{"id":3833,"date":"2009-07-21T00:12:26","date_gmt":"2009-07-20T22:12:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3833"},"modified":"2009-07-21T00:12:26","modified_gmt":"2009-07-20T22:12:26","slug":"l%e2%80%99actualite-de-la-crise-ces-banques-objets-de-nos-ressentiments-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/07\/21\/l%e2%80%99actualite-de-la-crise-ces-banques-objets-de-nos-ressentiments-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L\u2019actualit\u00e9 de la crise : Ces banques, objets de nos ressentiments, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>CES BANQUES, OBJETS DE NOS RESSENTIMENTS <\/strong> <\/p>\n<p>Il faut encore revenir sur ce sempiternel sujet, loin d\u2019\u00eatre \u00e9puis\u00e9. Et se poser la question, en ces temps de publication de r\u00e9sultats faramineux d\u2019un quarteron de banques am\u00e9ricaines : de quoi sont en r\u00e9alit\u00e9 faites ces performances et quel est donc le secret de cette excellence ? <\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 largement relev\u00e9 que la concurrence \u00e9tait devenue moindre, \u00e0 ce haut niveau de comp\u00e9tition, depuis que plusieurs grands acteurs de Wall Street avaient disparu, apr\u00e8s avoir fait faillite ou \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s. Goldman a vu couler son concurrent historique, Lehman Brothers, tandis que JP Morgan a absorb\u00e9 Bear Stearns et Bank of America a fait son affaire de Merrill Lynch. L\u2019horizon d\u00e9gag\u00e9, les portefeuilles de client\u00e8le des perdants n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 perdus pour tout le monde, la force de frappe financi\u00e8re des survivants en est sortie accrue. Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne est intervenu \u00e0 moindre \u00e9chelle en Grande-Bretagne, amenant George Osborne, le chancelier conservateur \u00ab fant\u00f4me \u00bb, \u00e0 pr\u00e9venir par avance qu\u2019il n\u2019envisageait pas de limiter la taille des banques de son pays, en cas de victoire \u00e9lectorale de son parti (comme il est probable). Tout au plus serait-il demand\u00e9 aux m\u00e9ga-banques britanniques de mieux couvrir en capital leurs op\u00e9rations financi\u00e8res. Car, a-t-il expliqu\u00e9, il y allait de leur comp\u00e9titivit\u00e9 et donc de celle de l\u2019\u00e9conomie britannique, le gouvernement ne pouvant agir seul si les autres pays ne proc\u00e9daient pas de m\u00eame. Sempiternel pi\u00e8ge. <\/p>\n<p>La ficelle \u00e9tait tellement grosse que tous les chroniqueurs \u00e9conomiques et financiers, m\u00eames les moins hardis, n\u2019ont pas manqu\u00e9 de souligner que c\u2019\u00e9tait gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argent des contribuables que ces m\u00e9ga-banques \u00e9taient toujours en vie et qu\u2019elles avaient pu continuer d\u2019intervenir sur les march\u00e9s financiers, pour d\u00e9gager \u00e0 nouveau des profits. Lawrence H. Summers, toujours qualifi\u00e9 d\u2019\u00e9conomiste en chef de Barack Obama (avant, s\u2019il y parvient, de pouvoir se pr\u00e9valoir de la succession de Ben Bernanke et du titre de pr\u00e9sident de la Fed), n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en reste \u00e0 l\u2019occasion de la conf\u00e9rence qu\u2019il a prononc\u00e9e au Peterson Institute, qui ayant valeur de programme \u00e9lectoral \u00e9tait \u00e0 ce titre significative. \u00ab Il ne faut pas sous-estimer la contribution de l\u2019aide du secteur public \u00e0 la relance financi\u00e8re \u00bb a-t-il d\u00e9clar\u00e9, avant d\u2019ajouter ce commentaire non sans port\u00e9e dans le contexte actuel, en d\u00e9pit de son impr\u00e9cision : \u00ab Il est du devoir du secteur public d\u2019insister que les r\u00e9formes soient mises en place, afin que les erreurs du pass\u00e9 ne soient pas r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00bb. <\/p>\n<p><!--more-->Un r\u00e9cent \u00e9pisode a en effet montr\u00e9 la grande sensibilit\u00e9 politique qui existait aux Etats-Unis, d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit des banques et de leur emploi des fonds publics, ainsi que la r\u00e9activit\u00e9 dont faisait preuve si n\u00e9cessaire l\u2019administration Obama. Il s\u2019agit de l\u2019affaire du rachat par les banques des warrants (certificats d\u2019option) qu\u2019elles avaient \u00e9mis en faveur du Tr\u00e9sor, et du prix auquel la transaction retour devait se faire. Apr\u00e8s une premi\u00e8re op\u00e9ration qui avait d\u00e9clench\u00e9 une temp\u00eate de protestations, vu le cadeau qui \u00e9tait consenti par le Tr\u00e9sor, ainsi qu\u2019une d\u00e9claration publique de JP Morgan, cherchant \u00e0 faire baisser le prix de ses warrants, il a fallu improviser une solution coupant court \u00e0 la contestation. Elle a repris une formule \u00e9cul\u00e9e, s\u2019appuyant sur l\u2019organisation d\u2019ench\u00e8res permettant officiellement que ces prix soient d\u00e9termin\u00e9s par \u00ab le march\u00e9 \u00bb. Ce qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine de toute cette affaire, il faut le souligner pour appuyer notre propos, c\u2019\u00e9tait que, les fonds publics ayant \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par les banques pour jouer au casino, il \u00e9tait normal que les b\u00e9n\u00e9fices en soient correctement partag\u00e9s \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e&#8230; Les comptes finaux n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pour l\u2019instant rendus publics. <\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats d\u2019une enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s de 360 banques par Neil Barofsky, inspecteur g\u00e9n\u00e9ral sp\u00e9cial du TARP, vient \u00e0 ce propos d\u2019\u00eatre rendue publique \u00e0 point nomm\u00e9 et dont il ressort, selon les d\u00e9clarations des banques qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9es, que ces fonds ont \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9s pour d\u2019autres usages que celui pour lequel ils \u00e9taient officiellement pr\u00eat\u00e9s, \u00e0 savoir relancer le cr\u00e9dit. Les banques s\u2019en sont servi pour faire des affaires, soit des acquisitions, soit des investissements sur les march\u00e9s, ou pour se constituer un petit matelas (ou un gros), en pr\u00e9voyance de temps futurs difficiles. <\/p>\n<p>Les colonnes des journaux financiers sont aliment\u00e9es depuis plusieurs semaines par des informations \u00e0 propos du remboursement par les banques qui en ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des fonds publics du Troubled Asset Relief Program (TARP). Pouvant faire croire qu\u2019elles volent dor\u00e9navant de leurs propres ailes. Rien n\u2019\u00e9tant en r\u00e9alit\u00e9 plus faux, si on consid\u00e8re qu\u2019elles continuent d\u2019\u00eatre r\u00e9fugi\u00e9es sous l\u2019ombrelle de divers programmes de garantie qui continuent d\u2019\u00eatre en vigueur, et d\u2019\u00eatre abreuv\u00e9es de liquidit\u00e9s par la Fed dans des conditions pour elles r\u00eav\u00e9es. Elles sont toujours sous perfusion, les faits sont l\u00e0. <\/p>\n<p>Une autre explication de cette prosp\u00e9rit\u00e9 si vite retrouv\u00e9e, ne pouvant que g\u00e9n\u00e9rer de fortes suspicions sur ses origines, pourrait prochainement faire scandale. Si tout du moins l\u2019enqu\u00eate engag\u00e9e par le Department of Justice, qualifi\u00e9e de \u00ab missile \u00bb par le Financial Times, ne se perdait pas entretemps dans les sables. Ce ne sont pas les discr\u00e8tes tractations en cours entre l\u2019administration am\u00e9ricaine et la banque suisse UBS, qui devraient aboutir \u00e0 un compromis afin d\u2019\u00e9viter un proc\u00e8s (\u00e0 propos de la liste des noms de ces dizaines de milliers de contribuables am\u00e9ricains ayant pratiqu\u00e9 une \u00e9vasion fiscale \u00e0 grande \u00e9chelle), dont la date est proche apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 recul\u00e9e, qui infirmeront cette f\u00e2cheuse possibilit\u00e9. De quoi, toutefois, s\u2019agit-il ? D\u2019une enqu\u00eate concernant d\u2019\u00e9ventuelles ententes illicites sur le march\u00e9 des OTC (les produits financiers \u00ab over-the-counter \u00bb), plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur leur prix, entre les plus grands intervenants sur celui-ci : JP Morgan et Goldman Sachs, ces stars du \u00ab Top ten \u00bb qui font la une quoiqu\u2019il advienne. Les preuves de l\u2019existence d\u2019un cartel intervenant sur le march\u00e9 via Markit, le plus important \u00ab vendor \u00bb (interm\u00e9diaire) am\u00e9ricain, sont actuellement officiellement recherch\u00e9es, une pratique occulte permettant d\u2019intervenir de mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e sur cet \u00e9norme march\u00e9 et d\u00e9gager des profits en cons\u00e9quence. Ce qui permettrait, en cas d\u2019investigations fructueuses, de mieux comprendre les b\u00e9n\u00e9fices d\u00e9gag\u00e9s par nos comp\u00e8res en si peu de temps. Cela s\u2019appellerait alors avoir \u00e9t\u00e9 pris la main dans le pot \u00e0 confiture, mais attendons de voir&#8230;. <\/p>\n<p>Car soit il s\u2019agit de malversations, soit ces m\u00eames banques ont continu\u00e9 de prendre des risques inconsid\u00e9r\u00e9s, sachant qu\u2019elles b\u00e9n\u00e9ficiaient de la protection de facto de l\u2019Etat et qu\u2019elles seraient si n\u00e9cessaire \u00e0 nouveau financi\u00e8rement aid\u00e9es. L\u2019augmentation ces derniers mois d\u2019une valeur un peu \u00e9nigmatique, la VAR (Value-at-Risk), qui mesure les pertes potentielles et notamment celles des banques, le montre clairement s\u2019agissant de Goldman Sachs. Il y a donc probablement eu combinaison de ces deux facteurs, ce qui nous offre une image saisissante du monde financier. <\/p>\n<p>Les mesures de r\u00e9gulation qui seront effectivement adopt\u00e9es \u00e0 propos des march\u00e9s de cr\u00e9dits d\u00e9riv\u00e9s, de la cr\u00e9ation de chambres de compensation et de la r\u00e9glementation des <i>hedge funds<\/i>, vont \u00eatre particuli\u00e8rement importantes \u00e0 cet \u00e9gard. Car il s\u2019agit de tout le secteur non r\u00e9glement\u00e9 qui est \u00e0 l\u2019origine m\u00eame de la crise actuelle. Tant du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain que de celui de la Commission de Bruxelles, des projets existent \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents d\u2019avancement, les Europ\u00e9ens \u00e9tant \u00e0 la tra\u00eene. Mais les Britanniques freinent des quatre fers \u00e0 propos de l\u2019\u00e9tendue des dispositions \u00e0 prendre, tout en pr\u00e9sentant les discussions comme une simple concurrence entre les places de Londres, Paris et Francfort. Dans ces conditions, du point de vue des partisans d\u2019une plus forte r\u00e9gulation, le risque s\u2019accro\u00eet que les Etats-Unis, fort de leur avance, imposent leurs solutions et leur contr\u00f4le. Ce qui reviendrait \u00e0 laisser \u00e0 Wall Street, c\u2019est \u00e0 dire aux m\u00e9ga-banques, les commandes. <\/p>\n<p>On comprend mieux la politique des Britanniques quand on observe qu\u2019ils envisagent, adoptant pour leur d\u00e9marche un strict parall\u00e9lisme avec celui de l\u2019administration am\u00e9ricaine sur quasiment tous les plans, d\u2019entre autres confier l\u2019essentiel des r\u00eanes de la r\u00e9gulation financi\u00e8re \u00e0 leur banque centrale, c\u2019est \u00e0 dire \u00e0 une structure soi-disant ind\u00e9pendante, mais en tout cas particuli\u00e8rement opaque, qui \u00e9chappe au contr\u00f4le de toute institution \u00e9lective. L\u2019adoption d\u2019un tel dispositif est l\u2019un des grands enjeux des bagarres en cours des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique dans le monde anglo-saxon. L\u2019arriv\u00e9e au pouvoir des conservateurs en Grande-Bretagne ne pouvant qu\u2019en faciliter l\u2019adoption. <\/p>\n<p>S\u2019agissant de la politique britannique en mati\u00e8re de r\u00e9gulation financi\u00e8re, plusieurs rapports ont \u00e9t\u00e9 successivement publi\u00e9s, qui permettent d\u2019avoir d\u00e9sormais une vue d\u2019ensemble. Ceux de Sir Walter Walker, un ancien r\u00e9gulateur et banquiers d\u2019affaires, d\u2019Adaid Turner, le directeur du FSA (l\u2019organisme de r\u00e9gulation), ainsi que de Sir Win Bischoff, un ancien dirigeant de Citigroup. Dans les trois cas, il s\u2019agit d\u2019insiders officiellement choisis en raison de leur pratique et connaissance de la finance, dont on ne s\u2019\u00e9tonnera donc, ni de leurs pr\u00e9conisations, ni des limites toutes trouv\u00e9es de leurs remises en question. <\/p>\n<p>A propos de l\u2019ensemble de ces rapports, le Financial Times vient de publier un point de vue de Philipp Augar, un ancien banquier d\u2019affaires. Sa conclusion, <i>very British indeed<\/i>, est la suivante : \u00ab Il n\u2019y a par g\u00e9n\u00e9ration qu\u2019une seule opportunit\u00e9 de r\u00e9\u00e9valuation du monstre qu\u2019est devenue l\u2019industrie financi\u00e8re. Si une \u00e9valuation ind\u00e9pendante devait donc \u00e9tablir que la soci\u00e9t\u00e9 a effectivement besoin d\u2019un tel monstre, il serait beaucoup plus r\u00e9assurant de ne pas avoir \u00e0 s\u2019en remettre pour cela \u00e0 la parole du monstre lui-m\u00eame \u00bb. <\/p>\n<p>Mais le sujet des banques ne serait pas provisoirement \u00e9puis\u00e9 s\u2019il n\u2019\u00e9tait fait \u00e9tat de ces banques tr\u00e8s particuli\u00e8res que sont les banques centrales. Le domaine est rempli de myst\u00e8res, prot\u00e9g\u00e9 des inquisitions et des curiosit\u00e9s par une technicit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve particuli\u00e8rement herm\u00e9tique. Les banques centrales sont dites ind\u00e9pendantes, une qualit\u00e9 qui leur permet de jouer les vierges effarouch\u00e9es quand les questions se font trop pr\u00e9cises et insistantes. Leur principale qualit\u00e9 est d\u2019\u00eatre en r\u00e9alit\u00e9 \u00ab <i>democracy-proof<\/i> \u00bb, \u00e9tanches \u00e0 la d\u00e9mocratie, comme les montres le sont \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019eau. <\/p>\n<p>Une affaire vient n\u00e9anmoins de resurgir du fond des coffres de la Fed. Car si elle ne cultive pas plus la transparence que ses coll\u00e8gues, cette derni\u00e8re publie toutefois plus d\u2019informations \u00e0 son sujet, car nous sommes aux Etats-Unis. Pour peu que l\u2019on sache les trouver et dispose de pas mal de temps. La formule du fond des coffres est d\u2019ailleurs impropre, car en fait de ceux-ci, il faudrait plut\u00f4t parler des tiroirs du dessous du \u00ab hors bilan \u00bb. Eh oui, la grande banque centrale am\u00e9ricaine s\u2019accorde elle aussi les d\u00e9lices du hors bilan, cette \u00e9tonnante facilit\u00e9, ce n\u00e9ant comptable, qui permet de balayer les miettes sous le tapis sans rien dire \u00e0 personne ! Elle avait annonc\u00e9 en son temps, d\u00e8s le printemps 2008 et en pr\u00e9lude \u00e0 la chute libre du syst\u00e8me financier de l\u2019automne, qu\u2019elle avait mis sur pied trois SPV (<i>Special Purpose Vehicle<\/i>). Il ne s\u2019agit pas, ainsi que cette d\u00e9nomination pourrait permettre de le penser, d\u2019un de ces v\u00e9hicules d\u2019exploration spatiale chers \u00e0 la NASA, mais plus prosa\u00efquement d\u2019une structure destin\u00e9e \u00e0 abriter des h\u00f4tes encombrants, des actifs \u00e0 la valeur douteuse. Ils sont d\u00e9nomm\u00e9s Maiden Lane I, II et III. Sans entrer dans le d\u00e9tail des cr\u00e9atures qu\u2019elles tiennent ainsi enferm\u00e9es, il s\u2019agit dans le cas des deux derniers SPV de residential mortgage-backed securities (RMBS) et d\u2019<i>asset backed securities collateralized debt obligations<\/i> (ABS CDO), r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019AIG (comme expliqu\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2318\">Un assureur bien tranquille<\/a> et dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2438\">Les dettes de jeu d\u2019AIG<\/a>). L\u2019affaire est d\u00e9j\u00e0 en soi illustrative des libert\u00e9s que s\u2019accorde la Fed, dont on apprendra un jour, \u00e0 ce train l\u00e0, qu\u2019elle dispose en g\u00e9rance libre de tel ou tel paradis fiscal ! Mais les choses ne s\u2019arr\u00eatent pas l\u00e0, car la Fed, selon ses propres donn\u00e9es, aurait depuis la cr\u00e9ation de ces structures de cantonnement perdu la somme de 8,56 de milliards de dollars en d\u00e9pr\u00e9ciation. Une bagatelle qui, selon William Buiter qui s\u2019est empar\u00e9 de l\u2019affaire sur son blog, \u00ab ne tirerait plus du lit quiconque \u00e0 Washington DC ou \u00e0 Wall Street une heure plus t\u00f4t \u00bb. Sauf qu\u2019il est permis de se demande ce que valent \u00e0 leur tour ces d\u00e9pr\u00e9ciations, si elles ne sont pas aussi timides que celles que les banques font de leur c\u00f4t\u00e9&#8230; De toute fa\u00e7on, il s\u2019agit d\u2019une jolie pirouette, bien dans l\u2019esprit de la finance, que d\u2019avoir d\u2019abord utilis\u00e9 cet outil financier pour le moins contestable, pour ensuite faire dire aux chiffres sans doute n\u2019importe quoi. <\/p>\n<p>Des pirouettes, il n\u2019en manque pas par les temps qui courent. M\u00eame s\u2019il est difficile de qualifier ainsi la mesure que vient d\u2019annoncer le FMI, en application des d\u00e9cisions du dernier G20 de Londres. Alors que le d\u00e9bat fait rage \u00e0 propos des risques inflationnistes que la politique de cr\u00e9ation mon\u00e9taire des banques centrales, \u00e0 l\u2019exception de la BCE, fait courir \u00e0 l\u2019\u00e9conomie ; et que l\u2019on n\u2019entend que des proclamations assur\u00e9es et vertueuses sur la capacit\u00e9 qu\u2019auraient les banquiers centraux \u00e0 ass\u00e9cher \u00e0 temps le march\u00e9 des liquidit\u00e9s qu\u2019ils continuent d\u2019y d\u00e9verser. Dans ce contexte, le FMI vient de d\u00e9cider de battre monnaie \u00e0 son tour et sans l\u00e9siner, comme son statut le lui permet. Il a \u00e9mis 250 milliards de dollars, disponibles dans sa propre devise, les droits de tirage sp\u00e9ciaux (DTS). Libre \u00e0 chaque pays qui va b\u00e9n\u00e9ficier de cette manne, au pro-rata de ses droits de tirage pr\u00e9cis\u00e9ment, de l\u2019utiliser comme il l\u2019entend, pour ses besoins propres, ou pour le pr\u00eater \u00e0 des tiers. Il est pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 ce sujet, par souci de convenance certainement, aux pays \u00e9mergents. Il ne reste plus d\u00e9sormais aux apprentis d\u00e9tectives d\u2019Internet de suivre \u00e0 la trace la piste des transports de fond blind\u00e9s qui vont r\u00e9partir cette dotation tombant du ciel, qui pourrait ne pas n\u00e9cessairement \u00eatre redistribu\u00e9e aux plus n\u00e9cessiteux. Parole de banquier !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>CES BANQUES, OBJETS DE NOS RESSENTIMENTS <\/strong> <\/p>\n<p>Il faut encore revenir sur ce sempiternel sujet, loin d\u2019\u00eatre \u00e9puis\u00e9. 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