{"id":3551,"date":"2009-07-01T22:01:54","date_gmt":"2009-07-01T20:01:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3551"},"modified":"2009-07-01T22:01:54","modified_gmt":"2009-07-01T20:01:54","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-non-resolus-les-problemes-s%e2%80%99empilent-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/07\/01\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-non-resolus-les-problemes-s%e2%80%99empilent-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : Non-r\u00e9solus, les probl\u00e8mes s\u2019empilent, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>NON RESOLUS, LES PROBLEMES S\u2019EMPILENT <\/strong> <\/p>\n<p>Une chatte n\u2019y retrouverait pas ses petits. Les discours sur la crise se chevauchent et deviennent \u00e0 force contradictoires entre eux, la confusion s\u2019installe en cons\u00e9quence (dans les esprits, car pour le reste, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait).<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les appels \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 lever haut l\u2019\u00e9tendard de la lutte contre l\u2019inflation se multiplient, les banques centrales interrog\u00e9es sur les mesures qu\u2019elles envisagent de prendre. Prenant pour argent comptant un autre discours, \u00e0 propos des \u00ab jeunes pousses \u00bb, ou bien \u00e9blouis par une embellie boursi\u00e8re qui s\u2019est pourtant r\u00e9sum\u00e9e \u00e0 envol de poules (n\u2019allant pas bien loin). De l\u2019autre, des indices chiffr\u00e9s de d\u00e9flation sont enregistr\u00e9s en Europe, qui demandent \u00e0 \u00eatre confirm\u00e9s le mois prochain, m\u00eame si l\u2019OCDE les accr\u00e9dite en baissant encore ses pr\u00e9visions de croissance pour 2009 et pr\u00e9dit un tr\u00e8s faible +0,5%, alors que nous ne sommes qu\u2019\u00e0 mi-parcours. Induisant l\u2019id\u00e9e, pour tout observateur parvenant \u00e0 garder malgr\u00e9 tout son flegme dans cette cacophonie, que c\u2019est donc la stagflation qui nous menace (stagnation + inflation), rien de moins.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, si les experts se raccrochent \u00e0 l\u2019id\u00e9e que cela va \u00eatre long et difficile, sans s\u2019attarder \u00e0 pr\u00e9ciser pour qui, une inqui\u00e9tante question est sous-jacente dans tous les esprits, \u00e0 propos d\u2019une \u00e9ch\u00e9ance ressentie comme tr\u00e8s d\u00e9terminante. Non pas afin de savoir si une vague sc\u00e9l\u00e9rate va de nouveau &#8211; et quand &#8211; d\u00e9ferler et submerger le syst\u00e8me financier, car cela serait reconna\u00eetre de facto que le temps du bricolage est r\u00e9volu, et l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re faire l\u2019impasse sur cette hypoth\u00e8se, bien que les r\u00e9centes nouvelles en provenance du march\u00e9 immobilier am\u00e9ricain ne soient pas rassurantes de ce point de vue. Mais \u00e0 propos du d\u00e9lai dans lequel la reprise, tant esp\u00e9r\u00e9e et annonc\u00e9e, va effectivement intervenir. Sans trop se poser une troisi\u00e8me question, toute aussi d\u00e9sesp\u00e9rante, d\u2019o\u00f9 proviendra-t-elle ? Se contentant \u00e0 ce propos d\u2019une r\u00e9ponse implicite, la force de l\u2019habitude aidant, en louchant vers les Etats-Unis. Car on ne parle plus de la Chine, emberlificot\u00e9e dans ses propres probl\u00e8mes, que l\u2019on ne comprend pas.<\/p>\n<p><!--more-->Le calendrier de la reprise, m\u00eame \u00e0 minima, est en effet vital \u00e0 bien des \u00e9gards. Le compteur de l\u2019accroissement de la dette publique tourne et il faudrait pouvoir l\u2019arr\u00eater. Il a d\u00e9j\u00e0 atteint des sommets qui pr\u00e9sagent de s\u00e9rieux serrages de boulons dans les budgets des Etats, ainsi qu\u2019une in\u00e9vitable augmentation de la pression fiscale, pour de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 venir. La commissaire europ\u00e9enne \u00e0 la concurrence, Neelie Kroes, a annonc\u00e9 hier mardi la couleur, devant l\u2019association des banques britanniques (BBA) : \u00ab il n\u2019y a plus d\u2019argent pour un second sauvetage des banques \u00bb (ce qui laisse entendre qu\u2019il pourrait bien se r\u00e9v\u00e9ler n\u00e9cessaire). Il faudra si n\u00e9cessaire restructurer, a-t-elle conclu. Ce qui ne fera qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, devons-nous remarquer \u00e0 notre tour, un processus de concentration bancaire redoutable pour l\u2019avenir, g\u00e9n\u00e9rateur d&rsquo;al\u00e9a moral (moral hazard), c&rsquo;est \u00e0 dire renfor\u00e7ant la probabilit\u00e9 que les banques prennent des risques excessifs avec l&rsquo;assurance de ne pas en supporter les cons\u00e9quences. <\/p>\n<p>De tous c\u00f4t\u00e9s, il faut donc tenir la dette et esp\u00e9rer un calendrier favorable, avec le soutien d\u2019une banque centrale dont le levier mon\u00e9taire de la baisse des taux est devenu inop\u00e9rant, \u00e0 qui les Allemands interdisent par ailleurs de s\u2019engager dans une politique de relance, dont r\u00eavent pourtant \u00e0 voix haute les \u00ab petits \u00bb pays de la zone Europe comme l\u2019Autriche, Chypre ou la Slov\u00e9nie.<\/p>\n<p>Heureusement, la BCE vient d\u2019apporter au syst\u00e8me bancaire un nouveau et d\u00e9cisif concours en lui pr\u00eatant 442,24 milliards d\u2019euros. Cette somme consid\u00e9rable a visiblement son usage, puisqu\u2019elle r\u00e9sulte de l\u2019addition des demandes de 1.121 banques de la zone euro, toutes satisfaites sans discussion. Mais il est semble-t-il consid\u00e9r\u00e9 comme Strictement confidentiel. Elle a aussi une fonction non moins importante, bien que toute aussi discr\u00e8te: transf\u00e9rer au bilan de la BCE, en garantie de ces pr\u00eats, des actifs dont on est droit de se poser des questions sur leur qualit\u00e9. C\u2019est ce qui s\u2019appelle faire d\u2019une pierre deux coups, aider les banques \u00e0 faire face \u00e0 leurs fins de mois, alors qu\u2019elles doivent refinancer des pr\u00eats pour \u00e9viter des situations de d\u00e9faut, leur permettant \u00e9galement de mettre de c\u00f4t\u00e9 dans les coffres de la BCE de quoi faire face \u00e0 de nouveaux coups durs (comme si elles s\u2019y pr\u00e9paraient), et deuxi\u00e8mement de les d\u00e9barrasser \u00e0 la sauvette, comme une vulgaire bad bank, de leurs actifs toxiques, avec \u00e0 la cl\u00e9 une augmentation plus que notable de la masse mon\u00e9taire, mais toujours sans d\u00e9voiler les dessous de l\u2019op\u00e9ration. C\u2019est ce que l\u2019on appelle un biais. Et aussi une politique syst\u00e9matique du secret. <\/p>\n<p> Faire l\u2019\u00e9conomie, autant que faire se peut, de la cr\u00e9ation de bad banks, et des co\u00fbts correspondants que les Etats devraient supporter en les cr\u00e9ant, est donc l\u2019objectif non avou\u00e9 de la BCE dans cette affaire. Il s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie plus \u00e0 long terme visant \u00e0 permettre aux banques de lentement reconstituer leurs fonds propres, sans avoir \u00e0 se recapitaliser, ni a fortiori \u00e0 transformer ses dettes en actions. Deux tr\u00e8s simples m\u00e9canismes \u00e9prouv\u00e9s auxquels leurs actionnaires refusent de souscrire depuis le d\u00e9but de la crise, avec l\u2019assentiment des autorit\u00e9s. C\u2019est une strat\u00e9gie \u00e0 la japonaise qui a \u00e9t\u00e9 choisie, fort ch\u00e8re et al\u00e9atoire, vu qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas efficace. Le chemin, en tout \u00e9tat de cause, sera tr\u00e8s long \u00e0 parcourir. Pour en donner une id\u00e9e, Neelie Kroes a soulign\u00e9, toujours lors de la m\u00eame conf\u00e9rence londonienne, que la taille du bilan de la Royal Bank of Scotland (RBS), depuis nationalis\u00e9e \u00e0 70%, avait tripl\u00e9 de 2006 \u00e0 2008, pour atteindre 2.400 milliards de livres. Plus que le PIB de n&rsquo;importe quel pays dans le monde entier, exception faite des Etats-Unis, du Japon, de l&rsquo;Allemagne et de la Chine. Autre image de la bulle financi\u00e8re \u00e0 l&rsquo;origine de la crise, les ratios de pr\u00eat ont atteint 180% de l\u2019\u00e9pargne en caisse dans le cas de HBOS (avant fusion avec TBS, pour cr\u00e9er LBG). <\/p>\n<p>Les donn\u00e9es m\u00eames de la BCE, qu\u2019elle vient de rendre publiques, t\u00e9moignent que, dans le secteur jug\u00e9 essentiel \u00e0 la relance \u00e9conomique, celui du cr\u00e9dit, sa politique d\u2019injection massive de liquidit\u00e9 est un total \u00e9chec. Le syst\u00e8me bancaire continue de vivre sous perfusion, c\u2019est d\u2019ailleurs aussi largement le cas aux Etats-Unis, alors que la Fed a d\u00e9cid\u00e9 de prolonger ses programmes financiers jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, et que l\u2019on peut d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 penser qu\u2019elle devra renouveler cette premi\u00e8re prolongation. Si quelques m\u00e9gabanques caracolent en t\u00eate, aux Etats-Unis et \u00e0 une moindre \u00e9chelle en Europe, sans qu\u2019il soit trop fouill\u00e9 dans leurs comptes, le gros du peloton est d\u00e9sormais constitu\u00e9 de banques zombies et il n\u2019y a pas de raison que cela change prochainement. Le syst\u00e8me financier s\u2019installe aussi confortablement qu\u2019il peut dans la crise. Se souciant tout de m\u00eame un peu de la crise \u00e9conomique, sa cr\u00e9ature, car il ne peut en attendre que du mauvais, si le processus de d\u00e9sendettement qui n\u2019a fait que d\u00e9buter s\u2019amplifie et se pr\u00e9cipite trop. Car il reste en premi\u00e8re ligne.<\/p>\n<p>Que ce soit en Europe, ou aux Etats-Unis, les banques centrales jouent leur r\u00f4le de pr\u00eateur en derniers recours, non seulement vis-\u00e0-vis du syst\u00e8me bancaire, mais aussi des Etats, ce qui est plus in\u00e9dit et \u00e9largit leur mission de base, sans qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019en statuer formellement. C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a \u2013 pas encore \u2013 de constitution de l\u2019\u00e9conomie. Aux Etats-Unis, il n\u2019est plus une analyse s\u00e9rieuse \u00e0 propos des rendements des T-bonds, les obligations d\u2019Etat propos\u00e9es aux march\u00e9s afin de financer, semaine apr\u00e8s semaine, le d\u00e9ficit am\u00e9ricain, qui ne fasse r\u00e9f\u00e9rence au r\u00f4le majeur que jouent, non seulement la Fed, mais l\u2019ensemble des banques centres, afin de contenir leur mont\u00e9e. Observant que les achats massifs de T-bonds (plus de 65% des volumes) proviennent de ces banques. Ce qui pose la question de savoir jusqu\u2019\u00e0 quand elles pourront continuer de proc\u00e9der ainsi. L\u00e0 aussi, le compteur tourne. Avec \u00e0 la cl\u00e9 la sanction la plus redout\u00e9e de tous, si ces acquisitions devaient \u00eatre stopp\u00e9s, la poursuite rapide de la hausse des rendements, et donc l\u2019augmentation plus ou moins supportable du co\u00fbt de la dette. Ainsi qu\u2019un affaiblissement du dollar, contribuant \u00e0 son tour \u00e0 l\u2019accroissement de ces m\u00eames taux. La Fed, qui consacre un programme de 300 milliards de dollars \u00e0 ces achats, d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9corn\u00e9, n\u2019est plus en mesure d\u2019en augmenter le montant, sans prendre le risque d\u2019aboutir \u00e0 l\u2019effet inverse \u00e0 celui recherch\u00e9 : la hausse des rendements qu\u2019elle voudrait contenir. C\u2019est ce qui s\u2019appelle une impasse.<\/p>\n<p>La m\u00eame question se pose d\u00e9j\u00e0 avec acuit\u00e9 pour la Grande-Bretagne, qui n\u2019a plus le b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une monnaie de r\u00e9serve. Sans multiplier les chiffres, il est impressionnant d\u2019enregistrer qu\u2019une baisse de \u20134,3% du PIB y est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vue sur l\u2019ann\u00e9e en cours (OCDE), alors qu\u2019elle est ce mois-ci \u00e0 \u20134,9% en valeur annuelle (Office national des statistiques), ce qui suppose donc une reprise bien peu vraisemblable avant la fin de l\u2019ann\u00e9e, si l\u2019OCDE voit juste. Mais le pire, pour revenir \u00e0 la dette, c\u2019est qu\u2019il est estim\u00e9 que la Grande-Bretagne va devoir emprunter 900 milliards de livres dans les 5 prochaines ann\u00e9es, et que la Bank of England ne va pouvoir acheter qu\u2019un tiers des gilts (les obligations britanniques, dont la d\u00e9nomination correspond aux placements de famille des Fran\u00e7ais). Il faudra donc trouver le solde sur les march\u00e9s, alors que tous les Etats vont beaucoup les solliciter. De mars \u00e0 juin, le rendement des gilts est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 de 2,9 \u00e0 3,6%. Inutile de dire, dans ces conditions, que l\u2019avenir de la livre est en question.<\/p>\n<p>On comprend que de nombreux facteurs s\u2019additionnent pour contribuer \u00e0 la hausse des taux obligataires : la crainte de l\u2019inflation d\u00e9coulant de la politique suivie par les banques centrales, la baisse des achats de ces derni\u00e8res, le d\u00e9placement de l\u2019int\u00e9r\u00eat des investisseurs vers des actifs plus risqu\u00e9s (\u00e0 la bourse des valeurs), ainsi que la remont\u00e9e des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res. Non sans de fortes cons\u00e9quences sur les monnaies, pr\u00e9sageant de leur instabilit\u00e9 accrue. Il a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 aux Etats-Unis que les d\u00e9tenteurs des T-bonds avaient subit des pertes, si l\u2019on consid\u00e9rait les douze mois venant de s\u2019\u00e9couler, vu la d\u00e9valorisation enregistr\u00e9e par le dollar sur cette m\u00eame p\u00e9riode et les rendements de ceux-ci. Cette situation est acceptable pour les investisseurs tant qu\u2019ils sont \u00e0 la recherche d\u2019un refuge. Qu\u2019en sera-t-il demain ?<\/p>\n<p>Une autre cons\u00e9quence se pointe \u00e0 l\u2019horizon, que le rapport de la Cour des comptes fran\u00e7aise intitul\u00e9 \u00ab Les concours publics aux \u00e9tablissements de cr\u00e9dit \u00bb vient d\u2019\u00e9voquer au d\u00e9tour d\u2019un petit paragraphe de ses 135 pages (cette crise n\u2019est d\u00e9cidemment pas propice \u00e0 d&rsquo;autres lectures). C\u2019est celle d\u2019une n\u00e9cessaire recapitalisation de la Banque de France, vu la taille de son bilan et la qualit\u00e9 des collat\u00e9raux qui y figurent. Ce qui est valable pour la Banque de France l\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 pour toutes les banques centrales, mais s\u2019il y a un sujet tabou, c\u2019est bien celui-ci. En Europe, ce seront aux Etats d\u2019y pourvoir, accroissant d\u2019autant une dette qu\u2019ils cherchent \u00e0 tout prix \u00e0 contenir, si cela devait advenir. C\u2019est un vrai jeu de la patate chaude, mais ce sont des centaines et m\u00eame des milliers de milliards qui sont en cause. Du m\u00eame ordre de grandeur que les 4.000 milliards d\u2019euros engag\u00e9s par les gouvernements europ\u00e9ens afin de soutenir les banques, tels que les services de Neelie Kroes les ont calcul\u00e9. <\/p>\n<p>Dans son r\u00f4le, la Banque des R\u00e8glements Internationaux (BRI), vient de tenter de recadrer dans les grandes lignes les d\u00e9bats et les initiatives, \u00e0 l\u2019occasion de son assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle. Jaime Caruana, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la banque centrale des banques centrales, a envelopp\u00e9 son propos mais a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019essentiel en estimant en premier lieu que \u00ab les h\u00e9sitations des officiels \u00e0 rapidement nettoyer les banques, alors que beaucoup d\u2019entre elles sont d\u00e9sormais pour une large part la propri\u00e9t\u00e9 des gouvernements, pourrait bien retarder la reprise \u00bb.<\/p>\n<p>Si les r\u00e9formes financi\u00e8res sont destin\u00e9es \u00e0 pr\u00e9parer l\u2019avenir, il a toutefois consid\u00e9r\u00e9 vital qu\u2019elles soient sans tarder \u00e9labor\u00e9es, \u00ab alors que la patient \u00e9tait toujours en soins intensifs \u00bb. Il s\u2019est ainsi fait l\u2019avocat de r\u00e9formes visant \u00e0 limiter les \u00e9changes financiers entre banques et en faveur de chambres d\u2019enregistrement centrales, aux fins de r\u00e9gulation et, tout aussi classiquement pourrait-on dor\u00e9navant dire, de mesures visant \u00e0 ce que les banques susceptibles de cr\u00e9er des risques pour le syst\u00e8me financier cr\u00e9ent, pendant les meilleurs p\u00e9riodes, des provisions financi\u00e8res tampon pour faire face aux moments difficiles. Plus original, empruntant \u00e0 nouveau au vocabulaire m\u00e9dical, il a \u00e9galement recommand\u00e9 la mise en place d\u2019un dispositif similaire \u00e0 celui qui supervise les produits pharmaceutiques, \u00e9valuant selon une \u00e9chelle les produits financiers les plus s\u00fbrs, que tout le monde pourra acheter, et ceux qui seront consid\u00e9r\u00e9s comme ill\u00e9gaux. Tout cela ne menant pas tr\u00e8s loin, il faut bien le dire. <\/p>\n<p>Il a poursuivi que, \u00ab d\u00e8s qu&rsquo;appara\u00eetront les signes incontestables d&rsquo;une reprise, il faudra mettre fin rapidement \u00e0 ces mesures (de relance) \u00bb, car \u00ab leurs effets inflationnistes (&#8230;) pourraient d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent perturber les march\u00e9s de la dette souveraine, ce qui pourrait gravement remettre en question l&rsquo;ampleur des interventions des pouvoirs publics et contraindre ceux-ci \u00e0 se d\u00e9sengager pr\u00e9cipitamment \u00bb. Mais seulement une fois le syst\u00e8me financier totalement assaini. Selon ses propres termes, cette fois-ci plus audacieux, il faut \u00ab forcer le secteur bancaire \u00e0 encaisser des pertes \u00bb, dans le cadre de la poursuite de son d\u00e9lestage des actifs toxiques et du r\u00e9tablissement de ses fonds propres. <\/p>\n<p>Le syst\u00e8me financier r\u00e9par\u00e9 et la croissance revenue de mani\u00e8re stable, il a enfin \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 de r\u00e9duire les d\u00e9penses publiques et de relever les imp\u00f4ts, ainsi que de redimensionner le secteur financier, en \u00e9vitant toutes les mesures protectionnistes faisant obstacle au d\u00e9veloppement du commerce international. On revient dans le classique. <\/p>\n<p>Jaime Caruana a du reconna\u00eetre, pr\u00e9cieuse indication, qu\u2019\u00ab une sortie pr\u00e9coce serait hasardeuse \u00bb, mais qu\u2019il \u00ab serait plus hasardeux encore de se d\u00e9sengager trop tardivement et trop lentement \u00bb. A vos marques, ne partez pas !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>NON RESOLUS, LES PROBLEMES S\u2019EMPILENT <\/strong> <\/p>\n<p>Une chatte n\u2019y retrouverait pas ses petits. Les discours sur la crise se chevauchent et deviennent \u00e0 force contradictoires entre eux, la confusion s\u2019installe en cons\u00e9quence (dans les esprits, car pour le reste, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait).<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les appels \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 lever [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[],"class_list":["post-3551","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3551"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3553,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551\/revisions\/3553"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3551"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3551"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3551"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}