{"id":36558,"date":"2012-05-03T14:53:17","date_gmt":"2012-05-03T12:53:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=36558"},"modified":"2013-01-02T00:49:32","modified_gmt":"2013-01-01T23:49:32","slug":"lactualite-de-la-crise-sur-les-ecrans-margin-call-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/05\/03\/lactualite-de-la-crise-sur-les-ecrans-margin-call-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>SUR LES \u00c9CRANS, <i>MARGIN  CALL<\/i><\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Premier compte-rendu du film sur lequel Paul Jorion aura l&rsquo;occasion de revenir \u00e9galement<\/p><\/blockquote>\n<p><i>Margin Call<\/i>, pour <i>appel de marge<\/i>, l\u2019injonction d\u2019un interm\u00e9diaire financier d\u2019apporter des fonds ou des collat\u00e9raux en garantie suppl\u00e9mentaires que re\u00e7oit un intervenant sur les march\u00e9s lorsqu\u2019il est en perte potentielle : tel est le titre du nouveau film de fiction sur Wall Street qui vient de sortir. L\u2019histoire d\u2019une grande banque d&rsquo;affaires au sein de laquelle il est fortuitement d\u00e9couvert, le jour o\u00f9 est d\u00e9capit\u00e9 le service non productif de gestion du risque, que le mod\u00e8le de gestion utilis\u00e9 a induit en erreur et que les pertes potentielles sur lesquelles la banque est assise vont au-del\u00e0 de sa capitalisation&#8230; Elle ne pourrait pas r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019injonction et coulerait aussit\u00f4t. <\/p>\n<p>R\u00e9uni \u00e0 la h\u00e2te et en pleine nuit, l\u2019\u00e9tat-major de la banque d\u00e9cide alors de se d\u00e9barrasser le matin m\u00eame et dans la pr\u00e9cipitation des produits structur\u00e9s toxiques qu\u2019elle d\u00e9tient. Trompant par la m\u00eame ses contreparties (ses partenaires et clients) en leur vendant ceux-ci pour faire la part du feu afin de ne pas devoir assumer le risque. D\u00e9cidant de se griller sur le march\u00e9 plut\u00f4t que de faire faillite, dans l\u2019espoir de se relever ult\u00e9rieurement une fois la temp\u00eate pass\u00e9e, quitte \u00e0 pr\u00e9cipiter les autres dans ce \u00e0 quoi elle a \u00e9chapp\u00e9. Car les dirigeants savent que c\u2019est Wall Street qu\u2019ils vont mettre en p\u00e9ril pour se sauver, mais ils n\u2019h\u00e9sitent pas&#8230;<\/p>\n<p><!--more-->L\u2019histoire n\u2019est pas sans rappeler plusieurs \u00e9pisodes r\u00e9cents de Wall Street et met en sc\u00e8ne le d\u00e9roulement de la crise vu de l\u2019int\u00e9rieur de la banque. Une sorte de huis clos dont on ne sort que pour fumer une cigarette sur le parvis ou sur les toits, pour se d\u00e9tendre en allant prendre un caf\u00e9 dans la rue et se d\u00e9fouler entre coll\u00e8gues dans les bars et les bo\u00eetes d&rsquo;escort girls. Le film se concentre sur la \u00ab\u00a0human touch\u00a0\u00bb et sur l\u2019attitude de la hi\u00e9rarchie de la banque pour mettre en \u00e9vidence ses ressorts. Peu de passion affich\u00e9e mais la mise \u00e0 nu des rapports de force et des calculs, avec un zeste de cynisme quand il le faut, qui se traduit par la conviction que tout cela est dans la nature des choses, \u00e0 chacun son devoir et ses petites compensations, car c\u2019est ainsi que fonctionne le monde et qu&rsquo;il faut bien quelqu&rsquo;un pour faire le boulot. Autant en profiter ! Par \u00e9galement la vision que les dirigeants de la banque s\u2019en remettront, tout du moins ceux qui ne seront pas laiss\u00e9s sur le c\u00f4t\u00e9. Mais ils sont \u00e9pingl\u00e9s au passage, pour reconna\u00eetre qu&rsquo;ils ne comprennent rien au travail de leurs traders ou de leurs \u00ab\u00a0quants\u00a0\u00bb, en leur r\u00e9clamant \u00e0 plusieurs reprises de s\u2019expliquer avec des mots simples, anim\u00e9s par une seule et unique motivation : sauver leur peau et pr\u00e9server leurs gains. Convaincus de pouvoir rebondir car c&rsquo;est dans les situations de crise que se font les meilleures affaires. <\/p>\n<p>Le tableau des motivations des uns et des autres s\u2019efforce d\u2019\u00eatre le plus fid\u00e8le possible, la seule touche v\u00e9ritablement humaine mais morbide est donn\u00e9e par la mort symbolique du chien de l\u2019un des grands cadres de la banque. Ce dernier, touch\u00e9 par cette disparition plus que par le d\u00e9sastre auquel il a contribu\u00e9 et auquel il r\u00e9pugnait de proc\u00e9der, est la pi\u00e8ce op\u00e9rationnelle ma\u00eetresse du sauvetage de la banque ; il ne r\u00e9sout pas \u00e0 d\u00e9missionner comme il en avait l&rsquo;intention une fois sa mission accomplie, pour des raisons d\u2019argent piteusement avou\u00e9es ; il reste non sans avoir re\u00e7u de son pr\u00e9sident un gros ch\u00e8que dans les toilettes, ce lieu o\u00f9 l\u2019on se retrouve devant le miroir ou pour lib\u00e9rer en cachette son angoisse. C&rsquo;est le cas d&rsquo;un jeune trader qui craque, coupable d&rsquo;aimer son m\u00e9tier et dans l&rsquo;attente de son licenciement annonc\u00e9. Nombreux sont les autres cadres qui trouvent leur consolation dans les primes de licenciement mirobolantes qui leur sont vers\u00e9es pour acheter leur silence. Survivent enfin ceux qui se sont d\u00e9charg\u00e9s de leurs responsabilit\u00e9s en licenciant sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me leurs subalternes, car il faut bien des boucs \u00e9missaires. <\/p>\n<p>Une tranche de vie \u00e0 Wall Street, sans qu\u2019il soit besoin d\u2019en faire une charge, ce qui lui donne d\u2019autant plus de force. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. 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