{"id":34526,"date":"2012-02-29T15:43:18","date_gmt":"2012-02-29T14:43:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=34526"},"modified":"2013-01-02T00:52:58","modified_gmt":"2013-01-01T23:52:58","slug":"lactualite-de-la-crise-livresse-de-la-profondeur-des-coffres-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/02\/29\/lactualite-de-la-crise-livresse-de-la-profondeur-des-coffres-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>L&rsquo;IVRESSE DE LA PROFONDEUR DES COFFRES<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p> Le r\u00e9sultat est tomb\u00e9 : la BCE a pr\u00eat\u00e9 lors du second round de son <i>LTRO<\/i> la modeste somme de 529,53 milliards d&rsquo;euros \u00e0 800 banques, deux chiffres en nette augmentation par rapport au premier. Passons sur les commentaires hilarants du type \u00ab\u00a0le nombre \u00e9lev\u00e9 de banques qui se sont pr\u00e9sent\u00e9es au guichet de la BCE t\u00e9moigne de la dissipation du risque de stigmatisation\u00a0\u00bb (sic) pour aborder les choses s\u00e9rieuses, c&rsquo;est \u00e0 dire qui f\u00e2chent.<\/p>\n<p>Le fait est acquis, favorisant l\u2019achat par les banques de la dette souveraine, la BCE agit dans la pratique et sans le clamer sur les toits comme pr\u00eateur en dernier ressort des Etats, en contournant cette interdiction. Rien de tr\u00e8s novateur dans le m\u00e9canisme, en r\u00e9alit\u00e9, car elle ne fait que s&rsquo;inspirer de la politique men\u00e9e par la Banque du Japon, qui a permis de rituellement affirmer, sans chercher plus loin, que tout allait bien dans ce pays qui finance lui-m\u00eame sa dette (en n&rsquo;oubliant que ce n&rsquo;est pas uniquement gr\u00e2ce \u00e0 une abondante \u00e9pargne interne, la BoJ y \u00e9tant via les banques pour quelque chose !). La poursuite de la d\u00e9tente sur les taux obligataires reste cependant \u00e0 \u00eatre confirm\u00e9e \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance des mois \u00e0 venir. <\/p>\n<p><!--more-->Mais l&rsquo;arbre ne doit pas cacher la for\u00eat. Si l&rsquo;un des buts poursuivis par la BCE est de <i>ramener les march\u00e9s \u00e0 la raison<\/i>, afin que les banques et les Etats puissent se financer \u00e0 des taux moins insupportables, on attend des banques qu&rsquo;elles amplifient le volume du cr\u00e9dit \u00e0 <i>l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle<\/i>. Or, il va falloir attendre pour savoir si cette seconde partie partie du plan fonctionne. Du dire m\u00eame de Mario Draghi, le pr\u00e9sident de la BCE, c&rsquo;\u00e9tait difficile \u00e0 cerner \u00e0 la suite de la premi\u00e8re injection de liquidit\u00e9s de d\u00e9cembre dernier. Qu&rsquo;en sera-t-il cette fois-ci ? <\/p>\n<p>La BCE va-t-elle contribuer \u00e0 la relance \u00e9conomique esp\u00e9r\u00e9e, afin de diminuer la charge du d\u00e9sendettement ? Refinancer la dette comme elle le fait est une chose, faciliter gr\u00e2ce \u00e0 la croissance un d\u00e9sendettement public et priv\u00e9 tr\u00e8s chaotique dans les deux cas en est une autre, et c&rsquo;est toute la cl\u00e9 du probl\u00e8me. Prudent \u00e0 cet \u00e9gard, Ewald Nowotny, le gouverneur de la banque centrale autrichienne, a montr\u00e9 le bout du nez en d\u00e9clarant que \u00ab\u00a0il n&rsquo;y aura pas automatiquement de troisi\u00e8me round\u00a0\u00bb, ce qui signifie qu&rsquo;il pourrait y en avoir un\u2026 Ce qui ne l&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 d&rsquo;apercevoir \u00ab\u00a0des premiers bourgeons\u00a0\u00bb qui nous rappellent avec \u00e9motion les \u00ab\u00a0pousses vertes de la croissance\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;imm\u00e9diat, apr\u00e8s que les banques ont accept\u00e9 de prendre \u00e0 leur charge une petite partie de la dette en restructurant celle de la Gr\u00e8ce, la BCE ne fait en finan\u00e7ant les banques que r\u00e9partir autrement la charge de son risque en la reportant sur les banques &#8211; lorsqu&rsquo;elles rach\u00e8tent de la dette publique &#8211; et les Etats, qui en sont via les banques centrales nationales concern\u00e9es les garants ultimes. Suivons la piste, car nous assistons \u00e0 une course au tr\u00e9sor \u00e0 l&rsquo;envers\u2026 <\/p>\n<p>Celle-ci est sem\u00e9e d&#8217;emb\u00fbches. Constatons d&rsquo;abord que si les banques sont soulag\u00e9es du point de vue liquidit\u00e9, il n\u2019en va pas de m\u00eame en ce qui concerne leur solvabilit\u00e9. Sur ce terrain, c\u2019est toujours \u00e0 elles de faire face, au pr\u00e9texte de ne pas impliquer des fonds publics et, en r\u00e9alit\u00e9, afin de ne pas porter atteinte \u00e0 une ind\u00e9pendance jalousement revendiqu\u00e9e. Il faut donc leur donner du temps pour qu\u2019elles se renforcent progressivement, soit en faisant appel au march\u00e9 via l\u2019\u00e9mission de dette sous la forme de titres hybrides, soit en accumulant des r\u00e9serves gr\u00e2ce \u00e0 leurs r\u00e9sultats. Ce qui ne les dispense pas de r\u00e9duire leurs co\u00fbts, ainsi que de c\u00e9der des actifs et de diminuer leurs pr\u00eats afin d\u2019am\u00e9liorer leur ratio fonds propres\/engagements. Trois ans seront-ils suffisants pour se renforcer suffisamment par cette m\u00e9thode ? Cela reste \u00e0 voir avec la r\u00e9cession qui s\u00e9vit dans la zone euro.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me souci, la BCE n\u2019inscrit pas \u00e0 son bilan les actifs risqu\u00e9s de la dette souveraine qui sont achet\u00e9s par les banques, \u00e0 la diff\u00e9rence de la Fed et de la Banque d&rsquo;Angleterre qui les acqui\u00e8rent directement. Ce faisant, elle pousse dangereusement les banques au crime, cette nouvelle accumulation de ces titres \u00e0 leur bilan allant renforcer leurs liens consanguins avec les \u00c9tats. La BCE d\u00e9fait donc d\u2019une main ce qu\u2019elle am\u00e9nage de l\u2019autre en finan\u00e7ant les banques, alors qu&rsquo;elles venaient de se d\u00e9lester de ces m\u00eames titres. Sans doute pourra-t-on constater plus tard, quand les d\u00e9tails de l&rsquo;op\u00e9ration seront connus, que ce ne sont plus les m\u00eames banques qui vont \u00eatre les plus lest\u00e9es, mais cela sera pour observer que ce sont les plus vuln\u00e9rables, comme les Espagnoles, \u00e0 qui va \u00e9choir le mistigri ! <\/p>\n<p>Enfin, ce sont les banques centrales nationales (BCN) &#8211; tout du moins celles qui ont accept\u00e9 \u00e0 titre individuel de le faire, rompant pour l&rsquo;occasion la solidarit\u00e9 de l&rsquo;Eurosyst\u00e8me &#8211; qui vont recueillir le collat\u00e9ral apport\u00e9 en garantie par les banques. La BCE s&rsquo;est d\u00e9fauss\u00e9e sur ces BCN, qui la garantissent en retour de ses pr\u00eats aux banques. Ce m\u00e9canisme prot\u00e8ge la BCE mais charge les BCN et par ricochet les \u00c9tats qui en sont les actionnaires. Ce sont eux qui, au bout de la cha\u00eene, garantissent les pr\u00eats de la BCE aux banques, avec comme garantie propre des actifs dont les r\u00e8gles d&rsquo;\u00e9ligibilit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 baiss\u00e9es. Mieux, il a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 licence aux BCN de d\u00e9terminer la hauteur o\u00f9 elles placent la barre, en fonction des disponibilit\u00e9s en collat\u00e9ral de leurs banques nationales et de leurs besoins&#8230;  <\/p>\n<p>Le bilan qui ressort sans attendre de l\u2019op\u00e9ration est simple \u00e0 dresser :<\/p>\n<p>1\/ Du temps a \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9 mais rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9, les facteurs structurels de fragilit\u00e9 du syst\u00e8me financier europ\u00e9en sont toujours pr\u00e9sents, voire dans certains pays renforc\u00e9s (cas de l\u2019Italie et de l\u2019Espagne). Que les banques d\u2019un pays soient cr\u00e9anci\u00e8res de leur \u00c9tat est un facteur de tr\u00e8s grande fragilit\u00e9 quand les choses tournent mal. <\/p>\n<p>2\/ On constatera selon toute vraisemblance l&rsquo;\u00e9quivalent de ce qui se passe aux \u00c9tats-Unis : les grandes entreprises vont regorger de liquidit\u00e9s sans pour autant investir ; les moyennes entreprises vont continuer \u00e0 souffrir car elles d\u00e9pendent des banques et non du march\u00e9 pour se financer. La relance esp\u00e9r\u00e9e ne sera alors pas au bout du chemin, d&rsquo;autant qu&rsquo;il faudrait que se manifeste une demande destin\u00e9e \u00e0 financer l&rsquo;investissement et non pas uniquement le roulement de la dette des entreprises. <\/p>\n<p>A quoi vont \u00eatre utilis\u00e9es les nouvelles liquidit\u00e9s pr\u00eat\u00e9es par la BCE ? Faute de transparence, il faudra proc\u00e9der par estimations successives et recoupements. Au second round, le g\u00e2teau sera comme lors du premier, coup\u00e9 en plusieurs parts. Une pour le roulement des dettes des banques, une autre pour des achats obligataires, une derni\u00e8re pour des cr\u00e9dits \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie, une fois soustraits les fonds qui ne vont faire qu&rsquo;un aller et retour et se retrouver confi\u00e9s aux bons soins de la BCE, en attendant une possible affectation. <\/p>\n<p>Lors du premier round, on a estim\u00e9 que les achats obligataires avaient entre autres pour objet de se fournir en collat\u00e9ral pour le coup d&rsquo;apr\u00e8s (atterrissant donc dans les bilans des BCN). Cette motivation disparue, qu&rsquo;en sera-t-il cette fois-ci ? Beaucoup d&rsquo;argent est d\u00e9vers\u00e9, cr\u00e9ant beaucoup d&rsquo;inconnues&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p> Le r\u00e9sultat est tomb\u00e9 : la BCE a pr\u00eat\u00e9 lors du second round de son <i>LTRO<\/i> la modeste somme de 529,53 milliards d&rsquo;euros \u00e0 800 banques, deux chiffres en nette augmentation par rapport au premier. 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