{"id":33148,"date":"2012-01-26T00:19:04","date_gmt":"2012-01-25T23:19:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=33148"},"modified":"2013-01-02T00:56:45","modified_gmt":"2013-01-01T23:56:45","slug":"lactualite-de-la-crise-cette-tres-chere-dette-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/01\/26\/lactualite-de-la-crise-cette-tres-chere-dette-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>CETTE TR\u00c8S CH\u00c8RE DETTE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Le bras de fer engag\u00e9 \u00e0 propos de la restructuration de la dette publique grecque se poursuit, apr\u00e8s trois semaines de marathon. En discussion, le taux auxquel seraient assujettis les titres \u00e9mis en remplacement des obligations actuelles, destin\u00e9es \u00e0 subir une d\u00e9cote de 50 %, ainsi que le volume pr\u00e9sent\u00e9 <i>volontairement<\/i> \u00e0 l\u2019\u00e9change de ces derni\u00e8res. De la combinaison de ces deux param\u00e8tres r\u00e9sulteront des pertes donn\u00e9es pour les cr\u00e9anciers qui y participeront et une r\u00e9duction d\u00e9termin\u00e9e de la dette publique.  <\/p>\n<p>Sont en lice le gouvernement grec et l\u2019Institute of International Finance (IIF), lequel repr\u00e9sente les cr\u00e9anciers pr\u00e9sents dans la n\u00e9gociation. Mais un troisi\u00e8me larron est intervenu, s\u2019octroyant le statut d\u2019observateur, qui est avec le gouvernement allemand \u00e0 l\u2019origine des rebondissements actuels. Le FMI a consid\u00e9r\u00e9 insuffisante la r\u00e9duction de la dette grecque, au vu des taux propos\u00e9es par l\u2019IIF pour les nouveaux titres, car ils aboutissent selon lui \u00e0 mettre en cause la viabilit\u00e9 du nouveau <i>plan de sauvetage<\/i> dans son ensemble &#8211; restructuration de la dette et pr\u00eats &#8211; emp\u00eachant le fonds d\u2019y participer en raison de ses contraintes r\u00e9glementaires. <\/p>\n<p>L\u2019IIF ayant d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre au taquet de ses concessions, le FMI maintenant que l\u2019adoption de taux plus faibles est indispensable, les n\u00e9gociations ont bloqu\u00e9 ce week-end et d\u2019autres solutions sont activement recherch\u00e9es. D\u00e8s lundi, les ministres des finances de la zone euro ont d\u00e9termin\u00e9 une nouvelle date butoir pour celles-ci : le 3 f\u00e9vrier prochain. Ce mercredi, les cr\u00e9anciers devaient se r\u00e9unir \u00e0 Paris sous les auspices de l\u2019IIF, et il est pr\u00e9vu demain \u00e0 Ath\u00e8nes la reprise des n\u00e9gociations.  <\/p>\n<p><!--more-->Tout le monde se tient par la barbichette dans cette affaire, rendant l\u2019exercice scabreux. Dans un premier temps, il a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 de demander \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne d\u2019augmenter le montant de son pr\u00eat de 130 milliards d\u2019euros pour compenser la r\u00e9duction moindre de la dette, solution qui a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement rejet\u00e9e par les imp\u00e9trants. Les regards se sont \u00e9galement tourn\u00e9s vers la BCE, qui d\u00e9tient avec l\u2019Eurosyst\u00e8me environ 45 milliards d\u2019euros de titres grecs, \u00e0 qui il a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 de s\u2019associer \u00e0 l\u2019op\u00e9ration afin que le niveau de r\u00e9duction de dette r\u00e9clam\u00e9 par le FMI soit atteint (120 % du PIB \u00e0 l\u2019horizon 2020). Permettant d\u2019augmenter le nombre des anciens titres \u00e9chang\u00e9s pour ne pas diminuer le taux des nouveaux et satisfaire l\u2019IIF. <\/p>\n<p>Mercredi, Christine Lagarde est intervenue au nom du FMI pour proposer que les cr\u00e9anciers  publics s\u2019associent aux priv\u00e9s, afin que le compte y soit, d\u00e9signant implicitement la BCE. Depuis le d\u00e9but, cette derni\u00e8re est clairement oppos\u00e9e \u00e0 toute implication de sa part dans l\u2019op\u00e9ration, au pr\u00e9texte que cela reviendrait \u00e0 financer les \u00c9tats, ce qui lui est interdit comme on ne l\u2019ignore pas. Elle a toutefois recherch\u00e9 en interne ces derniers temps des biais possibles pour y contribuer, sans r\u00e9sultat connu. <\/p>\n<p>Si elle se joignait au club, la BCE devrait supporter une perte d\u2019environ 20 milliards d\u2019euros, qu\u2019elle partagerait avec les 17 banques centrales nationales de l\u2019Eurosyst\u00e8me. Ce qui ne serait pas insurmontable, puisqu\u2019elle pourrait r\u00e9\u00e9quilibrer son bilan en cr\u00e9ant de la monnaie, ou en se retournant vers ses actionnaires, les BCN donc les \u00c9tats europ\u00e9ens, pour \u00eatre recapitalis\u00e9e comme elle l\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait en d\u00e9cembre 2010.<\/p>\n<p>Sa crainte est ailleurs. Elle r\u00e9side dans le danger d\u2019\u00eatre associ\u00e9e \u00e0 un tel pr\u00e9c\u00e9dent. Jean-Claude Trichet avait tent\u00e9 de s\u2019opposer au principe m\u00eame d\u2019une restructuration, faisant valoir que cela d\u00e9clencherait une r\u00e9action virulente in\u00e9vitable <i>des march\u00e9s<\/i>. Les faits ne lui ont d\u2019ailleurs pas donn\u00e9 tort, de ce point de vue. R\u00e9put\u00e9e sans risques, la dette souveraine doit sans exception le demeurer aux yeux des investisseurs qui ne supportent pas qu\u2019il puisse en \u00eatre autrement. Ils ont besoin de points d\u2019appuis pour construire leurs pyramides et ne se contr\u00f4lent plus lorsque ceux-ci leur font d\u00e9faut. <\/p>\n<p>Mais le mal \u00e9tant fait, il est d\u00e9sormais redout\u00e9 que d\u2019autres pays demandent \u00e0 leur tour \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de la m\u00eame faveur. Une \u00e9ventualit\u00e9 \u00e0 laquelle BNP Paribas a voulu porter d\u00e8s le d\u00e9part un coup d\u2019arr\u00eat d\u00e9finitif en clamant que la restructuration grecque \u00e9tait un cas unique, qui ne serait en aucun cas renouvel\u00e9. Mais pourquoi l\u2019Irlande et le Portugal, mais aussi l\u2019Espagne et l\u2019Italie, ne b\u00e9n\u00e9ficieraient-elles pas demain de ce que la Gr\u00e8ce a obtenu, si leur situation devenait \u00e0 son tour aussi dramatique ? Pour le coup, une telle demande exauc\u00e9e ferait sauter la banque (le syst\u00e8me bancaire), et il n\u2019est pas exclu qu\u2019elle se pr\u00e9sente&#8230; La BCE voudrait donc tourner au plus t\u00f4t la page pour ne plus y revenir. <\/p>\n<p>Il existerait bien une solution qui permettrait de contraindre tous les cr\u00e9anciers \u00e0 participer \u00e0 l\u2019\u00e9change afin d\u2019en finir, mais elle est \u00e0 double tranchant. Non pas tellement parce qu\u2019elle d\u00e9clencherait l\u2019activation des CDS &#8211; un \u201c\u00e9v\u00e9nement de cr\u00e9dit\u201d constat\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 les volumes limit\u00e9s qui semblent avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9mis &#8211; mais parce que la mise en place d\u2019une clause d\u2019action collective serait \u00e9galement contraignante pour la BCE. On tourne en rond. <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, il va falloir ruser pour aboutir \u00e0 un accord. Trouver des montages financiers plus ou moins rocambolesques et inventer des contreparties qui ne se refusent pas. Personne ne recherche l\u2019\u00e9chec, mais ce n\u2019est jamais une garantie de succ\u00e8s. Il faut savoir terminer une restructuration&#8230;<\/p>\n<p>Si la Gr\u00e8ce est un laboratoire, c\u2019est aussi parce qu\u2019elle permet d\u2019exp\u00e9rimenter en grandeur r\u00e9elle une premi\u00e8re restructuration de dette. Ce qui n\u2019est de toute \u00e9vidence pas une r\u00e9ussite, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019\u00e9cheveau de contradictions d\u2019int\u00e9r\u00eat. Il n\u2019y a pourtant que deux issues possibles. Soit de tenter d\u2019ouvrir une voie, comme Mario Monti s\u2019y essaye, qui supposera de trouver un relais avec la BCE et le FMI, soit de se r\u00e9soudre \u00e0 poursuivre les restructurations de dette, ce qui ne sera pas sans lourdes cons\u00e9quences pour les banques europ\u00e9ennes. <\/p>\n<p>\u201cLes contours d\u2019une possible voie de sortie de la grave crise qui a touch\u00e9 l\u2019Europe commencent \u00e0 prendre forme\u201d, a d\u00e9clar\u00e9 le pr\u00e9sident du conseil italien. A condition de ne pas \u00eatre rattrap\u00e9 par la dynamique de la crise qui ne lui laissera pas n\u00e9cessairement le temps de l\u2019emprunter. <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, c\u2019est en Espagne que les signes de craquement se multiplient, le gouvernement incapable d\u2019atteindre ses objectifs de r\u00e9duction du d\u00e9ficit alors que le dossier des banques devient prioritaire pour n\u2019avoir \u00e9t\u00e9 qu\u2019effleur\u00e9. Il se confirme par ailleurs au Royaume-Uni, o\u00f9 la r\u00e9cession est de retour et la dette continue d\u2019enfler, que le plan Cameron est un \u00e9chec amenant la Banque d\u2019Angleterre \u00e0 annoncer de nouveaux rachats massifs d\u2019actifs obligataires. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le bras de fer engag\u00e9 \u00e0 propos de la restructuration de la dette publique grecque se poursuit, apr\u00e8s trois semaines de marathon. 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