{"id":32804,"date":"2012-01-17T07:16:31","date_gmt":"2012-01-17T06:16:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=32804"},"modified":"2013-01-02T00:57:07","modified_gmt":"2013-01-01T23:57:07","slug":"lactualite-de-la-crise-les-contradictions-den-haut-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/01\/17\/lactualite-de-la-crise-les-contradictions-den-haut-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LES CONTRADICTIONS D&rsquo;EN HAUT<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Une partie de poker menteur au r\u00e9sultat incertain se poursuit \u00e0 Ath\u00e8nes, le gouvernement mena\u00e7ant de faire adopter une loi promulguant r\u00e9troactivement une <i>clause d\u2019action collective<\/i> qui permettrait d\u2019imposer \u00e0 tous ses cr\u00e9anciers de participer \u00e0 l\u2019effort de restructuration, jusqu\u2019\u00e0 maintenant qualifi\u00e9 de <i>volontaire<\/i> ; l\u2019Institute of International Finance faisant de son c\u00f4t\u00e9 mine de r\u00e9fl\u00e9chir si un d\u00e9faut ne serait pas tout bien pes\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 une d\u00e9cote, tandis que le gouvernement allemand r\u00e9clame que celle-ci soit encore augment\u00e9e, au-del\u00e0 de ce que demandait le FMI, afin de rendre cr\u00e9dible de son point de vue le nouveau <i>sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce. <\/p>\n<p>L\u2019\u00e2pret\u00e9 des n\u00e9gociations illustre combien les enjeux sont \u00e9lev\u00e9s et mettent \u00e0 nu les contradictions d\u2019int\u00e9r\u00eat entre les protagonistes. Par voie de cons\u00e9quence, les commentateurs les plus avis\u00e9s se refusent \u00e0 tout pari sur leur issue, celles-ci pouvant tout aussi bien se conclure par un compromis de derni\u00e8re minute que ne pas y parvenir. Dans l\u2019imm\u00e9diat, la crainte du d\u00e9faut enfle. <\/p>\n<p><!--more-->Alors que les dirigeants europ\u00e9ens expriment avec \u00e9loquence qu\u2019ils ne savent pas quoi faire, leurs propos partant en tous les sens et n\u2019ayant en commun que le flou de leurs intentions, le cas du <i>pare feu<\/i> que repr\u00e9sente le FESF devient lui aussi embl\u00e9matique. Standard &#038; Poor\u2019s l\u2019ayant \u00e0 son tour d\u00e9grad\u00e9, les uns affectant de n\u2019y accorder que peu d\u2019importance, les autres au contraire s\u2019en alarmant. Les responsables allemands, et par la force des choses les Fran\u00e7ais, se rangeant dans la premi\u00e8re cat\u00e9gorie, tandis que le pr\u00e9sident de la BCE trouvait une place de choix dans la seconde. Ceux qui veulent que la fen\u00eatre soit ferm\u00e9e ayant toujours gain de cause, le renflouement du FESF n\u2019est donc pas au programme, cr\u00e9ant un autre sujet d\u2019incertitude, pour l\u2019instant plus rampant.<\/p>\n<p>Or le Fonds doit continuer \u00e0 financer les <i>plans de sauvetage<\/i> en cours, notamment la part europ\u00e9enne du nouveau plan grec de 130 milliards d\u2019euros au total. Il \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9vu qu\u2019il puisse le cas \u00e9ch\u00e9ant aider les banques dans le besoin \u00e0 se recapitaliser; d\u2019ici la fin juin au plus tard, a demand\u00e9 le r\u00e9gulateur. Dans quelle conditions pourra-t-il d\u00e9sormais remplir ses missions ? <\/p>\n<p>La mise en service du MES qui doit lui succ\u00e9der \u00e0 cette m\u00eame \u00e9ch\u00e9ance s\u2019apparente \u00e0 une course d\u2019obstacles mouvement\u00e9e, une fois un accord pr\u00e9alablement intervenu sur son financement. Il devra recevoir un double bapt\u00eame, des 17 de l\u2019eurozone et des 27 de l\u2019Union europ\u00e9enne, puisqu\u2019un amendement au Trait\u00e9 de Lisbonne est n\u00e9cessaire. Tenir un calendrier si serr\u00e9 ressort par avance de l\u2019exploit, vu la multiplicit\u00e9 des \u00e9tapes qui vont devoir \u00eatre franchies. <\/p>\n<p>Ce contexte explique la nervosit\u00e9 manifest\u00e9e par Mariano Rajoy et Mario Monti, les nouveaux patrons de l\u2019Espagne et de l\u2019Italie, qui constatent qu\u2019ils sont sans filet. A nouveau, le pr\u00e9sident du conseil italien n\u2019a pas cach\u00e9 qu\u2019il est favorable \u00e0 l\u2019\u00e9mission d\u2019euro-obligations et au renforcement des <i>pare-feu<\/i>, ainsi qu\u2019\u00e0 une intervention accrue de la BCE sur le march\u00e9 obligataire. Au fil de ses voyages et de ses rencontres, il tente avec opini\u00e2tret\u00e9 de promouvoir un assouplissement de la position allemande sur ces sujets, tout en jouant vis \u00e0 vis d\u2019eux les bons \u00e9l\u00e8ves de la classe. Il en parle donc de mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, arguant que c\u2019est seulement ainsi, en respectant l\u2019ind\u00e9pendance de la BCE, qu\u2019il y a des chances pour qu\u2019elle prenne les bonnes d\u00e9cisions sans avoir l\u2019air d\u2019agir sous la pression\u2026 Que de subtilit\u00e9s florentines ! <\/p>\n<p>La situation de l&rsquo;Italie s&rsquo;inscrit dans une logique \u00e0 laquelle il ne va pas \u00eatre possible de pouvoir \u00e9chapper. Dans un premier temps, elle va tenter de se refinancer en d\u00e9pit des taux \u00e9lev\u00e9s qu&rsquo;elle doit consentir, pour se retrouver dans un deuxi\u00e8me temps avec une telle charge sur le dos que seule une restructuration de sa dette pourra lui permettre de s&rsquo;en sortir. C&rsquo;est de ce pi\u00e8ge que cherche \u00e0 sortir Mario Monti. <\/p>\n<p>Quand une lueur n\u00e9anmoins surgit, vers laquelle il serait possible de se diriger, elle \u00e9claire le m\u00eame sempiternel programme de <i>r\u00e9formes structurelles<\/i>, pr\u00e9sent\u00e9es comme susceptibles de relancer la croissance et d\u2019encourager l\u2019emploi sans accro\u00eetre les d\u00e9ficits. Tous s\u2019y agrippent comme \u00e0 une planche de salut; tous ne s\u2019y engagent qu\u2019avec prudence. Pas toujours m\u00e9contents d\u2019avoir trouv\u00e9 un excellent pr\u00e9texte pour les faire avancer. Pierre Lellouche, secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais au commerce ext\u00e9rieur, voit ainsi dans la situation actuelle un \u201cchoc salutaire\u201d, car \u201cce que nous payons aujourd\u2019hui, c\u2019est trente ann\u00e9es de facilit\u00e9 dans laquelle on a maintenu un syst\u00e8me social et on a distribu\u00e9 de l\u2019argent qu\u2019on n\u2019avait pas\u201d.<\/p>\n<p>Mais il y a finalement de l\u2019innocence dans leur conduite, en d\u00e9pit de leurs mauvaises intentions. Celle de croire qu\u2019ils pourront arriver \u00e0 leur fin en s\u2019appuyant sur la peur, le chantage et la r\u00e9signation. Quant \u00e0 leur opposition <i>de gauche<\/i> &#8211; conservatrice au sens propre &#8211; elle voit ses marges de man\u0153uvre se r\u00e9tr\u00e9cir tous les jours et recule \u00e0 chaque fois devant l\u2019obstacle, enferm\u00e9e dans un cadre qui la condamne t\u00f4t ou tard \u00e0 l\u2019\u00e9chec. <\/p>\n<p>Il a fallu que ce soit David Lipton, le num\u00e9ro 2 du FMI, qui sonne le tocsin en utilisant l\u2019image de la \u201cspirale n\u00e9gative\u201d dans laquelle s\u2019enfonce l\u2019Europe, qui pourrait conduire l\u2019\u00e9conomie mondiale \u00e0 la catastrophe. \u201cAu lieu d\u2019\u00eatre paralys\u00e9s par le pessimisme, il est temps de se concentrer sur des choses un peu plus positives, comme trouver les moyens pour sortir de la crise\u201d a-t-il exhort\u00e9. Sans lui non plus apporter de r\u00e9ponse. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une partie de poker menteur au r\u00e9sultat incertain se poursuit \u00e0 Ath\u00e8nes, le gouvernement mena\u00e7ant de faire adopter une loi promulguant r\u00e9troactivement une <i>clause d\u2019action collective<\/i> qui permettrait d\u2019imposer \u00e0 tous ses cr\u00e9anciers de participer \u00e0 l\u2019effort de restructuration, jusqu\u2019\u00e0 maintenant qualifi\u00e9 de <i>volontaire<\/i> ; l\u2019Institute of International Finance faisant de son c\u00f4t\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[],"class_list":["post-32804","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32804","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32804"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32804\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46709,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32804\/revisions\/46709"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32804"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32804"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32804"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}