{"id":37456,"date":"2012-05-27T20:30:24","date_gmt":"2012-05-27T18:30:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37456"},"modified":"2013-01-02T00:48:12","modified_gmt":"2013-01-01T23:48:12","slug":"lactualite-de-la-crise-cette-dette-qui-fait-de-la-peine-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/05\/27\/lactualite-de-la-crise-cette-dette-qui-fait-de-la-peine-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>CETTE DETTE QUI FAIT DE LA PEINE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les d\u00e9bats en cours peuvent se r\u00e9sumer \u00e0 la m\u00eame sempiternelle interrogation : qui va bien pouvoir rembourser la dette, comment et quand ? De nombreuses mani\u00e8res de l\u2019aborder tournent autour du pot. Certaines sont r\u00e9cus\u00e9es, d&rsquo;autres ne fonctionnent pas. <\/p>\n<p>Les discussions se sont d\u00e9port\u00e9es sur les euro-obligations et la mutualisation de la dette par les \u00c9tats. Une mani\u00e8re de la rendre supportable afin d\u2019en \u00e9taler le remboursement en la faisant rouler, car l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire telle qu\u2019elle est pratiqu\u00e9e renvoie \u00e0 la r\u00e9cession et ne permet pas de le faire. <\/p>\n<p>Sous cette forme, les Allemands se refusent cat\u00e9goriquement \u00e0 toute mutualisation, apr\u00e8s l\u2019avoir accept\u00e9e &#8211; et contenue autant que possible &#8211; quand il a fallu construire des <i>pare-feu<\/i> : Fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, ou prochainement M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9. A contrario, effray\u00e9s de l\u2019accumulation des cr\u00e9ances europ\u00e9ennes au bilan de la Bundesbank, ils ont au moins obtenu de la BCE un r\u00e9gime d\u00e9rogatoire au fonctionnement de l\u2019Eurosyst\u00e8me pour les banques centrales nationales (BCN), au premier rang desquelles figure la leur. En mati\u00e8re de collat\u00e9ral, chacun devient ma\u00eetre chez soi. Le fonctionnement de la monnaie unique a donc d\u00e9j\u00e0 subi un s\u00e9rieux et discret accroc \u00e0 cette occasion. <\/p>\n<p><!--more-->Chassez la mutualisation, elle revient au galop ! En \u00e9mergeant sous encore une autre forme, soutenue par la BCE et l\u2019Institute of International Finance qui pr\u00e9conisent la mise sur pied d\u2019urgence d\u2019un fonds europ\u00e9en de garantie des d\u00e9p\u00f4ts, afin d\u2019\u00e9viter des retraits massifs qui d\u00e9borderaient des pays en crise aig\u00fce. On verra le sort qui lui sera r\u00e9serv\u00e9. <\/p>\n<p>Mais si d\u2019autres partages font \u00e9galement d\u00e9bat, celui du risque souverain a \u00e9t\u00e9 pratiquement r\u00e9gl\u00e9, sauf dans le cas de l\u2019Espagne et l\u2019Italie dont les banques ont achet\u00e9 la dette publique \u00e9mise par leur Etat afin de tenter de stopper la descente dans l\u2019abime de leur pays. La BCE et les BCN ont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 ces actifs devenus \u00e0 risque \u00e0 la faveur des <i>injections de liquidit\u00e9s<\/i>, les banques s\u2019en d\u00e9lestant en les mettant en pension (ce qui fait d\u00e9sormais de l\u2019Eurosyst\u00e8me leur propri\u00e9taire). <\/p>\n<p>A noter qu\u2019en cas de p\u00e9pin et de d\u00e9pr\u00e9ciation, l\u2019Eurosyst\u00e8me n\u2019aura que deux issues : se tourner vers les Etats actionnaires pour se recapitaliser ou \u00e9ponger les dettes en fabriquant du papier. Ne pouvant plus se prot\u00e9ger, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas lors de la restructuration de la dette grecque, car il est devenu le principal d\u00e9tenteur de la dette souveraine porteuse de risque\u2026 Mais ces deux solutions seraient d\u2019identiques horreurs pour le gouvernement allemand\u2026<\/p>\n<p>La question se corse lorsqu\u2019il est question de soutenir financi\u00e8rement les banques directement sur fonds publics, comme envisag\u00e9 en Espagne (ce qui ouvrirait la voie \u00e0 l\u2019Irlande et au Portugal, qui n\u2019attendent que cela). Refus\u00e9e quand il s\u2019agit pour de la dette publique d&rsquo;en g\u00e9n\u00e9raliser l&#8217;emploi, la mutualisation ne le serait pas pour la dette priv\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>Dans tous les domaines, une mutualisation s&rsquo;impose pour gagner du temps. Faute de celle-ci, la crise europ\u00e9enne de la dette ne peut que s&rsquo;amplifier.<\/p>\n<p>Une autre option est en cours d&rsquo;examen pour amortir la dette, qui pour une fois ne reposerait pas sur son transfert du priv\u00e9 au public. En mettant au point un m\u00e9canisme permettant un sauvetage des banques et ne reposant pas sur les finances publiques, vu leur \u00e9tat et les probl\u00e8mes politiques que cela poserait. La Commission et son commissaire Michel Barnier peinent actuellement \u00e0 la t\u00e2che et tentent d\u2019avancer sur ce dossier, encourag\u00e9s par la BCE apr\u00e8s avoir plong\u00e9 dans un marais plein de crocodiles. Mais ils se heurtent en plus \u00e0 une grosse difficult\u00e9. <\/p>\n<p>En effet, une fois admis que les actionnaires seront en premi\u00e8re ligne pour, si n\u00e9cessaire, \u00e9ponger les pertes d\u2019une banque, impliquer aussi ses cr\u00e9anciers dans l&rsquo;op\u00e9ration ne sera pas superflu, en raison du volume des engagements des banques et de leur faible niveau de capitalisation. Mais mettre ces cr\u00e9anciers \u00e0 contribution pose toutefois un gros probl\u00e8me, car ce sont eux-m\u00eames souvent des banques ! Au lieu de les pr\u00e9server de la contagion cr\u00e9\u00e9e par la chute de la banque, on aboutirait finalement \u00e0 les contaminer par un autre biais\u2026 Au mieux, on d\u00e9placerait les pertes, par exemple vers les assureurs dans le cas de l&rsquo;Espagne, d\u00e9j\u00e0 vuln\u00e9rables en raison de leur d\u00e9tention de la dette souveraine. Tout le monde se tient par la barbichette !<\/p>\n<p>Afin de contourner cet \u00e9cueil, les experts s\u2019interrogent sur le seuil de d\u00e9clenchement d\u2019une telle proc\u00e9dure de sauvetage, qui devrait intervenir le plus t\u00f4t possible, afin que le trou financier soit le moins profond possible et la peine la plus l\u00e9g\u00e8re. Ce qui \u00e9largirait le nombre d\u2019\u00e9tablissements bancaires en b\u00e9n\u00e9ficiant et augmenterait en cons\u00e9quence la peine pour leurs cr\u00e9anciers\u2026 <\/p>\n<p>Que faire, alors si les \u00c9tats ne peuvent pas continuer \u00e0 prendre en charge le fardeau et si le syst\u00e8me financier pr\u00e9sente un tel degr\u00e9 de fragilit\u00e9 qu\u2019il ne le peut pas non plus ? Il ne reste plus alors logiquement qu\u2019une solution : ne pas rembourser la dette et restructurer non plus celle-ci mais le syst\u00e8me financier une fois pour toutes. CQFD. <\/p>\n<p>L\u2019autre versant du plan A\u2019 qui peine \u00e0 se concr\u00e9tiser n\u2019est pas plus glorieux. La machine \u00e0 fabriquer de la dette est cass\u00e9e et rechercher une hypoth\u00e9tique croissance en optimisant le co\u00fbt du travail est une impasse. Non seulement parce que cette comp\u00e9tition au moins-disant avec les pays \u00e9mergents &#8211; puis avec ceux qui derri\u00e8re attendent leur heure &#8211; est sans espoir, mais parce que cela induira, faute de cr\u00e9dit, une baisse de la consommation et r\u00e9v\u00e9lera une crise de surproduction auparavant masqu\u00e9e par celui-ci. Lancer un programme de grands travaux et d\u2019investissements structurels ne produira que des effets \u00e0 long terme, si c\u2019est le cas. Car l\u2019exemple du Japon, qui a exp\u00e9riment\u00e9 cette solution, a montr\u00e9 qu\u2019elle n\u2019en \u00e9tait pas une.<\/p>\n<p>De fil en aiguille, ce sont la nature m\u00eame de la croissance et un autre partage, celui de la richesse, qui apparaissent comme les cl\u00e9s de la situation. Deux profondes reconsid\u00e9rations d\u00e9rangeantes, d\u00e9cid\u00e9ment.  <\/p>\n<p>Dans l&rsquo;imm\u00e9diat, Charles Dallara, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Institute of International Finance, fait campagne contre la sortie de la Gr\u00e8ce et propose de lui accorder 10 milliards d&rsquo;euros en suppl\u00e9ment. Faute de quoi la BCE deviendrait selon lui \u00ab\u00a0insolvable\u00a0\u00bb, le montant de ses pertes devenant le double de ses fonds propres. Stuart Gulliver, le patron de la m\u00e9gabanque HSBC, esp\u00e8re que va \u00eatre prise la d\u00e9cision de mettre sur pied \u00ab\u00a0une forme de TARP europ\u00e9en\u00a0\u00bb, du nom du programme am\u00e9ricain de renflouement des banques. Lucas Papad\u00e9mos, l&rsquo;ex-premier ministre grec annonce que, faute de liquidit\u00e9s, la Gr\u00e8ce ne pourra pas tenir au-del\u00e0 du 20 juin si les versements des pr\u00eats accord\u00e9s sont interrompus. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les d\u00e9bats en cours peuvent se r\u00e9sumer \u00e0 la m\u00eame sempiternelle interrogation : qui va bien pouvoir rembourser la dette, comment et quand ? De nombreuses mani\u00e8res de l\u2019aborder tournent autour du pot. Certaines sont r\u00e9cus\u00e9es, d&rsquo;autres ne fonctionnent pas. <\/p>\n<p>Les discussions se sont d\u00e9port\u00e9es sur les euro-obligations et la mutualisation de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[],"class_list":["post-37456","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37456","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37456"}],"version-history":[{"count":29,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37456\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46329,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37456\/revisions\/46329"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37456"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37456"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}