{"id":38550,"date":"2012-06-21T22:56:18","date_gmt":"2012-06-21T20:56:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=38550"},"modified":"2013-01-02T00:46:07","modified_gmt":"2013-01-01T23:46:07","slug":"ascenseur-pour-lechafaud-par-michel-leis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/06\/21\/ascenseur-pour-lechafaud-par-michel-leis\/","title":{"rendered":"<b>ASCENSEUR POUR L&rsquo;\u00c9CHAFAUD<\/b>, par Michel Leis"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Le caract\u00e8re devenu hautement sp\u00e9culatif des dettes souveraines, la multiplication des bulles, le nombre toujours croissant d\u2019instruments et d\u2019outils financiers sophistiqu\u00e9s dont il est si souvent question dans ce blog, tous ces constats renvoient \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re\u00a0: la sp\u00e9culation est avant tout la qu\u00eate d\u2019un surprofit. Oui, mais voil\u00e0, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 quoi\u00a0? Si l\u2019on met de c\u00f4t\u00e9 l\u2019aspect jeu (que l\u2019on ne peut pas \u00e9videmment totalement \u00e9carter), le minimum de rationalit\u00e9 que l\u2019on puisse attendre des acteurs du march\u00e9 est qu\u2019ils aient une id\u00e9e des rendements pour un capital \u00e9quivalent plac\u00e9 dans l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Ma premi\u00e8re hypoth\u00e8se, c\u2019est qu\u2019il existe un r\u00e9f\u00e9rentiel collectif sur les attentes de profit. C\u2019est celui qui s\u2019exprime au travers des articles d\u2019une certaine presse \u00e9conomique, qui se construit par l\u2019observation des entreprises \u00e9quivalentes, dans les d\u00eeners en ville, au travers des coteries d\u2019anciens \u00e9l\u00e8ves et dans cette multitude de lieux d\u2019\u00e9changes plus ou moins structur\u00e9s qu\u2019adorent fr\u00e9quenter les \u00e9lites. Les commentateurs boursiers expriment finalement une id\u00e9e similaire quand ils expliquent la variation d\u2019un cours par l\u2019annonce de r\u00e9sultats sup\u00e9rieurs ou inf\u00e9rieurs aux \u00ab\u00a0attentes\u00a0\u00bb du march\u00e9. Ce r\u00e9f\u00e9rentiel a un caract\u00e8re normatif, tant il influence la d\u00e9cision des investisseurs et des dirigeants d\u2019entreprise tout en restant du domaine de l\u2019ordre de grandeur.<\/p>\n<p><!--more-->La deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se, c\u2019est que la norme de profit s\u2019est \u00e9lev\u00e9e constamment depuis les ann\u00e9es 80. Je voudrais m\u2019arr\u00eater le temps d\u2019un billet sur ce mouvement ascensionnel et retourner les perspectives\u00a0: en quoi l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle a influenc\u00e9 la sp\u00e9culation\u00a0? Cette question n\u2019est pas seulement un jeu intellectuel, les pressions qui s\u2019exercent pour retirer un surprofit sont d\u2019autant plus insupportables que le point de d\u00e9part est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Il faut remettre dans une perspective historique les raisons de cette hausse qui rel\u00e8vent \u00e0 la fois de conditions objectives, des changements de mentalit\u00e9s et de l\u2019extension du champ du domaine marchand.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9misses de ce mouvement sont les bouleversements intervenus dans la norme de production \u00e0 partir des ann\u00e9es 60. Il ne s\u2019agit pas seulement des gains de productivit\u00e9 massifs r\u00e9sultant de la robotisation ou de l\u2019introduction dans les ann\u00e9es 80 de l\u2019informatique\u00a0; l\u2019ensemble des processus est revu, la flexibilit\u00e9 s\u2019accro\u00eet, le stock de produits finis et de composants se r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression, la sous-traitance de modules devient la r\u00e8gle.<\/p>\n<p>Ces gains de productivit\u00e9 ne vont pas se retrouver dans la norme de profit, mais ils vont changer en profondeur le contenu de la cha\u00eene de valeur. Les produits vont \u00e9voluer vers une diff\u00e9rentiation accrue fond\u00e9e sur l\u2019image, le tout port\u00e9 par un marketing qui prend de plus en plus d\u2019importance. Le renouvellement du produit fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9volution constante, des dur\u00e9es de vie plus courtes et l\u2019obsolescence technologique remplace l\u2019usure plus ou moins planifi\u00e9e. Une consommation signifiante se substitue \u00e0 la consommation de masse, c\u2019est le d\u00e9but de la forme moderne de la norme de consommation.<\/p>\n<p>Ces strat\u00e9gies s\u2019accompagnent de la recherche d\u2019une taille critique, per\u00e7ue comme n\u00e9cessaire pour renouveler constamment l\u2019offre et supporter les co\u00fbts de commercialisation croissants. Deux changements vont alors s\u2019op\u00e9rer. Tout d\u2019abord, cette taille critique n\u00e9cessite des moyens importants et contribue \u00e0 distendre les liens qui unissaient l\u2019apporteur de capital et son entreprise. L\u2019arch\u00e9type d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019investissement dans une holding avec un recours au cr\u00e9dit pour garder le contr\u00f4le. Ensuite une lutte sans merci va se faire jour pour prendre le meilleur dans la cha\u00eene de valeur. Des rapports de force s\u2019\u00e9tablissent entre industriels et sous-traitants, entre production et distribution, le tout s\u2019accompagne d\u2019une fixation asym\u00e9trique des prix et des marges.<\/p>\n<p>La d\u00e9localisation va \u00eatre l\u2019une des r\u00e9ponses apport\u00e9es \u00e0 cette probl\u00e9matique. Les op\u00e9rations de sous-traitance se pr\u00eatent bien \u00e0 l\u2019\u00e9clatement physique de la production et permettent de r\u00e9pondre aux pressions sur les prix. De plus, quand l\u2019industrie est dominante dans la cha\u00eene de valeur et que les op\u00e9rations de production sont tr\u00e8s simples, a quoi bon produire localement si la vraie valeur est celle du logo figurant sur le produit fini\u00a0? Quand la distribution est dominante, la pression sur les prix devient telle qu\u2019il n\u2019y a plus de possibilit\u00e9 de produire localement.<\/p>\n<p>La double d\u00e9cennie 1973 &#8211; 1993 va parachever ce processus. Le choc p\u00e9trolier, la mont\u00e9e du ch\u00f4mage se doublent de l\u2019affaiblissement de l\u2019Union Sovi\u00e9tique. La pression sociale se rel\u00e2che, certains syndicats se retrouvent sans bailleur de fonds. La strat\u00e9gie d\u2019affaiblissement du bloc de l\u2019Est obligeait au maintien d\u2019une vitrine sociale dans les \u00c9tats occidentaux, cette obligation dispara\u00eet. \u00a0Enfin, la chute du rideau de fer offre un nouveau terrain de jeu aux entreprises, \u00e0 la fois des possibilit\u00e9s additionnelles de sous-traitance \u00e0 bon march\u00e9 et un nouveau potentiel de client\u00e8le avide de consommer apr\u00e8s des ann\u00e9es de p\u00e9nurie. Toutes les conditions sont donc remplies, mais l\u2019examen de la rentabilit\u00e9 \u00e9conomique montre qu\u2019en 1980, celle-ci reste encore faible.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-1.png\" alt=\"\" title=\"Michel Leis 1\" width=\"700\" height=\"435\" class=\"aligncenter size-full wp-image-38551\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-1.png 1951w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-1-300x186.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-1-1024x636.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tincelle qui va entra\u00eener la norme de profit vers des sommets, c\u2019est la politique de r\u00e9duction des imp\u00f4ts, en particulier pour les soci\u00e9t\u00e9s. Margaret Thatcher va \u00eatre la premi\u00e8re \u00e0 agir en ce sens, mais le graphique ci-dessous montre que tous les pays vont finir par lui embo\u00eeter le pas. Au-del\u00e0 de l\u2019am\u00e9lioration imm\u00e9diate des profits, la culture \u00e9conomique va changer en profondeur. L\u2019argent n\u2019est plus un tabou. La rentabilit\u00e9 sur capitaux propres va se substituer jusque dans les PME \u00e0 la mesure de la rentabilit\u00e9 sur chiffre d\u2019affaires. C\u2019est le point de vue de l\u2019actionnaire qui pr\u00e9vaut.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-2.png\" alt=\"\" title=\"Michel Leis 2\" width=\"700\" height=\"430\" class=\"aligncenter size-full wp-image-38552\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-2.png 1988w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-2-300x184.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-2-1024x628.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><br \/>\n<em>Taux maximum de l\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s \u2013 Source OCDE<\/em><\/p>\n<p>La hausse conjointe de la norme de consommation et de la norme de profits a entra\u00een\u00e9 plusieurs r\u00e9troactions. En premier lieu, il y a une explosion du cr\u00e9dit, les particuliers financent \u00e0 cr\u00e9dit la consommation \u00ab\u00a0signifiante\u00a0\u00bb, les entreprises maximisent la rentabilit\u00e9 sur capitaux propres en jouant de l\u2019effet de levier, quand elles ne s\u2019endettent pas pour racheter leurs propres actions. A contrario, certaines industries \u00e0 forte intensit\u00e9 capitalistique deviennent beaucoup moins int\u00e9ressantes, le besoin de financement inh\u00e9rent \u00e0 leur activit\u00e9 ne leur permet pas d\u2019atteindre une rentabilit\u00e9 sur capitaux propres suffisante. Comme les op\u00e9rations de cr\u00e9dit sont par nature tr\u00e8s profitables, les banques affichent \u00a0des rentabilit\u00e9s sur capitaux propres stup\u00e9fiantes. Il faut rappeler que les banques d\u2019affaires am\u00e9ricaines ont atteint des chiffres de 18 \u00e0 20 % au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, ce qui contribue \u00e0 \u00e9lever la norme de profit. Ensuite, les fonds de pension am\u00e9ricains et autres hedge funds ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser au monde de l\u2019entreprise, le taux de rendement devenant plus proche des rendements sp\u00e9culatifs. Ils ont par la m\u00eame accentu\u00e9 la pression sur les attentes de profit et jou\u00e9 de toute la gamme pour atteindre leurs objectifs.<\/p>\n<p>Dans cette histoire de l\u2019\u00e9conomie triomphante, il y a bien s\u00fbr \u00ab\u00a0quelques\u00a0\u00bb r\u00e9troactions n\u00e9gatives. Le co\u00fbt social de cette hausse de la norme de profit a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Ce co\u00fbt s\u2019est additionn\u00e9 aux probl\u00e8mes des retraites et au co\u00fbt croissant des d\u00e9penses de sant\u00e9 (en voie d\u2019int\u00e9gration dans la sph\u00e8re marchande). Hors service de la dette, la part relative des d\u00e9penses de fonctionnement de l\u2019\u00c9tat a diminu\u00e9 de 13.7 % entre 1980 et 2010, celle des achats de 21.3 % tandis que la part relative des d\u00e9penses sociales a augment\u00e9 de 14.5 %, le tout avec une double r\u00e9duction du p\u00e9rim\u00e8tre de l\u2019\u00c9tat. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 les programmes sociaux ont \u00e9t\u00e9 revus \u00e0 la baisse, surtout dans les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. De l\u2019autre, l\u2019\u00c9tat a eu recours \u00e0 ces exp\u00e9dients que sont la privatisation des services publics et l\u2019extension de la sph\u00e8re marchande, le tout habill\u00e9 de consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales sur l\u2019efficacit\u00e9 et l\u2019ouverture \u00e0 la concurrence. La privatisation des services publics a \u00e9t\u00e9 une vache \u00e0 lait pour beaucoup d\u2019entreprises, surtout quand la position initiale de monopole a \u00e9t\u00e9 sous-\u00e9valu\u00e9e. L\u2019\u00c9tat a donc contribu\u00e9 \u00e0 augmenter la norme de profit et ces dommages collat\u00e9raux.<\/p>\n<p>Dans la lutte pour la cha\u00eene de valeur, il y a eu une sp\u00e9cialisation relative des pays. L\u2019Allemagne est rest\u00e9e centr\u00e9e sur l\u2019industrie tandis que la France est beaucoup plus pr\u00e9sente dans le domaine du commerce et de l\u2019\u00e9nergie. Pour donner une id\u00e9e, sur le chiffre d\u2019affaires r\u00e9alis\u00e9 par les 15 premi\u00e8res entreprises des deux pays, l\u2019industrie repr\u00e9sente 54 % en Allemagne (2.5 fois plus qu\u2019en France) tandis que le commerce et l\u2019\u00e9nergie repr\u00e9sentent 46 % en France (2.5 fois plus qu\u2019en Allemagne). Cette sp\u00e9cialisation relative n\u2019est pas sans cons\u00e9quence sur l\u2019\u00e9quilibre de la balance commerciale, les besoins de financement des \u00c9tats et les rentr\u00e9es fiscales\u00a0; l\u2019industrie tend \u00e0 remonter plus de r\u00e9sultats au si\u00e8ge parce que les investissements sont plus concentr\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour le particulier, la norme de consommation devient une fronti\u00e8re int\u00e9rieure qui oblige \u00e0 faire des choix en permanence, surtout quand le robinet du cr\u00e9dit se resserre. Les individus sacrifient en premier les produits dont la valeur ajout\u00e9e d\u2019image est incertaine. Alors que le march\u00e9 des tablettes ou des PDA est florissant, les consommateurs investissent moins dans des produits qui ne sont pas ou plus porteur d\u2019image. Une croissance nulle peut recouvrir des baisses sectorielles de 30%. Le z\u00e9ro stock recherch\u00e9 dans la norme de production moderne devient alors un couperet. R\u00e9duire les cadences est devenu beaucoup plus complexe et la seule variable d\u2019ajustement devient la fermeture ou non d\u2019une usine, le maintien ou non d\u2019une \u00e9quipe.<\/p>\n<p>Enfin, le recours massif des entreprises aux cr\u00e9dits pour b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019effet de levier devient un danger \u00e9norme si la conjoncture est difficile. Quand la rentabilit\u00e9 sur chiffre d\u2019affaires est faible et que les fonds propres sont insuffisants, le +1 % sur chiffre d\u2019affaires qui se transforme en \u20130,5 % entra\u00eene vite un d\u00e9p\u00f4t de bilan.<\/p>\n<p>L\u2019augmentation r\u00e9guli\u00e8re des r\u00e9sultats aurait pu entretenir une sp\u00e9culation de \u00ab\u00a0p\u00e8re de famille\u00a0\u00bb entre hausse conjointe des dividendes et des actions. Mais avec un tel niveau de r\u00e9sultats comme point de d\u00e9part, seule une bulle peut r\u00e9ellement cr\u00e9er un surprofit. La bulle n\u2019est plus un accident de parcours, elle devient in\u00e9vitable. Diminuer la norme de profit est une \u00e9tape fondamentale pour soigner le mal, car m\u00eame la mise en \u0153uvre de r\u00e8gles tr\u00e8s contraignantes contre la sp\u00e9culation ne peut suffire, celle-ci trouvera toujours de nouveaux terrains de jeu. En 2008, il y a eu une double bulle, celle de l\u2019immobilier et celle du cr\u00e9dit, la bulle immobili\u00e8re a explos\u00e9, les dettes souveraines \u00e0 risques deviennent le nouveau terrain de jeu. Au vu des taux demand\u00e9s, le montant des encours devient une nouvelle bulle dont l\u2019explosion annonc\u00e9e ne surprendra pas les lecteurs de ce blog.<\/p>\n<p>Deux questions vont pourtant \u00eatre centrales dans les mois qui vont suivre\u00a0: la mani\u00e8re dont l\u2019in\u00e9vitable destruction de valeur va s\u2019op\u00e9rer et la nouvelle r\u00e9gulation qui va s\u2019\u00e9tablir. On pourrait imaginer des sc\u00e9narios optimistes\u00a0: la prise de conscience des effets destructeurs de la norme de profit, sa r\u00e9gulation par une fiscalit\u00e9 adapt\u00e9e et harmonis\u00e9e entre les pays europ\u00e9ens (qui contribuerait aussi \u00e0 r\u00e9duire les d\u00e9ficits), un alignement social par le haut. Si ces points figurent dans le m\u00e9morandum transmis par la France \u00e0 la veille du sommet europ\u00e9en, les propos sur le retour \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 sont de nature \u00e0 refroidir l\u2019optimisme, cette fameuse comp\u00e9titivit\u00e9 dont on nous parle \u00e0 longueur de journaux int\u00e8gre aussi ces attentes de profits \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne qui occupe une position unique dans les processus d\u00e9crits ci-dessus (voir mon <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37566\">billet sur l\u2019illusion allemande<\/a>) s\u2019oppose \u00e0 toutes les r\u00e9formes en profondeur des disparit\u00e9s sociales et fiscales europ\u00e9ennes, officiellement au nom de la comp\u00e9titivit\u00e9, mais au fond, la comp\u00e9titivit\u00e9 n\u2019est-elle pas l\u2019autre nom de la norme de profit\u00a0? Pire encore, le programme de r\u00e9duction des d\u00e9ficits par la baisse des programmes sociaux contribue \u00e0 casser l\u2019autre grande r\u00e9gulation collective qu\u2019\u00e9tait la norme de consommation, sans qu\u2019une autre r\u00e9gulation collective ne vienne remplir ce vide.<\/p>\n<p>Comme dans le c\u00e9l\u00e8bre film de Louis Malle, nous voil\u00e0 coinc\u00e9s dans cet ascenseur, en route pour l\u2019\u00e9chafaud. L\u2019\u00e9conomie a \u00e9videmment toujours un alibi, les dirigeants europ\u00e9ens nous r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 l\u2019envi que sa bonne sant\u00e9 est indispensable \u00e0 notre bien-\u00eatre collectif. Le personnel politique, Angela Merkel en t\u00eate, joue les liftiers de service, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 jeter dehors ceux qu\u2019ils consid\u00e8rent comme un surpoids inutile. Monter, toujours monter, est-ce que le ciel des entreprises ne serait pas l\u2019enfer des individus\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le caract\u00e8re devenu hautement sp\u00e9culatif des dettes souveraines, la multiplication des bulles, le nombre toujours croissant d\u2019instruments et d\u2019outils financiers sophistiqu\u00e9s dont il est si souvent question dans ce blog, tous ces constats renvoient \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re\u00a0: la sp\u00e9culation est avant tout la qu\u00eate d\u2019un surprofit. 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