{"id":39526,"date":"2012-07-16T15:47:28","date_gmt":"2012-07-16T13:47:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=39526"},"modified":"2013-01-02T00:44:26","modified_gmt":"2013-01-01T23:44:26","slug":"le-monde-economie-le-scandale-du-libor-cetait-en-2008-lundi-16-mardi-17-juillet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/07\/16\/le-monde-economie-le-scandale-du-libor-cetait-en-2008-lundi-16-mardi-17-juillet\/","title":{"rendered":"<b>LE MONDE-\u00c9CONOMIE : \u00ab\u00a0LE SCANDALE DU LIBOR, C&rsquo;\u00c9TAIT EN 2008 \u00bb, lundi 16 &#8211; mardi 17 juillet<\/b>"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2012\/07\/16\/le-scandale-du-libor-c-etait-en-2008_1734050_3234.html\" target=\"_blank\">Le scandale du LIBOR, c&rsquo;\u00e9tait en 2008<\/a><\/p>\n<p><strong>The English version of this post <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog_en\/?p=813\" target=\"_blank\">can be found here<\/a>.<\/strong><\/p>\n<p>Quand l\u2019affaire du LIBOR \u00e9clata en avril 2008, les commentaires de la presse furent pour le moins laconiques. Quand le feu qui couvait reprit le mois dernier avec la condamnation de la Barclays pour avoir manipul\u00e9 ces taux r\u00e9glant les pr\u00eats en dollars que les banques se consentent entre elles, on assista au contraire \u00e0 un feu d\u2019artifice m\u00e9diatique. La Barclays \u00e9tait alors l\u2019une des seize banques (18 aujourd\u2019hui) en charge de communiquer les donn\u00e9es qui permettent le calcul de ces taux.<\/p>\n<p>Un \u00e9v\u00e9nement qui n\u2019avait provoqu\u00e9 qu\u2019un froncement de sourcils en 2008 fait trembler aujourd\u2019hui sur ses bases non seulement la City mais la finance toute enti\u00e8re. Il faut s\u2019interroger sur le principe qui r\u00e8gle la dynamique de l\u2019indignation qui fait qu\u2019\u00e0 deux moments du temps les r\u00e9actions du public au m\u00eame \u00e9v\u00e9nement peuvent \u00eatre d\u2019un autre ordre de grandeur.<\/p>\n<p>Pourquoi une telle indiff\u00e9rence de l\u2019opinion au moment des faits et pourquoi la secousse sismique des semaines r\u00e9centes, conduisant \u00e0 la d\u00e9mission des trois principaux dirigeants de la Barclays, jetant \u00e9galement la suspicion sur le candidat pressenti \u00e0 la t\u00eate de la Banque d\u2019Angleterre et, par son truchement, sur le gouvernement britannique \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits. George Osborne, Chancelier de l\u2019\u00c9chiquier, d\u00e9clare que les faits r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00ab\u00a0sont symptomatiques d\u2019un syst\u00e8me financier qui a \u00e9lev\u00e9 la cupidit\u00e9 par-dessus toute autre consid\u00e9ration et a mis notre \u00e9conomie \u00e0 genoux\u00a0\u00bb, pour ajouter\u00a0que \u00ab\u00a0La fraude est un crime quand il s\u2019agit des affaires ordinaires \u2013 pourquoi devrait-il en \u00eatre autrement quand il s\u2019agit de la banque\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le paiement par la Barclays d\u2019une amende d\u2019un montant consid\u00e9rable (365 millions d\u2019euros) n\u2019aurait d\u00fb \u00eatre qu\u2019une fa\u00e7on de tourner la page sur des \u00e9v\u00e9nements datant de plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0. D\u2019autant qu\u2019il est clair que dans l\u2019affaire du LIBOR, la Barclays \u00e9tait parmi les seize banques, l\u2019une des moins coupables certainement, et ayant fait preuve de bonne volont\u00e9 en coop\u00e9rant avec les autorit\u00e9s, ceci expliquant d\u2019ailleurs le rabais de 30% dont elle b\u00e9n\u00e9ficie en Grande-Bretagne sur le montant de l\u2019amende.<\/p>\n<p>Il serait caricatural de n\u2019\u00e9voquer qu\u2019un \u00ab\u00a0simple exercice de <em>com<\/em> ayant mal tourn\u00e9\u00a0\u00bb puisqu\u2019il s\u2019agit quand m\u00eame de d\u00e9cisions de justice, mais les r\u00e9gulateurs auraient pu esp\u00e9rer que le point final mis \u00e0 l\u2019affaire serait re\u00e7u par le public avec la m\u00eame indiff\u00e9rence que celui-ci avait t\u00e9moign\u00e9e lorsqu\u2019elle \u00e9clata en avril 2008. Il n\u2019en a rien \u00e9t\u00e9. Comment expliquer alors ce retard \u00e0 l\u2019allumage de quatre ans dans l\u2019indignation du public\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019explication n\u00e9cessite ce que le physicien appelle un effet \u00ab\u00a0non-lin\u00e9aire\u00a0\u00bb\u00a0: le passage d\u2019un seuil faisant qu\u2019une situation change soudain de nature. On pense au <em>Magicien d\u2019Oz<\/em> (1900) de Frank Baum, o\u00f9 l\u2019ouverture accidentelle d\u2019un rideau fait d\u00e9couvrir que le monde enchant\u00e9 (m\u00e9taphore du syst\u00e8me mon\u00e9taire am\u00e9ricain) n\u2019est qu\u2019un artifice mis en sc\u00e8ne par un vieillard poussant des manettes.<\/p>\n<p>Ce qui a brutalement lev\u00e9 le rideau pour les Britanniques et leur a indiqu\u00e9 sous quelle lumi\u00e8re l\u2019affaire du LIBOR devait \u00eatre vue, c\u2019est bien s\u00fbr l\u2019affaire Murdoch.<\/p>\n<p>Les Britanniques d\u00e9couvriraient en 2011 que 4.000 d\u2019entre eux avaient leur bo\u00eete vocale pirat\u00e9e par <em>News of the World<\/em>, organe de presse \u00ab\u00a0de caniveau\u00a0\u00bb appartenant \u00e0 l\u2019empire de presse de Rupert Murdoch, Australien d\u2019origine devenu Am\u00e9ricain. Parmi les victimes\u00a0: des vedettes, des membres de la famille royale, mais aussi des sans-grade\u00a0: soldats de retour d\u2019Afghanistan, rescap\u00e9s d\u2019attentats londoniens.<\/p>\n<p>L\u2019affaire \u00e9tait apparue en surface quand le t\u00e9l\u00e9phone d\u2019une adolescente assassin\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 pirat\u00e9 et certains messages effac\u00e9s par un journaliste de <em>News of the World<\/em>, faisant esp\u00e9rer \u00e0 ses proches qu\u2019elle soit encore en vie. Les plaintes des victimes n\u2019aboutissaient jamais parce que Murdoch corrompait parall\u00e8lement les services de police qui \u00e9touffaient alors les affaires. La col\u00e8re \u00e9claterait dans l\u2019opinion et les projecteurs se dirigeraient vers la porte tournante \u00e0 grande vitesse existant entre sbires de l\u2019empire Murdoch et membres du gouvernement britannique. L\u2019\u00e9troitesse des relations entre David Cameron, premier ministre et Rupert Murdoch lui-m\u00eame, se situait sans aucun doute dans la zone d\u2019inconfort.<\/p>\n<p>Sous le nouvel \u00e9clairage, la fraude \u00e0 la petite semaine chez Barclays, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans les attendus du FSA (<em>Financial Services Authority<\/em>), le r\u00e9gulateur britannique, cessait d\u2019\u00eatre de la malhonn\u00eatet\u00e9 ordinaire, pour appara\u00eetre comme l\u2019un des r\u00e9v\u00e9lateurs parmi d\u2019autres d\u2019une classe dirigeante arrogante, ne s\u2019embarrassant pas de r\u00e8gles et arrangeant les affaires selon son bon plaisir, tout en ne maintenant que le minimum d\u2019apparences n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>L\u2019affaire du LIBOR, c\u2019est l\u2019histoire du d\u00e9vot qui a toujours accept\u00e9 comme parole d\u2019\u00e9vangile les pr\u00eaches de son pr\u00eatre, mais qui cesse soudainement de croire \u00e0 tout ce qu\u2019il a entendu parce qu\u2019il d\u00e9couvre accidentellement que la barbe que celui-ci porte est fausse.<\/p>\n<p>La question qui se pose maintenant est celle-ci\u00a0: si la chute de la moins coupable des banques responsables du LIBOR a d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 un tel effondrement, \u00e0 quoi faut-il s\u2019attendre quand sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le ch\u00e2timent qui est promis aux autres\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2012\/07\/16\/le-scandale-du-libor-c-etait-en-2008_1734050_3234.html\" target=\"_blank\">Le scandale du LIBOR, c&rsquo;\u00e9tait en 2008<\/a><\/p>\n<p><strong>The English version of this post <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog_en\/?p=813\" target=\"_blank\">can be found here<\/a>.<\/strong><\/p>\n<p>Quand l\u2019affaire du LIBOR \u00e9clata en avril 2008, les commentaires de la presse furent pour le moins laconiques. 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