{"id":37906,"date":"2012-06-06T21:06:33","date_gmt":"2012-06-06T19:06:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37906"},"modified":"2013-01-02T00:47:35","modified_gmt":"2013-01-01T23:47:35","slug":"lactualite-de-la-crise-les-assurances-ne-passent-pas-entre-les-gouttes-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/06\/06\/lactualite-de-la-crise-les-assurances-ne-passent-pas-entre-les-gouttes-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LES ASSURANCES NE PASSENT PAS ENTRE LES GOUTTES<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, c\u2019est souvent par le Congressional Budget Office (CBO) que les mauvaises nouvelles arrivent. R\u00e9put\u00e9 pour ses analyses, cet organisme <i>non partisan<\/i> du Congr\u00e8s vient de produire un rapport prospectif sur la dette am\u00e9ricaine. Si les all\u00e9gements fiscaux \u00e9taient reconduits et les d\u00e9penses publiques maintenues dans leur \u00e9tat actuel, celle-ci s\u2019approcherait selon le CBO des 200 % du PIB en 2037. Toujours mesur\u00e9e selon ce ratio \u00e0 juste titre contest\u00e9, elle est actuellement de 70 % du PIB. Une telle projection remet \u00e0 sa juste place la crise europ\u00e9enne de la dette, sur laquelle tous les projecteurs sont actuellement braqu\u00e9s, car elle est aujourd&rsquo;hui le maillon faible de l&rsquo;ensemble. <\/p>\n<p>Dominant le panorama, la crise globale de la dette ne doit pas masquer d\u2019autres brisures du syst\u00e8me financier, toutes aussi graves et qui ne font que s\u2019accentuer. La premi\u00e8re d\u2019entre elles, d\u00e9sormais connue sous le nom de \u00ab\u00a0guerre des devises\u00a0\u00bb, se concr\u00e9tise par un d\u00e9sordre mon\u00e9taire persistant et une hausse de la parit\u00e9 des devises de pays exportateurs qui en souffrent, dont le Japon et le Br\u00e9sil. Le yen et le r\u00e9al continuent en cons\u00e9quence de crever les plafonds, sans que les interventions de la Banque du Japon ou la r\u00e9glementation br\u00e9silienne puissent s\u2019y opposer. Jun Azumi, le ministre japonais des finances, a abord\u00e9 la question lors de la conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique des ministres du G7, \u00e0 laquelle ont \u00e9galement particip\u00e9 les responsables des banques centrales : \u00ab\u00a0Je leur ai dit franchement que les conditions actuelles sur le march\u00e9 des changes \u00e9taient tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res pour l&rsquo;\u00e9conomie japonaise et qu&rsquo;elles avaient des effets tr\u00e8s n\u00e9gatifs sur l&rsquo;\u00e9conomie japonaise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><!--more-->L\u2019\u00e9volution des taux du march\u00e9 obligataire mondial est \u00e9galement porteuse d\u2019importants dysfonctionnements. Les investisseurs cherchent refuge en achetant des obligations am\u00e9ricaines, britanniques et allemandes, faisant baisser leur taux, tandis que ceux d\u2019autres pays s\u2019envolent, le march\u00e9 se d\u00e9lestant de leur dette. Dans les deux cas, cela pose probl\u00e8me. L\u2019augmentation du risque associ\u00e9 \u00e0 un nombre grandissant d\u2019actifs souverains oblige les investisseurs \u00e0 <i>se tasser<\/i> dans des refuges qui ne sont que relatifs, tandis que la baisse des taux qui en r\u00e9sulte diminue les rendements de leurs investissements. Somme toute, le march\u00e9 semble ob\u00e9ir \u00e0 logique tr\u00e8s simple, selon laquelle les rendements sont d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9s que les risques sont importants. Une des grandes cons\u00e9quences de cette polarisation du march\u00e9 obligataire est de fragiliser le syst\u00e8me dans son ensemble, car la dette souveraine en est le principal pilier. <\/p>\n<p>Le secteur des assurances, qui ne fait pas beaucoup parler de lui et s\u2019en satisfait, est \u00e9galement atteint. Si on compare sa situation pays par pays, les assureurs italiens sont fragilis\u00e9s par la d\u00e9tention de la dette souveraine de leur pays et leurs homologues espagnols par leurs engagements sur la dette bancaire, tandis que les assureurs allemands connaissent une baisse pr\u00e9occupante du rendement de leurs actifs, parmi lesquels figure la dette allemande. Celle-ci les conduit \u00e0 rechercher des  solutions de remplacement pour ses investissements. La r\u00e9duction de la taille des bilans bancaires qui est en cours, engag\u00e9e dans le but d\u2019am\u00e9liorer les ratios de fonds propres pour r\u00e9pondre aux nouvelles exigences r\u00e9glementaires, offre des opportunit\u00e9s aux compagnies d\u2019assurance, qui les \u00e9tudient. <\/p>\n<p>Un mouvement de transfert de pr\u00eats bancaires, aux rendements plus favorables, est engag\u00e9 depuis les banques vers les assurances. Posant \u00e0 ces derni\u00e8res dans la foul\u00e9e les probl\u00e8mes sur lesquels les banques butent : comment mesurer le risque et comment relancer la titrisation pour l\u2019\u00e9vacuer ? Le principe des vases communicants vient de trouver une nouvelle illustration en mati\u00e8re financi\u00e8re. La <i>bancassurance<\/i> a connu son heure de gloire, il semblerait que le balancier penche d\u00e9sormais vers l\u2019assurance-banque, un concept nouveau. Les assurances sont tent\u00e9es d\u2019entrer sur le terrain d\u2019\u00e9lection des banques, l\u2019interm\u00e9diation, avec comme argument que leur structure de revenus &#8211; les cotisations aux polices d\u2019assurance  &#8211; est mieux adapt\u00e9e \u00e0 la commercialisation de pr\u00eats \u00e0 long terme vers des cibles choisies que celle des banques, qui d\u00e9pendent en grande partie de financements \u00e0 court terme. C\u2019est pourtant, en r\u00e9gime normal, ainsi qu\u2019elles gagnent leur vie quand elles ne sp\u00e9culent pas pour leur compte propre. Que restera-t-il \u00e0 faire aux banques si les assurances empi\u00e8tent sur leurs activit\u00e9s traditionnelles et si la sp\u00e9culation sur fonds propres devait \u00eatre restreinte ou interdite ? Devenir de simples banques de d\u00e9p\u00f4t ? <\/p>\n<p>Fort heureusement, il ne s\u2019agit encore que du d\u00e9but d\u2019un processus, qui demande \u00e0 \u00eatre confirm\u00e9 ! Entre-temps, l\u2019International Association of Insurance Supervisors (IAIS), leur r\u00e9gulateur, se pr\u00e9pare \u00e0 d\u00e9signer 48 groupes d\u2019assureurs de 13 pays comme \u00e9tant des <i>institutions syst\u00e9miques<\/i>. Ce qui pr\u00e9sage pour les heureux \u00e9lus l\u2019adoption de normes plus s\u00e9v\u00e8res, bien que dans sa mansu\u00e9tude l&rsquo;IAIS annonce que les \u00ab\u00a0mesures incitatives\u00a0\u00bb seront privil\u00e9gi\u00e9es. Adoptant une attitude commun\u00e9ment partag\u00e9e dans les milieux financiers, les assureurs tentent d&rsquo;esquiver de nouvelles contraintes r\u00e9glementaires en faisant valoir que leur mod\u00e8le \u00e9conomique est diff\u00e9rent de celui des banques, et qu\u2019il ne faut pas calquer les mesures destin\u00e9es \u00e0 celles-ci sur les assurances. Ils bataillent \u00e9galement pour que le cadre r\u00e9glementaire de Solvabilit\u00e9 II (l\u2019\u00e9quivalent pour les assurances de B\u00e2le III pour les banques) int\u00e8gre les produits de titrisation qu\u2019ils voudraient \u00e9mettre afin de pouvoir plus facilement faire \u00e9voluer leurs activit\u00e9s et de faire coup double&#8230;<\/p>\n<p>Le secteur de l&rsquo;assurance, qui semblait avoir travers\u00e9 sans d\u00e9g\u00e2ts la crise en Europe, est contamin\u00e9 et s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 l&rsquo;\u00eatre davantage. Lentement, les cartes sont redistribu\u00e9es au sein du syst\u00e8me financier, ce qui ne va rien arranger car les r\u00e8gles du jeu restent toujours aussi complaisantes, tout du moins quand elles existent. La multiplication des brisures qui vont s&rsquo;approfondissant rend le syst\u00e8me financier de plus en plus fragile. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, c\u2019est souvent par le Congressional Budget Office (CBO) que les mauvaises nouvelles arrivent. R\u00e9put\u00e9 pour ses analyses, cet organisme <i>non partisan<\/i> du Congr\u00e8s vient de produire un rapport prospectif sur la dette am\u00e9ricaine. Si les all\u00e9gements fiscaux \u00e9taient reconduits et les d\u00e9penses publiques maintenues dans leur \u00e9tat actuel, celle-ci s\u2019approcherait selon [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[],"class_list":["post-37906","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37906"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37906\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46290,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37906\/revisions\/46290"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}