{"id":32766,"date":"2012-01-16T08:13:55","date_gmt":"2012-01-16T07:13:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=32766"},"modified":"2013-01-02T00:57:08","modified_gmt":"2013-01-01T23:57:08","slug":"lactualite-de-la-crise-les-douloureuses-questions-de-gros-sous-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/01\/16\/lactualite-de-la-crise-les-douloureuses-questions-de-gros-sous-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LES DOULOUREUSES QUESTIONS DE GROS SOUS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Les n\u00e9gociations \u00e0 propos de la restructuration de la dette grecque (le PSI) se sont consid\u00e9rablement tendues, incitant Guido Westerwelle, le ministre allemand des affaires \u00e9trang\u00e8res, \u00e0 se rendre samedi en urgence \u00e0 Ath\u00e8nes, officiellement pour porter un message \u201cd\u2019encouragement et d\u2019espoir\u201d\u2026 Son d\u00e9placement inopin\u00e9 a en r\u00e9alit\u00e9 pour objectif de conclure imp\u00e9rativement les discussions avant la r\u00e9union du 23 janvier des ministres des finances de l\u2019eurozone, pratiquement dans une semaine.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement un nouveau round de n\u00e9gociations va d\u00e9buter mardi prochain \u00e0 Ath\u00e8nes avec les repr\u00e9sentants de la <em>Tro\u00efka<\/em> (Union europ\u00e9enne, FMI et BCE), afin de mettre au point un nouveau programme fiscal et de r\u00e9formes structurelles, qui devra \u00eatre approuv\u00e9 pour que l\u2019accord du PSI puisse entrer en application et que de nouveaux pr\u00eats d\u2019un montant de 130 milliards d\u2019euros soient accord\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more-->Le tout doit dans l\u2019imm\u00e9diat permettre \u00e0 la Gr\u00e8ce de faire face \u00e0 son \u00e9ch\u00e9ance de 14,4 milliards d\u2019euros du 20 mars prochain, faute de quoi elle fera d\u00e9faut. Or l\u2019accord est loin d\u2019\u00eatre conclu entre l\u2019Institute of International Finance, qui repr\u00e9sente les cr\u00e9anciers priv\u00e9s, et le gouvernement grec.<\/p>\n<p>La discussion porte sur le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des nouvelles obligations qui seront \u00e9chang\u00e9es avec les titres actuels. Le gouvernement allemand est en effet intervenu dans les n\u00e9gociations, afin de proposer un taux de 2-3% &#8211; ce qui ferait monter les pertes des cr\u00e9anciers de 60% \u00e0 80% &#8211; alors que les cr\u00e9diteurs voulaient obtenir 5%. La position allemande prend en effet en compte la diminution du nombre de cr\u00e9anciers pr\u00eats \u00e0 se joindre \u00e0 l\u2019accord <em>volontaire<\/em>, r\u00e9sultant notamment du refus des hedge funds qui sp\u00e9culent sur le d\u00e9faut grec, en cherchant \u00e0 le compenser par une augmentation de la d\u00e9cote support\u00e9e par les banques. L\u2019objectif est en effet de parvenir \u00e0 r\u00e9duire la dette de la Gr\u00e8ce de 160% \u00e0 120% du PIB \u00e0 l\u2019horizon 2020, pour que le plan soit consid\u00e9r\u00e9 comme cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>Ne voulant pas augmenter leur mise, les \u00c9tats europ\u00e9ens reportent donc sur les banques la charge suppl\u00e9mentaire. Mais ils cr\u00e9ent ce faisant un autre probl\u00e8me, \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;il va falloir davantage renflouer les banques grecques, grosses d\u00e9tentrices de la dette grecque. Le choix suivant va alors \u00eatre soit d&rsquo;augmenter encore les efforts demand\u00e9s au gouvernement grec pour d\u00e9gager les ressources correspondantes, soit d&rsquo;accro\u00eetre les pr\u00eats de l&rsquo;Union europ\u00e9enne et du FMI.<\/p>\n<p>Un d\u00e9faut de la Gr\u00e8ce dans le contexte actuel est un luxe que ne peuvent pas se permettre les dirigeants europ\u00e9ens, ni les \u00e9metteurs de CDS sur la dette grecque, mais la corde est \u00e0 tous \u00e9gards tr\u00e8s tendue.<\/p>\n<p>D\u2019autres n\u00e9gociations financi\u00e8res se profilent, qui ne vont pas \u00eatre plus ais\u00e9es, en attendant d\u2019observer la r\u00e9action du march\u00e9 obligataire suite aux d\u00e9gradations des pays europ\u00e9ens, en particulier \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une \u00e9mission fran\u00e7aise jeudi prochain. Elles vont avoir pour objet le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FESF), qui pourrait devoir supporter des taux plus \u00e9lev\u00e9s &#8211; et les r\u00e9percuter sur les pays b\u00e9n\u00e9ficiant de ses pr\u00eats &#8211; s\u2019il venait \u00e0 perdre \u00e0 son tour sa note AAA, ce qui alourdirait leurs charges d\u2019autant. La perspective de voir des investisseurs non-europ\u00e9ens financer le FESF, d\u00e9j\u00e0 faible, en sortirait par ailleurs encore moins probable.<\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, le verdict de S&#038;P concernant cette notation est attendu dans les jours prochains ; John Chambers, pr\u00e9sident du comit\u00e9 des notations souveraines de S&#038;P, a pr\u00e9cis\u00e9 que le FESF pourrait conserver sa note AAA, si l\u2019Allemagne et les trois autres pays restants qui en b\u00e9n\u00e9ficient toujours accroissaient le montant de leur garantie pour se substituer \u00e0 la France, qui l\u2019a perdue). Une perspective imm\u00e9diatement \u00e9cart\u00e9e par Angela Merkel. Il ne reste alors comme issue que la possibilit\u00e9 que les \u00e9missions \u00e0 court terme du FESF (3 \u00e0 6 mois) continuent \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de la note AAA, ce qui permettrait au moins des pr\u00eats relais aux pays b\u00e9n\u00e9ficiant d\u00e9j\u00e0 des plans de sauvetage, quitte \u00e0 les renouveler. En utilisant de plus en plus des bouts de ficelle.<\/p>\n<p>Le montage du M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES), d\u00e9sormais pr\u00e9vu pour \u00eatre effectif en juillet prochain apr\u00e8s des d\u00e9cisions inscrites \u00e0 l&rsquo;ordre du jour d\u2019un sommet en mars, devrait si possible \u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, car il n\u2019y aura plus que le FMI de disponible, aux moyens lui aussi limit\u00e9s, pour faire la soudure en attendant son lancement, les pays europ\u00e9ens devant financer le fonds pour qu\u2019il puisse s\u2019engager dans des op\u00e9rations de <em>sauvetage<\/em> europ\u00e9ennes. Toujours du bricolage.<\/p>\n<p>Le m\u00eame probl\u00e8me de financement va se trouver pos\u00e9 avec le MES car il est pr\u00e9vu qu\u2019il b\u00e9n\u00e9ficie non pas de garanties, comme c\u2019\u00e9tait le cas du FESF, mais cette fois-ci d\u2019un capital, dont le montant pr\u00e9vu est pour l\u2019instant de 620 milliards d\u2019euros. <b>ERRATA : LE CAPITAL DEVRAIT \u00caTRE DE 80 MILLIARDS D&rsquo;EUROS ET LA DISCUSSION PORTE SUR SON VERSEMENT \u00c9TAL\u00c9 SUR PLUSIEURS ANN\u00c9ES OU NON<\/b>. Une nouvelle n\u00e9gociation d\u00e9licate va devoir \u00eatre boucl\u00e9e, afin de d\u00e9terminer le montant du capital appel\u00e9 sans attendre. Celui de 80 milliards d\u2019euros a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 dans un premier temps, mais cela pourrait \u00eatre davantage afin de donner au MES une meilleure assise financi\u00e8re imm\u00e9diate. Pour ce faire, les \u00c9tats europ\u00e9ens qui le financent vont devoir emprunter sur le march\u00e9, en m\u00eame temps qu\u2019ils cherchent \u00e0 diminuer leur endettement !<\/p>\n<p>Les <em>sauvetages<\/em> en cours, ou le montage des instruments de stabilisation financi\u00e8re pour assurer les prochains, impliquent des n\u00e9gociations de gros sous \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Mais les \u00c9tats europ\u00e9ens n\u2019ont pas les moyens de la strat\u00e9gie qu\u2019ils ont adopt\u00e9e. C\u2019est devant cette triste v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019ils sont plus que jamais plac\u00e9s, sans vouloir ni ne pouvoir l\u2019admettre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les n\u00e9gociations \u00e0 propos de la restructuration de la dette grecque (le PSI) se sont consid\u00e9rablement tendues, incitant Guido Westerwelle, le ministre allemand des affaires \u00e9trang\u00e8res, \u00e0 se rendre samedi en urgence \u00e0 Ath\u00e8nes, officiellement pour porter un message \u201cd\u2019encouragement et d\u2019espoir\u201d\u2026 Son d\u00e9placement inopin\u00e9 a en r\u00e9alit\u00e9 pour objectif de conclure imp\u00e9rativement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[],"class_list":["post-32766","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32766","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32766"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32766\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46712,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32766\/revisions\/46712"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32766"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32766"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32766"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}