{"id":3971,"date":"2009-08-01T09:53:01","date_gmt":"2009-08-01T07:53:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3971"},"modified":"2009-08-01T09:53:01","modified_gmt":"2009-08-01T07:53:01","slug":"sur-la-notion-comptable-d%e2%80%99actif-valorisable-par-valerie-bugault","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/08\/01\/sur-la-notion-comptable-d%e2%80%99actif-valorisable-par-valerie-bugault\/","title":{"rendered":"Sur la notion comptable d\u2019actif valorisable, par Val\u00e9rie Bugault"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>SUR LA NOTION COMPTABLE D\u2019ACTIF VALORISABLE<\/strong> <\/p>\n<p>Pour faire suite aux billets de :<br \/>\n1) Bruno Folign\u00e9 intitul\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3386\">\u00ab Les stocks au bilan \u00bb<\/a>, qui soul\u00e8ve un point pertinent des carences comptables, et<br \/>\n2) Herv\u00e9 de Bressy intitul\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2406\">\u00ab Une th\u00e9rapie g\u00e9nique pour humaniser le capitalisme \u00bb<\/a>, il me semble utile d\u2019insister sur les anomalies pr\u00e9sidant \u00e0 la valorisation comptable des entreprises, techniquement parlant, sur la notion \u00ab d\u2019actifs valorisables \u00bb. L\u2019\u00e9normit\u00e9 m\u00eame de ces anomalies est attest\u00e9e par le fait qu\u2019elles passent inaper\u00e7ues aux yeux du plus grand nombre.<\/p>\n<p>\u00ef\u201a\u00a7 <strong>La valorisation \u00e9conomique de la \u00ab main d\u2019\u0153uvre \u00bb <\/strong> <\/p>\n<p>Il me semble important de revenir sur la n\u00e9cessaire valorisation comptable de la \u00ab main d\u2019\u0153uvre \u00bb \u00e0 l\u2019actif du bilan des entreprises. Par main d\u2019\u0153uvre, il faut comprendre en premier lieu le personnel salari\u00e9 mais \u00e9galement les sous-traitants et autre personnel externe utilis\u00e9, \u00ab lou\u00e9 \u00bb (consultants), ou encore pr\u00eat\u00e9 (entre entreprises d\u2019un m\u00eame groupe) par et \u00e0 une entreprise.<\/p>\n<p>Alors que les diff\u00e9rents syst\u00e8mes comptables en vigueur rivalisent de subtilit\u00e9s et de complexit\u00e9 quant au calcul des actifs, des avoirs (stocks, cr\u00e9ances etc.), des dettes, et de tout un tas d\u2019autres choses li\u00e9es au moment de la vie de l\u2019entreprise (naissance, fusion, rachat, mort), il appara\u00eet pour le moins \u00e9tonnant que la main d\u2019\u0153uvre utilis\u00e9e ne soit pas, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, comptabilis\u00e9e dans les actifs de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p><!--more-->En effet, d\u2019un point de vue technique d\u00e9sincarn\u00e9, la main d\u2019\u0153uvre est, au m\u00eame titre que les machines outils, un moyen, humain et non mat\u00e9riel, utilis\u00e9 par l\u2019entreprise pour se d\u00e9velopper et remplir son objet social (en t\u00e9moigne le budget important de formation des grandes entreprises). Or, bizarrement cette main d\u2019\u0153uvre n\u2019appara\u00eet dans la comptabilit\u00e9 des entreprises que dans les comptes de r\u00e9sultats, au titre d\u2019une charge (la masse salariale), elle n\u2019est donc pas \u00ab capitalis\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Aucune grande ou moyenne entreprise ne peut pr\u00e9tendre exister et \u00e9voluer sans utiliser de la \u00ab main d\u2019\u0153uvre \u00bb ; peut-\u00eatre l\u2019entreprise peut-elle se passer, un temps, de moderniser son outil m\u00e9canique de production ou m\u00eame se passer tout court d\u2019outil m\u00e9canique de production (\u00e7a d\u00e9pend du type d\u2019objet social de l\u2019entreprise en question), mais elle ne pourra jamais se passer de personnel. On con\u00e7oit ais\u00e9ment qu\u2019une entreprise de haute technologie ou de l\u2019information ne puisse pas se passer de mat\u00e9riel, mais elle ne peut pas plus non se passer du \u00ab mat\u00e9riel humain \u00bb : qui ferait marcher les machines, mettrait la technique en action ? Par ailleurs, les espoirs m\u00eame d\u2019\u00e9volution (notamment de la machine) ne r\u00e9sident que dans le capital humain : \u00e0 preuve, la recherche, ultra-prot\u00e9g\u00e9e par les brevets, tant au niveau des hautes technologies que de la m\u00e9decine ou des sciences physiques ou du vivant.<\/p>\n<p>Est-il logique, dans ce contexte, de ne pas valoriser de fa\u00e7on comptable le \u00ab moyen humain de production \u00bb qu\u2019est la \u00ab main d\u2019\u0153uvre \u00bb?<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue de philosophie politique, l\u2019absence de valorisation de la main d\u2019\u0153uvre est probablement (certainement) le r\u00e9sultat du choix politique et id\u00e9ologique initial, inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019av\u00e8nement et au d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 industrielle, de tenir l\u2019humain pour quantit\u00e9 n\u00e9gligeable face aux immenses possibilit\u00e9s et espoir de mieux \u00eatre que r\u00e9servaient la \u00ab machine \u00bb.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 l\u2019\u00e8re post-industrielle \u00e0 laquelle nous sommes arriv\u00e9s, ce choix est-il toujours viable, c\u2019est-\u00e0-dire fait-il toujours l\u2019objet d\u2019un consensus tacite ? Ne doit-on pas plut\u00f4t consid\u00e9rer que l\u2019absence de valorisation de la main d\u2019\u0153uvre \u00e0 l\u2019actif des entreprises agit de fa\u00e7on d\u00e9l\u00e9t\u00e8re tant sur le \u00ab climat social \u00bb, au sein de l\u2019entreprise, que sur le \u00ab climat Social \u00bb au sein de la Soci\u00e9t\u00e9 Civile ?<\/p>\n<p>En effet, il r\u00e9sulte de notre Soci\u00e9t\u00e9 Civile (dite de l\u2019information), dans laquelle les capacit\u00e9s technologiques sont, pour la plupart, arriv\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 et dans laquelle le travail se rar\u00e9fie (en cons\u00e9quence du d\u00e9veloppement des possibilit\u00e9s de la machine autant que de la surexploitation du capital humain aux quatre coins de la plan\u00e8te), que l\u2019humain se retourne pour finalement se rendre compte qu\u2019il est consid\u00e9r\u00e9 par les sous-jacents id\u00e9ologiques de l\u2019entreprise et de la Soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral comme quantit\u00e9 n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p>Refuser de prendre \u00e9conomiquement en compte la valeur du travail de l\u2019humain et sa participation au d\u00e9veloppement du bien commun me semble receler un grave danger : l\u2019histoire est riche et friande de retournements sociaux et politiques brutaux (qui se pr\u00e9parent durant de longues ann\u00e9es mais se r\u00e9alisent tr\u00e8s rapidement), violents (r\u00e9volutions) et parfois d\u00e9finitifs (disparition de civilisations, retour \u00e0 l\u2019\u00e9tat de \u00ab nature \u00bb etc. : je vous sugg\u00e8re sur ce point, la lecture du livre de Jared Diamond \u00ab Effondrement \u00bb). On sait ce que l\u2019on perd, mais jamais ce que l\u2019on gagnera.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qu\u2019Herv\u00e9 de Bressy avait laiss\u00e9 entendre, int\u00e9grer \u00e0 l\u2019actif du bilan la notion de \u00ab main d\u2019\u0153uvre \u00bb, n\u2019aurait aucunement pour effet m\u00e9canique de modifier la substance ou la qualification juridique du contrat de travail. Il n\u2019y a en effet pas de relation directe entre reconna\u00eetre une valeur (au sens d\u2019argent : l\u2019argent \u00e9tant l\u2019\u00e9talon de r\u00e9f\u00e9rence) au travail effectu\u00e9 par l\u2019Homme et les modalit\u00e9s juridiques pratiques de ce travail. Du point de vue des modalit\u00e9s juridiques du travail, s\u2019il existe d\u00e9j\u00e0 tout (ou presque), resterait \u00e0 faire, dans la l\u00e9gislation, un s\u00e9rieux tri entre l\u2019essentiel et l\u2019accessoire. Pas plus que l\u2019\u00e9valuation de la \u00ab main d\u2019\u0153uvre \u00bb ne rendrait le salari\u00e9, ou le sous-traitant, plus esclave qu\u2019il ne l\u2019est d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il s\u2019agirait, non pas d\u2019une marchandisation (\u00e9videmment d\u00e9plorable et d\u00e9j\u00e0 bien install\u00e9e) de chaque individu, mais tout au contraire d\u2019effectuer une reconnaissance sociale et politique de la valeur des services rendus par chaque cat\u00e9gorie d\u2019acteurs de l\u2019entreprise et de la Soci\u00e9t\u00e9 Civile. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019entreprise, le travail humain retrouverait ses lettres de noblesse face au monstre froid que sont les biens mat\u00e9riels et face au dragon (monstre chaud) que sont les apporteurs de capitaux. Du c\u00f4t\u00e9 de la Soci\u00e9t\u00e9 politique, le travail de l\u2019individu serait \u00e9lev\u00e9 au m\u00eame niveau que le capital (d\u00e9tention de biens mat\u00e9riels et financiers).<\/p>\n<p>Par ailleurs, valoriser la main d\u2019\u0153uvre dans l\u2019entreprise n\u2019aurait pas non plus, \u00e0 mon avis, pour effet m\u00e9canique de changer le Capitalisme en Humanisme, car il faudrait pour cela que les biens mat\u00e9riels (le capital en question) ne soient plus valoris\u00e9s du tout (comme l\u2019est l\u2019actuelle main d\u2019\u0153uvre), ce qui cr\u00e9erait un nouveau d\u00e9s\u00e9quilibre. Une telle valorisation du \u00ab mat\u00e9riel humain \u00bb r\u00e9\u00e9quilibrerait en revanche les forces en pr\u00e9sence, sans pour autant modifier fondamentalement le type Lib\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 que nous connaissons. Pour rester dans un certain ordre des choses (la soci\u00e9t\u00e9 Lib\u00e9rale ayant partiellement, cahin-caha comme tout syst\u00e8me, fait la preuve de sa viabilit\u00e9 politique), le capital est tout autant n\u00e9cessaire \u00e0 la poursuite de l\u2019Ordre social, que le travail : les deux \u00e9l\u00e9ments se nourrissent et s\u2019appellent l\u2019un, l\u2019autre dans le maelstr\u00f6m de l\u2019activit\u00e9 humaine. Il en est de m\u00eame dans l\u2019entreprise : le capital humain (force de travail, force des id\u00e9es etc.) a besoin de mat\u00e9riel, lui-m\u00eame n\u00e9cessitant un financement. L\u2019organe dirigeant agit, dans un objectif d\u00e9termin\u00e9 (il est seul ma\u00eetre de la strat\u00e9gie), comme chef d\u2019orchestre de l\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments. D\u00e9s\u00e9quilibrer l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments en pr\u00e9sence a pour effet de rendre non viable l\u2019ensemble du syst\u00e8me et, il est \u00e0 craindre, la Soci\u00e9t\u00e9 Lib\u00e9rale dans son ensemble.<\/p>\n<p>N\u2019oublions pas que la Soci\u00e9t\u00e9 au sens politique, Lib\u00e9rale ou non, est, jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre, faite d\u2019Hommes, par les Hommes et pour les Hommes, son objectif ultime \u00e9tant de r\u00e9glementer l\u2019organisation humaine de fa\u00e7on \u00e0 rendre la vie en commun vivable et donc possible. Tout autre objectif de la Soci\u00e9t\u00e9 au sens politique rel\u00e8ve de la mise en \u0153uvre d\u2019une utopie ou d\u2019une id\u00e9ologie d\u2019autant plus dogmatique qu\u2019elle n\u2019est pas exprim\u00e9e. Mais peut-\u00eatre que, pas plus tard qu\u2019\u00e0 moyen terme, cela aussi pourrait changer : pensons aux modifications climatiques en cours (aux cons\u00e9quences incalculables sur la vie sur Terre), \u00e0 la toxicit\u00e9 des humains eux-m\u00eames (en nombre toujours croissant et aux actions toujours plus efficacement nocives sur leur environnement) ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019improbabilit\u00e9 de notre existence d\u2019un point de vue astrophysique.<\/p>\n<p>\u00ef\u201a\u00a7 <strong>La valorisation \u00e9conomique de la \u00ab comp\u00e9tence professionnelle \u00bb <\/strong> <\/p>\n<p>J\u2019aimerais \u00e9galement insister sur le probl\u00e8me r\u00e9sultant du fait que la \u00ab comp\u00e9tence professionnelle \u00bb, \u00e0 tous les niveaux hi\u00e9rarchique de l\u2019entreprise, est elle-m\u00eame imparfaitement prise en consid\u00e9ration par la comptabilit\u00e9 d\u2019entreprise : lorsqu\u2019elle l\u2019est, il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une charge (par ex. : assurance homme clef, ou encore bonus divers et vari\u00e9s) que d\u2019un actif. La r\u00e9mun\u00e9ration (parfois excessive) appliqu\u00e9e \u00e0 des dirigeants ou \u00e0 des cadres est certes une fa\u00e7on de reconna\u00eetre une certaine \u00ab comp\u00e9tence \u00bb, mais cette reconnaissance n\u2019\u00e9l\u00e8ve pas pour autant la comp\u00e9tence professionnelle au niveau d\u2019une valeur de l\u2019entreprise. Encore faudrait-il s\u2019entendre sur le sens du terme \u00ab comp\u00e9tence professionnelle \u00bb. J\u2019entends par l\u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019une personne \u00e0 remplir le r\u00f4le pour lequel \u00ab l\u2019entreprise \u00bb l\u2019utilise \u00e0 un moment donn\u00e9. Il faut alors se mettre d\u2019accord sur des crit\u00e8res, les plus objectifs possibles, permettant de d\u00e9terminer si une personne remplit ou non de fa\u00e7on excellente, satisfaisante, correcte, insuffisante ou tr\u00e8s insuffisante le r\u00f4le qui lui est assign\u00e9 ; ce qui, soulignons-le, ne pr\u00e9juge jamais de la capacit\u00e9 de ladite personne \u00e0 faire de fa\u00e7on excellente autre chose ou \u00e0 remplir de fa\u00e7on excellente un autre poste dans la m\u00eame entreprise, ou ailleurs.<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard, permettez moi une digression que le contexte m\u2019autorise : je tiens \u00e0 souligner que le nom, la date et l\u2019origine du dipl\u00f4me obtenu par la personne en question ne me semble d\u2019aucune aide dans l\u2019appr\u00e9ciation de ses capacit\u00e9s, \u00e0 un moment donn\u00e9, \u00e0 remplir le poste pour lequel l\u2019entreprise l\u2019emploie. Ceci d\u2019autant moins que la qualit\u00e9 intrins\u00e8que des formations initiales, publiques ou priv\u00e9es, gratuites ou payantes, est fortement sujet \u00e0 caution (comme cela a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 dans le blog sur <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2406\">\u00ab Une th\u00e9rapie g\u00e9nique pour humaniser le capitalisme \u00bb<\/a>. La question de la valeur des dipl\u00f4mes, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019ad\u00e9quation de leur formation au contexte \u00e9conomique et social, est un autre vaste sujet qui m\u00e9riterait tr\u00e8s certainement d\u2019\u00eatre abord\u00e9, mais pas ici ni aujourd\u2019hui. Il y a toutefois beaucoup \u00e0 en dire.<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, et pour en revenir \u00e0 nos moutons, il me semble, que le niveau de \u00ab la client\u00e8le \u00bb est, hors p\u00e9riodes de crise \u00e9conomique (syst\u00e9mique ou non), qui r\u00e9alise un effondrement de la demande, et d\u2019emballement sp\u00e9culatif de la m\u00eame \u00ab demande \u00bb (les deux situations extr\u00eames en terme de march\u00e9), un indicateur fiable de la comp\u00e9tence professionnelle du\/des dirigeants. Or il me semble que si les r\u00e8gles comptables officialisaient le lien entre \u00ab les dirigeants \u00bb et \u00ab les clients \u00bb de l\u2019entreprise, en temps r\u00e9el, c\u2019est-\u00e0-dire en dehors des p\u00e9riodes de crises de l\u2019entreprise que sont les rachat et fusion, cela \u00e9viterait que des organismes externes \u00e0 l\u2019entreprises, dont les int\u00e9r\u00eats ne sont pas toujours clairement \u00e9tablis, r\u00e9alisent des valorisations plus ou moins fantaisistes et plus ou moins sp\u00e9culatives. Des organismes externes sont, \u00e0 mon sens, et quoiqu\u2019il en soit, moins bien plac\u00e9s que les personnes internes \u00e0 l\u2019entreprise pour savoir si les modalit\u00e9s humaines et mat\u00e9rielles de fonctionnement de l\u2019entreprise sont viables. En allant plus loin, il me semble que l\u2019\u00e9valuation officielle et permanente de la \u00ab comp\u00e9tence professionnelle \u00bb agirait comme un frein \u00e0 la sp\u00e9culation boursi\u00e8re sur les entreprises.<\/p>\n<p>J\u2019ajoute que l\u2019actuel \u00ab goodwill \u00bb (\u00e9cart d\u2019acquisition), qui n\u2019appara\u00eet officiellement qu\u2019en cas de rachat d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, que d\u2019aucun juge, non sans raison, un instrument de dictature professionnelle, ne permet pas une prise en compte fiable de cette \u00ab comp\u00e9tence professionnelle \u00bb, il est \u00e0 la fois impr\u00e9cis, insuffisant et trop d\u00e9finitif. A cet \u00e9gard, qu\u2019il me soit permis d\u2019insister sur la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte de fa\u00e7on explicite la \u00ab comp\u00e9tence professionnelle \u00bb du personnel travaillant dans l\u2019entreprise \u00e0 tous les niveaux hi\u00e9rarchiques, et non au seul \u00e9chelon de la direction : tous les intervenants humains dans l\u2019entreprise sont en effet d\u00e9pendants les uns des autres, l\u2019incomp\u00e9tence des uns rejaillissant n\u00e9cessairement sur celle des autres. Quant \u00e0 la \u00ab comp\u00e9tence \u00bb en elle-m\u00eame, elle ne juge pas un Homme mais la seule ad\u00e9quation de ce dernier \u00e0 son environnement, \u00e0 un moment donn\u00e9. Gardons en effet en t\u00eate que personne n\u2019est ni irrempla\u00e7able, ni indispensable, et chacun restera ainsi \u00e0 sa juste place.<\/p>\n<p>Il reste \u00e9videmment \u00e0 d\u00e9finir un cadre plus accompli que les quelques points venant d\u2019\u00eatre soulev\u00e9s permettant une \u00e9valuation sereine et honn\u00eate de la comp\u00e9tence professionnelle (\u00e0 tous les \u00e9chelons hi\u00e9rarchiques d\u2019une entreprise). La tribune reste ouverte sur ce point, je me permettrais une simple suggestion : l\u2019\u00e9valuation pourrait \u00eatre transverse : non seulement du haut vers le bas mais \u00e9galement du bas vers le haut. Certaines personnes, occupant des fonctions subalternes peuvent, \u00e0 juste titre, \u00eatre en d\u00e9saccord profond avec les choix strat\u00e9giques de leur hi\u00e9rarchie ou avec les m\u00e9thodes de management de cette derni\u00e8re ; il en r\u00e9sulte une d\u00e9motivation des salari\u00e9s, une mauvaise ambiance quotidienne, une mauvaise volont\u00e9 du personnel \u00e0 remplir les t\u00e2ches qu\u2019on lui demande et au final, le vrai perdant est ce que le droit d\u00e9signe du terme \u00ab d\u2019int\u00e9r\u00eat social \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019entreprise elle-m\u00eame. L\u2019identification de ce genre de probl\u00e8me serait un premier pas vers leur r\u00e9solution et, \u00e0 mon sens, vers une appr\u00e9ciation sereine de la qualit\u00e9, et donc de la valeur, d\u2019une entreprise. Il reste \u00e0 \u00e9tablir des limites entre la strat\u00e9gie pouvant \u00eatre contest\u00e9e de fa\u00e7on pertinente par le personnel de l\u2019entreprise et celle qui, par essence lui \u00e9chappe (en raison du fait qu\u2019il n\u2019est pas en position d\u2019avoir les informations n\u00e9cessaires : \u00e0 chacun son m\u00e9tier !). Je crains qu\u2019ici le d\u00e9bat n\u2019achoppe sur la question, politique cette fois, des d\u00e9localisations.<\/p>\n<p>En guise de conclusion, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que si les r\u00e8gles peuvent tenter d\u2019\u00e9viter les d\u00e9rives humaines, les syst\u00e8mes sont fait d\u2019Hommes et ne sont donc viables que tant que les Hommes qui les animent sont valeureux et int\u00e8gres ; aucune r\u00e8gle ne pourra jamais \u00e9viter que des gens mal intentionn\u00e9s ne les d\u00e9tournent \u00e0 leur propre profit, cherchons tout au plus \u00e0 \u00e9viter des d\u00e9tournements \u00e0 grande \u00e9chelle en :<br \/>\n1)\tchoisissant judicieusement les \u00ab \u00e9lites \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le personnel dirigeant (\u00e0 tous les niveaux et pas seulement aux plus hauts \u00e9chelons), de nos entreprises et de nos Soci\u00e9t\u00e9s Civiles ;<br \/>\n2)\tcr\u00e9ant un \u00e9quilibre \u00ab institutionnel \u00bb entre les forces en pr\u00e9sence dans l\u2019entreprise de fa\u00e7on \u00e0 laisser la possibilit\u00e9 aux autres \u00e9l\u00e9ments de parer aux d\u00e9rives de ceux qui s\u2019\u00e9garent. C\u2019est ce qu\u2019a cherch\u00e9 Montesquieu (dans L\u2019esprit des lois) ainsi que Tocqueville ; c\u2019est, en un mot, l\u2019objectif recherch\u00e9 par la fameuse \u00ab s\u00e9paration des pouvoirs \u00bb, qui n\u00e9cessite au pr\u00e9alable, la reconnaissance officielle desdits pouvoirs.<\/p>\n<p>J\u2019ajoute que, \u00e0 l\u2019instar d\u2019Herv\u00e9 de Bressy, c\u2019est, non sans trembler que je vous livre ces quelques remarques, fruits d\u2019une r\u00e9flexion aboutie sur certains points et moins sur d\u2019autres. Pour faire l\u2019avocat du diable, le doute m\u2019assaille toujours : il y a 30 ou 40 ans, l\u2019entreprise \u00e9tait affubl\u00e9e de beaucoup moins de r\u00e8gles comptables et financi\u00e8res en tout genre sans qu\u2019\u00e0 ma connaissance elle s\u2019en porte plus mal\u2026 Est-il vraiment n\u00e9cessaire de tout \u00e9riger en \u00ab r\u00e8gle comptable \u00bb ? Mais si l\u2019on part du principe que oui, alors, vraiment il faut le faire pour tout, sans exception.<\/p>\n<p>Par\u00e9e aux lev\u00e9es de boucliers !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>SUR LA NOTION COMPTABLE D\u2019ACTIF VALORISABLE<\/strong> <\/p>\n<p>Pour faire suite aux billets de :<br \/> 1) Bruno Folign\u00e9 intitul\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=3386\">\u00ab Les stocks au bilan \u00bb<\/a>, qui soul\u00e8ve un point pertinent des carences comptables, et<br \/> 2) Herv\u00e9 de Bressy intitul\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2406\">\u00ab Une th\u00e9rapie g\u00e9nique pour humaniser le capitalisme \u00bb<\/a>, il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,18,4],"tags":[],"class_list":["post-3971","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","category-sociologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3971","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3971"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3971\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3988,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3971\/revisions\/3988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3971"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3971"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3971"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}