{"id":39622,"date":"2012-07-17T15:03:45","date_gmt":"2012-07-17T13:03:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=39622"},"modified":"2013-01-02T00:44:25","modified_gmt":"2013-01-01T23:44:25","slug":"lactualite-de-la-crise-le-dernier-ressort-fonctionne-t-il-encore-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/07\/17\/lactualite-de-la-crise-le-dernier-ressort-fonctionne-t-il-encore-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LE DERNIER RESSORT FONCTIONNE-T-IL ENCORE ?<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Le dernier ressort fait \u00e0 son tour question : ce que l&rsquo;on peut attendre de la BCE devient sujet de discussion. Christian Noyer, le pr\u00e9sident de la Banque de France et \u00e0 ce titre \u00e9galement gouverneur de la BCE, a mang\u00e9 le morceau. Il a reconnu que baisser une nouvelle fois le taux directeur de la BCE &#8211; qui vient de le diminuer \u00e0 0,75 % &#8211; et mettre \u00e0 z\u00e9ro le taux de r\u00e9mun\u00e9ration des d\u00e9p\u00f4ts bancaires n\u2019a dans la pratique que peu d\u2019effet. Dans le jargon des banquiers centraux, cela donne\u00a0: \u00ab\u00a0nous avons un clair probl\u00e8me de transmission de la politique mon\u00e9taire\u00a0\u00bb. Aux yeux des march\u00e9s, constate-t-il, le co\u00fbt de financement de la dette souveraine prend le pas sur le taux de base de la BCE dans l\u2019appr\u00e9ciation des taux qu\u2019ils pratiquent lorsqu\u2019ils pr\u00eatent aux banques. <\/p>\n<p>Le gouverneur ajoute qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019y rem\u00e9dier en se reposant sur l\u2019autre instrument privil\u00e9gi\u00e9 de la banque centrale &#8211; le financement massif des banques commerciales par des pr\u00eats \u00e0 trois ans &#8211; car cela implique d\u2019accueillir dans son bilan l\u2019\u00e9quivalent en liquidit\u00e9s. C\u2019est-\u00e0-dire en collat\u00e9raux apport\u00e9s en garantie et dont la BCE devient propri\u00e9taire avant de les revendre \u00e0 l\u2019occasion du remboursement des pr\u00eats, si toutefois celui-ci intervient\u2026 <\/p>\n<p><!--more-->Christian Noyer pourrait \u00eatre plus explicite \u00e0 ce sujet, sa remarque pouvant \u00eatre formul\u00e9e autrement. Apr\u00e8s avoir abaiss\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises les seuils d\u2019acceptabilit\u00e9 des actifs fournis par les banques en garantie de leurs emprunts, et avoir tent\u00e9 de diluer le probl\u00e8me au sein de l\u2019Eurosyst\u00e8me en reportant sur les banques centrales nationales la charge de les accepter dans leurs bilans, la BCE est plac\u00e9e devant la perspective de continuer ou non sur cette voie. Ce qui la conduirait \u00e0 accepter des actifs de plus en plus pourris ou bien de la dette souveraine des pays attaqu\u00e9s sur le march\u00e9, dont la valeur diminue quand son taux monte. Rien de r\u00e9jouissant quand on s\u2019interroge sur la capacit\u00e9 de son emprunteur \u00e0 vous rembourser, m\u00eame quand on s\u2019appelle BCE.<\/p>\n<p>Certes, celle-ci se prot\u00e8ge en appliquant une d\u00e9cote sur les actifs pris en pension (c\u2019est l\u2019expression consacr\u00e9e), mais cela ne r\u00e8gle pas le probl\u00e8me : plus la d\u00e9cote est forte, plus les banques doivent puiser dans leurs stocks d\u2019actifs et apporter des titres de moins en moins bonne qualit\u00e9. <\/p>\n<p>L\u2019autre instrument privil\u00e9gi\u00e9, la diminution du taux directeur de la BCE, fait \u00e9galement probl\u00e8me. Il menace les fonds mon\u00e9taires en laminant leurs marges et en incitant les investisseurs \u00e0 s\u2019en retirer en rachetant leurs actions, ce qui amplifie l\u2019effet. Le ph\u00e9nom\u00e8ne a d\u00e9j\u00e0 pris de l\u2019ampleur, selon Standard &#038; Poor\u2019s. En voulant diminuer le co\u00fbt de l\u2019argent afin de faciliter les emprunts des banques pour les aider, la BCE prend le risque de mettre en p\u00e9ril un placement pris\u00e9 car consid\u00e9r\u00e9 comme peu risqu\u00e9, ce qui ne court pas les rues.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de la BCE de conseiller aux ministres europ\u00e9ens d\u2019inclure les d\u00e9tenteurs de cr\u00e9ances seniors dans le sauvetage des banques espagnoles, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 ce jour suivi d\u2019effet, est un autre \u00e9l\u00e9ment du puzzle. Elle aurait \u00e9t\u00e9 prise pour une fois \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, ce qui incite \u00e0 se demander pourquoi. Deux raisons ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9es dans cette chronique : l\u2019une, \u00e0 court terme, est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter de conforter la demande des Irlandais, des Grecs et des Portugais de b\u00e9n\u00e9ficier r\u00e9troactivement du m\u00eame traitement. L\u2019autre serait qu\u2019il faut minorer la charge financi\u00e8re report\u00e9e sur les \u00c9tats, d\u00e9j\u00e0 proches de sombrer. Un troisi\u00e8me facteur est toutefois entr\u00e9 en ligne de compte dans le tournant de la BCE : les moyens du FESF sont limit\u00e9s et ceux du MES ne seront pas op\u00e9rationnels avant au mieux la mi-septembre. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait donc de ne pas trop solliciter le premier.<\/p>\n<p>\u00c0 entendre le commissaire europ\u00e9en Michel Barnier ou Christian Noyer, la BCE est pr\u00eate \u00e0 assumer la t\u00e2che de supervision des banques de la zone euro, le second pr\u00e9cisant \u00ab\u00a0d\u00e8s demain\u00a0\u00bb et le premier se contentant de la fin de l\u2019ann\u00e9e. Mais une chose est de superviser, une autre de disposer des moyens permettant de faire face aux probl\u00e8mes d\u00e9tect\u00e9s. On a vu comment le renforcement des fonds propres des banques par leurs propres moyens pouvait \u00eatre on\u00e9reux et enregistr\u00e9 que la BCE ne pouvait pas y pourvoir de mani\u00e8re illimit\u00e9e. D&rsquo;autant qu\u2019il faudra rembourser dans deux ans et demi maintenant les emprunts massifs qui ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019elle, sauf \u00e0 les faire <i>rouler<\/i>. <\/p>\n<p>Si le MES est destin\u00e9 dans ces conditions \u00e0 \u00eatre une sorte de soupape de s\u00e9curit\u00e9, les \u00c9tats prenant donc le relais de la BCE, faut-il encore qu\u2019il soit suffisamment dot\u00e9. On peut fortement en douter, car il a \u00e9galement pour mission de prot\u00e9ger des effets nuisibles du march\u00e9 les banques en plus des \u00c9tats. Or les premi\u00e8res n\u2019\u00e9taient pas originellement pr\u00e9vues dans le dispositif ! Tout cela annonce de nouvelles discussions difficiles, dans le contexte d\u2019une Allemagne qui se recroqueville, les L\u00e4nder les plus riches en venant \u00e0 mettre en cause la p\u00e9r\u00e9quation nationale des moyens des \u00c9tats r\u00e9gionaux, dans la suite de cette logique. <\/p>\n<p>Un dernier d\u00e9bat traverse les \u00e9diles europ\u00e9ens \u00e0 propos du p\u00e9rim\u00e8tre de la zone de surveillance exerc\u00e9e par la BCE. Les uns voudraient qu\u2019elle englobe tout le syst\u00e8me financier, les autres qu\u2019elle soit restreinte aux seuls grands \u00e9tablissements <i>syst\u00e9miques<\/i>, ceux qui posent jusqu\u2019\u00e0 maintenant le moins de probl\u00e8mes ! On ne pourra s\u2019emp\u00eacher de penser qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter qu\u2019il soit fouill\u00e9 dans de v\u00e9n\u00e9rables armoires de grand-m\u00e8res, celles dont les autorit\u00e9s politiques locales de certains pays oppos\u00e9es \u00e0 cet \u00e9largissement ont la cl\u00e9. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le dernier ressort fait \u00e0 son tour question : ce que l&rsquo;on peut attendre de la BCE devient sujet de discussion. Christian Noyer, le pr\u00e9sident de la Banque de France et \u00e0 ce titre \u00e9galement gouverneur de la BCE, a mang\u00e9 le morceau. 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