{"id":3818,"date":"2009-07-19T00:28:12","date_gmt":"2009-07-18T22:28:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3818"},"modified":"2009-07-19T00:28:12","modified_gmt":"2009-07-18T22:28:12","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-les-oligarques-montent-en-puissance-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/07\/19\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-les-oligarques-montent-en-puissance-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : Les oligarques montent en puissance, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Je reproduis en g\u00e9n\u00e9ral les billets de Fran\u00e7ois Leclerc sans la moindre introduction mais je voudrais cette fois-ci faire une remarque sur son titre qui contient le mot \u00ab oligarque \u00bb. Comme j\u2019en ai fait la remarque dans \u00ab Le temps qu\u2019il fait, le 17 juillet 2009 \u00bb, c\u2019est un mot que je n\u2019utilise personnellement que dans un seul contexte : quand je cite Simon Johnson l\u2019utilisant. Je m\u2019expliquerai sur la raison pour laquelle je n\u2019utilise ni \u00ab oligarchie \u00bb, ni \u00ab oligarque \u00bb dans un article qui para\u00eetra dans <u>Le D\u00e9bat<\/u> en septembre mais je consacrerai probablement un billet \u00e0 cette question d\u2019ici-l\u00e0. En gros, et pour aller vite, ces notions me semblent impliquer une interpr\u00e9tation de la crise dans un cadre de \u00ab d\u00e9j\u00e0 vu, d\u00e9j\u00e0 connu \u00bb qui me para\u00eet inad\u00e9quat.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LES OLIGARQUES MONTENT EN PUISSANCE<\/strong> <\/p>\n<p>Leur cause para\u00eet entendue. Au sortir de cette crise, si toutefois aucune rechute n\u2019intervient, un petit nombre de m\u00e9ga-banques va disposer d\u2019une force de frappe financi\u00e8re colossale et d\u2019une influence politique allant de pair. La concentration bancaire qui est en cours est une donn\u00e9e majeure du paysage financier de demain. Ce monde plus resserr\u00e9 essaye de progressivement sortir ses pieds de la glaise, sachant que cela va prendre du temps, mais qu\u2019il a le champ libre pour y parvenir et en sortir encore plus fort qu\u2019avant la crise. C\u2019est tout du moins ainsi qu\u2019il voit les choses et s\u2019y emploie. <\/p>\n<p>De nouveaux venus Chinois sont certes venus entretemps se glisser aux premi\u00e8res places de cette photo de famille de plus en plus restreinte, devant les plus grandes banques am\u00e9ricaines. A mi-juillet, voici dans l\u2019ordre les trois premi\u00e8res capitalisations boursi\u00e8res mondiales dans le domaine bancaire : Industrial &#038; Commercial Bank of China, China Construction Bank et Bank of China. HSBC, JP Morgan Chase et Wells Fargo n\u2019arrivent qu\u2019ensuite dans le classement. Mais les banques chinoises sont loin de jouer un r\u00f4le financier international \u00e0 la hauteur de leur capitalisation, qui exprime par contre leurs ambitions. L\u2019ordre reste donc pour l\u2019instant am\u00e9ricain, dans le domaine bancaire comme au sein du syst\u00e8me mon\u00e9taire international et des grandes institutions qui g\u00e8rent la face connue de la plan\u00e8te financi\u00e8re, le FMI et Banque Mondiale. <\/p>\n<p>Bien que somm\u00e9 de r\u00e9duire sa voilure, ses risques et ses pr\u00e9tentions, ce monde financier-l\u00e0 va au contraire s\u2019efforcer de reprendre tous ses aises, plus puissant car plus concentr\u00e9, disposant d\u2019une assise financi\u00e8re renforc\u00e9e, mais d\u2019autant plus fragile qu\u2019il sera autonome. Dans l\u2019imm\u00e9diat, il d\u00e9veloppe d\u00e9j\u00e0 un lobbying intense sur tous les fronts de la r\u00e9gulation financi\u00e8re en discussion, afin de freiner celle-ci, de la fa\u00e7onner selon ses int\u00e9r\u00eats, interdisant tout pronostic sur l\u2019\u00e9tendue et la port\u00e9e des mesures qui seront finalement adopt\u00e9es. La \u00ab philosophie \u00bb anglo-saxonne \u00e0 propos de la r\u00e9gulation, qui fera sans nul doute loi dans le monde entier, mettant l\u2019accent sur la pr\u00e9vention du \u00ab risque syst\u00e9mique \u00bb, laisse donc d\u00e8s le d\u00e9part subsister de larges zones d\u2019ombres, qui ont toutes les chances d\u2019\u00eatre encore \u00e9largies. Les garde-fous qui seront finalement dress\u00e9s pourront seulement \u00eatre plus ou moins facilement contourn\u00e9s, voil\u00e0 qui fera toute la diff\u00e9rence \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e. <\/p>\n<p><!--more-->Pour s\u2019y opposer, suffira-t-il de marteler, comme vient de le faire \u00e0 Nuremberg la chanceli\u00e8re Allemande Angela Merkel, que \u00ab les gens esp\u00e8rent qu\u2019une crise comme celle que nous connaissons n\u2019interviendra plus jamais \u00bb, pour en tirer comme cons\u00e9quence que \u00ab nous devons donc nous rendre au G20 pour dire que nous ne permettrons pas \u00e0 Wall Street et \u00e0 la City de Londres de d\u00e9cider comment ils vont s\u2019y prendre pour faire \u00e0 nouveau de l\u2019argent, avec comme seul r\u00e9sultat que ce sont les autres qui ramassent l\u2019addition \u00e0 la fin \u00bb ? Cela semble malheureusement bien d\u00e9risoire. <\/p>\n<p>Retranch\u00e9s sur les hauteurs de leur \u00eele de prosp\u00e9rit\u00e9 retrouv\u00e9e, voulant oublier le plus vite possible que celle-ci a pour origine l\u2019aide financi\u00e8re de l\u2019Etat, quel paysage nos oligarques vont-ils contempler lorsqu\u2019ils sortiront par moment de leur univers virtuel ? Ils verront un monde occidental connaissant une croissance faible et subissant un fort endettement public ainsi qu\u2019un ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9. Et un monde \u00e9mergent prenant progressivement la pr\u00e9\u00e9minence sur le pr\u00e9c\u00e9dent, important et reproduisant \u00e0 grande \u00e9chelle, dans d\u2019autres contextes historiques et sociaux, le pire de son mod\u00e8le de d\u00e9veloppement. Voici comment le chroniqueur en chef du Financial Times, Martin Wolf, consid\u00e8re les choses du c\u00f4t\u00e9 occidental : \u00ab Une lente et difficile reprise, domin\u00e9e par le d\u00e9sendettement et les risques de d\u00e9flation, est la perspective la plus probable. Les d\u00e9ficits fiscaux resteront \u00e9normes pour des ann\u00e9es. Toutes les tentatives de r\u00e9duire la dette en exc\u00e8s par l\u2019inflation ou la banqueroute ne seront pas accept\u00e9es. La persistance d\u2019un ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9 et d\u2019une faible croissance pourront m\u00eame menacer le processus de globalisation. \u00bb <\/p>\n<p>Quel contraste donc, entre l\u2019\u00e9tat de quelques uns et celui de tous les autres ! Amenant \u00e0 penser que la faible croissance de l\u2019\u00e9conomie qui est attendue r\u00e9sultera en premier lieu de l\u2019activit\u00e9 florissante du secteur des services financiers, mais qu\u2019elle sera \u00e0 nouveau b\u00e2tie sur du sable. Donnant une nouvelle raison \u00e0 ceux qui mettent en cause les modalit\u00e9s de calcul de la croissance \u00e9conomique, une probl\u00e9matique mise entre parenth\u00e8ses par la crise, qui ne peut que rejaillir. Que dire \u00e9galement de cet autre saisissant contraste, cette fois-ci aux Etats-Unis, entre l\u2019envieuse situation du peloton de t\u00eate de la finance, et celle des banques qui continuent de faire faillite en s\u00e9rie ? 57 d\u2019entre elles sont \u00e0 ce jour dans ce cas, depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, le sc\u00e9nario \u00e0 chaque fois \u00e9tant le m\u00eame : une banque voisine reprend l\u2019activit\u00e9 d\u2019une d\u00e9faillante, les d\u00e9p\u00f4ts de cette derni\u00e8re entre temps garantis par la FDIC. Que dire, enfin et surtout, du l\u00e2chage de la CIT par l\u2019administration am\u00e9ricaine, abandonn\u00e9e sans soutien officiel \u00e0 son triste sort, tout au bord de la faillite ? Rien si ce n\u2019est qu\u2019il vaut mieux \u00eatre puissant que faible, une grande banalit\u00e9 dont le monde bancaire a fait sa devise. <\/p>\n<p>Car, sans chercher plus loin ou faire preuve de manich\u00e9isme, sans s\u2019appuyer sur l\u2019\u00e9tat d\u00e9faillant de l\u2019\u00e9conomie pour l\u2019opposer \u00e0 celui de la finance prosp\u00e8re, le monde bancaire continue en r\u00e9alit\u00e9 de vaciller, quand il n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien d\u00e9terminant de l\u2019Etat. Goldman Sachs, JP Morgan, Citigroup, Morgan Stanley et Bank of America annoncent toutes de magnifiques r\u00e9sultats trimestriels, mais qu\u2019ont donc toutes ces banques prestigieuses en commun, si ce n\u2019est d\u2019abord d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 tenues \u00e0 bout de bras et tir\u00e9es d\u2019affaires par les contribuables ? L\u2019arrogance dont elles font preuve, la pugnacit\u00e9 qui est la leur quand elles s\u2019opposent de tout leur poids aux mesures qui pourraient les brider, c\u2019est l\u2019\u00c9tat qui leur en a donn\u00e9 les moyens et qui les laisse agir ainsi. Il faut \u00eatre un habitu\u00e9 de The Economist pour appr\u00e9cier ces propos assez inhabituels dans ses colonnes, dans un article \u00e0 propos des r\u00e9sultats de Goldman Sachs : \u00ab Certains seront frapp\u00e9s et les consid\u00e9reront comme obsc\u00e8nes, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019ampleur du soutien public n\u00e9cessaire au maintien de l\u2019entreprise&#8230; \u00bb. <\/p>\n<p>Certains analystes financiers estiment cependant que les r\u00e9sultats du second semestre \u00e0 venir pourraient \u00eatre moins spectaculaires. Que ceux du trimestre pass\u00e9 reposent en partie, pour plusieurs de ces banques, sur des cessions d\u2019actifs qui ne sont pas renouvelables. Que la banque de d\u00e9tail perd de l\u2019argent et que le taux de d\u00e9faut monte dans de nombreux secteurs de l\u2019activit\u00e9 de cr\u00e9dit aux particuliers et aux petites entreprises, la crise se poursuivant. Que le cr\u00e9dit hypoth\u00e9caire, r\u00e9sidentiel ou commercial, reste une forte menace et que les plans de soutien financier de la Fed \u00e0 ce secteur donnent bien peu de r\u00e9sultats, en d\u00e9pit de leur ampleur. Il leur est r\u00e9torqu\u00e9 que, dans d\u2019autres secteurs de l\u2019activit\u00e9 bancaire, tout du moins chez les plus grands \u00e9tablissements de la place (ce qui explique les faillites en s\u00e9rie des plus petits), les profits n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi importants et vont se poursuivre. Dans le domaine du courtage, sur le march\u00e9 obligataire, sur ceux des devises et des mati\u00e8res premi\u00e8res, car ces banques utilisent toute la palette des moyens et des instruments financiers disponibles, toujours pas r\u00e9gul\u00e9s, mettant \u00e0 profit leur \u00e9norme surface financi\u00e8re et b\u00e9n\u00e9ficiant de la disparition de certains (Bear Stearns et Lehman Brothers) ou de l\u2019effacement de certains d\u2019autres (comme UBS). Les r\u00e9sultats sont pour l\u2019instant l\u00e0, certes, mais les interrogations subsistent toujours sur le niveau des d\u00e9pr\u00e9ciations enregistr\u00e9es dans les comptes et la capacit\u00e9 de ces colosses de r\u00e9sister \u00e0 de nouvelles temp\u00eates, si elles surgissaient. Le bilan est donc tout de m\u00eame mitig\u00e9. <\/p>\n<p>Les colosses ont encore des pieds d\u2019argile. A en croire l\u2019agence Bloomberg, pour donner un exemple, les assurances accord\u00e9es par AIG aux d\u00e9tenteurs europ\u00e9ens de pr\u00eats hypoth\u00e9caires auraient une dur\u00e9e d\u2019encore une d\u00e9cennie. Un tel calendrier \u00e9loign\u00e9 rend bien compte des d\u00e9lais n\u00e9cessaires \u00e0 ce que se r\u00e9alise progressivement le d\u00e9sendettement, laissant en attendant de nombreuses institutions financi\u00e8res dans une situation de fragilit\u00e9. Expliquant notamment pourquoi il est pronostiqu\u00e9 une si longue p\u00e9riode de croissance faible. Quoiqu\u2019il en soit, pour AIG, la partie n\u2019est pas finie, les risques sont encore omnipr\u00e9sents et pourraient se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 nouveau d\u00e9mesur\u00e9s. <\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il faut examiner la derni\u00e8re affaire en cours \u00e0 Wall Street, celle du groupe de services financiers sp\u00e9cialis\u00e9 dans les PME, CIT, qui compte un million de celles-ci comme clientes aux Etats-Unis. Il avait obtenu fin d\u00e9cembre dernier le statut de banque et avait \u00e0 ce titre re\u00e7u 2,3 milliards de dollars d\u2019aide publique, mais n\u2019a finalement rien obtenu cette fois-ci de l\u2019administration, pr\u00eats ou garanties, alors qu\u2019un milliard de dettes arrivent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance le mois prochain, sur 68 milliards au total. Le d\u00e9nouement de ce qui pourrait \u00eatre la sixi\u00e8me faillite de l\u2019histoire am\u00e9ricaine par ordre d\u2019importance est incertain mais a de fortes chances d\u2019\u00eatre exemplaire. L\u2019administration am\u00e9ricaine cherche en effet \u00e0 faire, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, une d\u00e9monstration de sa politique, ce qui explique son refus officiel d\u2019intervention. Afin de ne pas donner prise \u00e0 tous ceux qui d\u00e9noncent le \u00ab socialisme \u00bb de Barack Obama, mais aussi avec l\u2019intention de d\u00e9montrer que le syst\u00e8me financier est suffisamment fort pour encaisser une telle situation&#8230; et tirer les marrons du feu. Plusieurs solutions sont en effet actuellement \u00e9tudi\u00e9es. Dans l\u2019une d\u2019entre elles, les d\u00e9tenteurs de dettes non garanties pourraient convertir une part de leurs dettes en actions (selon un sch\u00e9ma que les banques ont toujours refus\u00e9). Des pr\u00eats relais \u00e0 court terme pourraient parall\u00e8lement \u00eatre consentis par JP Morgan et Goldman Sachs, afin de donner le temps n\u00e9cessaire au montage de l\u2019op\u00e9ration. Le week-end sera long, rien n\u2019est garanti, car le danger syst\u00e9mique est faible et chacun va tirer de son c\u00f4t\u00e9. Larry Summers, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e au Peterson Institute, a donn\u00e9 la cl\u00e9 de l\u2019attitude de l\u2019administration : \u00ab le syst\u00e8me ne peut \u00eatre s\u00fbr tant qu\u2019il n\u2019est pas prot\u00e9g\u00e9 de la faillite d\u2019une institution individuelle \u00bb. Voil\u00e0 la d\u00e9monstration qui est recherch\u00e9e, une preuve par le contraire, que le syst\u00e8me est redevenu s\u00fbr, au cas o\u00f9 un sauvetage \u00ab priv\u00e9 \u00bb n\u2019aboutirait pas, ce qui serait \u00e9galement exemplaire. Une bonne affaire pour une mauvaise politique. <\/p>\n<p>Il est par ailleurs notable que les grandes figures du Congr\u00e8s, o\u00f9 les lobbies bancaires sont tr\u00e8s puissants, ainsi que l\u2019ABA (American Bankers Association) soient rest\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cart de cette histoire. Comme si les mesures de sauvetage publiques devaient \u00eatre r\u00e9serv\u00e9es aux \u00ab grands \u00bb. Le Tr\u00e9sor am\u00e9ricain n\u2019a d\u2019ailleurs pas affirm\u00e9 autre chose, en d\u00e9clarant \u00e0 propos de CIT qu\u2019un seuil tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 \u00e9tait n\u00e9cessaire pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une aide gouvernementale. Nous voil\u00e0 en train d\u2019assister \u00e0 une exp\u00e9rimentation de la future r\u00e9gulation made in USA. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on laisse couler les plus petits, qui n\u2019ont pas n\u00e9cessairement le plus faut\u00e9, de l\u2019autre on prot\u00e8ge les plus gros, en les laissant continuer de jouer sur leur playground, avec un peu plus de surveillance. En admettant implicitement qu\u2019ils seront plus que jamais \u00ab too big to fail \u00bb. Sans, comme le propose Robert Reich, ancien secr\u00e9taire d\u2019Etat au travail de l\u2019administration Clinton, dans son dernier billet de son blog, leur imposer une taxe pour cette protection implicite de l\u2019Etat (qu\u2019il chiffre \u00e0 50% de leurs b\u00e9n\u00e9fices)&#8230; Ni envisager qu\u2019ils puissent effectivement devenir \u00ab too big to save \u00bb (trop importants pour \u00eatre sauv\u00e9s), ce qui serait encore une toute autre paire de manches. <\/p>\n<p>Mais, dans l\u2019imm\u00e9diat, d\u2019autres affaires bancaires plus importantes mobilisent discr\u00e8tement l\u2019attention des m\u00e9gas-banquiers. Des grandes man\u0153uvres sont en effet en cours autour de Clearnet, une des deux chambres de compensation europ\u00e9enne. Un consortium de 14 \u00e9tablissements financiers, qui regroupe les plus grands noms (dont Goldman Sachs, UBS, HSBC et Citigroup), et qui est affubl\u00e9 on ne sait pourquoi du petit nom de \u00ab Lily Group \u00bb, souhaiterait acheter la soci\u00e9t\u00e9, dont il poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 24%. On croit comprendre que ces m\u00e9ga-banques, \u00e0 majorit\u00e9 am\u00e9ricaines, qui ont de toute \u00e9vidence de meilleures affaires financi\u00e8res \u00e0 faire que d\u2019acheter Clearnet, souhaitent conforter et accro\u00eetre l\u2019autonomie de leur activit\u00e9, qui va n\u00e9cessairement \u00eatre rogn\u00e9e d\u2019un c\u00f4t\u00e9, en contr\u00f4lant enti\u00e8rement de l\u2019autre un important \u00ab n\u0153ud \u00bb de plus des grands flux financiers mondiaux, qui plus est au c\u0153ur de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Les pol\u00e9miques se poursuivent publiquement \u00e0 propos du dispositif de surveillance et de contr\u00f4le am\u00e9ricain, l\u2019enjeu de pouvoir \u00e9tant de taille et la pr\u00e9\u00e9minence qui devrait \u00eatre accord\u00e9e \u00e0 la Fed soulevant beaucoup d\u2019objections. Mais, en r\u00e9alit\u00e9, qu\u2019importe l\u2019organigramme et le partage des t\u00e2ches, car il a \u00e9t\u00e9 \u00e9loquemment d\u00e9montr\u00e9 au cours de cette crise que les administrations d\u00e9pendant de l\u2019Etat et la banque centrale cens\u00e9e en \u00eatre ind\u00e9pendante pouvaient conna\u00eetre entre elles des probl\u00e8mes de pr\u00e9s\u00e9ance et des luttes de pouvoir, mais qu\u2019elles \u00e9taient dans les faits partie prenante d\u2019un univers commun, l\u2019expression d\u2019une m\u00eame oligarchie. <\/p>\n<p>Plus importants sont les projets de r\u00e9gulation qui sont r\u00e9guli\u00e8rement annonc\u00e9s et jet\u00e9s en p\u00e2ture \u00e0 la discussion. Le dernier en date vient du Tr\u00e9sor, traite des hegde funds, et pr\u00e9voit qu\u2019au dessus d\u2019un certain seuil (30 millions de dollars d\u2019actifs en gestion), ils seront soumis \u00e0 des r\u00e8gles prudentielles concernant leur capital, leur liquidit\u00e9 et leur gestion des risques. L\u2019exp\u00e9rience de ces derni\u00e8res ann\u00e9es laisse pour le moins sceptique. C\u2019est d\u2019Istanbul qu\u2019est venue la r\u00e9plique, provenant d\u2019un financier de passage interview\u00e9 par Bloomberg : \u00ab Les pressions politiques des banques d\u2019investissement et de tous ceux qui font de l\u2019argent avec les produits d\u00e9riv\u00e9s \u00bb vont emp\u00eacher une r\u00e9gulation ad\u00e9quate. \u00ab De mani\u00e8re certaine, nous aurons une nouvelle crise qui nous tombera dessus \u00bb a pronostiqu\u00e9, pour bien se faire comprendre, le g\u00e9rant d\u2019un fond install\u00e9 \u00e0 Singapour, Templeton Asset Managmnent Ltd, dont le portefeuille d\u2019actifs est quand m\u00eame estim\u00e9 \u00e0 25 milliards de dollars. Il s\u2019appelle Mark Mobius, et il peut \u00eatre suppos\u00e9 qu\u2019il ne pratique pas le double langage, vu son nom.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Je reproduis en g\u00e9n\u00e9ral les billets de Fran\u00e7ois Leclerc sans la moindre introduction mais je voudrais cette fois-ci faire une remarque sur son titre qui contient le mot \u00ab oligarque \u00bb. Comme j\u2019en ai fait la remarque dans \u00ab Le temps qu\u2019il fait, le 17 juillet 2009 \u00bb, c\u2019est un mot que je [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[],"class_list":["post-3818","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3818","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3818"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3818\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3821,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3818\/revisions\/3821"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3818"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3818"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3818"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}