{"id":34680,"date":"2012-03-03T17:36:34","date_gmt":"2012-03-03T16:36:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=34680"},"modified":"2013-01-02T00:52:38","modified_gmt":"2013-01-01T23:52:38","slug":"lactualite-de-la-crise-beau-comme-un-camion-a-la-casse-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/03\/03\/lactualite-de-la-crise-beau-comme-un-camion-a-la-casse-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>BEAU COMME UN CAMION&#8230; \u00c0 LA CASSE !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Ils sont provisoirement sauv\u00e9s ! Les dirigeants politiques europ\u00e9ens ont trouv\u00e9 un nouveau th\u00e8me pour leurs prochains discours : \u00ab\u00a0la crise n\u2019est pas termin\u00e9e, mais une page est tourn\u00e9e\u00a0! \u00bb. Confirm\u00e9 dans ses fonctions de pr\u00e9sident de l\u2019Union europ\u00e9enne, Herman Van Rompuy a donn\u00e9 le \u00ab\u00a0la\u00a0\u00bb en d\u00e9clarant au lendemain du sommet europ\u00e9en : \u00ab\u00a0Je ne dis pas qu\u2019on est sorti de l\u2019orni\u00e8re, mais il y a un tournant dans la crise\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00c0 peine temp\u00e9r\u00e9 par une \u00e9l\u00e9mentaire prudence, ce soupir de soulagement s\u2019appuie d\u2019abord sur la constatation que le sommet ne s&rsquo;est pour une fois pas tenu au coeur d&rsquo;une crise et dans l\u2019improvisation ! Il repose ensuite sur trois convictions : la crise grecque est d\u00e9sormais cantonn\u00e9e, un <i>pare-feu<\/i> efficace va \u00eatre prochainement disponible, et la BCE a repouss\u00e9 le spectre d\u2019une crise bancaire tout en soulageant le march\u00e9 obligataire. Le risque de l\u2019\u00e9clatement de la zone euro est d\u00e9sormais \u00e9cart\u00e9, en est-il tir\u00e9 comme cons\u00e9quence. <\/p>\n<p><!--more-->L&rsquo;adoption de ce nouveau langage vient \u00e0 point nomm\u00e9 pour aider \u00e0 enfoncer un nouveau clou, comme a commenc\u00e9 \u00e0 le faire Angela Merkel en d\u00e9clarant que venait d\u2019\u00eatre franchi \u00ab\u00a0un pas tr\u00e8s important vers une Union de stabilit\u00e9\u00a0\u00bb, pr\u00e9parant selon elle le terrain \u00e0 la r\u00e9alisation de nouveaux \u00e9l\u00e9ments d\u2019\u00ab\u00a0Union politique\u00a0\u00bb. Une suite naturelle \u00e0 l\u2019adoption du nouveau pacte budg\u00e9taire renforc\u00e9 et au renouveau de <i>la confiance<\/i> qui devrait en r\u00e9sulter.  <\/p>\n<p>Curieusement, pas un mot n\u2019a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 \u00e0 propos de l\u2019Espagne, \u00e0 l\u2019exception des dures paroles destin\u00e9es \u00e0 Mariano Rajoy, comme si l&rsquo;on tentait de faire de sa quasi-r\u00e9bellion un non-\u00e9v\u00e9nement. Pourtant, \u00e0 peine l\u2019adoption des nouvelles r\u00e8gles budg\u00e9taires communes avait-elle \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e qu\u2019un pays y circonvenait, qui plus est dirig\u00e9 par la droite lib\u00e9rale ! <\/p>\n<p>Tentons de partager les pens\u00e9es des dirigeants europ\u00e9ens. En cherchant \u00e0 minimiser l\u2019affaire, ils doivent se dire qu\u2019il sera prochainement possible de soustraire le pays aux tensions du march\u00e9 obligataire gr\u00e2ce au <i>pare-feu<\/i> qu&rsquo;ils b\u00e2tissent, si un raidissement devait intervenir en d\u00e9pit de nouveaux achats des titres de dette espagnols par des banques abondamment financ\u00e9es par la BCE. Et qu\u2019il va \u00e9galement \u00eatre possible de reculer le moment o\u00f9 l\u2019Irlande et le Portugal vont devoir se repr\u00e9senter sur le march\u00e9, en puisant dans les m\u00eames ressources afin de leur accorder des prolongations, une fois les dispositifs ad hoc op\u00e9rationnels. Car il ne faut pas l&rsquo;oublier : la d\u00e9tente sur les march\u00e9s obligataires n&rsquo;a que partiellement fait baisser la tension et les taux restent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, pour ne pas parler de ceux du Portugal, qui sont inabordables. C&rsquo;est valable \u00e9galement pour l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie, dont le refinancement de leur dette sur le march\u00e9 reste tr\u00e8s co\u00fbteux. <\/p>\n<p>Que faut-il en penser ? Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 une crise aigu\u00eb \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, l\u2019Europe va dans le meilleur des cas s\u2019installer tr\u00e8s inconfortablement dans une situation similaire \u00e0 celle que les Etats-Unis connaissent aujourd\u2019hui, la r\u00e9cession en plus. Puissamment soutenue par leur banque centrale, et en ce qui concerne le vieux continent, par un dispositif \u00e0 vocation internationale de mutualisation de sa dette publique. Les uns et les autres vont devoir affronter la double t\u00e2che contradictoire de r\u00e9duire leur d\u00e9ficit et leur dette tout en cherchant \u00e0 relancer la machine \u00e9conomique, ne pouvant pas trouver chez les Japonais le moindre exemple r\u00e9confortant, tout au contraire. Le tout sous le poids d\u2019un ch\u00f4mage massif, se d\u00e9veloppant au fur et mesure que l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 r\u00e9gnera et la r\u00e9cession s\u2019affirmera, dans le contexte d\u2019une crise sociale profonde, plus ou moins mena\u00e7ante suivant les pays et les moments. <\/p>\n<p>C&rsquo;est devant celle-ci que Mariano Rajoy a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 reculer, pour tenter de contenir son d\u00e9bordement. C&rsquo;est elle que Mario Monti tente d&rsquo;\u00e9viter en cherchant \u00e9galement des marges de man\u0153uvre. La crise sociale devient progressivement une composante redout\u00e9e d&rsquo;une crise devenue globale. <\/p>\n<p>Du temps a \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9, aux in\u00e9vitables accidents de parcours pr\u00e8s qui s\u2019annoncent, mais rien n\u2019est r\u00e9gl\u00e9. Le d\u00e9sendettement va rester chaotique, que se soit celui des \u00c9tats ou celui du syst\u00e8me bancaire. Ceux qui pr\u00e9conisaient \u00e0 l&rsquo;intention des premiers une \u00e9preuve brutale, et esp\u00e9raient-ils de courte dur\u00e9e, vont en \u00eatre pour leurs frais. Une forte incitation est donn\u00e9e \u00e0 revoir cette strat\u00e9gie et \u00e0 en adopter une variante moins pr\u00e9cipit\u00e9e \u00c0 ceci pr\u00e8s que les banques vont devoir dans trois ans rembourser la BCE et que le temps est donc compt\u00e9. <\/p>\n<p>Comme les \u00c9tats, elles vont avoir d\u00e9sormais la tentation d\u2019obtenir des assouplissements, pour elles, aux r\u00e8gles de renforcement de leurs fonds propres et de leurs liquidit\u00e9s. Elles sont vent debout contre les mesures de r\u00e9gulation made in USA, car elles mettent en cause le concept de <i>banque universelle<\/i> qui est leur mod\u00e8le. Si elles ne pouvaient pas rembourser leurs emprunts, elles s&rsquo;installeraient dans cette assistance qui est de plus en plus chichement compt\u00e9e quand elle est destin\u00e9e \u00e0 des salari\u00e9s, que l\u2019on tance de produire des efforts suppl\u00e9mentaires pour ne m\u00eame pas m\u00e9riter le maintien de leur sort.  <\/p>\n<p>La n\u00e9cessit\u00e9 de poursuivre la restructuration de la dette publique va \u00eatre aussi un des facteurs de d\u00e9stabilisation. Car il est illusoire de penser que les r\u00e9formes lib\u00e9rales qui sont pr\u00e9conis\u00e9es &#8211; et qui ne font d&rsquo;ailleurs pas l\u2019unanimit\u00e9, car les r\u00e9actions qu&rsquo;elles pourraient susciter sont redout\u00e9es &#8211; vont contribuer \u00e0 la relance et permettre aux \u00c9tats de d\u00e9gager des marges de manoeuvre fiscales. Tout ceci va \u00e0 nouveau buter sur l\u2019obstacle d\u2019un endettement qui a \u00e9t\u00e9 trop creus\u00e9.  <\/p>\n<p>La question qui se pose, alors et d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, est toute simple : sommes-nous oui ou non entr\u00e9s dans une nouvelle p\u00e9riode du capitalisme financier, caract\u00e9ris\u00e9e par une tr\u00e8s faible croissance, ou m\u00eame une r\u00e9cession de longue dur\u00e9e, un accroissement des in\u00e9galit\u00e9s sociales et de la <i>tiers-mondisation<\/i> des soci\u00e9t\u00e9s occidentales ? Seule, pourrait-il sembler, la dynamique m\u00eame de la crise financi\u00e8re et de ses rebonds impr\u00e9vus serait susceptible de pr\u00e9cipiter les \u00e9v\u00e8nements, si la r\u00e9volte sociale ne trouvait pas de d\u00e9bouch\u00e9 politique permettant de <i>sortir du cadre<\/i>. Or cette dynamique s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e tr\u00e8s puissante. <\/p>\n<p>Il est donc pr\u00e9matur\u00e9 de se pr\u00e9cipiter pour conclure. Non seulement parce que Mario Draghi et Angela Merkel ont eux-m\u00eames temp\u00e9r\u00e9 l\u2019optimisme de certaines d\u00e9clarations de fin du dernier sommet &#8211; certes afin de mieux r\u00e9affirmer la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9aliser des r\u00e9formes lib\u00e9rales et de poursuivre le d\u00e9sendettement public &#8211; mais parce qu&rsquo;il ne faut pas garder les yeux riv\u00e9s sur l\u2019Europe. Les \u00c9tats-Unis vont prendre le relais \u00e0 propos du d\u00e9sendettement public, et la Chine est en passe de revoir ses pr\u00e9visions de croissance, dont il \u00e9tait tant attendu pour tirer celle de l&rsquo;Occident. On retrouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire <i>l&rsquo;effet de ciseaux<\/i> rencontr\u00e9 en Europe entre les imp\u00e9ratifs contradictoires du d\u00e9sendettement et du retour \u00e0 la croissance qui seule le permettra. La crise va redevenir ce qu\u2019elle \u00e9tait, mondiale, et tous ses impr\u00e9vus se combiner.<\/p>\n<p>Enfin, ses le\u00e7ons n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es et l&rsquo;on s&rsquo;en pr\u00e9occupe peu, les bonnes intentions r\u00e9formatrices du d\u00e9but sont oubli\u00e9es sous la pression de <i>l\u2019industrie financi\u00e8re<\/i> et de ses relais. On attend toujours de celle-l\u00e0 m\u00eame qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de la catastrophe de la d\u00e9passer : quelle cr\u00e9ativit\u00e9 ! quelle audace ! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ils sont provisoirement sauv\u00e9s ! Les dirigeants politiques europ\u00e9ens ont trouv\u00e9 un nouveau th\u00e8me pour leurs prochains discours : \u00ab\u00a0la crise n\u2019est pas termin\u00e9e, mais une page est tourn\u00e9e\u00a0! \u00bb. 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