{"id":36071,"date":"2012-04-18T10:45:20","date_gmt":"2012-04-18T08:45:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=36071"},"modified":"2013-01-02T00:50:13","modified_gmt":"2013-01-01T23:50:13","slug":"lactualite-de-la-crise-le-lait-est-sur-le-feu-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/04\/18\/lactualite-de-la-crise-le-lait-est-sur-le-feu-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LE LAIT EST SUR LE FEU<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Sale tuile pour les Espagnols ! Jean-Claude Juncker, le chef de file de l\u2019Eurogroupe, a d\u00e9clar\u00e9 hier que le pays \u00ab\u00a0n\u2019avait pas besoin d\u2019aide ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb et a invit\u00e9 <i>les march\u00e9s<\/i> \u00e0 \u00eatre \u00ab\u00a0plus rationnels\u00a0\u00bb ! V\u00edtor Const\u00e2ncio, le vice-pr\u00e9sident de la BCE, a \u00e9t\u00e9 dans son sens en estimant qu&rsquo;ils avaient \u00ab\u00a0sur-r\u00e9agi\u00a0\u00bb en imposant des taux obligataires \u00e9lev\u00e9s lors des adjudications d\u2019hier mardi. <\/p>\n<p>Au vu des pr\u00e9c\u00e9dents, ce genre d\u2019affirmation est toujours annonciateur d&rsquo;une catastrophe imminente. Les jours et les semaines qui viennent leur donneront ou non raison, mais comment en attendant ignorer que le compte \u00e0 rebours est engag\u00e9 ? Et se demander quel \u00e9v\u00e8nement serait encore susceptible de l\u2019arr\u00eater ? <\/p>\n<p><!--more-->Des m\u00e9canismes sont enclench\u00e9s. La hausse des taux obligataires n\u2019aura certes qu\u2019une incidence imm\u00e9diate limit\u00e9e sur la charge de la dette (le poids de ses int\u00e9r\u00eats), ne jouant encore que sur une faible partie de celle-ci. Plus pr\u00e9occupantes en sont les cons\u00e9quences pour les banques, qui devraient enregistrer des pertes, si elles le font, car la valeur de march\u00e9 des obligations achet\u00e9es avec les pr\u00eats de la BCE a diminu\u00e9 avec la hausse de leur taux. Le gouvernement est quant \u00e0 lui plac\u00e9 devant un mur sans savoir quelle hauteur il va devoir prochainement franchir, ne pouvant plus b\u00e9n\u00e9ficier des achats obligataires des banques du pays qui stabilisaient les taux en achetant sa dette, les fonds de la BCE \u00e9tant \u00e9puis\u00e9s. <\/p>\n<p>Vu son \u00e9tat, le syst\u00e8me bancaire espagnol n\u2019est plus \u00e0 ces pertes pr\u00e8s, il est vrai. Elles viennent s\u2019ajouter \u00e0 celles du secteur immobilier, qui tous les jours augmentent, aux effets de la r\u00e9cession \u00e9conomique, et pour faire bonne mesure \u00e0 celles qui pourraient provenir du Portugal voisin, o\u00f9 les engagements espagnols sont estim\u00e9s \u00e0 50 milliards d\u2019euros. Son renflouement est indispensable, mais la formule est un bricolage de circonstance, car il n\u2019est pas question d\u2019accro\u00eetre le d\u00e9ficit public pour y parvenir. D&rsquo;o\u00f9 va venir l&rsquo;argent ? La crainte \u00e9tant que, si le FESF (fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re) devait intervenir, car sa mission le lui permet d\u00e9sormais, un tr\u00e8s mauvais signal serait par l\u00e0 m\u00eame adress\u00e9 <i>aux march\u00e9s<\/i>. Ce qui risquerait d\u2019impliquer sans tarder un <i>sauvetage<\/i> en bonne et due forme. <\/p>\n<p>La Banque d&rsquo;Espagne vient de valider un plan d&rsquo;assainissement du secteur bancaire gouvernemental. En plus des 9,2 milliards d&rsquo;euros d\u00e9j\u00e0 d\u00e9gag\u00e9s en 2011, celui-ci va devoir trouver dans l&rsquo;ann\u00e9e qui vient, ou les deux prochaines ann\u00e9es (pour celles qui participeront \u00e0 la restructuration du r\u00e9seau des <i>Cajas<\/i> en pleine d\u00e9confiture), 44,6 milliards d&rsquo;euros. Soit en les pr\u00e9levant sur leurs profits, ou bien en \u00e9mettant des actions, soit en derni\u00e8re instance en faisant appel au Frob, le fonds public d&rsquo;aide. La vraisemblance du plan est faible, n&rsquo;anticipant pas toutes les occasions \u00e0 venir que les banques vont avoir d\u2019accroitre leurs pertes. <\/p>\n<p>Telle est la dynamique dans laquelle l\u2019Espagne se trouve plac\u00e9e, avec comme seule alternative d\u2019imposer aux r\u00e9gions des coupes claires dans les budgets de la sant\u00e9 publique et de l\u2019enseignement pour <i>regagner la confiance des march\u00e9s<\/i>. Le gouvernement croit en avoir trouv\u00e9 le moyen en s\u2019engageant \u00e0 payer les factures en souffrance des r\u00e9gions contre l\u2019\u00e9laboration d\u2019un plan d\u2019\u00e9conomies. Prises \u00e0 la gorge, quatorze r\u00e9gions sur dix-sept ont r\u00e9pondu pr\u00e9sent et ont remis pr\u00e8s de 4 millions de factures impay\u00e9es pour un montant de plus de 17 milliards d\u2019euros. Les plans remis d\u2019ici fin avril et accept\u00e9s, les fournisseurs seront pay\u00e9s en mai, est-il promis. <\/p>\n<p>L\u2019objectif est de cr\u00e9dibiliser la participation des r\u00e9gions \u00e0 la r\u00e9duction du d\u00e9ficit, mais que craignent en r\u00e9alit\u00e9 les investisseurs ? Que l\u2019Espagne atteigne ses objectifs de d\u00e9ficit ou bien le contraire, inquiets qu&rsquo;ils sont d\u2019une r\u00e9cession qui ne peut ainsi que s\u2019accentuer ? La strat\u00e9gie poursuivie envers et contre tout proc\u00e8de d\u2019un total contresens. <\/p>\n<p>On peut faire confiance aux dirigeants europ\u00e9ens : ils n\u2019interviendront en Espagne que quand ils ne pourront plus faire autrement, n\u2019\u00e9tant capables de lever la casserole de dessus le feu que pour l\u2019y reposer ensuite. La guerre des nerfs a donc repris. <\/p>\n<p>Tous les regards se tournent vers Washington et la r\u00e9union du FMI. Le gouvernement allemand a fait savoir qu\u2019il attendait qu\u2019un signal y soit donn\u00e9, afin que \u00ab\u00a0les Europ\u00e9ens ne soient pas livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames\u00a0\u00bb. Quelle reconnaissance de l&rsquo;impasse ! Pour que la BCE ne soit pas dans l\u2019obligation d\u2019intervenir \u00e0 nouveau, sous une forme ou sous une autre, la seule issue est en effet que des ressources financi\u00e8res soient d\u00e9gag\u00e9es via le FMI pour secourir par ses pr\u00eats les pays europ\u00e9ens qui devront \u00e0 leur tour sortir d\u2019un march\u00e9 devenu infr\u00e9quentable vu ses prix.<\/p>\n<p>Chaque chose \u00e0 sa place : \u00e0 la BCE, le sauvetage des banques, aux \u00c9tats celui des \u00c9tats, c\u2019est ainsi que peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 le plan dont le second volet doit encore \u00eatre concr\u00e9tis\u00e9. Mais la question du risque pris par le FMI, et donc par ses membres, n\u2019est pas n\u00e9gligeable, impliquant des contreparties. Les \u00e9l\u00e9ments d\u2019un accord global sont connus, tout du moins pour les pays \u00e9mergents, mais son adoption n\u2019est rien moins que certaine. Car il repr\u00e9senterait un pas en avant vers une r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international, et celle-ci ne pourra intervenir qu\u2019\u00e0 chaud, l\u00e0 encore quand il ne sera plus possible de faire autrement. En niant dans la presse br\u00e9silienne toute responsabilit\u00e9 \u00e0 la baisse entretenue du dollar par la Fed dans le surench\u00e9rissement du r\u00e9al, \u00e9pousant la th\u00e8se am\u00e9ricaine, Christine Lagarde vient de montrer non seulement quelles sont ses marges de man\u0153uvre, mais \u00e9galement que les Am\u00e9ricains ne veulent rien c\u00e9der, craignant de ne pas pouvoir contr\u00f4ler la suite.  <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, le gouvernement japonais a demand\u00e9 en contrepartie des 60 milliards de dollars qu\u2019il va apporter que les Europ\u00e9ens accroissent de leur c\u00f4t\u00e9 le montant des engagements du M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES). <\/p>\n<p>Christine Lagarde esp\u00e8re atteindre au bout du compte ce qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 qualifi\u00e9 de \u00ab masse critique\u00a0\u00bb en additionnant pour les besoins de la cause les fonds dont le FMI dispose d\u00e9j\u00e0 pour pr\u00eater aux pays \u00e0 revenu moyen et \u00e9lev\u00e9 &#8211; 382 milliards de dollars &#8211; \u00e0 ceux qu\u2019elle r\u00e9colte petit \u00e0 petit comme s\u2019il s\u2019agissait de promesses de dons. On a d\u00e9j\u00e0 vu cela quelque part. Un montant \u00e9quivalent est \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e esp\u00e9r\u00e9. Telle est la grande victoire qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \u00e0 Washington, au nom du refinancement plan\u00e9taire de la dette des pays europ\u00e9ens de la zone des temp\u00eates, \u00e0 moins qu\u2019un montage financier n\u2019en r\u00e9partisse autrement le risque. <\/p>\n<p>Justifiant l\u2019espoir d\u2019\u00eatre rembours\u00e9, le m\u00eame FMI vient d\u2019annoncer que le \u00ab\u00a0pic\u00a0\u00bb de la dette publique \u00e9tait \u00ab\u00a0\u00e0 port\u00e9e de vue\u00a0\u00bb, pr\u00e9voyant que \u00ab\u00a0le ratio de la dette sera stabilis\u00e9 ou aura commenc\u00e9 \u00e0 baisser\u00a0\u00bb d\u00e8s 2015 dans une soixantaine de pays, \u00e0 l\u2019exception toutefois des \u00c9tats-Unis et du Japon. \u00c0 condition, est-il ensuite reconnu en plus petits caract\u00e8res, que se maintienne \u00ab\u00a0un diff\u00e9rentiel entre taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et de croissance tr\u00e8s favorable\u00a0\u00bb.  D\u2019autant que la persistance de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat historiquement bas n\u2019est pas garanti\u00a0\u00bb, et que, \u00ab\u00a0pour beaucoup d&rsquo;\u00e9conomies avanc\u00e9es, y compris la France, l&rsquo;Italie et le Royaume-Uni, il suffirait de petits chocs (&#8230;) pour emp\u00eacher la stabilisation de la dette \u00e0 moyen terme\u00a0\u00bb, est-il conclu. <\/p>\n<p>Une proposition de derni\u00e8re minute de Christine Lagarde est par contre susceptible de semer un certain trouble, si ce n\u2019est m\u00eame un  grand froid. Tirant sans doute les le\u00e7ons des derni\u00e8res pr\u00e9visions semestrielles du FMI, selon lesquelles les banques de la zone euro devraient r\u00e9duire la taille de leurs bilans de 2.600 milliards de dollars dans les deux ans \u00e0 venir, augurant d\u2019un fort resserrement du cr\u00e9dit, elle a propos\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle entit\u00e9 europ\u00e9enne. Elle aurait  pour mission de recapitaliser les banques en prenant des participations directes dans celles-ci, afin de briser \u00ab\u00a0le cercle vicieux entre \u00c9tats et banques\u00a0\u00bb. Sans plus d\u2019explication sur son financement et les circonstances de son intervention. <\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, la crise de la dette publique c\u00e8de ces temps derniers le pas devant celle de la dette priv\u00e9e\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sale tuile pour les Espagnols ! Jean-Claude Juncker, le chef de file de l\u2019Eurogroupe, a d\u00e9clar\u00e9 hier que le pays \u00ab\u00a0n\u2019avait pas besoin d\u2019aide ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb et a invit\u00e9 <i>les march\u00e9s<\/i> \u00e0 \u00eatre \u00ab\u00a0plus rationnels\u00a0\u00bb ! 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