{"id":34894,"date":"2012-03-11T18:44:40","date_gmt":"2012-03-11T17:44:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=34894"},"modified":"2013-01-02T00:52:03","modified_gmt":"2013-01-01T23:52:03","slug":"lactualite-de-la-crise-aux-suivants-par-francois-leclerc-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/03\/11\/lactualite-de-la-crise-aux-suivants-par-francois-leclerc-2\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>AUX SUIVANTS !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Des manifestations monstres se sont d\u00e9roul\u00e9es aujourd\u2019hui dans soixante villes espagnoles, comme une r\u00e9p\u00e9tition de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale organis\u00e9e par les deux grandes centrales UGT et CCOO (les Commissions Ouvri\u00e8res) le 29 mars prochain. Plusieurs centaines de milliers de personne sont descendues dans les rues de Madrid, Barcelone, Valence et S\u00e9ville pour manifester leur rejet de la politique du gouvernement Rajoy. L&rsquo;Espagne est en train de prendre la succession de la Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p>Peut-on dans ces conditions penser que l\u2019accalmie intervenue sur le march\u00e9 obligataire, gr\u00e2ce \u00e0 la BCE, et la restructuration r\u00e9ussie de la dette grecque, sous les auspices des m\u00e9gabanques, vaut solde de tout compte de la crise europ\u00e9enne ? Les avis ont \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t nuanc\u00e9s, lorsque l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux d\u00e9clarations des dirigeants europ\u00e9ens. Si Nicolas Sarkozy, fid\u00e8le \u00e0 ses habitudes, a jug\u00e9 que \u00ab\u00a0la page financi\u00e8re [de la crise] est en train de se tourner\u00a0\u00bb, Herman Van Rompuy s\u2019est content\u00e9 d\u2019un \u00ab\u00a0nous allons vers une mer plus calme\u00a0\u00bb et Wolfgang Sch\u00e4uble de \u00ab\u00a0nous ne sommes pas sortis d\u2019affaire, mais nous avons fait un grand pas en avant\u00a0\u00bb et d&rsquo;un \u00ab\u00a0personne ne peut pr\u00e9dire l&rsquo;avenir\u00a0\u00bb\u2026 La prudence est devenue de mise. <\/p>\n<p><!--more-->Comme \u00e0 la suite de la restructuration pr\u00e9c\u00e9dente de la dette grecque, Charles Dallara a tent\u00e9, au nom de l\u2019Institute of International Finance, de pr\u00e9venir les tentations en expliquant que l\u2019on ne l&rsquo;y reprendrait pas. C\u2019est de bonne guerre mais ce n&rsquo;est qu\u2019un voeu pieux. Il va en effet falloir prolonger les plans de sauvetage irlandais et portugais, si l\u2019on veut \u00e9viter de se retrouver contraint \u00e0 de nouvelles restructurations, et pour cela mettre en service le grand pare-feu financier europ\u00e9en (le MES). En faisant mentir Christine Lagarde, directrice g\u00e9n\u00e9rale du FMI, qui pour trouver des fonds utilise l\u2019argument qu\u2019il sera d\u2019autant moins utilis\u00e9 qu\u2019il sera volumineux et impressionnant. <\/p>\n<p>Les discussions ont donc chang\u00e9 de terrain, avec comme objectif de trouver d\u2019ici fin mars un compromis europ\u00e9en permettant de renforcer les moyens du pare-feu, au-del\u00e0 des 500 milliards d&rsquo;euros initialement pr\u00e9vus pour le futur MES, \u00e0 propos duquel le Bundestag ne se prononcera qu&rsquo;en juin prochain. Mi-avril, les ministres des finances du G20 devront entretemps d\u00e9cider de l\u2019augmentation des ressources du FMI, afin qu\u2019il puisse venir conforter les Europ\u00e9ens. <\/p>\n<p>Sur cette question, on tente de contourner l&rsquo;\u00e9pineux sujet de la nouvelle r\u00e9partition des quotes-parts et des droits de vote au sein du FMI, en recherchant des accords de pr\u00eat bilat\u00e9raux. On a toutefois appris que les discussions sur cette r\u00e9partition se poursuivaient, et qu\u2019elles pourraient aboutir \u00e0 un nouveau mode de calcul de celle-ci qui donnerait plus de poids aux <i>pays \u00e9mergents<\/i>. Le modeste objectif poursuivi est de parvenir \u00e0 un accord de principe en janvier 2013\u2026 ce qui ne signifiera pas qu\u2019il sera pour autant appliqu\u00e9. Les Br\u00e9siliens, dont le pays a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 sixi\u00e8me puissance \u00e9conomique mondiale, m\u00e8nent la danse au nom des BRICS, tandis que les Occidentaux tra\u00eenent des pieds. <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, la participation des <i>\u00e9mergents<\/i> au plan de renforcement des moyens financiers du FMI risque d\u2019\u00eatre effectu\u00e9e a minima, \u00e0 titre d\u2019encouragement pour faire avancer ces laborieuses discussions. Les Am\u00e9ricains n\u2019y contribueront pas financi\u00e8rement, le Japon envisageant de pr\u00eater 50 milliards de dollars et les Europ\u00e9ens 197 milliards (qu\u2019il va falloir r\u00e9unir). <\/p>\n<p>Le gouvernement espagnol n\u2019a pas attendu la conclusion de tous ces pourparlers pour mettre les points sur les \u00ab\u00a0i\u00a0\u00bb, car il a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de reconna\u00eetre impossibles \u00e0 atteindre les objectifs de r\u00e9duction de la dette publique qui lui ont \u00e9t\u00e9 assign\u00e9s. Il va falloir p\u00e9n\u00e9trer dans les m\u00e9andres de la comptabilit\u00e9 nationale espagnole pour voir ce que cache son d\u00e9ficit et comment il peut \u00e9voluer, ce que les autorit\u00e9s de Bruxelles ont finalement d\u00e9cid\u00e9 de faire en envoyant \u00e0 Madrid leurs meilleurs experts. Le moins qu\u2019ils pouvaient faire pour ne pas prononcer imm\u00e9diatement de sanctions, en attendant la suite.<\/p>\n<p>Les calculettes vont chauffer, afin de d\u00e9terminer sur quelle pente ascendante le d\u00e9ficit public se trouve, avant de mesurer comment il va pouvoir en redescendre. La dette \u00e9tait chiffr\u00e9e \u00e0 66% du PIB en septembre dernier, soit 706 milliards d\u2019euros, ce qui restait plus que raisonnable dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral, mais on craint qu\u2019elle ne d\u00e9passe tr\u00e8s vite la barre des 90%. <\/p>\n<p>Afin d&rsquo;aider les r\u00e9gions et les municipalit\u00e9s \u00e0 honorer leurs factures, et \u00e9viter des faillites en cascades des PME, le gouvernement va les \u00e9ponger gr\u00e2ce \u00e0 un pr\u00eat syndiqu\u00e9 (sous la responsabilit\u00e9 des banques) de 35 milliards d&rsquo;euros sur dix ans et \u00e0 5%. Ce qui va permettre de tirer un trait sur le pass\u00e9 mais ne r\u00e8glera rien pour l&rsquo;avenir, les collectivit\u00e9s \u00e9tant d\u00e9sormais elles aussi soumises \u00e0 la rigueur ambiante, ce qui affecte le financement de l&rsquo;\u00e9ducation, des aides sociales et de la sant\u00e9. Puis il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 lutter contre la fraude fiscale, en esp\u00e9rant ainsi r\u00e9cup\u00e9rer 8 milliards d&rsquo;euros. Le dossier des privatisations, qui a montr\u00e9 le peu qui pouvait en \u00eatre effectivement attendu, est par contre au point mort. <\/p>\n<p>Si l&rsquo;on fait le bilan de ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9 depuis 2008, des coupes budg\u00e9taires de pr\u00e8s de 9 milliards d&rsquo;euros sont enregistr\u00e9es et des hausses d&rsquo;imp\u00f4t de plus de 6 milliards. Aboutissant \u00e0 bien peu de r\u00e9sultats pour beaucoup de cons\u00e9quences \u00e9conomiques et sociales d\u00e9sastreuses. R\u00e9duire le d\u00e9ficit pour revenir \u00e0 une dette de 60% du PIB, quand on estime qu&rsquo;elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 80% si l&rsquo;on prend tout en compte, repr\u00e9sente un mur qui ne pourra pas \u00eatre franchi quand le ch\u00f4mage a d\u00e9j\u00e0 atteint les plafonds que l&rsquo;on connait. <\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les estimations de Mc Kinsey, le montant de la dette publique et priv\u00e9e additionn\u00e9es serait de 363% du PIB. Ce qui par une simple soustraction permet de chiffrer la dette priv\u00e9e \u00e0 pas loin de 300% de celui-ci, en raison notamment de la bulle immobili\u00e8re. Or celle-ci n\u2019a que commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9gonfler, et son \u00e9clatement brutal est contenu au prix d&rsquo;accommodements comptables. <\/p>\n<p>Certes, la dette publique s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 un rythme soutenu (elle augmentera de 60 milliard d\u2019euros en 2012), r\u00e9sultat de la folie des ann\u00e9es de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9dit et des d\u00e9penses somptuaires enregistr\u00e9es \u00e0 tous les niveaux, central, r\u00e9gional et municipal. Mais de nouveaux facteurs y contribuent d\u00e9sormais : aides au secteur bancaire, moindres recettes fiscales r\u00e9sultant de la r\u00e9cession et dettes des entreprises et des fonds de pension publics. Tous comptes faits, un gros nuage sombre s\u2019annonce. Un nouveau sauvetage du syst\u00e8me bancaire qui pourra difficilement \u00eatre \u00e9lud\u00e9, la crise immobili\u00e8re ne donnant aucun signe d&rsquo;\u00eatre termin\u00e9e, risque encore de les alourdir. <\/p>\n<p>300.000 expulsions ont eu lieu depuis 2008, le gouvernement tentant de freiner le mouvement. Au pr\u00e9texte de venir en aide aux familles surendett\u00e9es et au ch\u00f4mage, mais avec l\u2019intention d\u2019\u00e9viter que se retrouvent sur le march\u00e9 un nombre de plus en plus important de logements ne trouvant pas acqu\u00e9reur en d\u00e9pit de la baisse des prix, ce qui l&rsquo;accentue, obligeant les banques \u00e0 d\u00e9pr\u00e9cier les stocks en leur possession et faire appara\u00eetre des besoins de recapitalisation cach\u00e9s, ou bien conduisant in\u00e9luctablement le gouvernement \u00e0 un sauvetage financier \u00e0 forte incidence sur le d\u00e9ficit public. <\/p>\n<p>Pour l\u2019Espagne, comme d\u2019ailleurs pour l\u2019Italie, le seul choix possible r\u00e9side dans le moment o\u00f9 il va falloir leur tendre un bras secourable. Les dirigeants europ\u00e9ens ayant montr\u00e9 des capacit\u00e9s limit\u00e9es \u00e0 agir \u00e0 froid et \u00e0 anticiper, ils seront dans l\u2019obligation de le faire \u00e0 chaud, dans de mauvaises conditions, s\u2019ils suivent le m\u00eame pli. A quoi cela va-t-il revenir ? A poursuivre la mutualisation de la dette publique europ\u00e9enne, qui a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e dans des conditions scabreuses et \u00e0 contre-coeur, et \u00e0 finir par l\u2019assortir d\u2019une r\u00e9duction de peine sous forme de nouvelles restructurations de la dette. <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tape suivante pourra \u00eatre de s\u2019interroger sur les moyens et la nature de la relance \u00e9conomique europ\u00e9enne, car il ne suffit pas de parler de <i>croissance<\/i> sur le mode de l&rsquo;incantation. L\u2019image d\u2019une <i>prosp\u00e9rit\u00e9<\/i> retrouv\u00e9e s\u2019appuyant sur une Europe redevenue comp\u00e9titive et toute enti\u00e8re tourn\u00e9e vers les exportations, car la strat\u00e9gie lib\u00e9rale revient \u00e0 cela, est une franche absurdit\u00e9. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Des manifestations monstres se sont d\u00e9roul\u00e9es aujourd\u2019hui dans soixante villes espagnoles, comme une r\u00e9p\u00e9tition de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale organis\u00e9e par les deux grandes centrales UGT et CCOO (les Commissions Ouvri\u00e8res) le 29 mars prochain. 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