{"id":36060,"date":"2012-04-17T18:32:55","date_gmt":"2012-04-17T16:32:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=36060"},"modified":"2013-01-02T00:50:14","modified_gmt":"2013-01-01T23:50:14","slug":"couillatris-president-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/04\/17\/couillatris-president-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b><i>Couillatris<\/i> pr\u00e9sident !<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-L\u00e9onardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Couillatris \u00e9tait un b\u00fbcheron du Chinonais (Chinon est l\u2019ombilic du monde, comme chacun sait\u00a0; Delphes a usurp\u00e9 ce titre). On peut trouver l\u2019activit\u00e9 b\u00fbcheronnante un peu fruste \u00e0 l\u2019\u00e8re des calculs matriciels, mais Couillatris entaillait les arbres avec une s\u00fbret\u00e9 de regard qui le distinguait des abatteurs ordinaires. Il demandait peu et vivait de peu. Dans sa branche, c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re d\u2019artiste. De l\u2019artiste, il avait la distraction, ce moment d\u2019h\u00e9b\u00e9tude, de jusant d\u2019\u00e2me qui est un retrait en soi-m\u00eame avant la grande su\u00e9e cr\u00e9atrice. Aussi \u00e9garait-il souvent le manche de sa cogn\u00e9e. Comme il n\u2019avait pas beaucoup d\u2019effets personnels, il ne tardait g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00e0 le retrouver.<\/p>\n<p>Pourtant, un jour, disons un jour de printemps, histoire d\u2019actualiser l\u2019aventure, il eut beau retourner en tout sens la petite baraque o\u00f9 il dormait, point de manche. Il interrogea tout le monde, du termite au castor, en passant par ses co\u00e9quipiers, en vain. Il parcourut cent fois aller et retour le sentier qu\u2019il avait emprunt\u00e9 la veille pour se rendre \u00e0 la clairi\u00e8re d\u2019abattage. Rien. Il explora les interstices entre les grumes empil\u00e9es. Toujours rien. Sans son manche, sa cogn\u00e9e ne lui \u00e9tait plus d\u2019aucune utilit\u00e9. Il ne pouvait pas demander qu\u2019on lui en pr\u00eat\u00e2t un, car chacun, dans le m\u00e9tier, veille sur son manche comme sur son propre enfant. Du reste, la cogn\u00e9e de Couillatris \u00e9tait faite \u00e0 sa main. Le fer s\u2019harmonisait avec le manche plus qu\u2019il ne s\u2019y embo\u00eetait. C\u2019\u00e9tait un outil unique. Comme il n\u2019avait pas gagn\u00e9 de quoi s\u2019acheter une autre cogn\u00e9e de qualit\u00e9 \u00e9quivalente, Couillatris se voyait d\u00e9j\u00e0 mort. S\u2019arrachant les cheveux, tel un poss\u00e9d\u00e9, il emplissait la for\u00eat de ses plaintes, accusait sans r\u00e9pit la terre, le ciel et les mouches qui faisaient la navette entre les deux. \u00ab\u00a0Rendez-moi mon manche\u00a0! hurlait-il \u00e0 se fendre la glotte. Rendez-moi mon gagne-pain\u00a0!\u00a0\u00bb Son d\u00e9sespoir redoublait au spectacle de la <em>reverdie<\/em>. Il croyait voir des manches parodiques dans chaque rameau nouveau. Les feuillages n\u2019\u00e9tant pas encore assez fournis en cette saison, les cris de Couillatris parvinrent aux oreilles des dieux, qui tenaient leur convent semestriel sur le tatami c\u00e9leste.<\/p>\n<p><!--more-->On discutait l\u00e0, d\u2019un air ennuy\u00e9, de choses aussi futiles que la r\u00e9cente OPA des Titans sur l\u2019Olympe ou la derni\u00e8re attaque sp\u00e9culative de Pluton, l\u2019inventeur des Styx options, sur l\u2019obole infernale. Jupiter somnolait b\u00e9atement, acquies\u00e7ant \u00e0 tout, m\u00eame aux rots de Bacchus et aux espi\u00e8gleries p\u00e9taradantes de Cr\u00e9pitus. Un cri plus haut perch\u00e9 de Couillatris lui fit comme une piq\u00fbre au derri\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Hein\u00a0? Quoi\u00a0? Qu\u2019est-ce\u00a0?\u00a0Par mon foudre\u00a0! Qui ose\u00a0? \u00bb Il avisa Mercure, qui lissait ses talonni\u00e8res\u00a0: \u00ab\u00a0Puisque tu n\u2019as rien d\u2019autre \u00e0 faire, \u00f4te-toi de mon nuage et va donc voir en bas ce qui cause tout ce grabuge.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mercure de s\u2019ex\u00e9cuter et de revenir aussi sec, \u00e0 la vitesse du son.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est un mortel, un certain Couillatris, b\u00fbcheron de son \u00e9tat. Il vient de perdre le manche de sa cogn\u00e9e et vous prend \u00e0 t\u00e9moin de ce qu\u2019il n\u2019a rien fait pour m\u00e9riter un tel sort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En entendant le nom de l\u2019importun, quelques d\u00e9esses pouff\u00e8rent. Junon leur lan\u00e7a des regards noirs. Pan, ragaillardi, commen\u00e7a \u00e0 chanter une vieille comptine <em>fran\u00e7oise<\/em>\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0S\u2019il est ainsi que coingn\u00e9e sans manche<\/em><br \/>\n<em>Ne sert de rien, ne houstil sans poingn\u00e9e,<\/em><br \/>\n<em>Affin que l\u2019un dedans l\u2019autre s\u2019emmanche,<\/em><br \/>\n<em>Prens que soys manche, et tu seras coingn\u00e9e\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Il suffit\u00a0! tonna Jupiter. Toi, Mercure, je t\u2019envoie sur terre en mission sp\u00e9ciale. Tu jetteras aux pieds du susnomm\u00e9 (<em>nouveaux rires<\/em>) Couillatris \u2013 oh, vous, \u00e7a va, ne faites pas vos nymphettes \u2013 tu jetteras, dis-je, \u00e0 ses pieds trois manches du m\u00eame calibre, le sien, que voici, un en or et un autre en argent. Laisse-le faire son choix. S\u2019il prend le sien et se dit content, c\u00e8de-lui les deux autres. S\u2019il prend l\u2019un des deux autres, coupe-lui la t\u00eate avec sa cogn\u00e9e reconstitu\u00e9e, et qu\u2019il soit fait de m\u00eame de tous les distraits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mercure ajusta son chapeau \u00e0 ailettes, s\u2019enveloppa dans sa capeline, se saisit de son caduc\u00e9e, ouvrit la trappe des cieux et sauta. Il atterrit souplement devant Couillatris et lui jeta aux pieds les trois manches.<\/p>\n<p>\u00ab Arr\u00eate de braire, lui dit-il. Jupiter a exauc\u00e9 ta pri\u00e8re. Fais ton choix.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Couillatris soul\u00e8ve le manche en or, le soup\u00e8se et hoche n\u00e9gativement la t\u00eate. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas le mien. Je te le rends.\u00a0\u00bb Mercure lui d\u00e9signe alors celui en argent. Couillatris s\u2019en saisit et le repose pareillement. \u00ab\u00a0Celui-l\u00e0 non plus.\u00a0\u00bb Au tour du manche en bois. Couillatris le manipule longuement, le fait tournoyer, puis en regarde les bouts. Soudain, il fr\u00e9tille de joie, car il a reconnu sa marque\u00a0: \u00ab\u00a0Merdigues, c\u2019est le mien\u00a0! Mon cher manche\u00a0! Si vous me le laissez, je remplirai de testons le tronc du temple de Jupiter.\u00a0\u2013 Je te le laisse. Prends-le, et puisqu\u2019en mati\u00e8re de cogn\u00e9e, tu sais rester modeste, les deux autres, je te les abandonne, au nom de Jupiter, grand amateur de testons. Tu as dor\u00e9navant de quoi devenir riche. Sois homme de bien.\u00a0\u00bb Sur ce conseil, hop\u00a0! Mercure s\u2019envole.<\/p>\n<p>Couillatris passe sa cogn\u00e9e dans sa ceinture de cuir, suspend les manches en or et en argent nou\u00e9s ensemble \u00e0 son cou et s\u2019en va faire le pr\u00e9lat parmi les b\u00fbcherons. Mais il n\u2019a pas oubli\u00e9 le conseil de Mercure. Aussi ne tarde-t-il pas \u00e0 se transporter \u00e0 Chinon pour y \u00e9changer les pr\u00e9cieux manches contre de l\u2019argent sonnant et tr\u00e9buchant. Avec ce tr\u00e9sor, il acquiert force terres, troupeaux et m\u00e9tairies. Il devient, en peu de temps, l\u2019homme le plus riche du pays. Les paysans et les <em>gens-pille-hommes<\/em> du voisinage ne reconnaissent plus le pauvre Couillatris qui se lamentait hier encore sur son sort. Ils n\u2019ont de cesse qu\u2019il ne leur r\u00e9v\u00e8le le myst\u00e8re de son ascension. L\u2019int\u00e9ress\u00e9 leur r\u00e9pond na\u00efvement\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai perdu mon manche de cogn\u00e9e, voil\u00e0 tout, et Jupiter me l\u2019a rendu.\u00a0\u2013 Comment, il ne tient qu\u2019\u00e0 cela que nous ne soyons riches comme Cr\u00e9sus\u00a0? Hin, hin\u00a0! Le moyen est facile et peu co\u00fbteux. Nous allons en perdre, des manches, pour s\u00fbr\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On se passa le mot et bient\u00f4t il n\u2019y eut plus une cogn\u00e9e intacte dans tout le Chinonais. Les fers rouillaient, sans emploi. On n\u2019abattait plus d\u2019arbres. C\u2019\u00e9tait au point que les bois se languissaient des b\u00fbcherons et leur faisaient les yeux doux. Il n\u2019y avait pas jusqu\u2019aux soldats qui ne vendissent leur hallebarde contre une cogn\u00e9e dont ils s\u2019empressaient de perdre le manche. Et tous de b\u00e9er apr\u00e8s la r\u00e9compense en attestant le ciel : \u00ab\u00a0Jupiter, oh\u00e9\u00a0! Que je suis malheureux\u00a0! Rends-moi mon manche de cogn\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb Mercure ne manqua pas d\u2019ouvrage. Il r\u00e9pondit \u00e0 chaque supplique avec tout le z\u00e8le requis. Chaque fois, il proposait les trois manches et comme les suppliants choisissaient tous immanquablement le manche en or, les t\u00eates volaient. Il y eut autant de t\u00eates coup\u00e9es que de manches \u00e9gar\u00e9s.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce qui arrive \u00e0 ceux qui ne voient pas que l\u2019opulence et la gloire viennent avec la simplicit\u00e9 et la m\u00e9diocrit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette fable est une r\u00e9\u00e9criture d\u2019apr\u00e8s Rabelais (<em>Quart livre,<\/em> Prologue) d\u2019une fable d\u2019\u00c9sope, <em>Le b\u00fbcheron et Herm\u00e8s. <\/em>Je vous laisse le soin d\u2019en extraire la quintessence \u00e0 partir de vos propres cornues.<em> <\/em><\/p>\n<p>Il me paraissait salutaire, alors que l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et l\u2019impatience font d\u00e9raper certains d\u2019entre nous, de faire une petite diversion qui, mine de rien, nous ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019essentiel. Je le sais bien, l\u2019ardeur printani\u00e8re fouette les s\u00e8ves. Les enthousiasmes se gonflent \u00e0 l\u2019approche du scrutin pr\u00e9sidentiel fran\u00e7ais. La ferveur populaire s\u2019indure, titill\u00e9e par des mots d\u2019ordre d\u2019une d\u00e9licatesse achev\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0La France forte\u00a0\u00bb (Marianne a du caract\u00e8re), \u00ab\u00a0Ouuuuiiii, la France\u00a0\u00bb (mais elle aime qu\u2019on la besogne), \u00ab\u00a0Prenez le pouvoir\u00a0\u00bb (et m\u00eame qu\u2019on la rudoie). Les dieux de l\u2019estrade, gagn\u00e9s par la turgescence v\u00e9g\u00e9tale, encouragent l\u2019assembl\u00e9e de leurs d\u00e9vots \u00e0 se soulever. Quelques-uns de ces d\u00e9vots font le si\u00e8ge du blog de Paul Jorion et ne savent plus quels biais emprunter pour en obtenir l\u2019<em>imprimatur<\/em>. Les marges bourbeuses et les zones tampons du socialisme sont m\u00eame convoqu\u00e9es, sans doute parce que les transfuges qui les hantent ont des airs farouches qui peuvent convaincre un anthropologue inclinant \u00e0 gauche que leur g\u00eete est le conservatoire de la pugnacit\u00e9 militante et le vivier des r\u00e9volutions \u00e0 venir. Il faudrait toutefois que l\u2019anthropologue en question ne soit pas trop regardant, en plus d\u2019\u00eatre amn\u00e9sique. Des exemples r\u00e9cents, dont notre m\u00e9moire collective est encore souill\u00e9e, ont montr\u00e9 que la sauvagerie peut \u00eatre un fait de civilisation. Je demande donc une tr\u00eave des enthousiasmes, sinon pour m\u00e9nager celles et ceux qui vont voter tant\u00f4t, au moins par respect pour les autres, qui ne sont pas directement concern\u00e9s.<\/p>\n<p>La r\u00e9clame pour tel ou tel, surtout si elle tourne \u00e0 la monomanie, est d\u2019un moindre int\u00e9r\u00eat dans un espace de discussion qui fait monter les id\u00e9es \u00e0 la tribune, histoire de les \u00e9prouver au tr\u00e9buchet avant de les \u00e9couler. Que M\u00e9lenchon ait dit ceci, que Hollande ait dit cela, peu me chaut. Ces deux grands d\u00e9mocrates ne se donnent m\u00eame pas la peine de se frotter ouvertement, l\u00e0, sur le blog de Paul Jorion, \u00e0 la contradiction et \u00e0 la rectification (au sens alchimique). Les id\u00e9es d\u00e9battues ici engagent celles et ceux qui les \u00e9noncent et c\u2019est cela qui compte, car ce qu\u2019il en ressort arme le citoyen contre la jobardise et la cr\u00e9dulit\u00e9. Un citoyen bien inform\u00e9 fera d\u2019un meeting une rencontre, non pas une all\u00e9geance. Il laissera les grands raouts de plein air aux avaleurs de promesses, qui prennent leur Messie pour une lanterne. N\u00e9ron trouvait fort amusant d\u2019utiliser les illumin\u00e9s pour l\u2019\u00e9clairage public. Avait-il compris que l\u2019illumin\u00e9 politique, celui qui se sent en mission, s\u2019accroche \u00e0 quelques id\u00e9es phares dont il n\u2019a garde d\u2019\u00e9tendre le champ d\u2019action\u00a0? On ne sait jamais quel inf\u00e2me contradicteur, tapi dans l\u2019ombre, elles ne manqueraient pas de r\u00e9v\u00e9ler, s\u2019il en augmentait l\u2019intensit\u00e9.<\/p>\n<p>Le blog de Paul Jorion est une pierre de touche, pas un vad\u00e9m\u00e9cum. Las\u00a0! On n\u2019emp\u00eachera pas les d\u00e9vots d\u2019y chercher le dogme dont ils ont besoin pour polariser leurs existences d\u00e9boussol\u00e9es. On d\u00e9plorera n\u00e9anmoins qu\u2019il leur soit si difficile de trouver en eux-m\u00eames les ressources de l\u2019avenir. \u00catre \u00e0 soi-m\u00eame son propre messie, par l\u2019exercice de l\u2019intelligence, cela vous pr\u00e9munit contre la passion des hommes providentiels.<\/p>\n<p>Le vote est un coup de tranchoir dans un bloc de g\u00e9latine si les id\u00e9es n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement travaill\u00e9es au corps (elles l\u2019ont \u00e9t\u00e9 dans les derni\u00e8res contributions de Z\u00e9bu ou dans l\u2019\u00e9change, d\u00e9j\u00e0 lointain, entre Pierre Sarton du Jonchay et Jean-Luce Morlie). L\u2019urgence du changement (je ne la ressens pas moins que vous) ne dispense pas de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 deux fois avant d\u2019arr\u00eater son choix. La politique ne saurait s\u2019arr\u00eater \u00e0 son incarnation dans un homme. Les Grecs rangeaient la politique sous la rubrique <em>praxis, <\/em>une activit\u00e9 qui est \u00e0 elle-m\u00eame sa propre fin et aide \u00e0 l\u2019accomplissement de soi en soci\u00e9t\u00e9. Ils associaient \u00e0 la <em>praxis<\/em> la <em>phron\u00easis,<\/em> la prudence d\u00e9lib\u00e9rative. La pr\u00e9cipitation et l\u2019ali\u00e9nation du choix ne ressortissent donc pas \u00e0 la politique.<\/p>\n<p>Alors, Couillatris pr\u00e9sident\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Couillatris \u00e9tait un b\u00fbcheron du Chinonais (Chinon est l\u2019ombilic du monde, comme chacun sait\u00a0; Delphes a usurp\u00e9 ce titre). On peut trouver l\u2019activit\u00e9 b\u00fbcheronnante un peu fruste \u00e0 l\u2019\u00e8re des calculs matriciels, mais Couillatris entaillait les arbres avec une s\u00fbret\u00e9 de regard qui le distinguait des abatteurs ordinaires. 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