{"id":37914,"date":"2012-06-06T18:39:56","date_gmt":"2012-06-06T16:39:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37914"},"modified":"2013-01-02T00:47:36","modified_gmt":"2013-01-01T23:47:36","slug":"ray-bradbury-1920-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/06\/06\/ray-bradbury-1920-2012\/","title":{"rendered":"<b>RAY BRADBURY (1920-2012)<\/b>"},"content":{"rendered":"<p>Ah ! mes amis, il y a l\u00e0 grand risque que je devienne lyrique\u00a0: Ray Bradbury nous a quitt\u00e9s hier. Auteur de \u00ab\u00a0science-fiction\u00a0\u00bb nous dit-on, mais ne faudrait-il pas plut\u00f4t dire \u00ab\u00a0auteur de distanciation philosophique\u00a0\u00bb car il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi clair que dans les nouvelles qu\u2019il a \u00e9crites (c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il excellait) que la science-fiction n\u2019est jamais que le moyen d\u2019obliger le lecteur \u00e0 ce pas en arri\u00e8re qui le force \u00e0 s\u2019examiner lui-m\u00eame comme s\u2019il \u00e9tait un autre.<\/p>\n<p>Les <strong>Chroniques martiennes<\/strong> (1950) de Bradbury \u00e9taient de ce point de vue particuli\u00e8rement remarquables\u00a0car ces \u00ab\u00a0Martiens\u00a0\u00bb dont il est question dans chacune des nouvelles composant le recueil ne sont jamais les m\u00eames\u00a0: les uns sont l\u00e0 pour que nous nous interrogions sur le pr\u00e9texte qui fait que nous appelons \u00ab\u00a0diff\u00e9rent de nous-m\u00eame\u00a0\u00bb, un voisin\u00a0; d\u2019autres Martiens sont l\u00e0 pour nous rappeler que nos propres anc\u00eatres d\u2019il y a trois ou quatre si\u00e8cles sont devenus pour nous des \u00ab\u00a0Martiens\u00a0\u00bb et que nous-m\u00eames serons un jour prochain des \u00ab\u00a0Martiens\u00a0\u00bb pour nos descendants. D\u2019ailleurs, nous fait comprendre Bradbury, au cours d\u2019une longue errance dans une cit\u00e9 en ruines depuis longtemps d\u00e9sert\u00e9e \u2013 sinon par quelques \u00e9clairs de pr\u00e9sence \u2013 il y a deux moments dans nos vies\u00a0: vivant d\u2019abord, Martien ensuite.<\/p>\n<p>Je ne parlerai pas de <strong>Fahrenheit 451<\/strong> (1953), de peur que l\u2019\u00e9vocation de cette \u00e9poque hypoth\u00e9tique o\u00f9 il faudra que nous soyons chacun un livre \u2013 vous <strong>La Princesse de Cl\u00e8ves<\/strong>, moi, <strong>Les Mis\u00e9rables<\/strong> \u2013 nous soit trop douloureuse en raison de sa ressemblance \u00e9troite avec les temps pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Mon r\u00e9cit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, ce sont ces quelques pages seulement o\u00f9 le promeneur que je suis d\u00e9couvre sur une plage \u00e0 la fin du jour, un homme tra\u00e7ant de son pied dans le sable, de grandes fresques, et quand, reconnaissant l\u2019artiste, le d\u00e9sespoir m\u2019envahit de voir ce chef-d\u2019\u0153uvre de Picasso effac\u00e9 petit \u00e0 petit par la mar\u00e9e qui monte\u00a0!<\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma n\u2019a pas pu ignorer ces r\u00e9cits bien entendu\u00a0: Truffaut a repris <strong>Fahrenheit 451<\/strong> en 1966, Jack Smight a mis en sc\u00e8ne lui en 1969, <strong>L\u2019homme illustr\u00e9<\/strong>, l\u2019un des films les plus inqui\u00e9tants qui soit, avec des enfants d\u00e9vor\u00e9s par des lions dans le mur, auquel Rod Steiger pr\u00eata sa propre grande folie pour le rendre encore plus d\u00e9concertant.<\/p>\n<p>Ray Bradbury, vous nous avez fait penser, et c\u2019est tr\u00e8s loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/TgNYE7jcAFM\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ah ! mes amis, il y a l\u00e0 grand risque que je devienne lyrique\u00a0: Ray Bradbury nous a quitt\u00e9s hier. 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