{"id":3653,"date":"2009-07-07T08:18:37","date_gmt":"2009-07-07T06:18:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3653"},"modified":"2009-07-07T09:24:27","modified_gmt":"2009-07-07T07:24:27","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-sortie-de-crise-prematuree-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/07\/07\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-sortie-de-crise-prematuree-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : Sortie de crise pr\u00e9matur\u00e9e, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>SORTIE DE CRISE PREMATUREE<\/strong> <\/p>\n<p>Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, d\u00e9clarait encore le 26 juin dernier : \u00ab Les diff\u00e9rents exercices de stress tests men\u00e9s ces derniers mois me paraissent de nature \u00e0 confirmer l&rsquo;appr\u00e9ciation que je porte sur la solidit\u00e9 des banques fran\u00e7aises \u00bb. <\/p>\n<p>R\u00e9affirmant qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas favorable \u00e0 leur divulgation, mais \u00e0 ce qu\u2019il a appel\u00e9 \u00ab une publication agr\u00e9g\u00e9e par pays \u00bb, il a pr\u00e9venu qu\u2019aucune comparaison ne serait possible avec les banques am\u00e9ricaines, vu la diff\u00e9rence des contextes comptables et prudentiels. \u00ab On parle de deux univers qui sont tr\u00e8s diff\u00e9rents \u00bb, a-t-il insist\u00e9, voulant ainsi signifier que ces derni\u00e8res \u00e9taient en mauvaise posture mais que les europ\u00e9ennes ne l\u2019\u00e9taient pas. A l\u2019appui de sa d\u00e9monstration, il a ajout\u00e9, afin de convaincre, que les estimations faites par le FMI, qui pr\u00e9voient la n\u00e9cessit\u00e9 de recapitaliser ces banques europ\u00e9ennes \u00e0 hauteur de 600 milliards de dollars d\u2019ici fin 2010, reposaient sur des estimations erron\u00e9es, car : \u00ab Le raisonnement est fait comme si il y avait de fa\u00e7on latente du subprime en France. Il n&rsquo;y en a pas en France, le mod\u00e8le est faux, faux, faux \u00bb.<\/p>\n<p>Sans vouloir chicaner Christian Noyer sur des d\u00e9tails, il serait int\u00e9ressant de savoir ce qu\u2019il pense de la pr\u00e9sence massive de CDS \u2013 des produits d\u00e9riv\u00e9s exposant \u00e0 des risques potentiellement gigantesques \u2013 dans les comptes des banques fran\u00e7aises, notamment ceux de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale. Selon Global Equities, on s\u2019attend \u00e0 ce que la Soc Gen enregistre un impact comptable n\u00e9gatif comptable de 1,3 milliard d&rsquo;euros sur des CDS dans ses r\u00e9sultats du second trimestre. Illustration du d\u00e9ni dans lequel les banques pers\u00e9v\u00e8rent, et justifiant sa position malgr\u00e9 ces nouvelles inqui\u00e9tantes par ce qu\u2019il a appel\u00e9 les \u00ab solides performances op\u00e9rationnelles de la banque \u00bb, Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a,, le nouveau PDG de la banque, a d\u00e9clar\u00e9 lors d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire consacr\u00e9e \u00e0 sa nomination : \u00ab Ce n&rsquo;est pas une hypoth\u00e8se de faire grimper la participation de l&rsquo;Etat dans le groupe Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale \u00bb, alors que celui-ci est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 7,2%, apr\u00e8s avoir souscrit pour 3,4 milliards d\u2019euros d\u2019actions de pr\u00e9f\u00e9rence sans droit de vote. Cette position sera-t-elle tenable ? Ne vaudrait-il pas mieux profiter du guichet tant qu\u2019il est ouvert, qu&rsquo;il y a de l&rsquo;argent en caisse ?<\/p>\n<p><!--more-->De Londres, un secours charitable lui est venu de William Porter, en charge du d\u00e9partement de la strat\u00e9gie de cr\u00e9dit au Cr\u00e9dit Suisse, interview\u00e9 \u00e0 ce propos de cette future d\u00e9pr\u00e9ciation par le Wall Street Journal : \u00ab Ce n\u2019est pas \u00e9norm\u00e9ment surprenant, \u00e0 la lumi\u00e8re de ce que nous attendons en Europe au cours des ann\u00e9es \u00e0 venir (\u2026) Cela pourrait bien \u00eatre un art\u00e9fact comptable\u2026 \u00bb (un ph\u00e9nom\u00e8ne cr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces). Si les artefacts s\u2019en m\u00ealent, o\u00f9 allons-nous ? D\u2019autant que le journal qualifiait la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, d\u2019\u00ab acteur majeur sur le march\u00e9 global des produits d\u00e9riv\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Mais il n\u2019est pas impossible que de tels incidents, qui peuvent encore \u00eatre minor\u00e9s, puissent prochainement faire place \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements plus cons\u00e9quents. Il n\u2019y a pas que les CDS qui repr\u00e9sentent un danger tr\u00e8s sous-estim\u00e9 pour les banques europ\u00e9ennes, si l\u2019on consid\u00e8re la part majoritaire, au plan mondial, que selon la Banque des r\u00e8glements internationaux elles d\u00e9tiennent sur le march\u00e9 des CDS (devan\u00e7ant les Etats-Unis). Le march\u00e9 des LBO (leveraged buy-out = technique qui permet d&rsquo;acqu\u00e9rir une entreprise en la privatisant, avec effet de levier) donne aussi des signes de craquement. Pour ne parler que de la France, et citer Dominique Mariette, collaboratrice de slate.fr et ancienne de La Tribune : \u00ab \u2026 \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, les banques avaient inscrit \u00e0 leur bilan environ 60 milliards d&rsquo;euros de dette, dont 28 milliards rec\u00e8lent des pertes potentielles, d&rsquo;apr\u00e8s les experts. BNP Paribas a pr\u00eat\u00e9 8,4 milliards d&rsquo;euros et la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale 5,4 milliards. \u00bb Or, l\u2019agence de notation Fitch consid\u00e8re que, pour l\u2019ensemble de l\u2019Europe, \u00ab 50% des 250 milliards d&rsquo;euros de dette not\u00e9e par ses soins sont en risque de d\u00e9faillance \u00bb. Les banques r\u00e9sistent en ren\u00e9gociant les pr\u00eats, ou en n\u00e9gociant une entr\u00e9e au capital en contrepartie de l\u2019effacement total ou partiel de la dette, mais il y a une limite \u00e0 cet exercice. De m\u00eame pour les CDS, qui plongent quand les sous-jacents, les pr\u00eats auxquels ils sont adoss\u00e9s, le font.<\/p>\n<p>Mais ce n\u2019est pas tout. Une troisi\u00e8me menace plane sur les banques europ\u00e9ennes, repr\u00e9sent\u00e9e par certains pays de l\u2019Est, dont la sant\u00e9 financi\u00e8re est plus que chancelante, et dans lesquelles ils poss\u00e8dent des filiales, pour avoir achet\u00e9 les banques locales. Donnant un aper\u00e7u de ce qui va se produire ailleurs en Europe, les banques su\u00e9doises, qui semblaient relativement \u00e0 l\u2019abri, encaissent actuellement le choc de la situation dans les pays baltes, o\u00f9 leur exposition est forte. Ce qui explique les d\u00e9cisions que vient de prendre la Riksbank, la banque centrale, qui a d\u00e9cid\u00e9 de baisser \u00e0 +0,25% son principal taux et de mettre \u00e0 disposition des banques environ 10 milliards d\u2019euros sous forme de pr\u00eat \u00e0 un an. Il est int\u00e9ressant de noter que la Riksbank a d\u00e9cid\u00e9 un taux n\u00e9gatif de \u20130,25% aux d\u00e9p\u00f4ts que les banques voudraient faire apr\u00e8s avoir emprunt\u00e9 (sur le mod\u00e8le de ce que font les banques europ\u00e9ennes avec la BCE), imposant donc aux banques su\u00e9doises de payer pour l\u2019utilisation du coffre fort, afin de les inciter \u00e0 utiliser le fonds emprunt\u00e9s. Mais sera-ce alors \u00e0 bon escient, peut-on se demander, d\u00e9sormais instruit par l\u2019exp\u00e9rience ?<\/p>\n<p>La question se trouve d\u00e9sormais pos\u00e9e de savoir quand et quel domino pourra chuter le premier, quelle est la banque europ\u00e9enne qui, \u00e0 cause de l\u2019un de ces trois p\u00e9rils, ou surtout de la combinaison de plusieurs d\u2019entre eux, entra\u00eenera les autres sur la pente ?<\/p>\n<p>C\u2019est probablement avec en t\u00eate ce genre d\u2019\u00e9ventualit\u00e9 que Jean-Claude Trichet, pr\u00e9sident de la BCE, a mis \u00e0 sa fa\u00e7on les points sur les \u00ab i \u00bb, abandonnant ses sentences de sphinx : \u00ab Nous pensons que c\u2019est une bonne chose que les banques se recapitalisent \u00bb, a-t-il commenc\u00e9, en ajoutant imm\u00e9diatement : \u00ab Il serait appropri\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer ce processus \u00bb. Demandant  de surcro\u00eet aux banques de stimuler les pr\u00eats \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle \u00bb, une formule impliquant qu\u2019elles font tout autre chose des 422 milliards d\u2019euros qu\u2019elles viennent d\u2019emprunter \u00e0 la BCE.<\/p>\n<p>La question qu\u2019il \u00e9lude est cependant de savoir si elles ont les moyens de tout faire en m\u00eame temps, ou si elles sont prises \u00e0 la gorge par la n\u00e9cessit\u00e9 prioritaire de refinancer leurs pr\u00eats, afin d\u2019\u00e9viter des d\u00e9fauts de remboursement, ou de d\u00e9gager un r\u00e9sultat op\u00e9rationnel compensant les pertes auxquelles elles doivent se r\u00e9soudre ou bien tout simplement reconna\u00eetre. En gardant des r\u00e9serves \u00ab au chaud \u00bb \u00e0 la BCE, vu tous les p\u00e9rils qu\u2019elles connaissent sans les reconna\u00eetre et qui risquent de leur tomber de dessus.<\/p>\n<p>Le Times, de source bien inform\u00e9e, annon\u00e7ait ce matin les propos devenus tr\u00e8s alarmistes que Gordon Brown s\u2019appr\u00eatait \u00e0 tenir au G8. En substance : le pire de la r\u00e9cession est peut-\u00eatre \u00e0 venir, et les dirigeants mondiaux risquent de faire obstacle \u00e0 la relance en pr\u00e9conisant de mani\u00e8re pr\u00e9matur\u00e9e des mesures de sortie de crise. Trois facteurs contribueraient \u00e0 la r\u00e9alisation de ce sinistre pr\u00e9sage : la mont\u00e9e du prix du p\u00e9trole, les mesures protectionnistes et le fait que les banques ne reprennent pas leurs op\u00e9rations de cr\u00e9dit. Le Times remarquait que cette \u00ab sombre vision \u00bb ne correspondait pas \u00e0 la rh\u00e9torique habituelle de Mr Brown. Lui faisant dire encore : si nous n\u2019engageons pas maintenant les actions n\u00e9cessaires afin de renforcer l\u2019\u00e9conomie mondiale, et mettre en place les conditions d\u2019une croissance mondiale soutenue, nous allons \u00eatre confront\u00e9s dans les ann\u00e9es \u00e0 venir \u00e0 un ch\u00f4mage qui pourrait \u00eatre \u00e9vit\u00e9. <\/p>\n<p>Heureusement, r\u00e9p\u00e9tant devant les journalistes du Times son intervention, le premier ministre n\u2019avait pas encore pris connaissance, en vill\u00e9giature \u00e0 Evian pour rencontrer Nicolas Sarkozy, du bilan que le Wall Street Journal vient de faire de l\u2019ensemble des mesures prises dans l\u2019urgence par son gouvernement face \u00e0 la crise, six mois apr\u00e8s celles-ci. Celui-ci tient dans un seul mot, \u00ab flop \u00bb, qui n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre traduit. Quel que soit le programme vers lequel on se tourne, et l\u2019on se rappelle que l\u2019ensemble avait \u00e9t\u00e9 mondialement salu\u00e9 pour sa conception et la rapidit\u00e9 de sa mise en place, le m\u00eame constat s\u2019impose : il y a tr\u00e8s peu de clients devant le guichet. Qu\u2019il s\u2019agisse de b\u00e9n\u00e9ficier de la garantie de l\u2019Etat pour les acheteurs aux banques d\u2019actifs toxiques (les banques vendent trop cher), ou pour pr\u00eater, toujours avec la garantie de l\u2019Etat, aux petites entreprises (car il leur est quand m\u00eame demand\u00e9 des garanties qu\u2019elles n\u2019ont pas), etc. Tout le dispositif a eu le m\u00e9rite de stabiliser la situation, mais remarquent les enqu\u00eateurs du journal, il ne faut pas lui en demander plus. Parce que les programmes n\u2019\u00e9taient pas toujours bien calibr\u00e9s, mais surtout parce que les banques en veulent plus. A l\u2019arriv\u00e9e, tout a capot\u00e9, certains programmes ont m\u00eame \u00e9t\u00e9s annul\u00e9s tellement ils suscitaient peu d\u2019int\u00e9r\u00eat ! Les journalistes n\u2019ont obtenu des porte-parole des banques que des \u00ab no comment \u00bb syst\u00e9matiques, mais ils ont appris, dans les coulisses, que les int\u00e9r\u00eats demand\u00e9s aux banques par le gouvernement, au nom de la protection des int\u00e9r\u00eats des contribuables, \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s trop \u00e9lev\u00e9s et que celles-ci cherchaient \u00e0 n\u00e9gocier des conditions plus avantageuses.<\/p>\n<p>Tout se passe dans la discr\u00e9tion en Grande-Bretagne, mais ce n\u2019est plus le cas en Allemagne, depuis que plusieurs ministres ont tanc\u00e9 dans la presse dominicale les banques, au pr\u00e9texte qu\u2019elles restaient l\u2019arme au pied dans le domaine du cr\u00e9dit aux entreprises, et que si elles ne s\u2019y mettaient pas, le gouvernement devrait agir. Du jamais entendu. La r\u00e9ponse n\u2019a pas tard\u00e9, cette fois-ci \u00e0 la radio. Manfred Weber, le pr\u00e9sident de la f\u00e9d\u00e9ration allemande des banques priv\u00e9es (BdB) a d\u00e9clar\u00e9 sur le mode de l\u2019indignation \u00e0 Deutschlandradio Kultur : \u00ab Les op\u00e9rations de cr\u00e9dit font partie de notre m\u00e9tier. On ne peut quand m\u00eame pas nous reprocher de ne plus vouloir faire des affaires \u00bb. Feignant de ne pas comprendre que ce qui \u00e9tait reproch\u00e9 \u00e9tait au contraire d\u2019en faire, mais pas celles que l\u2019on finan\u00e7ait et attendait\u2026<\/p>\n<p>Pourtant,  les faits ne trompent pas, le montant des d\u00e9p\u00f4ts au jour le jour aupr\u00e8s de la BCE a atteint dimanche un nouveau record de 316 milliards d&rsquo;euros, d\u00e9montrant qu\u2019elles pr\u00e9f\u00e8rent d\u00e9cidemment accumuler des liquidit\u00e9s plut\u00f4t que de pr\u00eater. Ce montant est \u00e0 rapprocher des 422 milliards d\u2019euros allou\u00e9s fin juin. \u00ab Nous avons fait beaucoup pour les banques commerciales \u00bb, a soupir\u00e9 Jean-Claude Trichet, \u00e0 l\u2019occasion des Rencontres \u00e9conomiques d&rsquo;Aix-en-Provence. Sous-entendu possible, elles ne nous le rendent pas ! Depuis Aix, Masaaki Shirakawa, le gouverneur de la Banque du Japon, a envoy\u00e9 son message aux banques japonaises : \u00ab De nombreuses soci\u00e9t\u00e9s sont confront\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s de financement et \u00e0 l&rsquo;attitude des banques en mati\u00e8re de cr\u00e9dit, en d\u00e9pit de signes que la tendance a cess\u00e9 de se d\u00e9t\u00e9riorer \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est de cette constatation que toutes les sommes inject\u00e9es par la BCE  ne parviennent pas \u00e0 l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle que part, dans un article du Financial Times, Wolfgang M\u00fcnchau. \u00ab La seule question est combien de temps cela va-t-il durer. M\u00eame si l\u2019on adopte un sc\u00e9nario optimiste, la croissance \u00e9conomique sera frein\u00e9e par une combinaison de r\u00e9tr\u00e9cissement du cr\u00e9dit, de mont\u00e9e du ch\u00f4mage et d\u2019augmentation des faillites, des taux de d\u00e9fauts de payement, et d\u2019ajustement des revenus des m\u00e9nages et des bilans dans le secteur financier \u00bb.<\/p>\n<p>Son analyse devient plus d\u00e9routante quand il exon\u00e8re un peu rapidement les banques des p\u00each\u00e9s dont on vient de voir qu\u2019elles sont de plus en plus ouvertement accus\u00e9es par des hommes politiques d\u00e9stabilis\u00e9s, car, dit-il, \u00ab les banques ont en fait un comportement responsable quand elles refusent du cr\u00e9dit \u00e0 ces clients dont elles jugent qu\u2019ils ne sont plus solvables \u00bb (ce qui tr\u00e8s certainement finira par devenir vrai). Mais il se rattrape en expliquant la raison fondamentale, selon lui, de leur attitude : \u00ab Les injections de liquidit\u00e9 par les banques centrales, bien qu\u2019abondantes, ne peuvent pas rendre la sant\u00e9 au secteur bancaire dans un temps suffisamment court, si le probl\u00e8me \u00e0 la base est un manque de solvabilit\u00e9. Pas plus que des tours comptables permettant aux banques de geler leurs mauvais actifs dans des bad banks sans m\u00e9canisme de sortie. \u00bb Et, comme les \u00e9conomies europ\u00e9ennes (de la zone euro) sont bien plus d\u00e9pendantes du secteur bancaire que celles des Anglo-Saxons, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019assainir le secteur bancaire est encore plus urgente. \u00bb Et voil\u00e0 sa conclusion : \u00ab Avec un certain nombre de pays europ\u00e9ens d\u00e9sormais obs\u00e9d\u00e9s par une strat\u00e9gie de sortie de crise pr\u00e9matur\u00e9e, susceptible de n\u2019\u00eatre en r\u00e9alit\u00e9 n\u00e9cessaire, au plus t\u00f4t, qu\u2019en 2010, les chances que l\u2019on entre dans un cercle vicieux, fait de croissance \u00e9conomique an\u00e9mique, de chute des recettes fiscales, de coupes claires dans les budgets et de pertes accrues, sont \u00e9lev\u00e9es. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>SORTIE DE CRISE PREMATUREE<\/strong> <\/p>\n<p>Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, d\u00e9clarait encore le 26 juin dernier : \u00ab Les diff\u00e9rents exercices de stress tests men\u00e9s ces derniers mois me paraissent de nature \u00e0 confirmer l&rsquo;appr\u00e9ciation que je porte sur la solidit\u00e9 des banques fran\u00e7aises \u00bb. <\/p>\n<p>R\u00e9affirmant qu\u2019il n\u2019\u00e9tait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[],"class_list":["post-3653","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3653","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3653"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3653\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3656,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3653\/revisions\/3656"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}