{"id":38818,"date":"2012-06-29T00:06:20","date_gmt":"2012-06-28T22:06:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=38818"},"modified":"2013-01-02T00:45:31","modified_gmt":"2013-01-01T23:45:31","slug":"linsolvabilite-ma-tue-par-michel-leis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/06\/29\/linsolvabilite-ma-tue-par-michel-leis\/","title":{"rendered":"<b>L&rsquo;INSOLVABILIT\u00c9 M&rsquo;A TU\u00c9<\/b>, par Michel Leis"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans la nouvelle r\u00e9union qui vient de s\u2019ouvrir \u00e0 Bruxelles, l\u2019attention des participants va une fois de plus osciller entre la situation des banques et celle des \u00c9tats, dans ce mouvement de pendule si bien d\u00e9crit par le ma\u00eetre des lieux dans une de ses derni\u00e8res chroniques du \u00ab\u00a0temps qu\u2019il fait\u00a0\u00bb. Comme beaucoup l\u2019ont soulign\u00e9 ici, les d\u00e9clarations d\u2019intention sont nombreuses pour solutionner les probl\u00e8mes structurels. Le surcro\u00eet d\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne \u00e0 la cote, mais les d\u00e9lais de mise en \u0153uvre sont longs. Dans l\u2019intervalle, le conjoncturel va dominer les travaux pratiques.<\/p>\n<p>L\u2019Espagne aurait souhait\u00e9 que l\u2019on traite l\u2019insolvabilit\u00e9 des banques sans mouiller les \u00c9tats (d\u00e9j\u00e0 refus\u00e9), l\u2019Allemagne voudrait que l\u2019on s\u2019occupe de celle des \u00c9tats, et la France voudrait que l\u2019on saupoudre un peu de croissance en esp\u00e9rant r\u00e9sorber une partie des d\u00e9ficits par la relance de l\u2019activit\u00e9. Les maux structurels ne sont finalement pris en compte qu\u2019\u00e0 la marge, sauf peut-\u00eatre dans l\u2019approche allemande qui a pourtant deux inconv\u00e9nients majeurs. Tout d\u2019abord, le volet \u00e9conomique n\u2019est pas transposable tel quel, comme je l\u2019\u00e9voquais dans un <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=37566\">pr\u00e9c\u00e9dent billet<\/a>\u00a0; ensuite, la r\u00e9duction des d\u00e9ficits de l\u2019\u00c9tat passe par de nouvelles contraintes qui p\u00e8sent sur le budget des m\u00e9nages.<\/p>\n<p><!--more-->\u00c0 force de parler de l\u2019insolvabilit\u00e9 des \u00c9tats et des banques, on a bien peu \u00e9voqu\u00e9 les probl\u00e8mes soulev\u00e9s par l\u2019insolvabilit\u00e9 croissante des individus. Pour \u00eatre plus juste, je devrais plut\u00f4t \u00e9voquer une d\u00e9solvabilisation rampante, ph\u00e9nom\u00e8ne qui est apparu dans le courant des ann\u00e9es 80. C\u2019est pourtant l\u00e0 que se trouvent les limites de la copie allemande comme celles de la copie fran\u00e7aise, l\u2019effet de bord pr\u00e9visible des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 comme de relance. Les plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 fond\u00e9s sur un d\u00e9sendettement et une recherche de comp\u00e9titivit\u00e9 ont des effets beaucoup plus violents que ce que l\u2019on serait en droit d\u2019attendre. L\u2019impact est diff\u00e9renci\u00e9 par secteurs, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai, et au final une grande partie de l\u2019industrie europ\u00e9enne en sort affaiblie tandis que la balance des paiements ne s\u2019am\u00e9liore pas autant qu\u2019esp\u00e9r\u00e9. Curieusement, les effets d\u2019une relance, en particulier par la consommation, pourraient \u00eatre assez proches. Il n\u2019est pas s\u00fbr que l\u2019industrie europ\u00e9enne en sorte en meilleure posture et si l\u2019on peut esp\u00e9rer des rentr\u00e9es fiscales suppl\u00e9mentaires en raison d\u2019une propension \u00e0 consommer \u00e9lev\u00e9e, la d\u00e9gradation pr\u00e9visible de la balance commerciale n\u00e9cessiterait des besoins de financement accrus.<\/p>\n<p>Il y a toujours cette tentation du \u00ab\u00a0toutes choses \u00e9gales par ailleurs\u00a0\u00bb, qui tend \u00e0 interpr\u00e9ter une tendance comme la continuit\u00e9 de mouvements pass\u00e9s. Il en est ainsi de l\u2019analyse des statistiques salariales, qui en premi\u00e8re lecture ont continu\u00e9 \u00e0 suivre bon an mal an l\u2019inflation, pr\u00e9servant ainsi le pouvoir d\u2019achat. Nonobstant le fait que cette hausse globale n\u2019est probablement pas \u00e9quitablement r\u00e9partie, des ph\u00e9nom\u00e8nes complexes successifs ont certainement amen\u00e9 beaucoup de m\u00e9nages europ\u00e9ens dans une situation beaucoup plus difficile qu\u2019il n\u2019y para\u00eet.<\/p>\n<p>Cette limite de solvabilit\u00e9 est apparue de mani\u00e8re brutale avec l\u2019\u00e9clatement des bulles immobili\u00e8res un peu partout en Europe, m\u00eame si la situation par pays est contrast\u00e9e. L\u2019Allemagne n\u2019a pas connu de bulle, l\u2019Espagne conna\u00eet une situation complexe entre l\u2019effondrement du march\u00e9 autour des grandes m\u00e9tropoles (l\u2019arriv\u00e9e en avion \u00e0 Madrid est \u00e9difiante avec ces lotissements bien visibles, mais jamais termin\u00e9s) tandis que l\u2019immobilier de loisirs ne trouve plus de clients \u00e9trangers. Cependant, limiter la perte de solvabilit\u00e9 \u00e0 la part croissante consacr\u00e9e au logement par les m\u00e9nages est bien trop r\u00e9ducteur. Cette ponction n\u2019a \u00e9t\u00e9 qu\u2019un d\u00e9clencheur et un r\u00e9v\u00e9lateur de processus bien plus anciens. Deux aspects sont \u00e9videmment \u00e0 prendre en ligne de compte dans cette d\u00e9solvabilisation, les revenus et les d\u00e9penses.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de revenus, la d\u00e9gradation est structurelle et s\u2019inscrit dans une perspective de long terme. Le b\u00e9n\u00e9fice social et financier des \u00e9tudes est de plus en plus al\u00e9atoire. Les dipl\u00f4mes se banalisent, et des professions qui semblaient \u00e0 l\u2019abri des d\u00e9localisations ne le sont plus. Il suffit de voir le d\u00e9veloppement de l\u2019informatique en Inde ou de plates-formes de services t\u00e9l\u00e9phoniques dans les pays du Maghreb. Dans les entreprises, les pyramides aux formes tr\u00e8s \u00e9cras\u00e9es avec leurs nombreux \u00e9chelons interm\u00e9diaires (je parle d\u2019un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas conna\u00eetre) reprennent une forme beaucoup plus verticale. L\u2019objectif de profit qui s\u2019impose \u00e0 tous est peu compatible avec les \u00e9chelons de pouvoir interm\u00e9diaire. Il en r\u00e9sulte un blocage progressif de l\u2019ascenseur social, qui vient s\u2019ajouter \u00e0 celui r\u00e9sultant de la d\u00e9valuation de la valeur des dipl\u00f4mes. La d\u00e9sindexation des salaires s\u2019est peu \u00e0 peu impos\u00e9e, sous pr\u00e9texte de lutte contre l\u2019inflation. Les hausses apparentes du pouvoir d\u2019achat recouvrent souvent une part de salaire variable li\u00e9e aux r\u00e9sultats qui s\u2019est en partie substitu\u00e9e aux augmentations automatiques. La mont\u00e9e apparente des salaires devient un trompe-l\u2019\u0153il qui se traduit par une pression accrue sur les salari\u00e9s. Mais bien s\u00fbr, mieux vaut cette pression accrue que le p\u00e9rim\u00e8tre toujours plus r\u00e9duit des allocations et des aides sociales qui les assimilent de plus en plus \u00e0 la charit\u00e9.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des d\u00e9penses, je voudrais commencer par cette autre illusion que sont les politiques fiscales d\u2019inspiration lib\u00e9rale. Le montant des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires n\u2019a pas diminu\u00e9, il est de fait rest\u00e9 tr\u00e8s stable en % du PIB. Il s\u2019\u00e9tablit \u00e0 environ 43 % du PIB depuis 1985 avec deux pics, l\u2019un en 1999, l\u2019autre en 2006. Sa r\u00e9partition est extr\u00eamement int\u00e9ressante.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis.png\" alt=\"\" title=\"Michel Leis\" width=\"700\" height=\"422\" class=\"aligncenter size-full wp-image-38819\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis.png 1059w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-300x180.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis-1024x616.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>R\u00e9partition des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires \u2013 source OCDE<\/em><\/p>\n<p>La diminution relative des imp\u00f4ts des soci\u00e9t\u00e9s montre quel a \u00e9t\u00e9 le v\u00e9ritable enjeu\u00a0: en monnaie courante, ils ont diminu\u00e9 de 7 % entre 2000 et 2010, ce qui est remarquable si l\u2019on pense \u00e0 la hausse des profits sur la m\u00eame p\u00e9riode. Ce graphique montre aussi l\u2019accroissement des recettes des collectivit\u00e9s locales, r\u00e9sultant \u00e0 la fois de la hausse des imp\u00f4ts locaux et de la valeur croissante des biens immobiliers. Elles ont servi \u00e0 financer le transfert d\u2019une partie de la charge de l\u2019\u00c9tat, en particulier dans le domaine social, vers les collectivit\u00e9s locales.<\/p>\n<p>\u00c0 cet aspect visible s\u2019ajoute un double transfert vers les individus. Tout d\u2019abord, une partie des services publics (parfois privatis\u00e9s) sont rentr\u00e9s dans une logique marchande. Des logiques de substitution ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre qui p\u00e8sent dans les budgets individuels. Essayez aujourd\u2019hui de r\u00e9aliser une liaison transversale en train en France sans que l\u2019on ne vous vende un passage par Paris\u00a0! Bien s\u00fbr, cette liaison inclue des billets TGV avec leurs tarifications sp\u00e9cifiques, beaucoup plus \u00e9lev\u00e9es que les liaisons classiques, le tout pour des gains de temps parfois d\u00e9risoires. La g\u00e9n\u00e9ralisation des tickets mod\u00e9rateurs et autres m\u00e9dicaments non rembours\u00e9s correspond \u00e0 la m\u00eame logique de transfert\u00a0: une d\u00e9pense qui \u00e9tait presque totalement du domaine des services \u00a0publics est maintenant support\u00e9e par le particulier, qui souscrit des assurances marchandes pour y faire face.<\/p>\n<p>Souvent ignor\u00e9e dans les analyses parce que relativement marginale dans les budgets publics, cette baisse s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une v\u00e9ritable logique d\u2019imp\u00f4t cach\u00e9. Par exemple, la vente des licences UMTS (en fait un droit d\u2019exploiter une fr\u00e9quence) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9e en grande partie par les op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie mobile sur leurs clients. Il faut rappeler qu\u2019en Grande-Bretagne par exemple, la vente des licences de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration en 2002 a rapport\u00e9 environ 40 milliards d\u2019Euros \u00e0 l\u2019\u00c9tat, montant qui doit toujours \u00eatre sur les factures des clients europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Mais l\u2019inflation pourrait aussi s\u2019appr\u00e9cier en creux, par la multitude d\u2019objets qui nous semblent aujourd\u2019hui indispensables, pas seulement par leur fonction ou leur utilit\u00e9, mais aussi par la plus-value d\u2019image, le sentiment d\u2019appartenance et de reconnaissance qu\u2019ils nous apportent. L\u2019informatique, les appareils mobils de communication, la photo num\u00e9rique, les consoles de jeu, tous ces nouveaux produits du quotidien apparus il y a moins de trente ans ont donn\u00e9 lieu \u00e0 ces deux nouvelles vaches \u00e0 lait du capitalisme mondial que sont l\u2019abonnement (communication, antivirus) et la consommation de suite (logiciels, jeu, mise \u00e0 jour, etc.). Ces paiements r\u00e9currents viennent s\u2019ajouter aux cr\u00e9dits souscrits par les m\u00e9nages pour leur consommation et leur logement.<\/p>\n<p>Au final la limite est de plus en plus mince pour une grande majorit\u00e9 des m\u00e9nages entre solvabilit\u00e9 et insolvabilit\u00e9. La multitude d\u2019objets propos\u00e9s par les entreprises nous oblige \u00e0 r\u00e9viser en permanence notre norme de consommation, v\u00e9ritable fronti\u00e8re int\u00e9rieure. L\u2019appartenance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9side surtout dans ces petits d\u00e9tails qui nous font encore appartenir au groupe ou nous en excluent. Il est int\u00e9ressant de noter que le graphique sur les imp\u00f4ts fait appara\u00eetre une \u00e9rosion de la part relative de la TVA, signe d\u2019un essoufflement de la consommation, alors que le taux est rest\u00e9 constant (\u00e0 l\u2019exception de la restauration) depuis cette date.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis2.png\" alt=\"\" title=\"Michel Leis2\" width=\"700\" height=\"432\" class=\"aligncenter size-full wp-image-38820\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis2.png 1196w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis2-300x185.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-Leis2-1024x631.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Cette r\u00e9vision constante de la norme de consommation p\u00e8se sur le budget des m\u00e9nages, mais elle trace aussi les limites de la solution allemande comme de la solution fran\u00e7aise. La consommation s\u2019est stratifi\u00e9e en trois grandes composantes. Une consommation de n\u00e9cessit\u00e9 difficilement compressible, une consommation variable d\u2019appartenance qui peut \u00eatre sacrifi\u00e9e pour tout ou partie et enfin une part dynamique, celle qui porte encore l\u2019inscription dans le social. On assiste \u00e0 un r\u00e9tr\u00e9cissement de ce qui \u00e9tait le c\u0153ur de march\u00e9, coinc\u00e9 entre un haut de gamme qui reste dynamique (il y a peu d\u2019\u00e9lasticit\u00e9 prix) et un bas de gamme qui sert de consommation de substitution.<\/p>\n<p>L\u2019illusion allemande tient en partie \u00e0 son positionnement dans le march\u00e9. On ach\u00e8te des habits chinois pour payer un abonnement \u00e0 un op\u00e9rateur europ\u00e9en de t\u00e9l\u00e9com et utiliser un PDA d\u2019une c\u00e9l\u00e8bre marque \u00e0 la pomme, lui aussi fabriqu\u00e9 en Chine. Il y a mobilisation des moyens des individus pour cr\u00e9er une plus-value d\u2019image individuelle qui tend \u00e0 d\u00e9grader la balance commerciale du pays. Par contre la part variable de cette consommation peut \u00eatre sacrifi\u00e9e brutalement. La Gr\u00e8ce a ainsi vu son march\u00e9 automobile divis\u00e9 par 3 depuis 2007, tandis que le PIB diminuait \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb d\u2019environ 10 %. Comme la Gr\u00e8ce ne fabrique pas d\u2019automobiles, sa balance commerciale s\u2019en trouve am\u00e9lior\u00e9e, mais c\u2019est l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une usine (c\u2019est un petit march\u00e9 \u00e0 l\u2019aune europ\u00e9enne) qu\u2019il faudrait fermer en Europe pour prendre en compte cette situation. Quand on arrive aux limites de la solvabilit\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 nous entra\u00eenent les politiques de rigueur, on assiste \u00e0 un double ph\u00e9nom\u00e8ne. Les secteurs les plus touch\u00e9s se stratifient entre un bas de gamme qui n\u2019est plus produit localement et un haut de gamme qui ne b\u00e9n\u00e9ficie qu\u2019\u00e0 un nombre limit\u00e9 d\u2019acteurs. Autant dire que l\u2019am\u00e9lioration de la balance commerciale est insuffisante, ce qui g\u00e9n\u00e8re des probl\u00e8mes de refinancement pour les banques. De m\u00eame, les rentr\u00e9es fiscales diminuent fortement. La violence des ajustements est un param\u00e8tre tr\u00e8s mal appr\u00e9ci\u00e9 dans l\u2019approche des politiques de rigueur.<\/p>\n<p>La vieille Europe a pour l\u2019essentiel rat\u00e9 le tournant des produits au c\u0153ur de la norme de consommation, en partie par erreur dans les strat\u00e9gies industrielles, en partie parce que le rapport de force dans la cha\u00eene de valeur de ces nouveaux produits s\u2019est orient\u00e9 vers la distribution et la vente de services annexes. Il y a une fracture entre les pays qui g\u00e9n\u00e8rent la richesse de leurs entreprises dans l\u2019industrie et ceux qui la cr\u00e9ent plut\u00f4t dans la distribution ou les services. Les flux financiers cr\u00e9\u00e9s y suivent un circuit particulier. Le flux est atomis\u00e9 entre les points de vente, les investissements sont dispers\u00e9s, configuration qui facilite l\u2019optimisation fiscale. De l\u2019emploi se cr\u00e9e dans les \u00c9tats, plus rarement du profit et des rentr\u00e9es fiscales, mais la balance des paiements devient chroniquement d\u00e9ficitaire. Cette caract\u00e9ristique fait que toute relance de la croissance qui serait fond\u00e9e sur la consommation risquerait de se traduire par une d\u00e9gradation de la balance commerciale, et ne b\u00e9n\u00e9ficierait que marginalement aux industries europ\u00e9ennes. Or, la zone euro ne fonctionne pas comme un seul \u00c9tat, la balance commerciale reste du domaine de chacun des \u00c9tats.<\/p>\n<p>Une approche structurelle digne de ce nom devrait int\u00e9grer cette dichotomie des \u00c9tats et mettre \u00e0 contribution l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Au-del\u00e0 de l\u2019harmonisation fiscale et sociale, le retour ou non sur le territoire national de la richesse cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur par les entreprises nationales est un enjeu, comme l\u2019est le partage de la valeur ajout\u00e9e entre travail et capital. Comme ces questions ne semblent pas \u00eatre \u00e0 l\u2019ordre du jour \u00e0 Bruxelles, il m\u2019arrive d\u2019avoir envie de go\u00fbter \u00e0 nouveau \u00e0 cette drogue douce qu\u2019\u00e9tait le couple inflation\u00a0\/ indexation\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans la nouvelle r\u00e9union qui vient de s\u2019ouvrir \u00e0 Bruxelles, l\u2019attention des participants va une fois de plus osciller entre la situation des banques et celle des \u00c9tats, dans ce mouvement de pendule si bien d\u00e9crit par le ma\u00eetre des lieux dans une de ses derni\u00e8res chroniques du \u00ab\u00a0temps qu\u2019il fait\u00a0\u00bb. 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