{"id":40007,"date":"2012-07-29T21:43:56","date_gmt":"2012-07-29T19:43:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=40007"},"modified":"2013-01-02T00:43:47","modified_gmt":"2013-01-01T23:43:47","slug":"what-price-hollywood-1932-de-george-cukor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/07\/29\/what-price-hollywood-1932-de-george-cukor\/","title":{"rendered":"<b>WHAT PRICE HOLLYWOOD ? (1932)<\/b> de George Cukor"},"content":{"rendered":"<p>Un jour, ma m\u00e8re est revenue d\u2019avoir pass\u00e9 quelques jours en Hollande, et nous a trouv\u00e9s ma s\u0153ur et moi, d\u00e9faits, les yeux rougis. J\u2019avais huit ans, ma s\u0153ur, sept. Elle s\u2019est \u00e9cri\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Mais qu\u2019est-ce qui s\u2019est pass\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb et mon p\u00e8re, un peu penaud, a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ben\u2026 euh\u2026 nous sommes all\u00e9s voir <em>Une \u00e9toile est n\u00e9e<\/em>\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On \u00e9tait en 1954 et le film que nous venions de voir \u00e9tait la troisi\u00e8me version filmographique de la m\u00eame histoire\u00a0: <em>A Star Is Born\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0une \u00e9toile est n\u00e9e\u00a0\u00bb, avec cette fois-l\u00e0 Judy Garland et James Mason dans les principaux r\u00f4les, et George Cukor \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, comme il l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dans la toute premi\u00e8re version, celle qui date de 1932 et qui est celle dont je parle ici.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"630\" height=\"480\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/U0R8Q76khEA\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>L\u2019histoire commune, c\u2019est celle-ci\u00a0: un homme, une authentique vedette, triomphant mais peu s\u00fbr de lui, d\u00e9couvre une jeune artiste dont il fait une star. La jeune femme est sur la pente ascendante, l\u2019homme vieillissant et passablement imbib\u00e9, sur la pente descendante.<\/p>\n<p>L\u2019histoire finit tr\u00e8s mal dans toutes les versions, sauf dans la plus r\u00e9cente\u00a0: <em>The Artist<\/em> (2011) de Michel Hazanavicius, o\u00f9 tout finit par s\u2019arranger. Curieusement donc, c\u2019est la seule version non-hollywoodienne qui se termine par un \u00ab\u00a0happy ending\u00a0\u00bb suppos\u00e9 hollywoodien. N.B. ceux qui ont aim\u00e9 ce film chaleureux aimeront dans <em>What Price Hollywood\u00a0?<\/em> la sc\u00e8ne de l\u2019arriv\u00e9e des stars pour une avant-premi\u00e8re quelconque  que <em>The Artist<\/em> s\u2019est simplement content\u00e9 de d\u00e9calquer (voir la vid\u00e9o ci-dessus \u00e0 partir de 5m25).<\/p>\n<p>Les \u00c9ditions Montparnasse, dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 rendu compte d\u2019un <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=32263\">documentaire de G\u00e9rard Miller sur Lacan<\/a>, et du remarquable <em><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=33508\">Chronique d\u2019un \u00e9t\u00e9<\/a><\/em> (1961) de Jean Rouch et Edgar Morin, me font parvenir six films des studios RKO, dont <em>What Price Hollywood\u00a0?<\/em> est le premier que j\u2019ai sorti de la pile.<\/p>\n<p><em>What Price Hollywood\u00a0?<\/em> est donc la premi\u00e8re version de l\u2019histoire de la femme qui r\u00e9ussit tandis que son mentor tourne \u00e0 l\u2019\u00e9pave, et c\u2019est peut-\u00eatre la plus intelligente du lot, parce que \u2013 comme le titre le sugg\u00e8re d\u2019ailleurs \u2013 il ne s\u2019agit pas simplement d\u2019un m\u00e9lodrame psychologique mais aussi d\u2019un t\u00e9moignage sur la logique terre-\u00e0-terre de la m\u00e9canique hollywoodienne, de sa \u00ab\u00a0cheapness\u00a0\u00bb, de son c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0camelote\u00a0\u00bb, de sa participation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et \u00e9hont\u00e9e \u00e0 la <em>soci\u00e9t\u00e9 du spectacle<\/em> comme on dit aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Quelques morceaux de bravoure dans ce film de 1932 qui, primo, conserve encore \u2013 et ce n\u2019est pas le moindre de ses charmes \u2013 certains traits touchants du cin\u00e9ma muet\u00a0: une expressivit\u00e9 qui permet d\u2019\u00e9conomiser sur le dialogue, propose secundo, une sc\u00e8ne de s\u00e9duction dont la brutalit\u00e9, la mani\u00e8re dont l\u2019homme impose son point de vue, m\u00eame si c\u2019est la femme qui a r\u00e9dig\u00e9 le sc\u00e9nario du comportement qu\u2019il aura, fera froncer plus d\u2019un sourcil \u00ab\u00a0f\u00e9ministe\u00a0\u00bb, montre tertio, un d\u00e9bordement de la foule lors du mariage, dont la spontan\u00e9it\u00e9 chaotique n\u2019a probablement pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153il attentif d\u2019un Jean Vigo, enfin, nous offre quarto, la performance de l\u2019actrice principale, Constance Bennett, chantant sans faille <em>Plaisir d\u2019amour<\/em>, apr\u00e8s avoir annonc\u00e9, \u00e0 titre de pr\u00e9caution\u00a0: \u00ab\u00a0Le fran\u00e7ais, \u00e7a me rend folle\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>=================================================<\/p>\n<p><em>What Price Hollywood\u00a0?<\/em> (1932), de George Cukor, avec Constance Bennett, Lowell Sherman et Neal Hamilton, \u00c9ditions Montparnasse, 10 \u20ac, en vente le 4 septembre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un jour, ma m\u00e8re est revenue d\u2019avoir pass\u00e9 quelques jours en Hollande, et nous a trouv\u00e9s ma s\u0153ur et moi, d\u00e9faits, les yeux rougis. J\u2019avais huit ans, ma s\u0153ur, sept. Elle s\u2019est \u00e9cri\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Mais qu\u2019est-ce qui s\u2019est pass\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb et mon p\u00e8re, un peu penaud, a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ben\u2026 euh\u2026 nous sommes all\u00e9s voir <em>Une \u00e9toile est [&hellip;]<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[2010,2009],"class_list":["post-40007","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arts","tag-constance-bennett","tag-george-cukor"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40007","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40007"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40007\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46102,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40007\/revisions\/46102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40007"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40007"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}