{"id":33477,"date":"2012-02-05T16:34:21","date_gmt":"2012-02-05T15:34:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=33477"},"modified":"2013-01-02T00:54:18","modified_gmt":"2013-01-01T23:54:18","slug":"lactualite-de-la-crise-ils-ne-veulent-pas-en-demordre-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/02\/05\/lactualite-de-la-crise-ils-ne-veulent-pas-en-demordre-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>ILS NE VEULENT PAS EN D\u00c9MORDRE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 tort chaque jour comme sur le point d\u2019aboutir, les tractations \u00e0 propos du second <em>plan de sauvetage<\/em> de la Gr\u00e8ce sont d\u00e9sormais \u00ab\u00a0sur le fil du rasoir\u00a0\u00bb, si l\u2019on en croit Ev\u00e1ng\u00e9los V\u00e9niz\u00e9los, le ministre des finances grec. Nouvelle date butoir, ce dimanche soir. D\u2019autres, comme Fran\u00e7ois Baroin, annoncent prudemment un report de cette \u00e9ch\u00e9ance au 13 f\u00e9vrier.<\/p>\n<p>Dans cette phase o\u00f9 tout est encore possible, les n\u00e9gociations se poursuivent parall\u00e8lement sur deux terrains, identifi\u00e9s par les acronymes de PSI et d\u2019OSI (<em>private<\/em> et <em>official sector involvement<\/em>). Avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 des efforts suppl\u00e9mentaires demand\u00e9s aux cr\u00e9anciers priv\u00e9s de la Gr\u00e8ce, qui s\u2019y refusent au nom de la \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9\u00a0\u00bb dont ils ont d\u00e9j\u00e0 fait preuve, et de l\u2019autre de nouvelles mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 exig\u00e9es du gouvernement grec, qui cherche \u00e0 esquiver les plus explosives. Dr\u00f4le de jeu qui s\u2019\u00e9ternise et va devoir trouver une fin.<\/p>\n<p><!--more-->Jean-Claude Junker vient de mettre en garde \u00e0 propos du risque de faillite de la Gr\u00e8ce, si les r\u00e9formes exig\u00e9es n\u2019\u00e9taient pas adopt\u00e9es et men\u00e9es \u00e0 bien, car \u00ab\u00a0nous ne reculerons pas sur le th\u00e8me des privatisations\u00a0\u00bb. Apportant de l\u2019eau au moulin de ceux qui pensent que cette \u00e9ventualit\u00e9 n\u2019est plus le tabou qu\u2019elle \u00e9tait. Tandis que d\u2019autres, notamment Josef Ackermann, pr\u00e9sident de la Deutsche Bank, exprimait la crainte que \u00ab si nous laissons la Gr\u00e8ce s\u2019effondrer, je pense que nous ouvrons la bo\u00eete de Pandore\u00a0\u00bb. On aurait tendance \u00e0 dire qu&rsquo;il en sera ainsi dans tous les cas !<\/p>\n<p>L\u2019objectif est de cr\u00e9er les conditions permettant de r\u00e9duire la dette publique grecque, \u00e0 l\u2019horizon 2020, de 160 % \u00e0 120 % du PIB, selon le butoir plac\u00e9 par le FMI, qui selon les Fran\u00e7ais pourrait \u00eatre un peu augment\u00e9. Cela a comme cons\u00e9quence de lier les deux n\u00e9gociations, car si les effets du PSI sont moindres que pr\u00e9vus, ceux de l\u2019OSI doivent le compenser, toujours en application de l\u2019\u00e9quation pos\u00e9e par le FMI.<\/p>\n<p>Tout s\u2019annon\u00e7ait bien : la dette devait \u00eatre r\u00e9duite de 100 milliards d\u2019euros, et 130 milliards d\u2019euros \u00eatre pr\u00eat\u00e9s par l\u2019Union europ\u00e9enne et le FMI. Mais voil\u00e0 qu\u2019une quinzaine de milliards d\u2019euros ont manqu\u00e9 \u00e0 l\u2019appel, faute \u00e0 la r\u00e9cession et aux difficult\u00e9s que rencontre l\u2019\u00c9tat pour accro\u00eetre ses rentr\u00e9es fiscales, et que tout en d\u00e9pend. D\u2019une mani\u00e8re qui pourrait para\u00eetre surprenante, vu la modicit\u00e9 de la somme compar\u00e9e \u00e0 ce qui \u00e9tait acquis. Que s\u2019est-il donc pass\u00e9 ?<\/p>\n<p>L\u2019attention a \u00e9t\u00e9 focalis\u00e9e sur les n\u00e9gociations du PSI, ainsi que sur la participation \u00e9ventuelle de la BCE, faisant oublier l\u2019importance de celles de l\u2019OSI. En particulier \u00e0 propos des salaires du secteur priv\u00e9, du montant du salaire minimum et des retraites compl\u00e9mentaires. Or c\u2019est pourtant l\u00e0 que se trouve maintenant la cl\u00e9 des n\u00e9gociations. Le gouvernement grec est somm\u00e9 de r\u00e9aliser ses promesses non tenues, notamment dans le domaine des privatisations, et de ne pas s\u2019en tenir aux coupes budg\u00e9taires et aux imp\u00f4ts qu\u2019il a lev\u00e9s dans l\u2019urgence. Comme disent les financiers qui affectionnent cette expression, il faut <em>gratter jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os<\/em>. L\u2019enjeu est toujours de le faire plier, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre traduit par la tentative inachev\u00e9e de le mettre sous tutelle.<\/p>\n<p>Dans toute l\u2019Europe, la diminution du co\u00fbt du travail appara\u00eet de plus en plus comme au centre de la strat\u00e9gie suivie par les dirigeants europ\u00e9ens. En application de l\u2019analyse selon laquelle il faut ainsi accro\u00eetre la comp\u00e9titivit\u00e9 pour relancer la croissance ; une pirouette que la Gr\u00e8ce a le redoutable honneur de r\u00e9aliser en premier, afin d&rsquo;\u00e9viter \u00e0 l\u2019Allemagne d\u2019infl\u00e9chir son propre mod\u00e8le tourn\u00e9 vers l\u2019exportation. Celui-ci s\u2019appuie sur des salaires contenus sur son sol et le d\u00e9veloppement de la sous-traitance dans les pays d\u2019Europe Centrale et de l\u2019Est \u00e0 bas salaires.<\/p>\n<p>Pour le reste, il faut encore et toujours gagner du temps, ce \u00e0 quoi la BCE s\u2019emploie. En inondant de liquidit\u00e9s le syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en, elle est parvenue \u00e0 d\u00e9tendre un peu le march\u00e9 obligataire (sauf pour le Portugal), en attendant la suite. Elle finance les banques des pays sous le feu d\u2019attaques sur le march\u00e9 obligataire, afin qu\u2019elles ach\u00e8tent sa dette. Ce qui la conduit \u00e0 prendre ensuite ces titres en pension, faisant d\u2019elle la <em>bad bank<\/em> que les gouvernements n\u2019ont pas cr\u00e9\u00e9e, ne sachant plus comment la financer. Apr\u00e8s la <em>quasi mon\u00e9tisation<\/em> par des pr\u00eats \u00e0 trois ans pour sauver les banques, nous assistons \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une structure de d\u00e9faisance by proxy (par procuration) afin d\u2019en faire autant avec les \u00c9tats ! Ceux qui r\u00e9clament l\u2019intervention de la BCE comme allant tout r\u00e9gler feraient mieux de s\u2019apercevoir qu\u2019elle a lieu, sous des formes <em>appropri\u00e9es<\/em> pour employer le vocabulaire des banquiers centraux, et qu\u2019elle repr\u00e9sente une fuite en avant.<\/p>\n<p>Depuis, la menace s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e. La BCE constate elle-m\u00eame que le cr\u00e9dit aux entreprises et aux particuliers diminue. Afin de reconstituer leurs fonds propres, les banques contribuent \u00e0 la r\u00e9cession dans un monde qui d\u00e9pend de la croissance comme d\u2019une \u00e9nergie vitale, car il a \u00e9t\u00e9 ainsi calibr\u00e9.<\/p>\n<p>La d\u00e9monstration qui est en train de nous \u00eatre administr\u00e9e est \u00e0 contre-pied de ce qui est revendiqu\u00e9, pour \u00eatre repouss\u00e9e \u00e0 plus tard. R\u00e9sumant l\u2019analyse de la situation \u00e0 une simple question, si l\u2019on ne veut pas voir plus loin que le bout de son nez : combien de temps va-t-il falloir donner aux banques pour qu\u2019elles puissent relancer la machine, et comment tenir en attendant ?<\/p>\n<p>Pour ce faire, le FMI est attendu comme le Messie par ceux qui ont compris que ni l\u2019Espagne ni l\u2019Italie ne pourront longtemps se financer aux conditions actuelles, m\u00eames adoucies, et qu\u2019il faudra leur trouver un relais. Cherchant des fonds, Christine Lagarde vient de s\u2019y employer en Arabie Saoudite, et Angela Merkel en Chine. Mais quelles seront les <em>conditionnalit\u00e9s<\/em> de demain du FMI, s\u2019ils sont finalement r\u00e9unis ? Est-il possible de suivre toujours la m\u00eame strat\u00e9gie en se contentant de moins en pr\u00e9cipiter le d\u00e9roulement, une fois les \u00c9tats en difficult\u00e9 provisoirement soustraits aux rigueurs du march\u00e9 ? Cette variante n\u2019abandonne pas le c\u0153ur de la strat\u00e9gie poursuivie, la recherche illusoire d\u2019une comp\u00e9titivit\u00e9 reposant sur la diminution du co\u00fbt du travail, dans un monde o\u00f9 celui-ci est \u00e0 bas prix et le demeurera longtemps.<\/p>\n<p>L\u2019autre question pendante n\u2019est pas moins lancinante : si la machine \u00e0 faire de la dette et du cr\u00e9dit ne peut plus pr\u00e9tendre aux m\u00eames performances, son m\u00e9canisme bris\u00e9, ne va-t-on pas acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9clin des <em>pays avanc\u00e9s<\/em>, dont la croissance repose sur la consommation ? Pour d\u00e9s\u00e9quilibrer encore plus le monde, car le succ\u00e8s des <em>pays \u00e9mergents<\/em> repose sur leurs exportations vers les premiers, leur march\u00e9 int\u00e9rieur ne pouvant pas prendre le relais sans une profonde r\u00e9orientation de l\u2019appareil de production et d\u2019importantes remises en causes sociales.<\/p>\n<p>\u00c0 bien y r\u00e9fl\u00e9chir, pour r\u00e9ussir, l\u2019exercice reviendrait \u00e0 tout simplement inverser les grands flux d\u2019\u00e9changes commerciaux&#8230; Tant qu\u2019\u00e0 faire de retourner le cadre, il vaudrait alors mieux carr\u00e9ment en changer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 tort chaque jour comme sur le point d\u2019aboutir, les tractations \u00e0 propos du second <em>plan de sauvetage<\/em> de la Gr\u00e8ce sont d\u00e9sormais \u00ab\u00a0sur le fil du rasoir\u00a0\u00bb, si l\u2019on en croit Ev\u00e1ng\u00e9los V\u00e9niz\u00e9los, le ministre des finances grec. 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