{"id":40042,"date":"2012-08-02T00:15:37","date_gmt":"2012-08-01T22:15:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=40042"},"modified":"2013-01-02T00:43:30","modified_gmt":"2013-01-01T23:43:30","slug":"les-politiques-non-conventionnelles-de-la-bce-une-apparence-de-solution-qui-nest-que-la-solution-des-apparences-par-jacques-sapir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/08\/02\/les-politiques-non-conventionnelles-de-la-bce-une-apparence-de-solution-qui-nest-que-la-solution-des-apparences-par-jacques-sapir\/","title":{"rendered":"<b>Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n\u2019est que la solution des apparences<\/b>, par Jacques Sapir (*)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Je rappelle que je pr\u00e9conise personnellement <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=39817\" target=\"_blank\">une autre solution<\/a> : un d\u00e9faut simultan\u00e9 de la dette des 17 pays de la zone euro, imm\u00e9diatement suivi d&rsquo;une restructuration de la dette communalis\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n<p>La BCE s\u2019est engag\u00e9e avec force \u00e0 \u00ab\u00a0tout faire pour sauver l\u2019Euro\u00a0\u00bb. Nous allons prendre cette d\u00e9claration au pied de la lettre et consid\u00e9rer quelles en seraient les cons\u00e9quences \u00e0 court et moyen terme d\u2019une telle action, et si la BCE a <em>r\u00e9ellement<\/em> les moyens de sauver l\u2019Euro.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>I. Les cons\u00e9quences d\u2019une action directe de la BCE.<\/h2>\n<p>En admettant que la BCE puisse soit jeter par-dessus les moulins son statut ou trouver des compromis juridiques lui permettant de racheter massivement de la dette souveraine de pays en difficult\u00e9, que se passerait-il\u00a0?<\/p>\n<p><em>(a)\u00a0\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">L\u2019ampleur des sommes n\u00e9cessaires\u00a0:<\/span><\/em><\/p>\n<p>Il faut tout d\u2019abord consid\u00e9rer les montants que la BCE devrait d\u00e9bourser.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Espagne, le gouvernement de M. Rajoy a admis que les besoins s\u2019\u00e9l\u00e8veraient \u00e0 300 milliards d\u2019Euros d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Il est cependant clair que ce qui aurait \u00e9t\u00e9 fait pour ce pays ne pourrait \u00eatre refus\u00e9 \u00e0 d\u2019autres. La Gr\u00e8ce viendrait au guichet pour un montant estim\u00e9 \u00e0 60-80 milliards.<\/p>\n<p><!--more-->L\u2019Italie serait aussi un \u00ab\u00a0client\u00a0\u00bb potentiel, avec des besoins estim\u00e9s (suivant la date de l\u2019op\u00e9ration) entre 500 et 700 milliards. C\u2019est donc de 860 \u00e0 1080 milliards que la BCE devrait racheter dans un d\u00e9lai assez court (moins de 6 mois).<\/p>\n<p><strong>Ces sommes ne sont pas \u00ab\u00a0impossibles\u00a0\u00bb, mais elles n\u2019en sont pas moins consid\u00e9rables. Elles repr\u00e9sentent en 3 fois et 4 fois le montant des achats de titres publics r\u00e9alis\u00e9s par la BCE depuis le d\u00e9but de la crise. Elles repr\u00e9sentent un saut <em>qualitatif<\/em> et non pas simplement quantitatif.<\/strong><\/p>\n<p><em>(b)\u00a0\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Les cons\u00e9quences sur le bilan de la BCE.<\/span><\/em><\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences sur le bilan de la BCE seraient importantes.<\/p>\n<p>On verrait appara\u00eetre pr\u00e8s de 1071 (860 + 211 d\u00e9j\u00e0 sur le bilan) \u00e0 1291 (1080 + 211 d\u00e9j\u00e0 sur le bilan) milliards de titres publics. Or, on peut penser qu\u2019entre le tiers et la moiti\u00e9 de ces titres ne sera <em>jamais<\/em> rembours\u00e9e dans le cadre de d\u00e9fauts soit \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb soit ordonn\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>La BCE devra soit admettre qu\u2019elle a fait de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire <em>ex-nihilo<\/em> ou demander aux \u00c9tats de la zone Euro une recapitalisation comprises entre 330 et 650 milliards.<\/strong><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me avec la cr\u00e9ation mon\u00e9taire <em>ex-nihilo<\/em> n\u2019est pas celui (souvent invoqu\u00e9) de l\u2019inflation, mais celui, juridique, de la compatibilit\u00e9 du fonctionnement de la BCE avec la Constitution allemande. Cette derni\u00e8re interdit \u00e0 la Banque Centrale de proc\u00e9der \u00e0 ce type de cr\u00e9ation mon\u00e9taire. Il faudrait donc soit modifier la Constitution allemande (ce qui pose des probl\u00e8mes politiques et risque d\u2019\u00e9chouer) soit se r\u00e9soudre \u00e0 cette recapitalisation.<\/p>\n<p><strong>Ceci pose la question de l\u2019acceptabilit\u00e9 politique de cette d\u00e9pense pour les \u00c9tats (dans le cas de la France, la contribution pourrait aller de 70 \u00e0 140 milliards).<\/strong><\/p>\n<p><em>(c)\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Serait-ce la fin de la crise de liquidit\u00e9\u00a0?<\/span><\/em><\/p>\n<p>On affirme souvent qu\u2019une telle intervention r\u00e8glerait la crise de l\u2019Euro. Mais, la crise de liquidit\u00e9 est issue de la crise de comp\u00e9titivit\u00e9. C\u2019est cette derni\u00e8re qui d\u00e9clenche les inqui\u00e9tudes qui font monter les taux d\u2019int\u00e9r\u00eats et provoque la crise de liquidit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Or, ici, la BCE est impuissante. La permanence de la crise de comp\u00e9titivit\u00e9 provoquerait in\u00e9vitablement la r\u00e9apparition de la crise de liquidit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, depuis que la BCE a proc\u00e9d\u00e9 aux premiers rachats sur le march\u00e9 secondaire, aucun des pays qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces op\u00e9rations n\u2019est revenu sur les march\u00e9s financiers.<\/p>\n<p>Il faudrait donc se r\u00e9soudre \u00e0 ce que, durablement, la Gr\u00e8ce, le Portugal, l\u2019Irlande, l\u2019Espagne et peut-\u00eatre l\u2019Italie, aient recours aux capacit\u00e9s de financement de la BCE.<\/p>\n<p>Les montants \u00e0 moyen terme seraient encore plus consid\u00e9rables que ceux que l\u2019on a \u00e9voqu\u00e9 plus haut et pourraient atteindre entre 2 000 et 2 500 milliards d\u2019Euros.<\/p>\n<p><em>(d)\u00a0\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Une erreur de diagnostic.<\/span><\/em><\/p>\n<p>Plus profond\u00e9ment, la politique de la BCE que l\u2019on suppose ici illustre une erreur majeure de diagnostic \u00e0 propos de la crise de la zone Euro.<\/p>\n<p><strong><em>Cette crise<\/em> <em>n\u2019est pas une crise de la dette souveraine\u00a0!<\/em> C\u2019est une crise de comp\u00e9titivit\u00e9, li\u00e9e aux structures \u00e9conomiques et d\u00e9mographiques h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes des pays de la zone qu\u2019exacerbe le fonctionnement quotidien de la monnaie unique.<\/strong> Cette crise donne alors naissance d\u2019une part \u00e0 une croissance tr\u00e8s ralentie dans un certain nombre de pays (Italie, Portugal et dans une moindre mesure France) et \u00e0 une d\u00e9sindustrialisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e dans d\u2019autres (Irlande, Portugal, Espagne, Gr\u00e8ce et encore France).<\/p>\n<p>Avec l\u2019\u00e9clatement de la \u00ab\u00a0bulle\u00a0\u00bb des taux historiquement bas que l\u2019on a connus de 2002 \u00e0 2008, ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes se sont traduits par une mont\u00e9e des dettes souveraines dans les pays consid\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><em>Vouloir r\u00e9soudre le sympt\u00f4me (la crise de la dette) ne fait qu\u2019empirer le mal\u00a0!<\/em><\/strong> Les politiques requises pour tenter de r\u00e9soudre la crise de la dette aggravent la situation, en plongeant les pays dans une r\u00e9cession, voire une d\u00e9pression, qui r\u00e9duit les ressources fiscales et accroissent consid\u00e9rablement le ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>Mais, si l\u2019on veut s\u2019attaquer \u00e0 la racine du mal, soit la crise de comp\u00e9titivit\u00e9, il faut mesurer ce que cela implique pour les pays, ou en mati\u00e8re de co\u00fbts de transfert.<\/p>\n<p><strong>La mise en \u0153uvre d\u2019une politique \u00ab\u00a0non conventionnelle\u00a0\u00bb par la BCE est possible. Mais, elle implique un tournant qualitatif dont les cons\u00e9quences n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9es et ceci sans fournir de solution \u00e0 la crise de la zone Euro. La seule perspective offerte est celle d\u2019une installation de longue dur\u00e9e dans cette crise.<\/strong><\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2>II.\u00a0La crise de comp\u00e9titivit\u00e9 fera soit \u00e9clater l\u2019Euro, soit \u00e9clater l\u2019Europe.<\/h2>\n<p>Il n\u2019est donc pas du pouvoir de la BCE de r\u00e9soudre la crise de l\u2019Euro. M\u00eame des actions combin\u00e9es avec celles des \u00c9tats membres n\u2019offrent gu\u00e8re d\u2019alternative. Soit l\u2019Europe \u00e9clatera apr\u00e8s une \u00ab\u00a0d\u00e9cennie perdue\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019image de celle de la Grande D\u00e9pression, soit la zone Euro sera dissoute.<\/p>\n<p><em>(a)\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Les politiques de d\u00e9flation salariale sont des impasses.<\/span><\/em><\/p>\n<p>La crise de comp\u00e9titivit\u00e9 se manifeste dans les d\u00e9ficits des balances commerciales des pays (sauf l\u2019Allemagne) et l\u2019accroissement du montant du compte TARGET-2 dans ce dernier pays.<\/p>\n<p>Des politiques de baisse des co\u00fbts salariaux sont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9es dans des pays de la zone Euro (Gr\u00e8ce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie).<\/p>\n<p><strong>Leurs cons\u00e9quences en sont catastrophiques<\/strong>. Ces politiques n\u00e9cessitent une contraction violente de la demande int\u00e9rieure, qui provoque non seulement une forte hausse du ch\u00f4mage mais en sus une <em>baisse<\/em> de la productivit\u00e9, impliquant de nouvelles mesures d\u2019ajustement, dont les effets sur le ch\u00f4mage viendront se cumuler avec les premi\u00e8res mesures.<\/p>\n<p><strong>D\u2019ici deux ans, et en incluant les effets induits et non pas seulement les effets directs, il faut donc s\u2019attendre \u00e0 des taux de ch\u00f4mage de\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><strong>52 % en Gr\u00e8ce.<\/strong><\/p>\n<p><strong>35 % au Portugal.<\/strong><\/p>\n<p><strong>32 % en Espagne.<\/strong><\/p>\n<p><strong>22 % \u00e0 25 % en France et en Italie<\/strong>.<\/p>\n<p>Les niveaux de ch\u00f4mage escompt\u00e9s sont donc \u00e0 peu de choses pr\u00e8s les m\u00eames que lors de la \u00ab\u00a0Grande D\u00e9pression\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<p><em>(b)\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Les politiques de transferts budg\u00e9taires sont politiquement impossibles.<\/span><\/em><\/p>\n<p>Une autre solution, coh\u00e9rente avec la monnaie unique, serait d\u2019instituer des flux de transferts depuis les pays exc\u00e9dentaires vers les pays d\u00e9ficitaires. Mais, les montants sont tout \u00e0 fait \u00e9normes. On peut les estimer \u00e0\u00a0:<\/p>\n<p><strong>10,8 % de PIB de l\u2019Espagne pour le soutien \u00e0 l\u2019Espagne ; <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>13,1 % de PIB de l\u2019Italie pour le soutien \u00e0 l\u2019Italie ; <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>12,3 % de PIB du Portugal pour le soutien au Portugal ; <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0 6,1 % de PIB de la Gr\u00e8ce pour le soutien \u00e0 Gr\u00e8ce. <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>Compte tenu des niveaux de co\u00fbts salariaux, de la structure et du montant des profits, du poids des salaires et de la structure du PIB cette politique co\u00fbterait \u00e0 l\u2019Allemagne 12,7 % du PIB (en 2012) en transferts budg\u00e9taires pour les 4 pays en difficult\u00e9.<\/p>\n<p><strong>De tels montants briseraient les reins de l\u2019\u00e9conomie allemande et sont, tr\u00e8s clairement, politiquement impossibles. Il faut ici signaler qu\u2019une dissolution de l\u2019Euro, accompagn\u00e9e de d\u00e9valuations dans diff\u00e9rents pays, ne co\u00fbterait que 2% \u00e0 2,5% du PIB \u00e0 l\u2019Allemagne.<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant qu\u2019une majorit\u00e9 absolue des Allemands se prononce aujourd\u2019hui contre l\u2019Euro (51% contre et 29% pour). L\u2019opposition politique de l\u2019Allemagne aux mesures de transferts est donc appel\u00e9e \u00e0 se durcir dans les semaines \u00e0 venir.<\/p>\n<p><em>(c)\u00a0\u00a0 <\/em><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Entre l\u2019Euro et l\u2019Europe, il faudra choisir.<\/span><\/em><\/p>\n<p>La crise de l\u2019Euro confronte aujourd\u2019hui les pays europ\u00e9ens au choix soit de voire p\u00e9rir l\u2019Europe soit de dissoudre la zone Euro.<\/p>\n<p><strong>Si l\u2019on persiste dans la politique actuelle, la zone Euro, et l\u2019Europe avec elle entrera dans une r\u00e9cession, puis une d\u00e9pression de longue dur\u00e9e.<\/strong> La comparaison avec la crise des ann\u00e9es 1930, la \u00ab\u00a0Grande D\u00e9pression\u00a0\u00bb s\u2019impose. Le poids politique et \u00e9conomique de l\u2019Europe se r\u00e9duira de mani\u00e8re consid\u00e9rable, et notre continent deviendra \u00ab\u00a0l\u2019homme malade du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais, surtout, l\u2019Union europ\u00e9enne ne r\u00e9sistera pas aux cons\u00e9quences de cette crise.<\/p>\n<p>Des pays sortiront de l\u2019Euro, les uns apr\u00e8s les autres. Le premier sera sans doute la Gr\u00e8ce. Elle sera suivie par le Portugal et l\u2019Espagne. <strong>En effet, les mesures \u00ab\u00a0non conventionnelles\u00a0\u00bb de la BCE <\/strong><strong>ne r\u00e9tabliraient la solvabilit\u00e9 ext\u00e9rieure dans aucun de ces deux pays.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La sp\u00e9culation financi\u00e8re atteindrait de nouveaux sommets et les mesures unilat\u00e9rales prises par chacun de ces pays (y compris des d\u00e9fauts sur les dettes) feraient rapidement tache d\u2019huile. De proche en proche, ce sont toutes les mesures constitutives de l\u2019Union Europ\u00e9enne qui seront remises en cause<\/strong>.<\/p>\n<p>Par contre, si une politique de dissolution coordonn\u00e9e et concert\u00e9e de la zone Euro \u00e9tait adopt\u00e9e, elle prendrait la forme d\u2019un <em>acte europ\u00e9en<\/em>. <strong>Tout en rendant possible pour les pays concern\u00e9s de r\u00e9aliser les ajustements n\u00e9cessaires \u00e0 un co\u00fbt bien plus faible en termes de ch\u00f4mage par des d\u00e9valuations, elle permettrait de sauvegarder l\u2019essentiel de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Cette politique offrirait la perspective, \u00e0 moyen terme, de reconstituer sur des bases plus souples une forme d\u2019int\u00e9gration mon\u00e9taire (par une monnaie commune)<\/strong>.<\/p>\n<p>(d)\u00a0 <em><span style=\"text-decoration: underline;\">Les politiques \u00ab\u00a0non conventionnelles\u00a0\u00bb de la BCE, pour autant qu\u2019elles soient possibles, ne feront que retarder les \u00e9ch\u00e9ances<\/span><\/em>.<\/p>\n<p>Les politiques non conventionnelles de la BCE sont certes possibles, mais elle ne sont nullement une solution. Au contraire, enfermant la zone Euro dans sa crise, elles portent en elles la menace d\u2019un \u00e9clatement de l\u2019Union Europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Ces politiques ne feront que retarder, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de deux \u00e0 trois ans, le d\u00e9nouement de cette crise. On doit donc se demander si politiquement le jeu en vaut la chandelle. Pour ces trois ann\u00e9es (au mieux\u2026) de gagn\u00e9es, nous serions confront\u00e9s \u00e0 une crise bien pire que celle que nous connaissons aujourd\u2019hui, et avec une situation de la France particuli\u00e8rement d\u00e9grad\u00e9e.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9conomistes, dont les deux Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont affirm\u00e9 que la poursuite de cette politique visant \u00e0 sauver l\u2019Euro \u00e9tait criminelle.<\/p>\n<p>On se contentera de dire que les mesures envisag\u00e9es, mais qui sont loin d\u2019\u00eatre acquises, par la BCE viennent trop tard et n\u2019apportent aucune solution aux probl\u00e8mes de fond de la zone Euro.<\/p>\n<p><strong>La raison, tant \u00e9conomique que politique, commande ne pas s\u2019ent\u00eater et de ne pas prendre le risque de faire p\u00e9rir l\u2019Europe et d\u2019exacerber une opposition entre l\u2019Allemagne et les autres pays. Une dissolution de la zone Euro r\u00e9alis\u00e9e d\u2019ici \u00e0 la fin de 2012 en tant qu\u2019<em>acte europ\u00e9en<\/em> est aujourd\u2019hui la seule solution qui puisse \u00e9viter un d\u00e9sastre<\/strong>.<\/p>\n<p>============================<br \/>\n(*) Directeur d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019EHESS, Professeur associ\u00e9 \u00e0 la MSE-MGU (Moscou)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Je rappelle que je pr\u00e9conise personnellement <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=39817\" target=\"_blank\">une autre solution<\/a> : un d\u00e9faut simultan\u00e9 de la dette des 17 pays de la zone euro, imm\u00e9diatement suivi d&rsquo;une restructuration de la dette communalis\u00e9e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La BCE s\u2019est engag\u00e9e avec force \u00e0 \u00ab\u00a0tout faire pour sauver l\u2019Euro\u00a0\u00bb. 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