{"id":3827,"date":"2009-07-19T23:33:25","date_gmt":"2009-07-19T21:33:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3827"},"modified":"2009-07-19T23:33:25","modified_gmt":"2009-07-19T21:33:25","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-la-peste-ou-le-cholera-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/07\/19\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-la-peste-ou-le-cholera-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : La peste ou le chol\u00e9ra, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA PESTE OU LE CHOLERA ? <\/strong> <\/p>\n<p>Au dire des experts, deux dangers sont d\u00fbment r\u00e9pertori\u00e9s dans la situation actuelle, comme si nous en manquions. Celui de la croissance exag\u00e9r\u00e9e de la dette publique et celui de l\u2019inflation. Cette derni\u00e8re pouvant r\u00e9duire le poids de la premi\u00e8re, mais cela perturberait encore plus un syst\u00e8me financier (qui n\u2019en a pas besoin) et aboutirait \u00e0 une hausse des taux obligataires contradictoire avec le but recherch\u00e9. <\/p>\n<p>Il est toujours tentant de pr\u00e9tendre ne pas choisir entre la peste et le chol\u00e9ra. En l\u2019occurrence de tergiverser devant cette \u00e9quation difficile \u00e0 r\u00e9soudre pour les gouvernements, mani\u00e8re classique et discr\u00e8te de pratiquer la fuite en avant. Mais cela n\u2019a qu\u2019un temps, et personne ne conna\u00eet sa dur\u00e9e. Bien entendu, des mesures radicales seraient en th\u00e9orie toujours envisageables, en d\u00e9cidant de porter enfin le fer dans la plaie bancaire, mais elles sont toujours aussi peu vraisemblables. Que reste-t-il alors de disponible en magasin ? Quitte, si l\u2019on comprend bien, \u00e0 prendre le risque de la d\u00e9flation ou, \u00e0 minima, de s\u2019installer dans une longue p\u00e9riode de faible croissance. <\/p>\n<p>Le dernier article d\u2019Ambrose Evans-Pritchard, dans le Telegraph, s\u2019appuie sur la description des mesures drastiques d\u2019\u00e9conomie prises en Irlande, rendue n\u00e9cessaires par le niveau d\u2019endettement atteint par le pays, pour en  tirer quelques enseignements, valables selon lui en Europe et aux Etats-Unis. A la vue d\u2019une croissance de la dette publique partout fulgurante, qui n\u2019est pas pr\u00eate de se terminer, et du danger persistant de la d\u00e9flation qu\u2019il estime toujours pr\u00e9sent (contrairement \u00e0 ceux qui crient au loup avec celui de l\u2019inflation), il s\u2019interroge sur la meilleure politique \u00e0 adopter. <\/p>\n<p>Il pr\u00e9conise de combiner une r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques et d\u2019une lutte contre la d\u00e9flation s\u2019appuyant sur les instruments mon\u00e9taires. Craignant, dit-il, que ce soit exactement le contraire qui soit choisi, avec des cons\u00e9quences catastrophiques. \u00ab La route vers la ruine \u00bb, pr\u00e9dit-il. Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas certain pour tous, mais cela l\u2019est sans doute plus pour la Grande-Bretagne, si l\u2019on consid\u00e8re son niveau d\u2019endettement pr\u00e9visionnel et la faiblesse pr\u00e9visible de sa monnaie. Mais il n\u2019explique pas quelles coupes devraient \u00eatre effectu\u00e9es sur les d\u00e9penses, on s&rsquo;attend au pire.  <\/p>\n<p><!--more-->En Europe, les Allemands s\u2019essayent pourtant \u00e0 une autre politique. Pour demain, ils cherchent \u00e0 pousser mondialement les feux de la r\u00e9gulation financi\u00e8re, s\u2019entourant par ailleurs d\u2019une barri\u00e8re sanitaire, car n\u2019en attendant pas trop. Dans l\u2019imm\u00e9diat, ils s\u2019opposent \u00e0 ce que la BCE s\u2019engage dans une cr\u00e9ation mon\u00e9taire \u00e0 leurs yeux inflationniste, repoussant au plus tard possible, gr\u00e2ce \u00e0 des bad banks, la prise en compte des gigantesques pertes enregistr\u00e9es par leurs banques. Ils cherchent \u00e0 obtenir de celles-ci, en contre partie de leur sauvetage, qu\u2019elles r\u00e9amorcent la pompe du cr\u00e9dit aux entreprises, ou \u00e0 d\u00e9faut que la Banque f\u00e9d\u00e9rale allemande s\u2019engage sur le march\u00e9 obligataire, au prix d&rsquo;une h\u00e9r\u00e9sie. Enfin, ils rendent hors la loi au terme de 2016 l\u2019adoption de budgets de l\u2019Etat d\u00e9ficitaires au-del\u00e0 de 0,35% du PIB. La voie est \u00e9troite mais elle est solitaire. Elle signe toutefois un arr\u00eat brutal \u00e0 tout nouvel approfondissement de la construction europ\u00e9enne. <\/p>\n<p>Tout le monde ne dispose pas des moyens de cette politique, qui suppose cependant pour \u00eatre tenable que la reprise intervienne vite, permettant aux exportations allemandes de repartir et avec elles toute l\u2019\u00e9conomie. C\u2019est un double pari qui est tenu, \u00e0 court terme s\u2019agissant de la reprise, et \u00e0 moyen terme, car l\u2019Allemagne restera toujours aussi vuln\u00e9rable \u00e0 une chute de ses exportations, \u00e0 la faveur d\u2019une nouvelle crise r\u00e9sultant des failles pr\u00e9visibles de la r\u00e9gulation financi\u00e8re mondiale.  <\/p>\n<p>La question reste donc finalement enti\u00e8re. Une nouvelle bulle est en train d\u2019\u00eatre cr\u00e9e, celle de la dette publique, l\u2019ancienne bulle priv\u00e9e est quant \u00e0 elle loin d\u2019\u00eatre totalement d\u00e9gonfl\u00e9e, une troisi\u00e8me bulle est simultan\u00e9ment en cours de constitution, aux bons soins des m\u00e9ga-banques. Le syst\u00e8me financier se r\u00e9sume de plus en plus en une machine \u00e0 faire des bulles ! En attendant, les actifs toxiques sont parqu\u00e9s n\u2019importe o\u00f9 et comment, dans les livres des banques, dans quelques bad banks d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9es ou \u00e0 venir, ou dans les bilans des banques centrales aussi. Ce qui, de tous ces num\u00e9ros d\u2019acrobatie, est mine de rien tout aussi probl\u00e9matique. <\/p>\n<p>Comment, demain, les Etats vont-ils assurer le remboursement des dettes contract\u00e9es \u00e0 la faveur de la crise, surtout si elle se prolonge plus qu\u2019il est aujourd\u2019hui annonc\u00e9, avec au mieux une croissance an\u00e9mique ? Nul ne souhaite l\u2019envisager publiquement encore, car il n\u2019y a pas d&rsquo;alternative. Faudra-t-il en venir \u00e0 des mesures extr\u00eames de r\u00e9duction des co\u00fbts, telles qu\u2019elles sont prises dans l\u2019urgence en Irlande (et en Californie aussi, dans un autre contexte, qui est tout de m\u00eame la huiti\u00e8me \u00ab puissance \u00bb \u00e9conomique mondiale et qui ne sortira pas de son bras de fer actuel sans laisser des plumes) ? Quelles seront alors les param\u00e8tres sociaux et politiques de cette nouvelle p\u00e9riode succ\u00e9dant aux \u00ab trente glorieuses \u00bb ? Les analystes ne se bousculent pas \u00e0 ce propos. <\/p>\n<p>Nous pourrions bien assister dans les ann\u00e9es \u00e0 venir \u00e0 un chass\u00e9 crois\u00e9. Les Etats-Unis se dotant d\u2019un syst\u00e8me public de protection de la sant\u00e9, tandis que l\u2019Europe continuerait de d\u00e9tricoter son filet de protection social. Et les Chinois, afin de d\u00e9velopper leur march\u00e9 int\u00e9rieur, remettraient sur pied leur propre syst\u00e8me de sant\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9. Comme si, parmi les indicateurs \u00e9conomiques, celui de la sant\u00e9 et du bien \u00eatre des populations devait \u00eatre davantage pris en consid\u00e9ration, comme contribution enfin reconnue au d\u00e9veloppement et au calcul de la croissance. Mais que, malheureusement, l\u00e0 o\u00f9 ce bien \u00eatre \u00e9tait le plus garanti, cela allait devoir diminuer&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA PESTE OU LE CHOLERA ? <\/strong> <\/p>\n<p>Au dire des experts, deux dangers sont d\u00fbment r\u00e9pertori\u00e9s dans la situation actuelle, comme si nous en manquions. Celui de la croissance exag\u00e9r\u00e9e de la dette publique et celui de l\u2019inflation. 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