{"id":34989,"date":"2012-03-16T15:19:45","date_gmt":"2012-03-16T14:19:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=34989"},"modified":"2013-01-02T00:51:59","modified_gmt":"2013-01-01T23:51:59","slug":"lactualite-de-la-crise-vite-nouez-les-bouts-de-ficelle-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/03\/16\/lactualite-de-la-crise-vite-nouez-les-bouts-de-ficelle-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>VITE ! NOUEZ LES BOUTS DE FICELLE !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Profitant d&rsquo;une accalmie, la crise europ\u00e9enne est \u00e0 un tournant. Apr\u00e8s avoir accumul\u00e9 \u00e9chec sur \u00e9chec, la strat\u00e9gie qui a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant p\u00e9niblement suivie pourrait connaitre un premier infl\u00e9chissement, mais ce n&rsquo;est pas encore fait.<\/p>\n<p>\u00ab Les peurs extr\u00eames sont derri\u00e8re nous\u00a0\u00bb, s&rsquo;est derni\u00e8rement f\u00e9licit\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a, Pdg de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des banques fran\u00e7aises (FBF), qui n\u2019a pourtant cess\u00e9 d&rsquo;affirmer des mois durant que ces derni\u00e8res \u00e9taient dans un excellent \u00e9tat. Rendant gr\u00e2ce la BCE et \u00e0 ses largesses, il a conclu que \u00ab si des probl\u00e8mes structurels demeurent dans la dur\u00e9e, nous avons pr\u00e9serv\u00e9 un peu de temps pour travailler\u00a0\u00bb. On appr\u00e9ciera un \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb renvoyant \u00e0 des banques pourtant sauv\u00e9es des eaux par qui de droit et on retiendra leurs \u00ab\u00a0probl\u00e8mes structurels\u00a0\u00bb, rest\u00e9s h\u00e9las dans le vague.<\/p>\n<p><!--more-->En Espagne et en Italie, elles se sont engag\u00e9es dans de florissantes op\u00e9rations de <em>carry trade<\/em>, achetant avec des fonds emprunt\u00e9s \u00e0 1 % des obligations d&rsquo;\u00c9tat porteurs de taux rest\u00e9s \u00e9lev\u00e9s. Un cercle ayant toutes les apparences d\u2019\u00eatre vertueux est enclench\u00e9, les profits r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 cette occasion par les banques leur permettant de renforcer leurs fonds propres, comme exig\u00e9, tout en concourant \u00e0 la diminution des int\u00e9r\u00eats vers\u00e9s par l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Mais ce monde est ainsi fait que le m\u00eame m\u00e9canisme rec\u00e8le une nouvelle s\u00e9rieuse emb\u00fbche. La maturit\u00e9 moyenne de la dette espagnole diminue \u00e0 la faveur des \u00e9missions \u00e0 court terme que le gouvernement multiplie pour profiter de l\u2019aubaine. Augmentant ses besoins ult\u00e9rieurs de refinancement \u00e0 court terme et fragilisant ses finances, au cas o\u00f9 la tendance \u00e0 la baisse des taux obligataires s\u2019inverserait. C\u2019est dor\u00e9navant 131 milliards d\u2019euros qui devront \u00eatre refinanc\u00e9s par l&rsquo;\u00c9tat espagnol, rien que cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En obtenant une r\u00e9vision de ses objectifs de r\u00e9duction de son d\u00e9ficit pour cette ann\u00e9e, en contrepartie d&rsquo;un respect dur comme fer du seuil des 3 % du PIB pour 2013, le gouvernement espagnol a gagn\u00e9 un peu de temps mais ne va pas emp\u00eacher l\u2019asphyxie qui guette le pays. Prudent, le gouvernement Rajoy a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas demander d\u2019efforts suppl\u00e9mentaires aux r\u00e9gions, qu\u2019il va renflouer en empruntant 35 milliards d\u2019euros aux banques sous forme d\u2019un pr\u00eat syndiqu\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficiant de la garantie du Tr\u00e9sor. Mais ce coup de pouce apure le pass\u00e9, rien de plus.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 grec, o\u00f9 le second <em>plan de sauvetage<\/em> est d\u00e9sormais sur les rails, les pr\u00e9mices du troisi\u00e8me sont d\u00e9j\u00e0 en discussion, en d\u00e9pit de la sortie de Wolfgang Sch\u00e4uble qui \u00ab\u00a0ne voit pas de raison de poursuivre ce d\u00e9bat stupide,\u00a0(car) nous nourrissons le march\u00e9 avec nos propres sp\u00e9culations\u00a0\u00bb. Jean-Claude Juncker a \u00e9t\u00e9 plus prudent dans ses formulations : \u00ab Si la Gr\u00e8ce continue de prendre des mesures effectives, applique le programme et r\u00e9duit ses d\u00e9ficits budg\u00e9taires, je ne vois pas de n\u00e9cessit\u00e9 pour un troisi\u00e8me plan de taille \u00e9quivalent\u00a0\u00bb. Cette derni\u00e8re pr\u00e9cision sur la taille \u00e9tant l\u2019essentiel du message. \u00ab\u00a0Tout d\u00e9pend comment le plan est mis en pratique\u00a0\u00bb, a-t-il conclu en laissant toutes les portes ouvertes.<\/p>\n<p>Un rapport confidentiel de la Commission europ\u00e9enne a en effet livr\u00e9 son verdict : 12 milliards d\u2019euros d\u2019\u00e9conomies suppl\u00e9mentaires devront \u00eatre trouv\u00e9es afin d\u2019atteindre les objectifs de r\u00e9duction de la dette d&rsquo;ici 2014, en d\u00e9pit de la participation plus \u00e9lev\u00e9e que pr\u00e9vue des banques \u00e0 la restructuration de la dette grecque, d\u00e9sormais descendue sur le papier \u00e0 117 % du PIB en 2020, au lieu de 120 %. Mais les recettes fiscales ne seront pas au rendez-vous, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9visible ! Il est donc \u00e0 nouveau question de devoir couper dans les pensions, l\u2019aide sociale, les d\u00e9penses de sant\u00e9\u2026 et de la d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Ant\u00f3nis Samar\u00e1s, le leader conservateur de Nouvelle d\u00e9mocratie, qui parle fort mais ne peut esp\u00e9rer une majorit\u00e9 parlementaire aux prochaines \u00e9lections, est en phase avec cette perspective. Il propose d\u2019externaliser certains services assur\u00e9s par l\u2019\u00c9tat, le dernier en date \u00e9tant dans certains cas la collecte des imp\u00f4ts. Mais Nouvelle D\u00e9mocratie et le Pasok ne recueilleraient aux \u00e9lections de fin avril-d\u00e9but mai que 27 % des voix \u00e0 eux deux, le m\u00eame score que celui qui r\u00e9sulterait de l&rsquo;addition des voix du KKE (communiste), du Syriza et de la Gauche d\u00e9mocratique\u2026 La formation du nouveau gouvernement s&rsquo;annonce pleine de p\u00e9rip\u00e9ties. Ce qui explique comment le commissaire europ\u00e9en Olli Rehn a observ\u00e9 celui du Portugal avec les yeux de Chim\u00e8ne en le donnant en exemple.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9culations ont fleuri lorsque la Commission a choisi de fermer les yeux sur le non-accomplissement des objectifs de r\u00e9duction du d\u00e9ficit espagnol, le dissimulant afin de sauver les apparences derri\u00e8re l\u2019exigence d\u2019un nouveau pourcentage sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu\u2019avait r\u00e9clam\u00e9 Mariano Rajoy. On parlait alors du Portugal et de l\u2019Irlande comme \u00e9tant sur les rangs pour obtenir une rallonge aux aides d\u00e9j\u00e0 re\u00e7ues (ce qui est toujours le cas), mais les Pays-Bas les a devanc\u00e9s pour entrer dans la br\u00e8che ouverte par les Espagnols et se pr\u00e9parer \u00e0 ren\u00e9gocier avec Bruxelles leurs objectifs de r\u00e9duction du d\u00e9ficit.<\/p>\n<p>Le parti travailliste hollandais (PvdA) a en effet d\u00e9cid\u00e9 de conditionner son vote du pacte budg\u00e9taire au parlement, indispensable \u00e0 sa ratification, \u00e0 la modification d\u2019un projet de budget 2012 pr\u00e9voyant de ramener le d\u00e9ficit \u00e0 3 % du PIB en fin d\u2019ann\u00e9e, qui pr\u00e9voit d\u2019importantes coupes budg\u00e9taires. Une situation \u00e0 l\u2019espagnole est dans l\u2019air, que Bruxelles va devoir arbitrer, car le gouvernement conservateur de coalition s\u2019appuyant sur les chr\u00e9tiens d\u00e9mocrates (CDA) et les lib\u00e9raux (VVD) est minoritaire aux Pays-bas et s\u2019appuyait sur une extr\u00eame-droite (PVV) qui lui fait dor\u00e9navant d\u00e9faut au parlement, en exigeant la sortie de l&rsquo;euro du pays.<\/p>\n<p>Insensiblement, les dirigeants europ\u00e9ens glissent sur une pente qui pourrait les conduire \u00e0 une r\u00e9vision strat\u00e9gique, afin d&rsquo;en adopter au nom du r\u00e9alisme une version de m\u00eame nature mais moins brutale, un plan A\u2019 toujours bloqu\u00e9 par le gouvernement allemand. L\u2019\u00e9lection de Fran\u00e7ois Hollande pourrait accentuer cette \u00e9volution, sa volont\u00e9 de ren\u00e9gocier le trait\u00e9 s&rsquo;il est \u00e9lu venant d&rsquo;\u00eatre appuy\u00e9e par Sigmar Gabriel, le pr\u00e9sident des sociaux d\u00e9mocrates allemands. Restera alors \u00e0 affronter un d\u00e9bat d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 par David Cameron, Mario Monti et Mariano Rajoy, qui ont dessin\u00e9 les contours sans nuances d\u2019une relance d\u2019inspiration tr\u00e8s lib\u00e9rale.<\/p>\n<p>Cherchant \u00e0 faire endosser la responsabilit\u00e9 du poids de la dette publique \u00e0 ceux qui auraient d\u00e9pens\u00e9 sans compter, le courant lib\u00e9ral pur et dur n&rsquo;a pas d\u00e9sarm\u00e9. Il a pris appui sur la crise suscit\u00e9e par sa politique m\u00eame pour exiger sa poursuite et son approfondissement. Les sociaux-d\u00e9mocrates ne r\u00e9pondent \u00e0 cette offensive qu&rsquo;\u00e0 la marge, en cherchant \u00e0 la moduler, tout en s&rsquo;inscrivant comme d&rsquo;habitude dans le cadre qui a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;innovation vient d&rsquo;ailleurs ! Sans attendre que ce d\u00e9bat ne se d\u00e9veloppe, David Cameron envisage de mettre \u00e0 profit les taux bas actuels sur la dette britannique pour anticiper une hausse g\u00e9n\u00e9rale du co\u00fbt de l&rsquo;argent, en \u00e9mettant des obligations \u00e0 \u00ab\u00a0super long terme\u00a0\u00bb : cent ans, voire perp\u00e9tuelles, c&rsquo;est-\u00e0-dire jamais rembours\u00e9es\u2026 Ce ne serait pas une premi\u00e8re, des obligations perp\u00e9tuelles ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9mises aux lendemains de la premier guerre mondiale par le Royaume-Uni ; mais cela \u00e9claire sous un autre jour le lancinant probl\u00e8me de la dette publique, qu&rsquo;il serait donc possible de ne pas rembourser (mais de r\u00e9tribuer ad vitam aeternam).<\/p>\n<p>Enfin, que va-t-il se passer lorsque les banques seront \u00e0 court de munition pour acheter la dette souveraine espagnole et italienne, et soutenir leurs cours ? La BCE va-t-elle se lancer dans une troisi\u00e8me op\u00e9ration de pr\u00eats \u00e0 trois ans \u00e0 1 % aux banques, en d\u00e9pit des \u00ab\u00a0diff\u00e9rences de vue\u00a0\u00bb reconnues du bout des l\u00e8vres par la Bundesbank, qui vient d&rsquo;augmenter ses provisions en raison des pertes qu&rsquo;elle pourrait subir \u00e0 cause des 27 % de ses parts du capital de la BCE ?<\/p>\n<p>Il serait en tout cas grand temps de faire avancer les discussions sur le MES, afin d&rsquo;\u00eatre en mesure d&rsquo;accorder des <em>pr\u00eats de pr\u00e9caution<\/em> aux pays n\u00e9cessiteux et de nouer ensemble tous les petits bouts de ficelle. Mais celles-ci semblent promises &#8211; en raison de l&rsquo;accalmie trompeuse &#8211; \u00e0 n&rsquo;aboutir qu&rsquo;\u00e0 un compromis a minima entre ceux qui voulaient une tr\u00e8s forte augmentation des moyens financiers mobilisables, \u00e0 des fins dissuasives, et ceux qui freinent des quatre fers tout nouvel engagement d&rsquo;importance. Il serait question de simplement additionner les 500 milliards d&rsquo;euros (en capital et en capacit\u00e9 d&#8217;emprunt) du futur MES aux 192 milliards d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s par le FESF et de pouvoir ainsi afficher 700 milliards d&rsquo;euros. La politique, c&rsquo;est l&rsquo;art de l&rsquo;affichage, on sait ce que cela donne !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Profitant d&rsquo;une accalmie, la crise europ\u00e9enne est \u00e0 un tournant. Apr\u00e8s avoir accumul\u00e9 \u00e9chec sur \u00e9chec, la strat\u00e9gie qui a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant p\u00e9niblement suivie pourrait connaitre un premier infl\u00e9chissement, mais ce n&rsquo;est pas encore fait.<\/p>\n<p>\u00ab Les peurs extr\u00eames sont derri\u00e8re nous\u00a0\u00bb, s&rsquo;est derni\u00e8rement f\u00e9licit\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a, Pdg de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[],"class_list":["post-34989","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34989","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34989"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34989\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46542,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34989\/revisions\/46542"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34989"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34989"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34989"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}