{"id":37660,"date":"2012-06-01T11:48:23","date_gmt":"2012-06-01T09:48:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37660"},"modified":"2013-01-02T00:47:56","modified_gmt":"2013-01-01T23:47:56","slug":"lactualite-de-la-crise-la-montagne-qui-surplombe-et-vacille-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/06\/01\/lactualite-de-la-crise-la-montagne-qui-surplombe-et-vacille-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LA MONTAGNE QUI SURPLOMBE ET VACILLE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a une premi\u00e8re \u00e9valuation, puis une deuxi\u00e8me, une troisi\u00e8me, une quatri\u00e8me&#8230; Il s&rsquo;agit de la pire fa\u00e7on possible de faire les choses. Tout le monde finit par faire la chose \u00e0, faire, mais au plus haut co\u00fbt\u00a0\u00bb. Qui donc parlait hier des pertes des banques et de la politique des dirigeants europ\u00e9ens de mani\u00e8re si s\u00e9v\u00e8re ? Le pr\u00e9sident de la BCE, Mario Draghi, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une audition devant le Parlement europ\u00e9en. <\/p>\n<p>Avec ses coll\u00e8gues du conseil des gouverneurs, il enfonce un m\u00eame clou, soutenant la cr\u00e9ation de l\u2019\u00ab\u00a0Union bancaire europ\u00e9enne\u00a0\u00bb propos\u00e9e par la Commission, avec comme premi\u00e8re \u00e9tape la constitution d\u2019un fonds de garantie des d\u00e9p\u00f4ts. Appuy\u00e9 par le gouverneur de la Banque d\u2019Italie, Ignazio Visco, qui se pr\u00e9pare \u00e0 monter en premi\u00e8re ligne. Les taux obligataires italiens sont entra\u00een\u00e9s \u00e0 la hausse par ceux de l&rsquo;Espagne, la r\u00e9cession est selon les sources estim\u00e9e pour cette ann\u00e9e de -1,4 \u00e0 -1,7 % et le taux de ch\u00f4mage officiel a d\u00e9pass\u00e9 10 %. <\/p>\n<p><!--more-->Devant la r\u00e9alit\u00e9, il faut \u00e0 un moment ou un autre s\u2019incliner. Et ce moment est venu, se manifestant par des sorties massives de capitaux de l\u2019Espagne, chiffr\u00e9es par la Banque d\u2019Espagne \u00e0 66,2 milliards d\u2019euros pour le seul mois de mars (derniers chiffres disponibles). Le retrait des d\u00e9p\u00f4ts n\u2019est pas un fantasme prenant la forme de longues queues devant les distributeurs automatiques (ce qui peut toujours survenir) : ce sont les d\u00e9tenteurs de capitaux et les entreprises qui fuient le pays. <\/p>\n<p>Additionn\u00e9 \u00e0 la d\u00e9route d\u2019un pan entier du syst\u00e8me bancaire espagnol, ce ph\u00e9nom\u00e8ne a soudainement pris le pas sur la crise de la dette publique et son corollaire le trait\u00e9 de discipline budg\u00e9taire visant \u00e0 la r\u00e9soudre. Pratiquant l\u2019esquive, Angela Merkel affirme que la situation espagnole n\u2019est pas le r\u00e9sultat de la strat\u00e9gie d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qu\u2019elle pr\u00e9conise, mais le fruit de l\u2019\u00e9clatement d\u2019une bulle immobili\u00e8re n\u00e9e bien avant sa mise en pratique. Comme si la premi\u00e8re n\u2019alimentait pas la seconde. <\/p>\n<p>Anticipant la suite et toujours aux avant-postes, Charles Dallara de l\u2019Institute of International Finance a averti qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas question de r\u00e9\u00e9diter l\u2019op\u00e9ration de restructuration de la dette grecque, vu la taille de celle de l\u2019Espagne. De partout, la politique d\u2019improvisation permanente du gouvernement de Mariano Rajoy est mise en question, mais il s\u2019agit de bien autre chose. Car cette derni\u00e8re refl\u00e8te l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019appliquer la strat\u00e9gie qui \u00e9tait pr\u00e9conis\u00e9e par ceux-l\u00e0 m\u00eames qui le critiquent. <\/p>\n<p>Des rumeurs font \u00e9tat d\u2019intenses discussions pr\u00e9ludant \u00e0 d\u2019importances annonces du gouvernement allemand. \u00ab\u00a0J\u2019ai toujours dit que nous avons besoin de plus d\u2019Europe\u00a0\u00bb rappelle en attendant Angela Merkel. Un pas en avant dans l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne est en gestation, dans le cadre d\u2019une politique inchang\u00e9e, que la chanceli\u00e8re exprime ainsi : \u00ab Aust\u00e9rit\u00e9 et discipline budg\u00e9taire, r\u00e9formes structurelles et croissance. Tout cela fait partie du m\u00eame ensemble\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Des euros-obligations, d\u2019accord, mais en \u00e9change d\u2019un nouveau trait\u00e9 b\u00e9tonnant une politique budg\u00e9taire commune ! Parall\u00e8lement, Pierre Moscovici a rejoint la conception qu\u2019en ont Jean-Claude Juncker et Mario Monti : les euro-obligations ne financeraient que la part de la dette ne d\u00e9passant pas le seuil de 60 % du PIB, le reste au-del\u00e0 de ce cap devant l\u2019\u00eatre au taux du march\u00e9. Les dirigeants europ\u00e9ens continuent de chercher les termes d\u2019un compromis entre eux, \u00e0 quatre semaines de leur sommet. Mais ils ne prennent en consid\u00e9ration que l\u2019\u00e9cume de ph\u00e9nom\u00e8nes plus profonds qu\u2019ils continuent de superbement ignorer. <\/p>\n<p>Le syst\u00e8me financier est en train de conna\u00eetre une douloureuse contraction qui est \u00e0 l\u2019origine de dysfonctionnements dans ses profondeurs. Le plus puissant n\u2019est pas le plus visible, aboutissant \u00e0 instaurer une raret\u00e9 croissante dans un syst\u00e8me de trop plein financier : celle des collat\u00e9raux, ces actifs apport\u00e9s en garantie de leurs emprunts par les \u00e9tablissements financiers. <\/p>\n<p>Dans tous les domaines, les exigences en cette mati\u00e8re sont devenues plus fortes. Les r\u00e9gulateurs, pour les besoins du renforcement des fonds propres ; les chambres de compensation, qui \u00e9largissent leur champ d\u2019action, pour exercer sans p\u00e9ril leur activit\u00e9 en augmentant leurs appels de marge ; les \u00e9tablissements financiers entre eux, pour se pr\u00eater des fonds apr\u00e8s avoir perdu <i>la confiance<\/i> qui pr\u00e9sidait \u00e0 leurs \u00e9changes. <\/p>\n<p>Le constat est \u00e9loquent : afin de tenter de renforcer le syst\u00e8me, on le fragilise, car une p\u00e9nurie de collat\u00e9raux s\u2019instaure progressivement. Cela revient \u00e0 faire reposer sur une pointe de plus en plus fragile la pyramide renvers\u00e9e du cr\u00e9dit, le syst\u00e8me financier n\u2019ayant plus de point d\u2019appui suffisant dans une <i>\u00e9conomie r\u00e9elle<\/i> qu\u2019il perturbe grandement. <\/p>\n<p>Cette raret\u00e9 &#8211; dont la BCE a tenu compte en diminuant ses exigences de qualit\u00e9 des collat\u00e9raux pris en garantie &#8211; a encore \u00e9t\u00e9 accrue par le d\u00e9lestage qu\u2019op\u00e8rent actuellement les banques afin de diminuer la taille de leur bilan et respecter les obligations de renforcement de fonds propres de l\u2019EBA (l\u2019Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne). Attaqu\u00e9e pour l\u2019avoir pr\u00e9conis\u00e9 \u00e0 contretemps, l\u2019EBA vient de r\u00e9affirmer ses exigences sans les changer, avec effet \u00e0 la fin du mois. De son c\u00f4t\u00e9, Goldman Sachs se positionne publiquement pour jouer les interm\u00e9diaires dans la vente \u00e0 bas prix des actifs sold\u00e9s par des banques europ\u00e9ennes prises \u00e0 la gorge, apr\u00e8s avoir estim\u00e9 que 600 milliards de dollars d\u2019actifs allaient \u00eatre c\u00e9d\u00e9s cette ann\u00e9e, et qu\u2019il en resterait derri\u00e8re 400 milliards pour les deux prochaines ann\u00e9es. <\/p>\n<p>La BCE en vient \u00e0 admettre qu\u2019un troisi\u00e8me LTRO (pr\u00eats massifs \u00e0 trois ans \u00e0 faible taux d\u2019int\u00e9r\u00eat) pourrait survenir. Ignazio Visco vient de r\u00e9sumer la position de celle-ci en rappelant la devise des boy-scouts : \u00ab Toujours pr\u00eat !\u00a0\u00bb. La donne a consid\u00e9rablement \u00e9volu\u00e9 en tr\u00e8s peu de temps : \u00e0 la perte de confiance <i>entre<\/i> les banques a succ\u00e9d\u00e9 parmi les autorit\u00e9s &#8211; toujours en retard d\u2019un train &#8211; la perte de confiance qu&rsquo;ils ont <i>dans<\/i> les banques. Mais on en vient \u00e0 se demander ce qu&rsquo;il faut le plus regretter : leur impuissance ou leurs initiatives ! Les grandes entreprises ont sans attendre trouv\u00e9 la parade en obtenant une licence de banque. EADS est pr\u00eate \u00e0 sauter le pas, suivant l\u2019exemple de Volkswagen, Daimler et Siemens. Avec comme motivation de mieux prot\u00e9ger ainsi leurs liquidit\u00e9s qu\u2019en les pla\u00e7ant dans leurs banques, afin qu\u2019elles soient disponibles \u00e0 tout moment !  <\/p>\n<p>Comme un malheur ne vient jamais seul, Bill Gross, le directeur du plus important des acteurs sur le march\u00e9 de la dette, PIMCO, vient de lancer un cri d\u2019alarme \u00e0 propos du versant public de la montagne de la dette. Il s\u2019inqui\u00e8te de la baisse des rendements enregistr\u00e9s sur le march\u00e9 de la dette am\u00e9ricaine, le taux \u00e0 10 ans \u00e9tant actuellement de 1,57 %. \u00ab\u00a0Afin de pr\u00e9venir une d\u00e9cote des 200.000 milliards de dollars que repr\u00e9sente globalement notre syst\u00e8me mon\u00e9taire , les autorit\u00e9s fiscales et mon\u00e9taires ont accru les risques et diminu\u00e9 les retours sur les obligations souveraines qui repr\u00e9sentent son c\u0153ur\u00a0\u00bb. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est l\u2019effet du transfert de la dette priv\u00e9e sur la dette publique.<\/p>\n<p>Selon Bill Gross, on est proche d\u2019un point de rupture du syst\u00e8me. Il en d\u00e9crit le m\u00e9canisme comme suit : cette baisse du rendement peut aboutir \u00e0 ce que les investisseurs &#8211; dont la Chine, le principal d\u2019entre eux &#8211; se reportent vers le march\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res et des actifs \u00ab\u00a0r\u00e9els\u00a0\u00bb, aboutissant en fin de compte au d\u00e9clenchement d\u2019une inflation permettant de r\u00e9duire les dettes priv\u00e9es et publiques accumul\u00e9es. M\u00eame, peut-on ajouter, si dans un premier temps les capitaux privil\u00e9gient la recherche d&rsquo;un refuge quitte \u00e0 accepter des pertes quand les taux deviennent inf\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;inflation. Car cela n&rsquo;est pas tenable longtemps, sauf \u00e0 prendre par ailleurs tous les risques, pour compenser, avec les cons\u00e9quences que l&rsquo;on sait&#8230;<\/p>\n<p>P\u00e9nurie de garanties pour la dette priv\u00e9e et baisse du rendement de la dette publique qui en est \u00ab\u00a0le c\u0153ur\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00e0 dire la garantie supr\u00eame : on est loin des bouts de ficelle que tentent de nouer les dirigeants europ\u00e9ens, tellement courb\u00e9s sur leurs petits probl\u00e8mes qu\u2019ils ne voient pas la montagne qui les surplombe en train de vaciller\u2026<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<br \/>\n<b>VENTE EN LIGNE<\/b> : Les <a href=\"http:\/\/www.osez-la-republique-sociale.fr\/boutique\/#ecwid:category=0&#038;mode=product&#038;product=11341370\"><b>CHRONIQUES DE LA GRANDE PERDITION<\/b><\/a> viennent de para\u00eetre. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a une premi\u00e8re \u00e9valuation, puis une deuxi\u00e8me, une troisi\u00e8me, une quatri\u00e8me&#8230; Il s&rsquo;agit de la pire fa\u00e7on possible de faire les choses. 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