00e9 \u00ab le printemps des zombies \u00bb, Joseph Stiglitz en donne les raisons : \u00ab Les banques  zombies  &#8211; ces morts-vivants &#8211; &lsquo;parient sur leur r\u00e9surrection&rsquo;, en reprenant les mots immortels d&rsquo;un \u00e9conomiste, Edward Kane. Tandis qu&rsquo;elles r\u00e9p\u00e8tent la d\u00e9b\u00e2cle des caisses d&rsquo;\u00e9pargne et de pr\u00eats am\u00e9ricaines (Savings &#038; Loans) des ann\u00e9es 1980, les banques utilisent de mauvais mod\u00e8les de comptabilit\u00e9. (Elles \u00e9taient par exemple autoris\u00e9es \u00e0 conserver des actifs non performants dans leur bilan sans les \u00e9ch\u00e9ances). Pis encore, elles peuvent emprunter \u00e0 bon march\u00e9 \u00e0 la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale, m\u00eame sans r\u00e9elles garanties, tout en prenant sur les march\u00e9s des positions risqu\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p><!--more-->\u00ab Certaines banques ont annonc\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices au premier trimestre 2009, la plupart gr\u00e2ce \u00e0 des tours de passe-passe comptables et \u00e0 des gains sur les march\u00e9s financiers (c&rsquo;est-\u00e0-dire en sp\u00e9culant). Mais ce n&rsquo;est pas ce qui va permettre au monde de se r\u00e9tablir rapidement. Et si le pari est perdu, le contribuable am\u00e9ricain devra r\u00e9gler une note encore plus sal\u00e9e. Le gouvernement am\u00e9ricain aussi parie qu&rsquo;il va s&rsquo;en tirer : les mesures de la Fed et les garanties du gouvernement signifient que les banques ont acc\u00e8s \u00e0 un financement \u00e0 bas prix, alors que les taux des cr\u00e9dits qu&rsquo;elles accordent restent \u00e9lev\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Sauf une nouvelle mauvaise surprise, il est m\u00eame possible que les banques puissent s&rsquo;en tirer sans traverser d&rsquo;autre crise. D&rsquo;ici \u00e0 quelques ann\u00e9es, les banques seront recapitalis\u00e9es et l&rsquo;\u00e9conomie reviendra \u00e0 la normale. Cela est le sc\u00e9nario id\u00e9al. Mais l&rsquo;exp\u00e9rience conduit \u00e0 penser que cette approche est dangereuse. Mais l&rsquo;exp\u00e9rience conduit \u00e0 penser que cette approche est dangereuse. M\u00eame si les banques se portaient bien, la d\u00e9pr\u00e9ciation et la perte de richesse qui d\u00e9coulent de la crise signifient que selon toute probabilit\u00e9 l&rsquo;\u00e9conomie sera faible. Et une \u00e9conomie sans force est plut\u00f4t synonyme de pertes bancaires que de b\u00e9n\u00e9fices. \u00bb <\/p>\n<p>Somme toute, il nous faut prendre notre mal en patience, en attendant que les banques se gu\u00e9rissent de celui qui les a atteint. Nous subissons une double punition, en raison de leur double faute. <\/p>\n<p>Si les explications font souvent d\u00e9faut, les commentaires erron\u00e9s ne manquent pas, au contraire. Il n\u2019est de jour qu\u2019un commentateur mal inspir\u00e9 annonce le d\u00e9gel du march\u00e9 interbancaire, s\u2019appuyant en Europe sur la baisse du taux du Libor, signe d\u2019une reprise selon lui de l\u2019activit\u00e9. Occultant une r\u00e9alit\u00e9 plus d\u00e9rangeante pour l\u2019optimisme de son propos, \u00e0 savoir que les banques pouvant se fournir en liquidit\u00e9 \u00e0 tr\u00e8s bas prix aupr\u00e8s de la BCE, elles n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 aller emprunter ailleurs pour nettement plus cher, si elles y parviennent. Et donc le Libor baisse, car il n\u2019y a peu de demande ! <\/p>\n<p>La crise bancaire se poursuit donc, induisant entre les banques cette d\u00e9fiance qui paralyse leurs relations financi\u00e8res. En France, le s\u00e9nateur Jean Arthuis, pr\u00e9sident de la commission des Finances, du Contr\u00f4le budg\u00e9taire et des Comptes \u00e9conomiques de la Nation du S\u00e9nat, a eu cette magnifique formule : \u00ab Sans doute y a-t-il eu un peu d&rsquo;inertie dans le provisionnement des banques fran\u00e7aises \u00bb.  Mais, sans attendre l\u2019annonce de nouvelles d\u00e9pr\u00e9ciations dans les comptes des banques, impliquant de nouvelles op\u00e9rations de sauvetage, la situation de Natixis et de ses actionnaires le Groupe Ecureuil-Banque Populaire, fait l\u2019objet de toutes les rumeurs, en d\u00e9pit des mesures de soutien d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9es par les pouvoirs publics. Elles ne suffiront pas, est-il clairement envisag\u00e9, d&rsquo;autres vont devoir intervenir \u00e0 nouveau. Soit sous la forme d&rsquo;une garantie publique du portefeuille d&rsquo;actifs de Natixis, soit sous celle de la mise en place d\u2019un m\u00e9canisme de cantonnement. <\/p>\n<p>De la Grande-Bretagne \u00e0 la RFA, en passant par l\u2019Irlande ou la Belgique, les exemples de solution ne manquent pas, toutes les variantes sont essay\u00e9es ou envisag\u00e9es. La situation fran\u00e7aise semble compliqu\u00e9e par le fait que les grandes banques pr\u00e9f\u00e8rent essayer de tirer leur \u00e9pingle du jeu en solo et veulent \u00e9viter une solution globale, qui pourrait les amener \u00e0 consentir des contreparties. Pas plus qu\u2019elle n\u2019acceptent que les r\u00e9sultats des stress tests europ\u00e9ens, quand ils seront effectu\u00e9s, ne soient expos\u00e9s sur la place publique, de peur du pilori. Le nouveau PDG de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a n\u2019a pas craint de donner deux arguments de fond pour justifier, selon sa formule contourn\u00e9e, qu\u2019il n\u2019\u00e9tait \u00ab pas indispensable \u00bb de les rendre publics.  \u00ab La confiance est pr\u00e9sente dans le syst\u00e8me bancaire fran\u00e7ais et dans la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale en particulier \u00bb, a-t-il cru devoir ajouter, particuli\u00e8rement bien plac\u00e9 dans ses nouvelles fonctions pour rappeler que l&rsquo;ensemble des banques fran\u00e7aises se livrent depuis des ann\u00e9es \u00e0 des tests de r\u00e9sistance. Et puis, afin de se rallier d\u00e9magogiquement un public, \u00ab nous n&rsquo;avons pas de le\u00e7on \u00e0 recevoir des Am\u00e9ricains \u00bb.<\/p>\n<p>Sans doute parce que la r\u00e9cession y est plus forte, et qu\u2019il est maintenant admis que c\u2019est chez elle que la situation des banques est la plus alarmante de toute la zone euro, la r\u00e9alit\u00e9 allemande est moins dissimul\u00e9e. Hartmut Schauerte, secr\u00e9taire d&rsquo;Etat \u00e0 l&rsquo;Economie a reconnu ce mardi que l&rsquo;Etat a d\u00fb assumer \u00ab les fonctions de banquier \u00bb, les banques ayant quasiment coup\u00e9 le robinet du cr\u00e9dit, pr\u00e9cipitant nombre d&rsquo;entreprises dans la crise. Il a pr\u00e9cis\u00e9 que \u00ab l&rsquo;\u00e9preuve cruciale est encore \u00e0 venir pour ce qui concerne l&rsquo;approvisionnement en liquidit\u00e9 (des entreprises), en ao\u00fbt, septembre et octobre \u00bb. Sous le nom de \u00ab Deutschlandfonds \u00bb, le gouvernement a mis en place un programme de 115 milliards d\u2019euros de garanties financi\u00e8res et de cr\u00e9dits directs. <\/p>\n<p>En d\u00e9pit de cette franchise (relative) et de l\u2019ampleur des mesures prises ou annonc\u00e9es, le gouvernement allemand vient de recevoir plusieurs vol\u00e9es de bois vert. G\u00fcnther Verheugen, le commissaire europ\u00e9en \u00e0 l&rsquo;industrie, n\u2019y a pour sa part pas \u00e9t\u00e9 par quatre chemins : \u00ab L&rsquo;Allemagne \u00e9tait la championne du monde des risques bancaires. Nulle part ailleurs dans le monde, pas non plus en Am\u00e9rique, les banques ne se sont lanc\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on aussi importante dans des risques aussi incalculables, surtout les banques r\u00e9gionales \u00bb. Wolfgang M\u00fcnchau, l\u2019un des chroniqueurs du Financial Times, sous le titre sans \u00e9quivoque \u00ab L\u2019Allemagne a besoin d\u2019autre chose que des tours de passe-passe comptable \u00bb, a de son c\u00f4t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 que les plans de cantonnement annonc\u00e9s, qui \u00e9ludent la n\u00e9cessit\u00e9 de recapitalisations, ne sont que des temporisations, et qu\u2019il faudra bien que les contribuables payent \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, car il est illusoire de penser que les investisseurs priv\u00e9s s\u2019engageront dans les structures qui devraient \u00eatre mises en place. <\/p>\n<p>Il semble que ce ne devrait pas \u00eatre le cas aux Etats-Unis, le Tr\u00e9sor retardant encore l\u2019annonce de la liste des heureux \u00e9lus qui vont mettre en place et exp\u00e9rimenter les structures publiques-priv\u00e9es de d\u00e9faisance, devant l\u2019afflux de candidats \u00e0 leur gestion. Sans doute parce que les conditions offertes par les pouvoirs publics y sont consid\u00e9r\u00e9es comme tr\u00e8s attractives, c\u2019est-\u00e0-dire fort g\u00e9n\u00e9reuses. Finalement, de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique, selon des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes, c\u2019est un peu le m\u00eame plan qui est propos\u00e9. Dans un cas, aux Etats-Unis, sa complexit\u00e9 apparente masque le fait que les contribuables en sont les financiers de dernier recours, dans l\u2019autre cas, en R\u00e9publique F\u00e9d\u00e9rale, il est seulement pr\u00e9vu qu&rsquo;il ne leur sera dit que plus tard, le plus tard possible.  <\/p>\n<p>Le renflouement des banques am\u00e9ricaines, port\u00e9es par l\u2019embellie boursi\u00e8re de leurs valeurs de ces derni\u00e8res semaines \u00e0 l\u2019annonce de leurs r\u00e9sultats, se poursuit \u00e0 toute allure, les encourageant \u00e0 vouloir rembourser au plus t\u00f4t les fonds publics qu\u2019elles ont emprunt\u00e9, afin de r\u00e9cup\u00e9rer leur totale libert\u00e9 (comme si elles avaient subi de si nombreuses contraintes !). Parall\u00e8lement, l\u2019important et dense tissu des banques locales am\u00e9ricaines s\u2019enfonce dans la crise, n\u2019ayant pas les moyens des grandes banques pour faire face \u00e0 ses difficult\u00e9s, largement d\u00e9laiss\u00e9 par les pouvoirs publics, en d\u00e9pit de l\u2019annonce r\u00e9cente que des fonds r\u00e9siduels du TARP, abond\u00e9s par les remboursements \u00e0 venir des grandes banques, allaient \u00eatre consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019aider. Il y a de la concentration de l\u2019air et des bonnes affaires en perspective, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9. <\/p>\n<p>Il est certes justifi\u00e9 de s\u2019interroger sur les bases effectives des r\u00e9sultats financiers annonc\u00e9s par les banques, ainsi que sur leurs cons\u00e9quences boursi\u00e8res, et pour finir sur la solidit\u00e9 de l\u2019ensemble du nouvel \u00e9chafaudage qui tente d\u2019\u00eatre progressivement construit sous nos yeux. Au mieux, il l\u2019est sur le sable de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine, au pire il r\u00e9sulte d\u2019un montage qui s\u2019\u00e9croulera de lui-m\u00eame.  Il est aussi permis de se demander quel est le feu de brousse qui am\u00e8ne les banques \u00e0 vouloir si vite couper tout lien financier avec l\u2019administration de l\u2019Etat. Est-ce, comme on l\u2019entend dire, afin de ne pas avoir \u00e0 souscrire aux maigres obligations qui leur sont faites en mati\u00e8re de r\u00e9mun\u00e9ration de leurs dirigeants, qui peuvent facilement \u00eatre contourn\u00e9es et qui le sont certainement d\u00e9j\u00e0 ? Ou n\u2019est-ce pas plut\u00f4t afin de couper court \u00e0 toute vell\u00e9it\u00e9 de renforcement de ces m\u00eames obligations, qui pourraient intervenir \u00e0 la faveur de nouveaux \u00e9pisodes ? Qu\u2019est ce que cela peut-il bien signifier, par ailleurs, ce subit besoin de libert\u00e9, alors que, petit \u00e0 petit, des informations filtrent \u00e0 propos des futures mesures de r\u00e9gulation qu\u2019envisagent les pouvoirs publics, notamment dans le domaine des produits d\u00e9riv\u00e9s ? Sont-elles, malgr\u00e9 leurs limites, n\u00e9anmoins consid\u00e9r\u00e9es comme inacceptables, impliquant de se mettre en ordre de bataille pour s&rsquo;y opposer ? <\/p>\n<p>Que p\u00e8sent, en r\u00e9alit\u00e9, ces calculs et ces luttes plus ou moins ouvertes d\u2019influence et de pouvoir \u00e0 propos de la configuration du syst\u00e8me financier de demain, face \u00e0 l&rsquo;avenir de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale tel qu\u2019elle est, dans le meilleur des cas, d\u00e9sormais envisag\u00e9, qui va poser des probl\u00e8mes bien plus redoutables ?<\/p>\n<p>Fid\u00e8le \u00e0 son nouveau r\u00f4le, le FMI, par la bouche de l\u2019un de ses directeurs adjoint, John Lipsky, s\u2019inqui\u00e8te depuis Tokyo qu\u2019une situation qui pourrait selon lui encore empirer. Il met en garde contre d\u2019\u00e9ventuelles complaisances et estime bien peu probable, en tout \u00e9tat de cause, que la consommation retrouve sa vigueur pass\u00e9e, en particulier aux Etats-Unis. C\u2019est \u00e0 la m\u00eame conclusion que Joseph Stiglitz est d\u2019ailleurs parvenu dans son article d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9. \u00ab Cette r\u00e9cession est complexe : c&rsquo;est une crise \u00e9conomique combin\u00e9e \u00e0 une crise financi\u00e8re. Avant son d\u00e9but, les consommateurs cribl\u00e9s de dettes aux Etats-Unis \u00e9taient le moteur de la croissance \u00e9conomique mondiale. Ce mod\u00e8le est aujourd&rsquo;hui en panne et il n&rsquo;est pas pr\u00e8s d&rsquo;\u00eatre remplac\u00e9. \u00bb Voil\u00e0 un pronostic dont il n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 fait le tour de ses \u00e9normes cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Pour aborder bri\u00e8vement un tout autre sujet, le voyage qui est en cours de Lula, le pr\u00e9sident br\u00e9silien, en Arabie Saoudite, en Chine et en Turquie, illustre autant que les interrogations pr\u00e9c\u00e9dentes, inconnues comprises, ce que l\u2019avenir nous r\u00e9serve. La Chine est devenue le premier partenaire commercial du Br\u00e9sil, cela n\u2019est pas sans cons\u00e9quences. Ce que les \u00e9conomistes, mal inspir\u00e9s, appelaient commerce Sud-Sud, par opposition au commerce Nord-Sud entre pays d\u00e9velopp\u00e9s et pays sous d\u00e9velopp\u00e9s, est en train de petit \u00e0 petit s\u2019organiser sur de nouvelles bases, sur de nouvelles compl\u00e9mentarit\u00e9s. Ainsi que sur de nouvelles connivences, en s&rsquo;appuyant sur des int\u00e9r\u00eats communs bien compris.<\/p>\n<p>Si l\u2019un des moteurs du commerce international, les exportations des pays \u00e9mergents, est et va tourner au ralenti pour une p\u00e9riode ind\u00e9finie, mais que l\u2019on s\u2019accorde comme devant durer, le lent d\u00e9veloppement des march\u00e9s int\u00e9rieurs des pays \u00e9mergents, seule alternative \u00e0 leur disposition, va accentuer le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 largement en cours de basculement de l\u2019axe \u00e9conomique mondial. Ils vont donc commercer de plus en plus entre eux, d\u00e9veloppant le fameux commerce Sud-Sud (la Chine, la Russie et l\u2019Inde sont dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord). <\/p>\n<p>Ces pays, pris dans leur ensemble, disposent de mati\u00e8res premi\u00e8res de toutes natures, de ressources \u00e9nerg\u00e9tiques, de terres agricoles, d\u2019un tissu industriel dense et complet, d\u2019une main d\u2019\u0153uvre nombreuse et de plus en plus qualifi\u00e9e, de savoir-faire technologiques accomplis, et aussi de capitaux. Tout ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 leur essor \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Nous assistons actuellement aux pr\u00e9mices d\u2019un nouvel \u00e9quilibre \u00e9conomique mondial, au sein duquel les pays que l\u2019on avait coutume d\u2019appeler \u00ab d\u00e9velopp\u00e9s \u00bb ne vont plus pouvoir pr\u00e9tendre au r\u00f4le h\u00e9g\u00e9monique qui a \u00e9t\u00e9 le leur. Ni leurs savoir faire technologiques, de plus en plus partag\u00e9s, ni leurs centres financiers, en crise durable, ces deux derniers fleurons, ne sauront les maintenir aux commandes du monde tel qu\u2019ils y \u00e9taient habitu\u00e9s. <\/p>\n<p>Si les \u00e9changes commerciaux se d\u00e9veloppent de plus en plus entre pays \u00e9mergents, et s\u2019ils \u00e9cartent de plus en plus le dollar comme monnaie pour leurs transactions, nous assisterons, \u00e0 ce rythme-l\u00e0, \u00e0 la descente progressive du dollar comme monnaie de r\u00e9serve. Ce moteur-l\u00e0 du changement peut conna\u00eetre des ralentissements ou des acc\u00e9l\u00e9rations, mais il ne calera pas. <\/p>\n<p>Une d\u00e9claration un peu \u00e9tonnante de Barack Obama est pass\u00e9e inaper\u00e7ue dans le tourbillon de l\u2019actualit\u00e9. Dans un discours prononc\u00e9, le 15 mai dernier, \u00e0 Rio Rancho (Nouveau Mexique), consacr\u00e9 au cr\u00e9dit procur\u00e9 par les cartes du m\u00eame nom, il a incidemment \u00e9voqu\u00e9 la Chine et l\u2019achat par celle-ci des bons du Tr\u00e9sor US, pour craindre qu\u2019elle pourrait un jour se lasser d\u2019en acheter. Sans en tirer plus argument. Or ce n\u2019est pas actuellement le cas. L\u2019analyse du march\u00e9 des bons du Tr\u00e9sor, au fur et \u00e0 mesure de leurs adjudications, est une comp\u00e9tence qui ne s\u2019improvise pas et il est donc difficile d\u2019y voir clair. Mais il semble bien que les autorit\u00e9s chinoises poursuivent leurs achats et que ce n\u2019est pas sur ce terrain qu\u2019il est possible observer l\u2019\u00e9volution de leur politique. C\u2019est dans le domaine mon\u00e9taire, o\u00f9 ils sont plus libres de leurs mouvements, que les dirigeants chinois agissent. Ils viennent de trouver avec Lula un renfort, ce dernier ayant expliqu\u00e9 qu\u2019il souhaiter que les relations commerciales entre les deux pays soient d\u00e9sormais libell\u00e9es dans leurs deux monnaies respectives, excluant le dollar. <\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations du gouverneur de la banque centrale chinoise, pr\u00e9conisant avant le dernier G20 l\u2019abandon du dollar comme monnaie de r\u00e9f\u00e9rence, ont sonn\u00e9 comme une alerte, trop vite oubli\u00e9e. Zhou, le gouverneur, avait pourtant bien pris soin d\u2019expliquer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une perspective \u00e0 long terme, et qu\u2019il souhaitait engager \u00e0 ce propos des discussions, afin d\u2019en pr\u00e9voir les \u00e9tapes. Si ces discussions ne s\u2019engagent pas, comme propos\u00e9, d\u2019autres moyens de parvenir aux m\u00eames fins sont donc possibles pour les Chinois. Cela prendra du temps, certes, mais il \u00e9tait de toute fa\u00e7on pr\u00e9vu qu\u2019il en soit ainsi. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA CRISE SE POURSUIT, L&rsquo;APRES CRISE SE DESSINE <\/strong> <\/p>\n<p>Le renouvellement pr\u00e9visible des m\u00e9taphores utilis\u00e9es pour \u00e9voquer la crise et ses perspectives est en bonne voie. 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