{"id":37584,"date":"2012-05-30T10:59:01","date_gmt":"2012-05-30T08:59:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37584"},"modified":"2013-01-02T00:47:59","modified_gmt":"2013-01-01T23:47:59","slug":"lactualite-de-la-crise-le-canard-est-toujours-vivant-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/05\/30\/lactualite-de-la-crise-le-canard-est-toujours-vivant-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LE CANARD EST TOUJOURS VIVANT<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Plac\u00e9e devant un inacceptable fait accompli, la BCE a rejet\u00e9 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rodoxe plan de recapitalisation de Bankia tandis que, parall\u00e8lement, le gouverneur de la Banque d\u2019Espagne d\u00e9missionnait de ses fonctions, interdit de s&rsquo;exprimer publiquement devant le Parlement. Ces deux \u00e9v\u00e9nements concomitants laissent peu de marge de man\u0153uvre \u00e0 Mariano Rajoy, qui doit trouver 19 milliards d\u2019euros et refuse tout <i>sauvetage europ\u00e9en<\/i> alors que les taux espagnols continuent de se tendre sur les march\u00e9s. <\/p>\n<p>Le spectre d\u2019une solution \u00e0 l\u2019Irlandaise, qui avait conduit le gouvernement de Dublin \u00e0 sauver \u00e0 tout prix les banques du pays, plane sur l\u2019Espagne. L\u2019alternative, rappel\u00e9e dans un \u00e9ditorial du Financial Times (non sans lui donner quelque saveur) consisterait \u00e0 obliger les actionnaires et les cr\u00e9anciers \u00e0 \u00e9ponger les dettes des banques, les d\u00e9p\u00f4ts \u00e9tant par ailleurs prot\u00e9g\u00e9s et la BCE assurant la liquidit\u00e9. Mais il n\u2019en est pas plus question pour Mariano Rajoy. <\/p>\n<p><!--more-->Le gouvernement n\u2019a pas davantage d\u00e9voil\u00e9 toutes ses batteries \u00e0 propos de l\u2019audit des banques qu\u2019il a confi\u00e9 aux cabinets BlackRock et Oliver Wyman, sous la supervision finale du FMI et de la BCE. Il serait question d\u2019obliger les banques \u00e0 cr\u00e9er des <i>bad banks<\/i> recueillant leurs actifs probl\u00e9matiques &#8211; ce qu\u2019elles ne voulaient pas &#8211; dans des conditions qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9es, ainsi que de leur fixer des objectif de recapitalisation, une fois analys\u00e9s les r\u00e9sultats des audits. Elles auraient ensuite toute latitude pour y parvenir soit par leurs propres moyens, soit en faisant appel au fonds gouvernemental (Frob). Pour y avoir acc\u00e8s, elles \u00e9mettraient des obligations convertibles en action (CoCos) assorties d\u2019un taux de 10 %, afin de tenir compte du taux que devra de son c\u00f4t\u00e9 consentir le Frob afin de r\u00e9unir sur le march\u00e9 les fonds correspondants. Pr\u00e9sent\u00e9 comme une op\u00e9ration v\u00e9rit\u00e9 qui n&rsquo;a que trop tard\u00e9, ce processus est une course d&rsquo;obstacles attendue. <\/p>\n<p>Un tel montage risque, dans la pratique, d&rsquo;\u00eatre aussi tir\u00e9 par les cheveux que celui du sauvetage mort-n\u00e9 de la Bankia. Dans ce contexte, les <i>hispanobonos<\/i> \u00e9mis par les r\u00e9gions avec la garantie de l\u2019\u00c9tat risquent de leur c\u00f4t\u00e9 de recevoir un accueil frais de la part des investisseurs. Une des le\u00e7ons qui peut \u00eatre tir\u00e9e est que <i>la confiance des march\u00e9s<\/i> a d\u00e9finitivement \u00e9t\u00e9 perdue&#8230; <\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes se retrouvent avec deux crises simultan\u00e9es sur les bras. En Gr\u00e8ce, elles risquent de devoir enregistrer une victoire \u00e9lectorale de Syriza, qui d\u00e9fend le maintien de la Gr\u00e8ce dans l\u2019euro tout en pr\u00e9tendant ren\u00e9gocier son <i>plan de sauvetage<\/i> (ou par d\u00e9faut la perspective de nouvelles \u00e9lections faute de majorit\u00e9 parlementaire). En Espagne, Mariano Rajoy tente une nouvelle fois de biaiser et refuse de jouer le jeu, cherchant ainsi \u00e0 obtenir ce qu\u2019il ne pourrait avoir par la n\u00e9gociation. Dans les deux cas, c\u2019est au rapport de force que cela va se r\u00e9gler. Gare aux \u00e9claboussures ! <\/p>\n<p>Seule \u00e0 r\u00e9agir, la Commission europ\u00e9enne \u00e9tudie la possibilit\u00e9 d&rsquo;accorder une ann\u00e9e suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;Espagne pour r\u00e9duire son d\u00e9ficit \u00e0 3 % du PIB. Mais elle a comme projet d&rsquo;exiger en contrepartie de nouvelles mesures sur les retraites, la l\u00e9gislation du travail et la TVA. Ce glissement du calendrier va en appeler d&rsquo;autres, et pas seulement en Espagne ! Petit \u00e0 petit, confront\u00e9e \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 de la poursuivre, la strat\u00e9gie europ\u00e9enne de d\u00e9sendettement se d\u00e9fait. La crise bancaire reste quant \u00e0 elle en suspens. <\/p>\n<p>Sans tenir compte des fonds nouveaux qui doivent \u00eatre trouv\u00e9s, le gouvernement n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 mi-chemin de son programme de financement de la dette : quelques 40 milliards sont encore \u00e0 financer d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;ann\u00e9e. Il y est jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant parvenu en \u00e9mettant de la dette \u00e0 court terme, avec pour effet de diminuer la maturit\u00e9 moyenne de celle-ci, et de le rendre encore plus vuln\u00e9rable \u00e0 la hausse des taux. Par ailleurs, la dette espagnole attire de moins en moins d&rsquo;acheteurs \u00e9trangers et ce sont les banques du pays qui s&rsquo;en portent principalement acqu\u00e9reurs. Au moment o\u00f9 il est question de trancher ce n\u0153ud gordien, le gouvernement espagnol le resserre. Aboutissant \u00e0 emprunter aux banques pour parvenir \u00e0 les aider\u2026<\/p>\n<p>De m\u00eame qu&rsquo;il ne veut pas envisager une faillite bancaire, Mariano Rajoy se refuse \u00e0 suivre ce raisonnement pour les r\u00e9gions. Le dispositif pr\u00e9vu repose sur l&rsquo;\u00e9quivalent au niveau espagnol de ce que pourraient \u00eatre des euro-obligations \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la zone euro. Mais \u00e0 quel taux les <i>hispanobonos<\/i> vont-ils trouver preneur, m\u00eame avec la garantie de l&rsquo;\u00c9tat qui doit lui-m\u00eame faire face \u00e0 une forte tension sur le march\u00e9 ? <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c9tat espagnol s&rsquo;apparente \u00e0 l&rsquo;un de ces <i>trous noirs<\/i> de l&rsquo;univers qui absorbent toute la mati\u00e8re qui s&rsquo;en approche pour la faire dispara\u00eetre. L&rsquo;analogie s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0, car la dette n&rsquo;est pas cette <i>mati\u00e8re noire<\/i> ind\u00e9finissable dont les astrophysiciens ont un moment pens\u00e9 qu&rsquo;elle les constituaient. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<br \/>\n<b>VENTE EN LIGNE<\/b> : Les <a href=\"http:\/\/www.osez-la-republique-sociale.fr\/boutique\/#ecwid:category=0&#038;mode=product&#038;product=11341370\"><b>CHRONIQUES DE LA GRANDE PERDITION<\/b><\/a> viennent de para\u00eetre. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Plac\u00e9e devant un inacceptable fait accompli, la BCE a rejet\u00e9 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rodoxe plan de recapitalisation de Bankia tandis que, parall\u00e8lement, le gouverneur de la Banque d\u2019Espagne d\u00e9missionnait de ses fonctions, interdit de s&rsquo;exprimer publiquement devant le Parlement. 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