{"id":34770,"date":"2012-03-07T00:21:03","date_gmt":"2012-03-06T23:21:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=34770"},"modified":"2013-01-02T00:52:34","modified_gmt":"2013-01-01T23:52:34","slug":"la-dette-produirait-elle-du-lien-social-la-lecon-de-maitre-rabelais-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/03\/07\/la-dette-produirait-elle-du-lien-social-la-lecon-de-maitre-rabelais-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>LA DETTE PRODUIRAIT-ELLE DU LIEN SOCIAL ? La le\u00e7on de Ma\u00eetre Rabelais<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-L\u00e9onardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Avant d\u2019entrer dans le vif du sujet, il convient de poser ceci : le March\u00e9 n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la morale. D\u2019abord, d\u00e9mythifions \u00e0 gros traits le Moloch. Le March\u00e9 est un ensemble d\u2019op\u00e9rations et d\u2019op\u00e9rateurs \u00e9conomiques. Certes, les ressorts de ces op\u00e9rations sont cryptiques pour une large part du public et des \u00e9conomistes eux-m\u00eames. Celles-ci n\u2019en reposent pas moins sur des hommes, faillibles et mortels, et des machines, complexes autant que fragiles, puisqu\u2019une pression sur un bouton peut les arr\u00eater \u00e0 tout instant. Quant aux op\u00e9rateurs, on peut les situer, voire, \u00e0 l\u2019occasion, les rencontrer. En tant que citoyens et justiciables, ils sont comptables et responsables de leurs actions. M\u00eame aveugl\u00e9e, sa balance fauss\u00e9e et son glaive \u00e9br\u00e9ch\u00e9, Th\u00e9mis saura toujours les retrouver, si besoin est.<\/p>\n<p>Le March\u00e9 est un faux dieu, une idole p\u00e9trie dans la glaise de nos renoncements. La majuscule, qu\u2019elle soit \u00e9crite ou <em>\u00e0 l\u2019oreille,<\/em> fa\u00e7onne une entit\u00e9 transcendantale, surplombante. Cette entit\u00e9 serait pr\u00e9sente depuis que l\u2019homme est homme. Le bel invariant anthropologique que voil\u00e0, dont nous serions condamn\u00e9s \u00e0 subir la tyrannique \u00e9vidence jusqu\u2019\u00e0 la consommation des temps\u00a0! Fallacieuse majuscule\u00a0! La grandeur v\u00e9ritable se passe de ce genre de b\u00e9quille. Elle n\u2019est pas constamment pr\u00e9occup\u00e9e de se hausser. Le March\u00e9 cristallise le d\u00e9bat politique et nous obs\u00e8de dans des proportions jamais vues (comme en t\u00e9moignent les contributions \u00e0 ce blog, y compris celle-ci). Sont-ce l\u00e0 les signes de sa toute-puissance\u00a0? Ce sont surtout les signes de sa puissance invasive, ce qui n\u2019est pas tout \u00e0 fait la m\u00eame chose. L\u2019invasion est toujours le produit d\u2019une double d\u00e9faillance\u00a0: d\u00e9faillance de l\u2019envahisseur qui, atteint d\u2019un mal d\u00e9bilitant, m\u00e9conna\u00eet ses propres forces et va puiser, toutes griffes dehors et \u00e0 pleines paumes, dans celles d\u2019autrui, d\u00e9faillance de l\u2019envahi qui, par paresse ou \u00e9go\u00efsme, a laiss\u00e9 trop longtemps son voisin sans secours et commence \u00e0 raisonner quand la sauvagerie d\u00e9ferle. Bien souvent, ce sont les individus eux-m\u00eames, victimes et victimaires m\u00eal\u00e9s, qui s\u2019offrent au Moloch, soit par empressement \u00e0 lui ressembler, soit par effet d\u2019entra\u00eenement, soit par ignorance de sa colossale fragilit\u00e9. Or ce dieu-l\u00e0 devrait \u00eatre facile \u00e0 renverser, puisque nous l\u2019avons fabriqu\u00e9. Une fois dispers\u00e9 le coll\u00e8ge de vautours qui d\u00e9fend l\u2019acc\u00e8s du saint des saints, une fois le verbe s\u00e9par\u00e9 du verbiage et le chiffre du chiffrage, la t\u00e2che sera plus ais\u00e9e.<\/p>\n<p><!--more-->Le <em>m<\/em>arch\u00e9 n\u2019\u00e9chappe donc pas \u00e0 la morale, comme toute construction humaine qui a des r\u00e9percussions sur la vie domestique <em>et <\/em>la vie collective, deux espaces mitoyens et indissociables. D\u2019ailleurs, les moins ardents des thurif\u00e9raires du libre-\u00e9change (devenu, dans le <em>lexicon<\/em> journalistique, synonyme de <em>March\u00e9<\/em>) trouvent que ce syst\u00e8me, avec ses d\u00e9fauts, n\u2019est pas si mal. Selon eux et pour paraphraser Winston Churchill, ce serait le pire des syst\u00e8mes, \u00e0 l\u2019exception de tous les autres. C\u2019est l\u00e0 reconna\u00eetre \u00e0 mots couverts que le march\u00e9 est mesur\u00e9 sur une \u00e9chelle de valeurs et qu\u2019il s\u2019inscrit, par cons\u00e9quent, dans une perspective morale. C\u2019est ce qui ressort, en tout cas, d\u2019une r\u00e9flexion tr\u00e8s int\u00e9ressante de Fran\u00e7ois Rabelais, que j\u2019extrais du chapitre III du <em>Tiers livre<\/em> (1546). Elle est port\u00e9e par l\u2019un de ses personnages les plus fameux, Panurge, le conseiller universel, le philosophe de poche du g\u00e9ant Pantagruel. La science \u00e9conomique gagnerait beaucoup \u00e0 relire les classiques de la litt\u00e9rature fantastique, ne serait-ce que parce qu\u2019elle-m\u00eame se range, \u00e0 force d\u2019imagination perverse et divagante, dans ce secteur d\u2019activit\u00e9 o\u00f9 l\u2019hyperbole et l\u2019\u00e9cran de fum\u00e9e sont pratiques courantes.<\/p>\n<p>La Renaissance, au moins jusqu\u2019aux guerres de religions, est une p\u00e9riode d\u2019expansion \u00e9conomique qui voit sauter un \u00e0 un les garde-fous moraux que les th\u00e9ologiens du Moyen \u00c2ge, au nom du christianisme, s\u2019\u00e9taient efforc\u00e9s de dresser face au d\u00e9veloppement du commerce international. Une des marques de ce d\u00e9voiement est la meilleure visibilit\u00e9 sociale des banquiers. Ils ne se cachent plus, n\u2019avancent plus masqu\u00e9s. On en voit m\u00eame un se peindre \u00e0 chacun de ses anniversaires dans des tenues toujours diff\u00e9rentes, d\u2019un luxe surcharg\u00e9 qui sent le parvenu. Cette autobiographie en images, la premi\u00e8re du genre, de Matth\u00e4us Schwarz, bourgeois d\u2019Augsbourg (publi\u00e9e dans la collection D\u00e9couvertes Gallimard Albums), acte un changement de point de vue de la profession sur elle-m\u00eame. En f\u00eatant l\u2019anniversaire de sa naissance, chose rare \u00e0 l\u2019\u00e9poque (les ouvriers ne commenceront \u00e0 f\u00eater le leur, en France, qu\u2019au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle), ce proche des Fugger (les \u00ab\u00a0Foucres\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9s par Rabelais) met en balance la dignit\u00e9 de sa modeste personne avec celle des saints du calendrier chr\u00e9tien, dont on f\u00eate l\u2019anniversaire de la mort. Bien entendu, certaines stigmatisations n\u2019avaient pas totalement disparu, notamment celle qui consistait \u00e0 marquer de jaune la maison du banqueroutier. L\u2019expression \u00ab\u00a0\u00eatre au safran\u00a0\u00bb signifiait \u00ab\u00a0faire banqueroute\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans le chapitre III du <em>Tiers livre, <\/em>Panurge se f\u00e9licite de vivre \u00e0 cr\u00e9dit. L\u2019argent est une pr\u00e9occupation essentielle pour ce philosophe qui ne manque pas de rappeler que les Gallo-romains tenaient en grand honneur et v\u00e9n\u00e9ration Mercure et Dis pater. On ne pr\u00e9sentera pas Mercure, l\u2019Herm\u00e8s des anciens Grecs, dieu des marchands et des voleurs. Dis pater, le \u00ab\u00a0p\u00e8re aux escuz\u00a0\u00bb, \u00e9tait l\u2019autre nom de Pluton. C\u2019\u00e9taient ces dieux-l\u00e0, pr\u00e9cise Panurge, qu\u2019invoquaient les serviteurs du chef gallo-romain quand ils lui souhaitaient longue vie, car, si leur ma\u00eetre venait \u00e0 mourir, ils devaient s\u2019attendre \u00e0 devoir accompagner sa d\u00e9pouille dans le b\u00fbcher fun\u00e9raire. Par un bond logique pour le moins inattendu, le philosophe saute de l\u2019int\u00e9r\u00eat vital qu\u2019avaient ces serviteurs \u00e0 complaire en tout \u00e0 leurs ma\u00eetres et \u00e0 les dorloter, \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat vital qu\u2019ont les cr\u00e9anciers \u00e0 conserver en bonne sant\u00e9 leurs d\u00e9biteurs\u00a0: \u00ab\u00a0Croyez qu\u2019en plus fervente d\u00e9votion vos crediteurs priront Dieu que vivez, craindront que mourez, d\u2019autant que plus ayment la manche [le pourboire, d\u2019o\u00f9 l\u2019expression \u00ab\u00a0faire la manche\u00a0\u00bb] que le braz et le denare [denier] que la vie.\u00a0\u00bb Pour nous qui pr\u00eatons tout pouvoir au banquier, ce renversement de position ne manque pas de piquant\u00a0: c\u2019est le d\u00e9biteur qui est le ma\u00eetre et le banquier le serviteur. La servitude du cr\u00e9ancier ne se d\u00e9finit \u00e9videmment pas par rapport au d\u00e9biteur lui-m\u00eame, mais par rapport \u00e0 l\u2019argent. La sant\u00e9 de son client n\u2019est pour lui capitale qu\u2019en tant qu\u2019elle garantit le capital. Mais il ne faut pas non plus que le d\u00e9biteur soit en trop bonne sant\u00e9. Panurge raconte ainsi que, voyant leurs profits s\u2019effondrer \u00e0 cause de la baisse des prix du bl\u00e9 et du vin cons\u00e9cutive \u00e0 une embellie agricole, les usuriers de Landerousse (localit\u00e9 fictive\u00a0?) se pendirent. En somme, ils se d\u00e9sesp\u00e9raient de voir leurs clients lib\u00e9r\u00e9s de l\u2019obligation d\u2019avoir recours \u00e0 eux. Si l\u2019analyse s\u2019arr\u00eatait l\u00e0, elle ne nourrirait pas son Jorion, bien qu\u2019il soit toujours utile de rappeler que, dans le syst\u00e8me financier moderne, comme dans l\u2019ancien, le cr\u00e9ancier et le d\u00e9biteur se tiennent par la barbichette. Le d\u00e9faut de l\u2019un met l\u2019autre en difficult\u00e9.<\/p>\n<p>Panurge va plus loin. L\u2019endettement de chacun envers chacun contribue, selon lui, au maintien de la coh\u00e9sion sociale. Il faut \u00eatre soi-m\u00eame alternativement ou simultan\u00e9ment cr\u00e9ancier et d\u00e9biteur. S\u2019arranger pour n\u2019avoir de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne, c\u2019est travailler avec morgue \u00e0 faire le vide autour de soi, c\u2019est d\u00e9chirer la trame des solidarit\u00e9s essentielles. La d\u00e9pendance, pourvu qu\u2019elle soit voulue et assum\u00e9e en toute conscience, est une \u00e9cole de la modestie et de l\u2019attention \u00e0 l\u2019autre. C\u2019est un frein \u00e0 l\u2019obsession mortif\u00e8re de la distinction. \u00c9liminez la dette, alors \u00ab\u00a0l\u2019un ne se reputera oblig\u00e9 \u00e0 l\u2019autre\u00a0\u00bb. S\u2019il n\u2019est redevable \u00e0 personne, l\u2019homme \u2013 la formule est reprise d\u2019\u00c9rasme, qui l\u2019avait emprunt\u00e9e \u00e0 Plaute \u2013 se mue en loup pour l\u2019homme. En cas d\u2019\u00e9radication de la dette, le risque de conflagration cosmique est consid\u00e9rable\u00a0: \u00ab\u00a0L\u00e0 entre les astres ne sera cours r\u00e9gulier quiconque. Tous seront en desarroy. Juppiter, ne s\u2019estimant debiteur \u00e0 Saturne, le depossedera de sa sphaere, et avecques sa chaine homericque suspendera toutes les intelligences, dieux, cieulx, daemons, genies, heroes, diables, terre, mer, tous elemens. Saturne se r\u2019aliera avecques Mars, et mettront tout ce monde en perturbation.\u00a0\u00bb Au niveau microcosmique comme au niveau macrocosmique, faut-il comprendre, il n\u2019est pas de liaison possible entre deux unit\u00e9s si elles ne s\u2019empruntent ni ne se pr\u00eatent rien. Les physiciens comprendront l\u2019allusion. Si tous les hommes sont dans le besoin, alors tous les hommes sont riches. \u00ab\u00a0Qui rien ne preste est creature laide et mauvaise.\u00a0\u00bb L\u2019affirmation est retorse, car elle para\u00eet conforme au devoir de charit\u00e9 du chr\u00e9tien, mais cette charit\u00e9-l\u00e0, vertu pratique, n\u2019est pas de celles qui vous ouvrent les portes du paradis. Non, la charit\u00e9 int\u00e9ress\u00e9e de Panurge \u00e9tablit un <em>modus vivendi<\/em> sur terre. Pour notre philosophe, le cr\u00e9ancier est au d\u00e9biteur ce que le client (au sens que les Romains donnaient \u00e0 ce terme) est au <em>dominus<\/em>. On doit se faire une gloire, quand on est d\u00e9biteur souverain, d\u2019\u00eatre assi\u00e9g\u00e9 par de pareils clients\u00a0: \u00ab\u00a0A la numerosit\u00e9 des crediteurs si vous estimez la perfection des debteurs.\u00a0\u00bb Panurge \u00e9prouve un plaisir non dissimul\u00e9 \u00e0 jouer avec les attentes de tel ou tel de ses cr\u00e9anciers, qui, d\u2019un sourire qu\u2019il lui adresse, se fait une assurance d\u2019\u00eatre rembours\u00e9 le premier. Mais le cr\u00e9ancier a aussi des satisfactions, comme celle de chercher pour son d\u00e9biteur d\u2019autres cr\u00e9anciers, qui lui pr\u00eateront l\u2019argent qu\u2019il lui doit, en sorte que \u2013 l\u2019expression est plaisante \u2013 \u00ab\u00a0de terre d\u2019autruy rempli[ra] son foss\u00e9\u00a0\u00bb. Ces momeries sont moins oiseuses qu\u2019il y para\u00eet. Elles manifestent, \u00e0 travers la ruse ou la finesse d\u2019observation des acteurs, la vertu socialisante de la d\u00e9pendance mutuelle.<\/p>\n<p>\u00c9trange texte que celui-l\u00e0. Comme l\u2019interpr\u00e9ter\u00a0? Car il faut l\u2019interpr\u00e9ter\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019est debteur qui veult. Il ne faict crediteurs qui veult.\u00a0\u00bb Rabelais ne fait \u00e9videmment pas l\u2019\u00e9loge du cr\u00e9dit facile, ne serait-ce que parce que le syst\u00e8me de Panurge demande au cr\u00e9ancier et au d\u00e9biteur de man\u0153uvrer tr\u00e8s subtilement, afin de garder \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre leur d\u00e9pendance mutuelle. Ce contresens \u00e9cart\u00e9, voici mon interpr\u00e9tation. Rabelais est un corsaire du savoir\u00a0: il pille de nombreux auteurs (\u00c9rasme et Lucien de Samosate, entre mille autres). Sa dette \u00e0 leur \u00e9gard est immense. Seulement, dans le m\u00eame instant, il nous fait cr\u00e9dit de ce savoir, sous une forme renouvel\u00e9e et ludique qui fait de nous, lecteurs modernes, ses \u00e9ternels d\u00e9biteurs. Appliqu\u00e9 \u00e0 la vie en soci\u00e9t\u00e9, le syst\u00e8me de Panurge pr\u00e9suppose que nous soyons tous \u00e0 un m\u00eame degr\u00e9 cr\u00e9anciers et d\u00e9biteurs. Qu\u2019un seul homme ou qu\u2019un seul groupe d\u2019hommes s\u2019arroge tout le cr\u00e9dit, ne laissant aux autres que la dette, et nous retombons dans les travers d\u2019une \u00e9conomie confiscatoire et monopolistique des \u00e9changes. Le lien avec la crise actuelle est fait. L\u2019interd\u00e9pendance des march\u00e9s est une farce puisque la concurrence sauvage l\u2019emporte sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 r\u00eav\u00e9e par John Maynard Keynes. Interd\u00e9pendance, non, servitude, oui, assur\u00e9ment. Le capitalisme est un syst\u00e8me d\u2019Ancien R\u00e9gime revisit\u00e9 par ses liquidateurs. Rabelais, qui vivait sous l\u2019Ancien R\u00e9gime et croyait pouvoir le r\u00e9former par la satire joyeuse et le retour \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique, serait tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 de sa <em>renaissance<\/em> sous l\u2019\u00e9tiquette mensong\u00e8re du progr\u00e8s illimit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avant d\u2019entrer dans le vif du sujet, il convient de poser ceci : le March\u00e9 n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la morale. D\u2019abord, d\u00e9mythifions \u00e0 gros traits le Moloch. Le March\u00e9 est un ensemble d\u2019op\u00e9rations et d\u2019op\u00e9rateurs \u00e9conomiques. 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