{"id":32327,"date":"2011-12-30T18:15:00","date_gmt":"2011-12-30T17:15:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=32327"},"modified":"2013-01-02T00:59:45","modified_gmt":"2013-01-01T23:59:45","slug":"lactualite-de-la-crise-sur-une-corde-raide-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/12\/30\/lactualite-de-la-crise-sur-une-corde-raide-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>SUR UNE CORDE RAIDE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Ne dissimulant pas son soulagement d\u2019avoir r\u00e9ussi \u00e0 passer l\u2019\u00e9preuve, Mario Monti, le pr\u00e9sident du Conseil italien, a cru pouvoir consid\u00e9rer que l\u2019Italie venait de \u201cs\u2019\u00e9loigner du bord du pr\u00e9cipice\u201d. Le r\u00e9sultat de l\u2019\u00e9mission obligataire de lundi n\u2019est pourtant pas si brillant : il a en effet \u00e9t\u00e9 consenti un taux de 6,98% pour l\u2019\u00e9mission de titres \u00e0 dix ans, \u00e0 un cheveu du seuil de 7% consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e0 terme insoutenable. Or les taux montent plus facilement et rapidement qu\u2019ils ne descendent &#8211; sur le march\u00e9 secondaire, il a d\u00e9pass\u00e9 \u00e0 nouveau ce seuil &#8211; et les besoins de financement de la dette italienne sont de 450 milliards d\u2019euros en 2012, le gouvernement venant de r\u00e9ussir \u00e0 lever\u2026 7 milliards d\u2019euros. <\/p>\n<p>Mario Monti va maintenir deux fers au feu pour tenter de d\u00e9tendre la situation : engager son fameux programme de <i>r\u00e9formes structurelles<\/i> et vendre des actifs publics &#8211; participations dans des entreprises ou biens immobiliers, l\u2019objectif \u00e9tant de diminuer la dette d\u2019au-moins 100 milliards d\u2019euros sur ses 1.900 milliards au total &#8211; tout en tentant une probl\u00e9matique relance \u00e9conomique dans un contexte de r\u00e9cession prononc\u00e9. L\u2019id\u00e9e est d\u2019introduire de la \u201cflexibilit\u00e9\u201d gr\u00e2ce \u00e0 un vaste programme de <i>lib\u00e9ralisation<\/i> et <i>d\u2019ouverture \u00e0 la concurrence<\/i>, afin de renforcer la <i>comp\u00e9titivit\u00e9<\/i>. Tout d\u00e9codage de ce pathos est d\u00e9sormais superflu, mais il va falloir n\u00e9gocier pr\u00e9cautionneusement les mesures qui en d\u00e9coulent afin de contenir les r\u00e9actions sociales. <\/p>\n<p><!--more-->Cela revient \u00e0 marcher sur la corde raide. Seule consolation, bien peu charitable, qui a \u00e9chapp\u00e9 dans cette situation tendue \u00e0 ce pieux technocrate lors de sa conf\u00e9rence de presse : en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses <i>fondamentaux<\/i>, l\u2019Italie ne m\u00e9riterait pas de subir des taux obligataires aussi \u00e9lev\u00e9s que l\u2019Espagne ! A ce propos, le Conseil des ministres espagnol a adopt\u00e9 aujourd\u2019hui un d\u00e9cret-loi de mesures d\u2019urgence, avec pour objectif de r\u00e9duire les d\u00e9penses budg\u00e9taires de 16,5 milliards d\u2019euros en 2012, des coupes suppl\u00e9mentaires d\u2019un niveau de 10 milliards \u00e9tant pr\u00e9vues au cas o\u00f9 le d\u00e9ficit public serait sup\u00e9rieur aux 6% du PIB promis. Mais le d\u00e9ficit devrait aux derni\u00e8res nouvelles atteindre le taux de 8%, d\u00e9jouant une fois encore tous les calculs.<\/p>\n<p>Le pays est en train de s\u2019enfoncer dans la r\u00e9cession, apportant sa participation au concert europ\u00e9en, ayant comme consolation &#8211; lui aussi &#8211; de ne pas \u00eatre le seul \u00e0 devoir <i>rassurer les march\u00e9s<\/i> sans toutefois y parvenir. Car l\u2019objectif de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, est de ramener le d\u00e9ficit \u00e0 4,4% du PIB fin 2012, comptant notamment sur une loi de \u201cmodernisation de la l\u00e9gislation du travail\u201d pour l\u2019atteindre\u2026 Cette droite est victime de ses certitudes id\u00e9ologiques, quand elle ne les fait pas endosser par ceux qui se pr\u00e9sentent \u00e0 gauche. <\/p>\n<p>Mario Monti fonde quant \u00e0 lui ses espoirs dans les prochaines d\u00e9cisions europ\u00e9ennes, l\u00e0 o\u00f9 le pire est pourtant toujours \u00e0 attendre. Wolfgang Scha\u00fcble, le ministre allemand des finances, vient pour le confirmer une nouvelle fois de d\u00e9clarer : \u201cJe crois qu\u2019au cours des douze prochains mois nous aurons \u00e9limin\u00e9 les dangers de contagion et serons parvenus \u00e0 stabiliser la zone euro\u201d, illustrant l\u2019incapacit\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 prendre la mesure de la situation et \u00e0 reconna\u00eetre sa grande instabilit\u00e9. A l\u2019appui de sa pr\u00e9diction, il cite la perspective de la mise en place du M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (MES) vers la mi-2012, sans savoir comment ses 80 milliards d\u2019euros de capital seront r\u00e9unis et \u00e0 quelles conditions il pourra emprunter sur le march\u00e9. Car cela d\u00e9pend notamment de l&rsquo;\u00e9volution de la notation de la France.  <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les r\u00e9sultats pour le moins mitig\u00e9s des derni\u00e8res \u00e9missions obligataires italiennes montrent l\u2019\u00e9tendue des probl\u00e8mes qui ne sont pas pris en compte. La Gr\u00e8ce va pour sa part entrer dans un nouveau cycle de n\u00e9gociations financi\u00e8res relatives \u00e0 la poursuite de son <i>sauvetage<\/i>, alors que le pr\u00e9c\u00e9dent n\u2019est pas termin\u00e9, laissant toujours planer la menace d\u2019un d\u00e9faut sur sa dette et d\u2019une sortie de la zone euro, qui cr\u00e9erait une cascade d\u2019\u00e9v\u00e9nements impr\u00e9visibles. L\u2019\u00e9clatement de cette derni\u00e8re n\u2019est d\u2019ailleurs plus un sujet tabou, tandis que l\u2019arriv\u00e9e comme un sauveur du FMI semble d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9e. Les banques &#8211; qui dans ce cas subiraient un effet domino redout\u00e9 &#8211; sont pour leur part maintenues le nez hors de l\u2019eau par la BCE, confirmant ainsi indirectement leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, ce qui ne les emp\u00eache pas de peiner pour renforcer leurs fonds propres. <\/p>\n<p>Toujours pas prise \u00e0 bras le corps, la crise europ\u00e9enne reste mena\u00e7ante, renvoyant \u00e0 celle qui parcourt le monde qu\u2019il ne faudrait pas oublier. Les exportations du Japon sont affect\u00e9es par le rench\u00e9rissement du yen r\u00e9sultant de la faiblesse du dollar, ainsi que par le ralentissement \u00e9conomique mondial, tandis que la consommation int\u00e9rieure continue de r\u00e9gresser et la production industrielle de diminuer, en d\u00e9pit des mesures publiques de relance. Le pays continue de subir une d\u00e9flation dont il ne parvient pas \u00e0 sortir.  <\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les Etats-Unis continuent de repousser par petites \u00e9tapes successives le moment o\u00f9 il va falloir engager la r\u00e9duction de leur endettement, tout en enregistrant une faiblesse accrue de leur croissance. Enfin, la Chine souffre d&rsquo;avoir pris les recettes du capitalisme financier pour argent comptant, confront\u00e9e \u00e0 une bulle immobili\u00e8re et au d\u00e9s\u00e9quilibre de son syst\u00e8me bancaire atteint par la mauvaise qualit\u00e9 de ses actifs, engag\u00e9e dans un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 accentuant les in\u00e9galit\u00e9s. Se retrouvant dans le cadre d&rsquo;une formule que l\u2019on pourrait \u00e9noncer comme \u00e9tant <i>un syst\u00e8me, deux pays<\/i>, suite logique mais invers\u00e9e de celle de Den Xiaoping : \u201cun pays, deux syst\u00e8mes\u201d. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ne dissimulant pas son soulagement d\u2019avoir r\u00e9ussi \u00e0 passer l\u2019\u00e9preuve, Mario Monti, le pr\u00e9sident du Conseil italien, a cru pouvoir consid\u00e9rer que l\u2019Italie venait de \u201cs\u2019\u00e9loigner du bord du pr\u00e9cipice\u201d. Le r\u00e9sultat de l\u2019\u00e9mission obligataire de lundi n\u2019est pourtant pas si brillant : il a en effet \u00e9t\u00e9 consenti un taux de 6,98% [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204],"tags":[],"class_list":["post-32327","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32327","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32327"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32327\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46749,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32327\/revisions\/46749"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32327"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32327"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}