{"id":33586,"date":"2012-02-08T18:29:46","date_gmt":"2012-02-08T17:29:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=33586"},"modified":"2013-01-02T00:54:04","modified_gmt":"2013-01-01T23:54:04","slug":"lactualite-de-la-crise-fuites-en-avant-par-defaut-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/02\/08\/lactualite-de-la-crise-fuites-en-avant-par-defaut-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>FUITES EN AVANT PAR D\u00c9FAUT<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Se lan\u00e7ant de facto dans une op\u00e9ration d\u00e9guis\u00e9e d\u2019<em>assouplissement quantitatif<\/em>, la BCE gagne du temps car c\u2019est tout ce \u00e0 quoi elle peut pr\u00e9tendre. En d\u00e9cembre, elle a pr\u00eat\u00e9 en quantit\u00e9 illimit\u00e9e et \u00e0 trois ans des fonds aux banques et s\u2019appr\u00eate \u00e0 renouveler l&rsquo;op\u00e9ration \u00e0 la fin du mois ; mais si ces injections massives de liquidit\u00e9s contribuent \u00e0 d\u00e9tendre actuellement les march\u00e9s, elles ne r\u00e8glent en rien la crise de solvabilit\u00e9 des \u00e9tablissements financiers et ne font pas progresser le d\u00e9sendettement des \u00c9tats.<\/p>\n<p>La BCE est donc confront\u00e9e \u00e0 ses propres limites. Si elle peut soulager la crise de liquidit\u00e9s des banques et rassurer les investisseurs, elle ne peut pas les recapitaliser. Dans le contexte peu favorable d\u2019une Europe plongeant dans la r\u00e9cession, le remboursement de ses pr\u00eats dans trois ans fait d\u00e9j\u00e0 question.<\/p>\n<p><!--more-->Aux banques, il est d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 de consentir une d\u00e9cote sur la dette grecque, pour celles qui en d\u00e9tiennent, et d\u2019augmenter leur ratio fonds propres\/engagements tout en maintenant le niveau du cr\u00e9dit. Le Comit\u00e9 de B\u00e2le a bien accept\u00e9 d\u2019assouplir son calendrier, mais l\u2019EBA (l&rsquo;Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne) a ses exigences particuli\u00e8res, \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance de juin prochain, tandis que dans le cas de l\u2019Espagne, o\u00f9 le secteur bancaire est particuli\u00e8rement atteint, le gouvernement a les siennes pour les deux ans \u00e0 venir. Des choix sont in\u00e9vitables et l\u2019on pressent que l\u2019am\u00e9lioration du ratio en question va une fois de plus en faire les frais, sans garantir pour autant &#8211; comme on le constate d\u00e9j\u00e0 &#8211; la poursuite du cr\u00e9dit aux m\u00eames conditions. La recapitalisation des banques se passe au forceps en Italie et en Espagne, tandis que dans les pays assist\u00e9s les pr\u00eats des <em>plans de sauvetage<\/em> y pourvoient sur fonds publics.<\/p>\n<p>Le pari du remboursement dans trois ans de la BCE est de m\u00eame nature que celui qui est tent\u00e9 avec les <em>plans de sauvetage<\/em> des Etats. Ceux-ci ne sont pas non plus \u00e9ternels, et il faudra bien \u00e0 un moment donn\u00e9 retourner sur le march\u00e9 obligataire, ainsi que rembourser les pr\u00eats du FMI et ceux que l\u2019Union europ\u00e9enne a garanti.<\/p>\n<p>Les analystes pressentent d\u00e9j\u00e0 que le Portugal ne sera pas en mesure de le faire, sans parler de la Gr\u00e8ce, pour laquelle leur conviction est faite : le remboursement des pr\u00eats y est \u00e0 haut risque, ce qui explique la tentative de derni\u00e8re heure d&rsquo;Angela Merkel et Nicolas Sarkozy de garantir en priorit\u00e9 le service de la dette grecque par un syst\u00e8me de compte bloqu\u00e9 o\u00f9 seraient vers\u00e9es les aides. Ainsi que le retour de mesures de mises sous tutelle de la Gr\u00e8ce, \u00e0 laquelle s\u2019apparentent \u00e9galement les fr\u00e9quents s\u00e9jours prolong\u00e9s de d\u00e9l\u00e9gations de la <em>Tro\u00efka<\/em> dans les pays sous assistance. L&rsquo;affaire s&rsquo;annonce elle aussi probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Le pari g\u00e9n\u00e9ral du retour \u00e0 la normalit\u00e9 repose sur un autre pari, qui le rend tr\u00e8s incertain, car la strat\u00e9gie poursuivie plonge l\u2019Europe globalement dans la r\u00e9cession, avec pour cons\u00e9quence d\u2019amoindrir les rentr\u00e9es fiscales des Etats et de r\u00e9duire les r\u00e9sultats des \u00e9tablissements financiers. Ce qui rend plus lourd le d\u00e9sendettement des uns et la recapitalisation des autres. Il repose sur un acte r\u00e9dempteur : la croyance qu\u2019une forte purge est indispensable pour que la machine reparte comme avant.<\/p>\n<p>Sans m\u00eame en discuter du bien fond\u00e9, le rythme in\u00e9gal des deux processus engag\u00e9s fait probl\u00e8me : le d\u00e9sendettement public va r\u00e9clamer plus de temps que la date pr\u00e9vue de retour sur le march\u00e9 des \u00c9tats qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un <em>plan de sauvetage<\/em> n\u2019en octroie. Sugg\u00e9rant sans attendre qu\u2019ils devront \u00eatre prorog\u00e9s, les dettes correspondantes restructur\u00e9es et leurs \u00e9ch\u00e9ances repouss\u00e9es.<\/p>\n<p>Si cela devait se confirmer, comme vraisemblable, cela impliquerait le renouvellement des soins palliatifs mis en place pour les uns et les autres, inaugurant un fonctionnement nouveau du capitalisme. Aboutissant au renforcement de la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019\u00c9tat au moment m\u00eame o\u00f9 il est pr\u00e9vu de tailler dans ses missions et o\u00f9 les banques centrales nationales sont fragilis\u00e9es. Car, au sein de l&rsquo;Eurosyst\u00e8me, celles-ci se sont vu confier par la BCE la responsabilit\u00e9 de prendre en pension le collat\u00e9ral des banques en contrepartie de ses pr\u00eats et de fixer le seuil auquel il est accept\u00e9.<\/p>\n<p>Mais ce qui s\u2019annonce est-il tenable ? L\u2019opacit\u00e9 du syst\u00e8me financier continue de rendre impossible toute pr\u00e9diction quant au calendrier et au m\u00e9canisme du prochain craquement. Le d\u00e9sendettement public et priv\u00e9 va \u00eatre \u00e9tal\u00e9 dans le temps, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;empilement de nouvelles dettes, mais les garanties offertes en contrepartie par les \u00e9tablissements financiers sont de moins en moins de qualit\u00e9 et le remboursement des pr\u00eats aux \u00c9tats n&rsquo;est pas assorti de celles-ci. Le nouvel \u00e9difice n\u2019est pas d\u2019une grande solidit\u00e9, il y a dans cette strat\u00e9gie tout de la fuite en avant.<\/p>\n<p>L\u2019avenir ne se joue pas seulement sur ce terrain, les cons\u00e9quences sociales d\u2019une aust\u00e9rit\u00e9 de longue dur\u00e9e et des r\u00e9actions qu\u2019elle suscitera sont m\u00e9connues. L\u2019av\u00e8nement sans heurts d\u2019une longue p\u00e9riode de d\u00e9sendettement et de r\u00e9cession est loin d\u2019\u00eatre garanti, \u00e9tant donn\u00e9s les obstacles de toute nature qui peuvent surgir.<\/p>\n<p>La situation actuelle est in\u00e9dite, tant en raison de l\u2019ampleur sans pr\u00e9c\u00e9dent de la bulle des dettes que de sa g\u00e9n\u00e9ralisation \u00e0 l\u2019ensemble des <em>pays d\u00e9velopp\u00e9s<\/em>. Or, elle est trait\u00e9e avec des moyens sans rapport avec sa dimension, qui ne permettent ni de la r\u00e9sorber franchement, ni de relancer l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique sur de nouvelles bases, afin de ne pas reproduire le m\u00eame sempiternel sch\u00e9ma que certains voudraient \u00e9riger en loi intangible. Notre destin serait alors d&rsquo;aller de bulle en bulle, dont la constitution resterait toujours myst\u00e9rieuse et dont il faudrait \u00e0 chaque fois subir les effets de leur \u00e9clatement.<\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme est atteint, le temps est venu d&rsquo;en changer. En engageant auparavant une restructuration \u00e0 grande \u00e9chelle de la dette, publique et priv\u00e9e afin de partir sur des bases saines. Ce qui r\u00e9duirait brutalement la taille d\u2019un syst\u00e8me financier hypertrophi\u00e9 qui ne trouve plus ses points d\u2019appui apr\u00e8s avoir \u00e9puis\u00e9 les bienfaits d&rsquo;une ing\u00e9nierie financi\u00e8re qui pr\u00e9tendait annuler le risque. <\/p>\n<p>Cette issue est impensable pour les tenants d\u2019un capitalisme financier qui ne veulent pas en d\u00e9mordre et conservent les cl\u00e9s du pouvoir politique. Il est pr\u00e9f\u00e9rable pour eux d&rsquo;agiter comme un repoussoir l\u2019hypoth\u00e8se du chaos. Une telle \u00e9ventualit\u00e9 \u00e9tant absente de leur corps de doctrine, les \u00e9tudes sur l\u2019art et la mani\u00e8re d\u2019y parvenir de mani\u00e8re ordonn\u00e9e font par voie de cons\u00e9quence d\u00e9faut, permettant d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre issue que celle qu&rsquo;il est somm\u00e9 de suivre. C\u2019est le bouchon qui doit sauter.<\/p>\n<p>Restructurations ordonn\u00e9es de la dette publique grecque d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de la dette priv\u00e9e espagnole de l\u2019autre, le chemin est \u00e9bauch\u00e9 qu&rsquo;il va falloir \u00e9largir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Se lan\u00e7ant de facto dans une op\u00e9ration d\u00e9guis\u00e9e d\u2019<em>assouplissement quantitatif<\/em>, la BCE gagne du temps car c\u2019est tout ce \u00e0 quoi elle peut pr\u00e9tendre. En d\u00e9cembre, elle a pr\u00eat\u00e9 en quantit\u00e9 illimit\u00e9e et \u00e0 trois ans des fonds aux banques et s\u2019appr\u00eate \u00e0 renouveler l&rsquo;op\u00e9ration \u00e0 la fin du mois ; mais si [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[],"class_list":["post-33586","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33586","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33586"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33586\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46654,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33586\/revisions\/46654"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33586"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33586"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33586"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}