{"id":36447,"date":"2012-04-29T23:17:18","date_gmt":"2012-04-29T21:17:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=36447"},"modified":"2013-01-02T00:49:36","modified_gmt":"2013-01-01T23:49:36","slug":"lactualite-de-la-crise-changer-les-faits-ou-la-theorie-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/04\/29\/lactualite-de-la-crise-changer-les-faits-ou-la-theorie-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>CHANGER LES FAITS OU CHANGER LA TH\u00c9ORIE ?<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Une fois encore, un de ces bras de fer entre dirigeants europ\u00e9ens se terminant par un compromis boiteux se profile. A propos de l\u2019Espagne, bien entendu. Depuis plusieurs semaines couvait lentement \u00e0 Bruxelles un plan de soutien \u00e0 ses banques, avec pour objectif de ne pas engager la proc\u00e9dure lourde et politiquement difficile \u00e0 assumer d\u2019un nouveau <i>plan de sauvetage<\/i>. Car ce qui fait tache en Espagne, c\u2019est que les faits ne sont pas conformes \u00e0 une th\u00e9orie qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question de changer : la dette qui menace n\u2019y est pas publique mais priv\u00e9e. <\/p>\n<p>Un \u00e9cueil identifi\u00e9 \u00e9tait sur ce chemin : les pr\u00e9rogatives du fonds de stabilit\u00e9 \u00e9conomique (le FESF) ne lui permettent d\u2019intervenir que via les \u00c9tats, en assortissant ses pr\u00eats de strictes <i>conditionnalit\u00e9s<\/i>. Or, le r\u00e9cif est droit devant. Devant l\u2019imminence du probl\u00e8me, le gouvernement allemand a fait savoir qu\u2019il est hors de question de d\u00e9vier de la route et de soulager l\u2019\u00c9tat espagnol de ce nouveau fardeau allant alourdir sa dette publique, alors qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 incapable de r\u00e9duire son d\u00e9ficit budg\u00e9taire. <\/p>\n<p>Impensable de remettre en cause par un biais ou par un autre une discipline budg\u00e9taire con\u00e7ue comme l\u2019alpha et l\u2019om\u00e9ga de toute politique \u00e9conomique ! Il y a encore peu, il \u00e9tait m\u00eame question d\u2019en faire graver les principes dans la Constitution des \u00c9tats de l\u2019Union europ\u00e9enne. En cons\u00e9quence, on enregistre un durcissement alors qu\u2019une solution en souplesse \u00e9tait largement esquiss\u00e9e, dont l\u2019adoption \u00e9tait r\u00e9clam\u00e9e par le FMI et la BCE\u2026 Cette derni\u00e8re n\u2019a en effet pas l\u2019intention d\u2019engager un troisi\u00e8me round en injectant des liquidit\u00e9s dans le syst\u00e8me bancaire \u00e0 nouveau massivement. Mais comment l\u2019\u00e9viter, si les \u00c9tats n\u2019interviennent pas ? <\/p>\n<p><!--more-->Comment expliquer une telle intransigeance allemande ? A Berlin, la crainte est grande de voir remise en question par un biais ou par un autre une strat\u00e9gie difficilement impos\u00e9e. Aucune incitation \u00e0 rel\u00e2cher l\u2019effort budg\u00e9taire, aucune incitation au \u00ab\u00a0laxisme\u00a0\u00bb pour l\u00e2cher le mot, ne doit \u00eatre accept\u00e9e, quitte \u00e0 assigner aux gouvernements des missions impossibles et \u00e0 cr\u00e9er des situations sociales intenables. <\/p>\n<p>D\u2019autant qu\u2019une offensive en ce sens est en cours, masqu\u00e9e par la discussion sur la croissance qui vient de d\u00e9marrer, celle-ci promise \u00e0 faire l\u2019objet d\u2019un raccommodage de fa\u00e7ade ; Angela Merkel vient d\u2019en accepter le principe, reste \u00e0 en trouver les modalit\u00e9s. A toutes fins utiles, dans le cadre de la pr\u00e9paration de la r\u00e9union des 28 et 29 juin prochains des chefs d&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement, la commission a laiss\u00e9 <i>fuiter<\/i> un projet de plan au financement mixte priv\u00e9-public et mobilisant 200 milliards d&rsquo;euros. Toujours la m\u00eame manie de mettre en avant des chiffres ronflants qui la plupart du temps se d\u00e9gonflent ensuite ! Quand on en arrive au montage financier, les choses sont assez floues : il serait question d&rsquo;utiliser 12 milliards d&rsquo;euros de fonds du Fonds de stabilit\u00e9 europ\u00e9en (FESF) et de s&rsquo;appuyer sur la Banque europ\u00e9enne d&rsquo;investissement (BEI) pour aller emprunter sur le march\u00e9. Quel serait l&rsquo;usage des fonds ? Comme d&rsquo;habitude : infrastructures, secteur des \u00e9nergies renouvelables et des technologies de pointe&#8230; <\/p>\n<p>On va racler les fonds de tiroir pour financer des projets d\u2019investissements qui seront ensuite s\u00e9lectionn\u00e9s pour les besoins de la cause, tout en esquivant l&rsquo;\u00e9mission par trop symbolique de \u00ab\u00a0project bonds\u00a0\u00bb. Car ce ne sont rien d&rsquo;autre que des euro-obligations, m\u00eame si elles sont brid\u00e9es et destin\u00e9es au seul financement de programmes d\u2019investissement <i>strat\u00e9giques<\/i> et non de la dette souveraine. En tout \u00e9tat de cause, combien d&rsquo;\u00e9pisodes \u00e0 rebondissements vont-ils \u00eatre n\u00e9cessaires pour arriver \u00e0 un accord europ\u00e9en sur un quelconque plan, avec quels r\u00e9sultats et pour quand ? <\/p>\n<p>Dans les coulisses, Mario Monti est \u00e0 la man\u0153uvre avec son vieux projet consistant \u00e0 soustraire du calcul des d\u00e9ficits publics le montant des investissements de l\u2019\u00c9tat, afin de le distinguer du financement de son fonctionnement. Avec comme effet de soulager la peine des \u00c9tats et de leur permettre de s&rsquo;engager dans une strat\u00e9gie de croissance. Tout en maintenant dans son esprit l\u2019application d\u2019un programme de <i>r\u00e9formes structurelles<\/i> d\u2019inspiration lib\u00e9rale tr\u00e8s prononc\u00e9e. Somme toute, selon Mario Monti, il y aurait de bonnes et de mauvaises d\u00e9penses budg\u00e9taires ; pas question d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la discipline budg\u00e9taire mais seulement de rendre la dette soutenable\u2026 Mais comment parvenir \u00e0 r\u00e9unir un consensus sur une telle remise en cause de l&rsquo;orthodoxie budg\u00e9taire vue de Berlin ? <\/p>\n<p>Une troisi\u00e8me br\u00e8che est en train de s\u2019ouvrir. On r\u00e9clame des comptes afin de comprendre o\u00f9 sont pass\u00e9s les 1.000 milliards d\u2019euros pr\u00eat\u00e9s par la BCE aux banques, puisqu\u2019ils n\u2019ont pas atterri comme annonc\u00e9 dans l\u2019\u00e9conomie. On rel\u00e8ve qu\u2019aucun engagement ne leur a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9, soulignant le contraste avec les conditions que les \u00c9tats doivent accepter.<\/p>\n<p>Les d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens s\u2019interrogent donc et l\u2019Autorit\u00e9 des banques europ\u00e9ennes (EBA) a lanc\u00e9 pour enqu\u00eater ses meilleurs limiers sur une question, subsidiaire mais tourn\u00e9e vers l\u2019avenir : comment les banques vont-elles d\u00e9sormais se refinancer, si la BCE ne remet pas le couvert ? <\/p>\n<p>L\u2019EBA est manifestement inqui\u00e8te. Non pas tant en raison des restrictions du cr\u00e9dit aux entreprises, justifi\u00e9 par les banques par la faiblesse de la demande, mais de peur qu&rsquo;elles soient incapables de renforcer leurs fonds propres comme assign\u00e9. Sous-entendu, afin de r\u00e9tablir un semblant de solvabilit\u00e9 et de permettre ainsi le red\u00e9marrage du march\u00e9 interbancaire, dont beaucoup d\u2019entre elles continuent d\u2019\u00eatre coup\u00e9es.  <\/p>\n<p>Mettant en \u00e9vidence le poids de la dette bancaire, le recentrage qui est en train de s\u2019op\u00e9rer n\u2019est pas de nature \u00e0 conforter une strat\u00e9gie orient\u00e9e toute enti\u00e8re vers la r\u00e9sorption de la dette publique. La publication des r\u00e9sultats trimestriels des banques va rendre public qu\u2019ils s\u2019effritent encore. En Bourse, les cours des valeurs financi\u00e8res ont recommenc\u00e9 \u00e0 s\u2019effondrer (environ 20% ces derni\u00e8res semaines), et le co\u00fbt des Credit-Default Swaps (CDS) des banques est fortement \u00e0 la hausse. <\/p>\n<p>On est toujours dans l\u2019attente d\u2019une nouvelle d\u00e9gradation de la note des grandes banques par Moody\u2019s. Les programmes de cession d\u2019actif destin\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire les bilans et am\u00e9liorer le ratio d\u2019engagement &#8211; substitut au renforcement des fonds propres &#8211; tra\u00eenent en longueur quand ils ne marquent pas le pas. Enfin, fin juin s\u2019approche et le respect du ratio de fonds propres <i>durs<\/i> fix\u00e9 par l\u2019EBA appara\u00eet pour beaucoup de banques comme un objectif bien lointain. Autant de signaux qui s\u2019accumulent. <\/p>\n<p>Tenant jeudi prochain sa r\u00e9union \u00e0 Barcelone sous haute protection polici\u00e8re, le conseil des gouverneurs de la BCE est pris en tenailles, vou\u00e9 dans l&rsquo;imm\u00e9diat \u00e0 cultiver l&rsquo;immobilisme et \u00e0 renvoyer la balle aux \u00c9tats. Or ceux-ci ont d\u00e9j\u00e0 fort \u00e0 faire et leurs repr\u00e9sentants cherchent \u00e0 soulager la pression qu&rsquo;ils subissent. <\/p>\n<p>Quelqu&rsquo;un pourrait-il indiquer la porte de sortie ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une fois encore, un de ces bras de fer entre dirigeants europ\u00e9ens se terminant par un compromis boiteux se profile. A propos de l\u2019Espagne, bien entendu. 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