{"id":35768,"date":"2012-04-10T07:46:26","date_gmt":"2012-04-10T05:46:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=35768"},"modified":"2013-01-02T00:50:37","modified_gmt":"2013-01-01T23:50:37","slug":"le-capitalisme-comme-perversion-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/04\/10\/le-capitalisme-comme-perversion-par-zebu\/","title":{"rendered":"<b>LE CAPITALISME COMME <i>PERVERSION<\/i><\/b>, par Z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Une lancinante question forme un \u00e9cho qui semble rebondir \u00e0 chaque sursaut de la crise en cours, semblant ne devoir prendre fin qu&rsquo;avec la crise elle-m\u00eame et au-del\u00e0, qu&rsquo;avec le capitalisme\u00a0: pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi, alors que depuis plus de 40 ans on s&rsquo;acharne \u00e0 appliquer des politiques d&rsquo;ajustements structurels dans le monde sans que l&rsquo;on ait pu voir un patient gu\u00e9ri d&rsquo;un tel rem\u00e8de, pourquoi s&rsquo;acharner \u00e0\u00a0 continuer d&rsquo;appliquer ces politiques\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi, alors que l&rsquo;on sait, y compris les \u00e9conomistes, depuis la crise de 1929, qu&rsquo;appliquer ce type de solutions dans de tels contextes peut directement conduire \u00e0 des r\u00e9cessions puis \u00e0 des crises politiques et sociales majeures, lesquelles forment l&rsquo;antichambre du fascisme et du totalitarisme nazi, pourquoi le champ politique d\u00e9mocratique s&rsquo;acharne \u00e0 l\u00e9gitimer co\u00fbte que co\u00fbte ce type de politiques\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi, alors que les effets de telles politiques ne font qu&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9labrement d&rsquo;un syst\u00e8me dont les acteurs qui en tirent profit ont tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 maintenir son efficience, sinon son existence, pourquoi sont-ce ceux-l\u00e0 m\u00eame qui profitent d&rsquo;un capitalisme qui les sert, qui le d\u00e9truisent\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi, alors que le syst\u00e8me \u00e9conomique actuel semble si entropique, d\u00e9gageant une \u00e9nergie telle que la seule stabilisation qu&rsquo;il semblerait conna\u00eetre un jour sera celle de son effondrement final, pourquoi des forces contraires qui viendraient limiter ou freiner ce qui semble \u00eatre une pure d\u00e9perdition ont-elles tant de peine et de difficult\u00e9s \u00e0 \u00e9merger, quand il semble pourtant \u00e9vident que dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00eame des acteurs b\u00e9n\u00e9ficiaires une r\u00e9gulation permettant le maintien en l&rsquo;\u00e9tat du syst\u00e8me doive s&rsquo;imposer \u00e0 tous\u00a0?<\/p>\n<p>Tel un <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Golem\">Golem<\/a> qui s&rsquo;\u00e9manciperait de ses cr\u00e9ateurs, le syst\u00e8me \u00e9conomique viendrait ainsi les \u00e9craser sans les reconna\u00eetre m\u00eame et \u00e9chapperait \u00e0 toutes tentatives d&rsquo;explication rationnelle de ses agissements.<\/p>\n<p><!--more-->\u00a7<\/p>\n<p>Certaines th\u00e9ories explicatives pourraient donner sens n\u00e9anmoins \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 dont les acteurs, tous les acteurs, sont dans l&rsquo;incapacit\u00e9 d&rsquo;en donner un quelconque, sinon de le traiter &lsquo;d&rsquo;irrationnel&rsquo;, de &lsquo;fou&rsquo;.<\/p>\n<p>Certains ont cherch\u00e9 par exemple dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;auraient certains acteurs \u00e0 produire un tel chaos, strat\u00e9gie qui permettrait ainsi de recomposer un monde plus &lsquo;\u00e0 la main&rsquo; de ceux qui initieraient ces actions, l&rsquo;objectif \u00e9tant au final de produire un &lsquo;Shock and awe&rsquo; (&lsquo;choc et stupeur&rsquo;) parmi les populations, lesquelles seraient ainsi plus \u00e0 m\u00eame d&rsquo;accepter ce qu&rsquo;elles n&rsquo;auraient pas accept\u00e9 sans que ces effets ne se soient produits. Outre qu&rsquo;effectivement les populations qui subissent ce genre d&rsquo;effets entrent dans ce que l&rsquo;on d\u00e9signe une r\u00e9silience, une capacit\u00e9 \u00e0 donner sens \u00e0 un nouvel univers afin de ne pas sombrer dans la folie, il s&rsquo;agirait cependant de ne pas confondre causes et cons\u00e9quences. Car pour que de telles strat\u00e9gies puissent advenir, encore faut-il que ceux qui les initient puissent avoir les moyens suffisants pour ce faire, dans le cadre d&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9passant de beaucoup en gigantisme le plus puissant des acteurs mais aussi que les effets puissent correspondre aux effets souhait\u00e9s initialement et \u00eatre parfaitement maitris\u00e9s. Nonobstant que le premier terme impliquerait une coordination consciente d&rsquo;acteurs, qui conduirait aux th\u00e9ories du complot (mais un complot qui int\u00e8grerait cette fois-ci toutes les dimensions possibles\u00a0: politiques, \u00e9conomiques, financi\u00e8res, sociales, etc.), le second terme rend \u00e0 lui seul peu cr\u00e9dible une telle explication, car il devrait pour ce faire s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;absence ou un niveau r\u00e9duit de complexit\u00e9 du dit syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Or, force est de constater \u00e0 la vue des effets produits mais aussi des contre-effets que rien de tel ne peut permettre de qualifier un syst\u00e8me o\u00f9 complexit\u00e9 rime avec perplexit\u00e9. S&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re que certains acteurs puissent \u00e0 la fois pousser aux dynamiques en \u0153uvre, y compris les plus chaotiques, tout en en retirant de ph\u00e9nom\u00e9naux b\u00e9n\u00e9fices, tout indique qu&rsquo;ils ne sont rien d&rsquo;autres que des auxiliaires d&rsquo;un syst\u00e8me entropique dont les lois thermodynamiques rel\u00e8veraient du myst\u00e8re et non de la science\u00a0: des cons\u00e9quences, non des causes.<\/p>\n<p>La complexit\u00e9 d&rsquo;un tel syst\u00e8me en tant que th\u00e9orie ne permet pas non plus de donner un sens \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui semble glisser entre les doigts comme le sable fin du d\u00e9sert, parce que ce discours analytique ne permet pas de discerner les causes des dysfonctionnements (sauf \u00e0 reconna\u00eetre que tout syst\u00e8me produit lui-m\u00eame, comme l&rsquo;effondrement gravitationnel, sa propre complexit\u00e9 croissante qui finit par s&rsquo;effondrer\u00a0: un processus &lsquo;physique&rsquo; en quelque sorte qui m\u00e9connaitrait ses origines) et m\u00eame qu&rsquo;il finit par les masquer pour se concentrer sur des cons\u00e9quences identifi\u00e9es comme causalit\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>Un autre discours au contraire s&rsquo;appuie sur ce qui appara\u00eet comme irrationnel puisqu&rsquo;il en fait son fondement\u00a0: la psychanalyse. Freud, dans sa seconde topique, d\u00e9finit les trois instances qui se r\u00e9partissent entre inconscient, pr\u00e9consciente et conscience\u00a0: le &lsquo;\u00e7a&rsquo;, le &lsquo;surmoi&rsquo; et le &lsquo;moi&rsquo;.<\/p>\n<p>Le &lsquo;\u00e7a&rsquo;, totalement inconscient, est le si\u00e8ge des pulsions, qui ne distingue pas le r\u00e9el de l&rsquo;imaginaire, ne conna\u00eet pas de limites \u00e0 sa toute-puissance. Le &lsquo;surmoi&rsquo; dans lesquels viennent se loger les interdits, les r\u00e8gles sociales, etc. limite ces pulsions et la r\u00e9sultante de ce combat donne le &lsquo;moi&rsquo;, la personnalit\u00e9 dont une part est consciente.<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>Adapt\u00e9e au champ \u00e9conomique, la psychanalyse permet plus largement et plus profond\u00e9ment de comprendre les causes des ph\u00e9nom\u00e8nes que l&rsquo;on peut recenser et que l&rsquo;on persiste \u00e0 caract\u00e9riser comme sans fondements rationnels et pour cause\u00a0: les m\u00e9canismes en \u0153uvre de la crise pourraient avoir tout \u00e0 voir avec l&rsquo;inconscient. Les caract\u00e9ristiques que l&rsquo;on a pu relever de cette crise ont en effet tout \u00e0 voir avec le &lsquo;\u00e7a&rsquo; de Freud. C&rsquo;est l&rsquo;hybris des Grecs et ce que Castoriadis d\u00e9nommait l&rsquo;illimitisme, comme forme de totalitarisme\u00a0: un mouvement sans objet, sinon sa propre perp\u00e9tuation, y compris contre ses propres membres. Le &lsquo;moi&rsquo; \u00e9conomique actuel, le capitalisme, serait alors une tentative de conciliation entre un &lsquo;\u00e7a&rsquo; \u00e9conomique sans limites et une r\u00e9alit\u00e9 institutionnelle contingente qui freine encore l&rsquo;expression des pulsions \u00e9conomiques. La &lsquo;mutation&rsquo; d&rsquo;un capitalisme qui \u00e9tait peu ou prou r\u00e9gul\u00e9 il y a encore quelques d\u00e9cennies serait donc d\u00fb \u00e0 la libre expression d&rsquo;un sujet consommateur sans entraves devant lequel les institutions humaines s&rsquo;effaceraient progressivement.<\/p>\n<p>Pour autant, cette analogie n&rsquo;est pas suffisante pour expliquer le pourquoi et le comment de l&rsquo;excroissance du &lsquo;\u00e7a&rsquo; au d\u00e9triment du &lsquo;surmoi&rsquo;. Car si le lib\u00e9ralisme \u00e0 l&rsquo;origine valorise la libert\u00e9 d&rsquo;\u00e9changer et le primat de l&rsquo;individu et de la propri\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;en reste pas moins qu\u2019Adam Smith ne con\u00e7oit ces libert\u00e9s qu&rsquo;ins\u00e9r\u00e9es dans le cadre d&rsquo;une r\u00e9gulation institutionnelle, m\u00eame minimale, comme le serait celle de l\u2019\u00c9tat, par d\u00e9faut. De fait, c&rsquo;est bien \u00e0 partir des n\u00e9o-classiques que l&rsquo;on sort du cadre de l&rsquo;\u00e9conomie politique, d&rsquo;une \u00e9conomie encore ins\u00e9r\u00e9e dans un &lsquo;surmoi&rsquo; institutionnel m\u00eame flottant, pour entrer dans la lib\u00e9ration d&rsquo;un &lsquo;\u00e7a&rsquo;, celui de l&rsquo;individu, source auto-r\u00e9f\u00e9rentielle de l\u00e9gitimit\u00e9\u00a0: la contrainte, quelle qu&rsquo;elle soit, devient de plus en plus difficilement consentie par les tenants d&rsquo;une disparition du &lsquo;surmoi&rsquo; pour ne laisser place qu&rsquo;aux pulsions au sein d&rsquo;un &lsquo;moi&rsquo; enfin lib\u00e9r\u00e9. S&rsquo;exprimant enfin pleinement \u00e0 la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle, le capitalisme &lsquo;sans limites&rsquo; finit brutalement sur le mur des r\u00e9alit\u00e9s avec la crise de 1929 et finit par voir son &lsquo;\u00e7a&rsquo; \u00e9conomique \u00eatre r\u00e9encadrer par un &lsquo;surmoi&rsquo; institutionnel dont le politique avait finit par oublier qu&rsquo;il en \u00e9tait l\u2019un des moteurs. Brid\u00e9 donc notamment par le New Deal de Roosevelt, le capitalisme tel qu&rsquo;il se concevait depuis toujours, illimit\u00e9, en con\u00e7ut une souffrance interne due aux contradictions profondes entre son &lsquo;\u00e7a&rsquo; et le &lsquo;surmoi&rsquo; impos\u00e9, qui produisit un &lsquo;moi&rsquo; n\u00e9vrotique, \u00e0 la fois capitaliste mais incapable parce que limit\u00e9 d&rsquo;atteindre ses objets de d\u00e9sirs\u00a0: la main invisible du march\u00e9, la loi de l&rsquo;offre et de la demande, etc., toutes choses que l\u2019\u00c9tat, puissance castratrice majeure, venait \u00e0 mettre \u00e0 distance de ses pulsions.<\/p>\n<p>Le capitalisme s&rsquo;en con\u00e7ut d\u00e8s lors comme perverti par ce &lsquo;surmoi&rsquo; et s&rsquo;imagina comme pur au travers d&rsquo;une id\u00e9ologie de la puret\u00e9\u00a0: le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme. Pour autant, cette id\u00e9ologie ne pouvait pas s&rsquo;exprimer tant que l\u2019\u00c9tat faisait encore \u00e9cran. Il fallut donc attendre un \u00e9v\u00e9nement ou une conjonction d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements majeurs et traumatiques pour qu&rsquo;enfin il puisse avoir droit de cit\u00e9. Ce fut chose faite, quand, \u00e0 court de r\u00e9serves mon\u00e9taires suffisantes, en raison d(une guerre du Vietnam qui se prolongeait, Nixon proclama unilat\u00e9ralement en 1971 la fin de la parit\u00e9 entre le dollar et l&rsquo;or, permettant ainsi de d\u00e9sarrimer le dernier lien de l&rsquo;\u00e9talon mon\u00e9taire d&rsquo;avec un semblant de r\u00e9alit\u00e9 incarn\u00e9 dans l&rsquo;or. Les deux chocs p\u00e9troliers et la fin du syst\u00e8me de Bretton Woods entretemps furent les occasions tant attendues par le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme pour que celui-ci puisse enfin s&rsquo;incarner quelques ann\u00e9es plus tard, lors de l&rsquo;acc\u00e8s au pouvoir de Reagan et de Thatcher\u00a0: le &lsquo;\u00e7a&rsquo; \u00e9tait de retour.<\/p>\n<p>Mais les pulsions restaient encore frein\u00e9es par le &lsquo;surmoi&rsquo; institutionnel qu&rsquo;incarnait en grande part l\u2019\u00c9tat (et toute institution sociale qui faisait \u00e9cran entre la pulsion de l&rsquo;individu-roi qu&rsquo;incarnait le consommateur et l&rsquo;objet de son d\u00e9sir, soit son miroir), ce qui produisit une souffrance insoutenable pour un capitalisme qui se pensait enfin lib\u00e9r\u00e9 de son carcan r\u00e9gulateur. Le capitalisme d\u00e9cida alors en lieu et place de la supporter, de l&rsquo;externaliser vers &lsquo;l&rsquo;autre&rsquo;, celui qui n&rsquo;\u00e9tait pas lui, \u00e0 commencer par les pauvres, au travers de politiques d&rsquo;ajustements structurels qui explos\u00e8rent dans les ann\u00e9es 70, mais aussi au travers de l\u2019\u00c9tat qui fut d\u00e9mantel\u00e9 et des salari\u00e9s, dont la part dans la richesse cr\u00e9\u00e9e fut progressivement r\u00e9duite et l&rsquo;inactivit\u00e9 augment\u00e9e. Le capitalisme subissant toujours des entraves \u00e0 sa libre expression, entraves bien que progressivement r\u00e9duites, produisit donc ce que la psychanalyse appelle une <em>perversion<\/em>, soit un m\u00e9canisme de d\u00e9fense lui permettant d&rsquo;ignorer toute remise en question, de contourner la souffrance et de la transmettre aux &lsquo;autres&rsquo;, l&rsquo;Autre n&rsquo;\u00e9tant alors qu&rsquo;un instrument dans sa perversion. Ce faisant, et puisque l&rsquo;Autre n&rsquo;existe pas autrement que comme instrument et non en tant que souffrance, le m\u00e9canisme ainsi engendr\u00e9 ne peut que produire une fuite de la r\u00e9alit\u00e9, laquelle est reconstruite \u00e0 l&rsquo;image que se fait de lui-m\u00eame le capitalisme. D\u00e8s lors, toute image de la r\u00e9alit\u00e9 qui ne correspondrait pas \u00e0 l&rsquo;image que se montre le capitalisme dans le miroir qu&rsquo;il s&rsquo;est construit est donc forc\u00e9ment une image tronqu\u00e9e, fausse, pervertie en quelque sorte par l&rsquo;Autre qui n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;il devrait \u00eatre. Pire, c&rsquo;est l&rsquo;Autre qui utilise la perversion \u00e0 l&rsquo;encontre du capitalisme, parce qu&rsquo;il n&rsquo;arrive pas \u00e0 assumer ses contradictions, \u00e0 savoir \u00eatre un individu libre et sans limites, parce qu&rsquo;il n&rsquo;arrive pas \u00e0 se lib\u00e9rer de son &lsquo;surmoi&rsquo; institutionnel.<\/p>\n<p>Le capitalisme tel que con\u00e7u actuellement n&rsquo;est donc qu&rsquo;une <em>perversion<\/em>, qui ne peut prendre fin que quand l&rsquo;Autre sera totalement \u00e0 l&rsquo;image que le capitalisme se fait de l&rsquo;Autre, c&rsquo;est-\u00e0-dire de lui-m\u00eame, la fin de ses souffrances devant correspondre \u00e0 la fin d&rsquo;un Autre diff\u00e9rent. Le capitalisme serait donc la n\u00e9gation tendancielle de la n\u00e9vrose, de la possession de l&rsquo;objet par le sujet, n\u00e9vrose dont le &lsquo;surmoi&rsquo; avait jusque l\u00e0 pour origine et pour objet de donner un sens social, sa fonction m\u00eame \u00e9tant justement la mise \u00e0 distanciation. Cette n\u00e9gation ne pourrait donc tendanciellement que s&rsquo;exprimer sous forme de perversion, puisqu&rsquo;\u00e0 moins de supprimer d\u00e9finitivement le &lsquo;surmoi&rsquo;, le &lsquo;\u00e7a&rsquo; ne pourra pas \u00eatre le &lsquo;moi&rsquo; et inversement, d&rsquo;o\u00f9 cette souffrance \u00e9vacu\u00e9e sur autrui (et si possible un autrui dont l&rsquo;image doit \u00eatre la plus \u00e9loign\u00e9e que celle dont se fait de lui-m\u00eame le capitalisme\u00a0: pauvre, salari\u00e9, fonctionnaire, \u00c9tat, femme, &#8230;).<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.p-s-f.com\/psf\/spip.php?article162\">L&rsquo;analyse lacanienne<\/a>, de \u00d6zge Ersen, avec son 5\u00e8me discours, le \u00ab\u00a0discours du capitaliste\u00a0\u00bb, explicite cette perversion en la d\u00e9crivant comme une inversion qui permet au sujet &lsquo;d&rsquo;acc\u00e9der&rsquo; \u00e0 l&rsquo;objet de son d\u00e9sir\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le sujet d\u00e9cide lui-m\u00eame du signifiant qui le repr\u00e9sente et il peut d\u00e9sormais acc\u00e9der \u00e0 son objet du d\u00e9sir dans la r\u00e9alit\u00e9 ou plus exactement il maintient fortement l\u2019illusion de pouvoir l\u2019atteindre dans la vie r\u00e9elle. Le discours actuel de consommation dit \u00e0 l\u2019individu ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Voici, l\u2019objet qui te d\u00e9termine et il est dans ton pouvoir de le poss\u00e9der quand tu veux\u00a0\u00bb. La plainte du sujet exprim\u00e9e dans le discours du ma\u00eetre, trouve ainsi une r\u00e9ponse dans ce discours capitaliste. Or, la r\u00e9ponse que le sujet y trouve n\u2019est pas dans le registre psychique, c\u2019est-\u00e0-dire dans le registre du <em>fantasme<\/em>, mais celle qu\u2019il trouve dans la vie r\u00e9elle par l\u2019objet de la r\u00e9alit\u00e9. Comme toute organisation symbolique, ce discours aussi produit ses propres psychopathologies. Et quand on change le discours,<strong> on change en m\u00eame temps le registre de la plainte et de la psychopathologie<\/strong>. Le discours du ma\u00eetre, qui se r\u00e9f\u00e8re toujours \u00e0 un tiers, \u00e0 la loi, et \u00e0 l\u2019interdit, nous pr\u00e9sente la structure de l\u2019hyst\u00e9rie, de la phobie, donc de la n\u00e9vrose en g\u00e9n\u00e9ral. Il s\u2019agit bien d\u2019une impossibilit\u00e9 de la compl\u00e9tude et de la satisfaction totale, et ce qui en est responsable n\u2019est pas le sujet mais la loi symbolique \u00e0 laquelle il se r\u00e9f\u00e8re. <em>En revanche, dans le discours capitaliste d\u2019aujourd\u2019hui, il n\u2019y pas de place pour ce qui est impossible et interdit<\/em>. Car ce dont il s\u2019agit ici est moins la question de l\u2019impossible qu\u2019une question du temps, de telle sorte que le discours capitaliste maintient l\u2019illusion en disant qu\u2019il est tout \u00e0 fait capable de produire l\u2019objet qui manque \u00e0 la satisfaction, sinon aujourd\u2019hui, demain sans faute\u00a0! (\u2026) Le discours capitaliste, comme \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus, va \u00e0 l\u2019encontre de la structure et du fonctionnement du sujet. Le sujet, \u00e9cras\u00e9 sous toutes ces images de \u00ab\u00a0jouissance sans entrave\u00a0\u00bb, reste encore divis\u00e9. Ceci est un point essentiel car ce qui est chang\u00e9 n\u2019est pas la structure du sujet, mais le champ de l\u2019Autre par rapport auquel le sujet se positionne et auquel il se r\u00e9f\u00e8re. L\u2019Autre n\u2019est plus, comme c\u2019est le cas dans le discours du ma\u00eetre, manquant de ne pas \u00eatre totalement dans la jouissance, garant de la loi et transmettant le d\u00e9sir, la perte et l\u2019incompl\u00e9tude\u00a0; mais c\u2019est un Autre de la consommation, l\u00e0 o\u00f9 tout est possible sans interdiction. L\u2019enjeu n\u2019est plus le d\u00e9sir qui fait na\u00eetre le d\u00e9sir, mais <strong>c\u2019est la jouissance qui veut se r\u00e9aliser imm\u00e9diatement, ici et maintenant<\/strong>. Par ailleurs, le sujet, au lieu de trouver l\u2019offre de la perte qui laisse \u00e0 d\u00e9sirer en tant que r\u00e9ponse \u00e0 sa souffrance psychique, trouve <strong>l\u2019offre d\u2019un objet de la r\u00e9alit\u00e9 capable de supprimer ses souffrances<\/strong>.\u00a0\u00bb (<a href=\"http:\/\/www.p-s-f.com\/psf\/spip.php?article162\">Un regard lacanien sur les psychopathologies actuelles en lien avec le discours moderne<\/a>, par \u00d6zge Ersen, <em>EK TON YSTERON<\/em> Fascicule 15: Autour de l\u2019objet, 2007)<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>Mais toute la difficult\u00e9 de ce discours r\u00e9side dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 pour un sujet de trouver cet objet qui puisse supprimer sa souffrance\u00a0: il lui faut donc consommer, sans cesse, les objets. Cette consommation &lsquo;renouvelable&rsquo;, illimit\u00e9e, appelle donc \u00e0 ce que le sujet puisse \u00eatre en capacit\u00e9 d&rsquo;effectuer cette consommation, sans quoi la perversion se double de la n\u00e9vrose classique de la mise \u00e0 distance de l&rsquo;objet du d\u00e9sir (ou du d\u00e9sir d&rsquo;objets). C&rsquo;est pourquoi il est imp\u00e9rieux pour le capitalisme de mettre \u00e0 disposition un nombre de plus en plus important d&rsquo;objets, dans des quantit\u00e9s de plus en plus importantes, \u00e0 des prix de plus en plus accessibles \u00e0 un nombre de sujets de plus en plus important\u00a0: c&rsquo;est la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Pour ce faire, il faudra alors faire en sorte que les pays dits &lsquo;du Sud&rsquo; puissent acc\u00e9der au rang de pays &lsquo;fournisseurs \u00e0 bon march\u00e9 d&rsquo;objets&rsquo; et ce faisant, de pays &lsquo;en voie de d\u00e9veloppement&rsquo;, puis &lsquo;en voie d&rsquo;industrialisation&rsquo;, avant que d&rsquo;\u00eatre &lsquo;en voie d&rsquo;\u00eatre d\u00e9velopp\u00e9&rsquo;. Malheureusement pour le capitalisme, cette progression fait que, libre-\u00e9change \u00e9tant, la concurrence entre les salari\u00e9s\/producteurs dans les pays dits &lsquo;du Sud&rsquo; et ceux dits &lsquo;du Nord&rsquo; ne permet plus au salaire du producteur des pays dits &lsquo;du Nord&rsquo; d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la promesse du capitalisme, \u00e0 savoir de consommer des objets de mani\u00e8re renouvel\u00e9e. Le capitalisme \u00e9tant par ailleurs une machine \u00e0 produire des in\u00e9galit\u00e9s dans la r\u00e9partition des richesses cr\u00e9\u00e9es, les salari\u00e9s-consommateurs re\u00e7oivent moins dans la richesse cr\u00e9\u00e9e que ce qu&rsquo;ils recevaient avant, quand le capitalisme \u00e9tait plus r\u00e9gul\u00e9. La tension ainsi g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, entre baisse tendancielle des salaires des consommateurs et concurrence croissante entre salari\u00e9s &lsquo;du Sud&rsquo; et ceux &lsquo;du Nord&rsquo;, doit \u00eatre r\u00e9solue, sous peine de rendre caduque la promesse du capitalisme faite \u00e0 tous\u00a0: le capitalisme d\u00e9veloppera alors le cr\u00e9dit, comme solution alternative, hypoth\u00e9quant l&rsquo;avenir, de fait identifi\u00e9 sous forme de croissance sans fin. Malgr\u00e9 l&rsquo;explosion des multiples bulles sp\u00e9culatives sur les prix des actifs depuis les ann\u00e9es 90, le capitalisme avec la titrisation pensait avoir r\u00e9solu pour un temps certain cette tension, du moins le temps que les pays dits &lsquo;du Sud&rsquo; puissent prendre le relais des pays dits &lsquo;du Nord&rsquo; en terme de consommation. Ce projet \u00e9tait en bonne voie quand un &lsquo;incident&rsquo; se produisit dans la patrie du capitalisme, avant que le r\u00e9acteur n&rsquo;entre en fusion\u00a0: les subprimes explos\u00e8rent en 2007. La crise actuelle d\u00e9marra.<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>On s&rsquo;aper\u00e7oit donc que le cr\u00e9dit fut un palliatif dans l&rsquo;obligation existentielle du capitalisme de fournir l&rsquo;objet requis. Plus que cela, <strong>le cr\u00e9dit en vint \u00e0 devenir \u2026 l&rsquo;objet lui-m\u00eame requis<\/strong>, quand, on passa d&rsquo;une crise de dettes priv\u00e9es \u00e0 celle de dettes publiques, o\u00f9 l&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit est l&rsquo;objectif premier de tous les acteurs\u00a0: comment faire pour acc\u00e9der au cr\u00e9dit, au prix le moins cher\u00a0?<\/p>\n<p>De palliatif, le cr\u00e9dit devint donc l&rsquo;objet renouvelable, l&rsquo;objet m\u00eame qui &lsquo;supprime les souffrances&rsquo; car r\u00e9ellement, l&rsquo;obtention du cr\u00e9dit permet au d\u00e9biteur de sursoir aux effets des politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 que le capitalisme est dor\u00e9navant &lsquo;oblig\u00e9&rsquo; de faire appliquer. Pourquoi &lsquo;oblig\u00e9&rsquo;\u00a0? Parce que l\u00e0 encore la logique perverse ne pouvait pas le conduire \u00e0 remettre en cause ses propres fonctionnements, la souffrance endur\u00e9e par les effets de la crise l&rsquo;ayant oblig\u00e9 entretemps \u00e0 trouver des &lsquo;autres&rsquo; que lui sur lequel reporter sa souffrance, celle de ne pas \u00eatre \u00e0 l&rsquo;image de ce qu&rsquo;il se concevait\u00a0: insoutenable image que la r\u00e9alit\u00e9 lui renvoyait \u2026\u00a0 Les \u00e9tats furent donc les premi\u00e8res victimes, somm\u00e9s de prendre en charge la souffrance de la dette priv\u00e9e, lesquels furent vites ensuite d\u00e9sign\u00e9s comme coupables de d\u00e9rives inadmissibles, avant que de devoir \u00eatre somm\u00e9s d&rsquo;appliquer des politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, lesquelles permettraient enfin de mettre au pas ces grands incapables que sont les \u00e9tats et pour tout dire, n\u00e9vros\u00e9s et inconscients de l&rsquo;\u00eatre. On les soumettrait donc \u00e0 une cure de cr\u00e9dit et de dettes, si possible de mani\u00e8re perp\u00e9tuelle puisqu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait plus possible de leur offrir les objets du d\u00e9sir, par d\u00e9faut de salaires mais aussi par d\u00e9faut de cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut donc, le capitalisme proposa l&rsquo;objet de la dette (et son pendant l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9) comme d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Le capitalisme, pourtant entr\u00e9 dans le mur de la r\u00e9alit\u00e9 en 2007, en ressortait encore une fois &lsquo;vainqueur&rsquo;, i.e. encore plus pervers, les &lsquo;autres&rsquo; somm\u00e9s plus encore qu&rsquo;auparavant de supporter toute cette souffrance qui \u00e9tait la sienne, incapable qu&rsquo;il \u00e9tait de se remettre en cause (sauf \u00e0 des moments sp\u00e9cifiques de grande d\u00e9tresse, comme put l&rsquo;\u00eatre le discours de Toulon de Nicolas Sarkozy en septembre 2008, moment o\u00f9 l&rsquo;inconscient du capitalisme ne put \u00eatre r\u00e9prim\u00e9 et s&rsquo;exprima).<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>En quelque sorte, n&rsquo;ayant plus d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments pour alimenter leur consommation, on proposa aux acteurs d&rsquo;ing\u00e9rer leurs propres d\u00e9chets, les excr\u00e9ments de l&rsquo;\u00e9conomie\u00a0: leurs propres dettes.<\/p>\n<p>Le corps social d\u00e8s lors ne pouvait qu&rsquo;en devenir malade.<\/p>\n<p>Au niveau europ\u00e9en, ceci prit une dimension presque anthropophagique. Car les membres les plus exc\u00e9dentaires du corps europ\u00e9en, ceux-l\u00e0 m\u00eame qui avaient form\u00e9 leurs exc\u00e9dents de la consommation des autres membres, somm\u00e8rent ceux qu&rsquo;ils avaient consomm\u00e9s de s&rsquo;amputer eux-m\u00eames, afin qu&rsquo;ils puissent continuer \u00e0 \u00eatre aliment\u00e9s, sous peine d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9s du corps tout court (mais tout en affirmant combien il \u00e9tait n\u00e9cessaire, bien s\u00fbr, que ces membres restassent membres du corps).<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>Cette perversion ira jusqu&rsquo;\u00e0 son terme, soit jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des &lsquo;autres&rsquo;, tous ceux qui ne sont pas \u00e0 l&rsquo;image que le capitalisme se fait de lui-m\u00eame. Et contrairement \u00e0 ceux qui pensent que le capitalisme produira n\u00e9cessairement \u00e0 un moment ou un autre ses propres anticorps face \u00e0 un mouvement qui, le reconnaissent-ils pour les plus conscients d&rsquo;entre eux, s&rsquo;applique au capitalisme lui-m\u00eame, ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne prendra pas fin de lui-m\u00eame pour la bonne et simple raison qu&rsquo;un pervers n\u2019a pas la capacit\u00e9 de se remettre en cause, seul le R\u00e9el peut lui faire obstacle, soit sous la forme des autres, soit, et le plus souvent malheureusement, sous celle de son autodestruction. L&rsquo;ironie de l&rsquo;Histoire est que, selon Lacan, ce serait Marx qui aurait, avec sa &lsquo;plus-value&rsquo;, son &lsquo;plus de jouissance&rsquo; (d&rsquo;objets du d\u00e9sir), permis au capitalisme d&rsquo;institutionnaliser (dans le &lsquo;surmoi&rsquo;) \u00e0 la fois le concept de valeur et surtout le vice sans fin, la perversion du &lsquo;plus d&rsquo;objets&rsquo;, de ce &lsquo;surplus&rsquo; que la production des prol\u00e9taires permet par leur travail, que le capitaliste s&rsquo;accapare et que les prol\u00e9taires devraient r\u00e9clamer comme leur d\u00fb. Capitalisme ou Marxisme seraient donc les deux pendants oppos\u00e9s du &lsquo;plus&rsquo; et de la &lsquo;valeur&rsquo;, lesquels, en l&rsquo;absence ou en l&rsquo;omnipr\u00e9sence de &lsquo;surmoi&rsquo; institutionnel, poussent in\u00e9luctablement \u00e0 la perversion capitaliste de consommation d&rsquo;objets ou \u00e0 la n\u00e9vrose obsessionnelle communiste de possession d&rsquo;objets.<\/p>\n<p>\u00a7<\/p>\n<p>Il nous faudra donc bien finir par prendre conscience des ph\u00e9nom\u00e8nes de perversion en cours\u00a0: ceux de la dette, du cr\u00e9dit, de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, de la r\u00e9partition des richesses selon le rapport de force. Ceux de relations entre membres d&rsquo;une communaut\u00e9 qui voient en l&rsquo;Autre un substitut, quand en fait c&rsquo;est le d\u00e9s\u00e9quilibre des relations, la transformation du besoin d&rsquo;\u00e9changes en \u00e9changes de biens qui fondent la perversion. Plus profond\u00e9ment, prendre conscience de la consommation d&rsquo;objets pour assouvir une jouissance factice, laquelle se fonde sur la &lsquo;plus-value&rsquo;, le surplus de &lsquo;valeur&rsquo; et plus pr\u00e9cis\u00e9ment encore, sur la th\u00e9orie de la &lsquo;valeur&rsquo;.<\/p>\n<p>Prendre conscience aussi qu&rsquo;en l\u2019absence d&rsquo;un r\u00e9investissement du &lsquo;surmoi&rsquo;, il y a fort peu de chances que le &lsquo;\u00e7a&rsquo; reprenne des dimensions plus humaines et que le &lsquo;moi&rsquo; ne continue pas \u00e0 souffrir. Que seul le politique permettra ce r\u00e9investissement et qu&rsquo;en l&rsquo;absence d&rsquo;une volont\u00e9 politique pour ce faire, il faudra bien que le citoyen investisse lui-m\u00eame le &lsquo;surmoi&rsquo; en cr\u00e9ant de nouvelles institutions ou normes morales, \u00e0 commencer par int\u00e9grer l&rsquo;Autre comme \u00e9tant aussi lui-m\u00eame afin de ne pas perp\u00e9trer la perversion inconsciemment ou par interroger son int\u00e9r\u00eat \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0: &lsquo;\u00e7a&rsquo; commence sans doute par &lsquo;\u00e7a&rsquo;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une lancinante question forme un \u00e9cho qui semble rebondir \u00e0 chaque sursaut de la crise en cours, semblant ne devoir prendre fin qu&rsquo;avec la crise elle-m\u00eame et au-del\u00e0, qu&rsquo;avec le capitalisme\u00a0: pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>Pourquoi, alors que depuis plus de 40 ans on s&rsquo;acharne \u00e0 appliquer des politiques d&rsquo;ajustements structurels dans le monde sans que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[3,19,1,9,6],"tags":[26,170,1817],"class_list":["post-35768","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anthropologie","category-constitution-pour-leconomie","category-economie","category-psychanalyse","category-questions-essentielles","tag-capitalisme","tag-credit","tag-perversion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35768","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35768"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35768\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46477,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35768\/revisions\/46477"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35768"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35768"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35768"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}