{"id":41137,"date":"2012-09-04T22:10:55","date_gmt":"2012-09-04T20:10:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=41137"},"modified":"2013-01-02T00:33:39","modified_gmt":"2013-01-01T23:33:39","slug":"la-crise-ses-causes-ses-dilemmes-et-ses-solutions-par-jacques-sapir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/09\/04\/la-crise-ses-causes-ses-dilemmes-et-ses-solutions-par-jacques-sapir\/","title":{"rendered":"<b>LA CRISE, SES CAUSES, SES DILEMMES ET SES SOLUTIONS<\/b>, par Jacques Sapir"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. L&rsquo;ent\u00eatement dans les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 est maintenant susceptible de transformer une situation de r\u00e9cession en authentique d\u00e9pression. Tout le monde le sait, sauf nos dirigeants et les pr\u00e9tendus \u00ab\u00a0experts\u00a0\u00bb qui les conseillent. Bien entendu, le fait que tout le monde le sache sauf eux nous fera une belle jambe une fois que la d\u00e9pression sera l\u00e0. Combien de fois se tournera-t-on encore vers les m\u00eames financiers, auteurs de catastrophes pour leur demander de nous indiquer la voie ? Seuls les partis pris id\u00e9ologiques ont-ils encore voix au chapitre ? La prise en compte du d\u00e9menti par les faits est-elle vraiment morte et enterr\u00e9e ?<\/p><\/blockquote>\n<p>La crise de la zone Euro est largement analys\u00e9e comme une crise des dettes souveraines. Cette analyse conduit \u00e0 donner une priorit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9duction des d\u00e9ficits et de la dette, ce qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019adoption de politiques d\u2019ajustement plus ou moins brutales suivant les pays. Or, aujourd\u2019hui, il est clair que ces politiques ne fonctionnent pas et, en r\u00e9alit\u00e9, aggravent la situation \u00e0 la fois dans les pays consid\u00e9r\u00e9s mais aussi dans l\u2019ensemble de la zone Euro. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est l\u2019analyse de base qui est en cause. La crise de la zone Euro n\u2019est pas une crise de la dette mais une crise issue des d\u00e9calages accumul\u00e9s de comp\u00e9titivit\u00e9, en raison de l\u2019impossibilit\u00e9, depuis 1999 de compenser ces dits d\u00e9calages par des d\u00e9valuations. Ces d\u00e9calages ont conduit les pays \u00e0 accumuler des dettes excessives dans le long terme (depuis 1999) m\u00eame si des causes conjoncturelles ont aussi jou\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce texte, nous analyserons ces politiques, les raisons de leur inefficacit\u00e9 et leurs cons\u00e9quences, avant d\u2019aborder la question de l\u2019avenir \u00e0 court et moyen terme de la zone Euro.<\/p>\n<h3>I. Des politiques qui \u00ab\u00a0ne marchent pas\u00a0\u00bb.<\/h3>\n<p>Des mesures, souvent extr\u00eamement brutales d\u2019ajustement structurel ont \u00e9t\u00e9 mises en place, soit par d\u00e9cision du gouvernement soit dans le cadre d\u2019accords de refinancement par les institutions europ\u00e9ennes (FESF puis MES), dans les diff\u00e9rents pays qui connaissent des probl\u00e8mes importants pour refinancer leurs dettes. Ces politiques sont par ailleurs en passe d\u2019\u00eatre consolid\u00e9es par le nouveau Trait\u00e9 Europ\u00e9en qui devrait \u00eatre ratifi\u00e9 d\u2019ici \u00e0 cet hiver.<\/p>\n<p>Ces politiques sont largement comparables \u00e0 celles qui ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre au d\u00e9but de la Grande D\u00e9pression des ann\u00e9es 1930 (en particulier en Allemagne) et dont il est acquis qu\u2019elles ont aggrav\u00e9 dans des proportions consid\u00e9rables cette crise.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Tableau 1<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Comparaison entre la politique men\u00e9e par le Chancelier Br\u00fcning en 1930-1932 et les politiques de rigueur en Europe continentale.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-1.jpg\" alt=\"\" title=\"Tableau 1\" width=\"695\" height=\"224\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41163\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-1.jpg 695w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-1-300x96.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><\/p>\n<p>On constate cependant aujourd\u2019hui, avec d\u00e9sormais de 2 \u00e0 3 ans de recul que ces politiques ne donnent pas les r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Une analyse des rentr\u00e9es fiscales men\u00e9e sur 3 pays\u00a0 (Gr\u00e8ce, Espagne et Italie) le montre \u00e9loquemment.<\/p>\n<p><!--more-->Le montant du d\u00e9ficit budg\u00e9taire pour les 6 premiers mois de 2012 est \u00e9quivalent \u00e0 ce qu\u2019il \u00e9tait en 2011 (Gr\u00e8ce) voire 2009 (Espagne et Italie) et ce en d\u00e9pit des coupes sauvages r\u00e9alis\u00e9es dans les budgets.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Graphiques 1 <\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>(a)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1a.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1a.png\" alt=\"\" title=\"Graphique 1a\" width=\"600\" height=\"393\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41144\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1a.png 1521w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1a-300x196.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1a-1024x670.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\">Sources\u00a0: Minist\u00e8re des Finances des pays consid\u00e9r\u00e9s, EUROSTAT.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>(b)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1b.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1b.png\" alt=\"\" title=\"Graphique 1b\" width=\"600\" height=\"404\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41146\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1b.png 1521w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1b-300x202.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1b-1024x690.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p>La raison s\u2019explique par un effondrement des recettes, cons\u00e9cutif \u00e0 la contraction du PIB dans ces pays, contraction du PIB qui, elle-m\u00eame, r\u00e9sulte des politiques d\u2019ajustements budg\u00e9taires.<\/p>\n<p>En effet, la TVA, qui repr\u00e9sente la principale ressource fiscale, tend \u00e0 se contracter plus que proportionnellement que le PIB. Les autres imp\u00f4ts n\u2019ont que des rendements al\u00e9atoires dans un contexte de r\u00e9cession ou de d\u00e9pression g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 cela, on peut ajouter des causes sp\u00e9cifiques dans les diff\u00e9rends pays, comme la faible efficacit\u00e9 de l\u2019administration fiscale en Gr\u00e8ce, les cons\u00e9quences des impay\u00e9s publics en Espagne, etc\u2026<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Graphique 1<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>(c) <\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1c.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1c.png\" alt=\"\" title=\"Graphique 1c\" width=\"600\" height=\"398\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41148\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1c.png 1488w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1c-300x199.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-1c-1024x679.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Cette situation entra\u00eene\u00a0 un d\u00e9rapage \u00e0 la hausse des d\u00e9ficits publics dans divers pays, dont on peut avoir une id\u00e9e sur le tableau 2.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Tableau 2<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Pr\u00e9visions et estimations du d\u00e9ficit public en % du PIB<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-2.jpg\" alt=\"\" title=\"Tableau 2\" width=\"681\" height=\"264\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41164\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-2.jpg 681w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-2-300x116.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les divers centres de recherches en \u00e9conomie (dont le CEMI-EHESS) sont ainsi amen\u00e9s a estimer l\u2019ampleur probable du d\u00e9ficit, que ce soit pour 2012 ou pour 2013. Les diff\u00e9rences sont ainsi significatives avec les chiffres indiqu\u00e9s par les gouvernements, et devraient atteindre en 2013 l\u2019\u00e9quivalent de 3 points de PIB pour l\u2019Espagne et la Gr\u00e8ce, 2,5 points pour l\u2019Italie, 1,5 points pour le Portugal et la France.<\/p>\n<p>Le cas de la Gr\u00e8ce est particuli\u00e8rement tragique. Des mesures tant fiscales que budg\u00e9taires (recettes et d\u00e9penses) drastiques, dont les cons\u00e9quences sont clairement dramatiques, ne ram\u00e8neront le d\u00e9ficit que de -9,1 % du PIB en 2011 \u00e0 -7,9 % en 2013.<\/p>\n<p>Pourtant, les efforts fiscaux r\u00e9alis\u00e9s par ce dernier pays sont loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeables, comme le d\u00e9montre le tableau suivant.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Tableau 3<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Importance des pr\u00e9l\u00e8vements fiscaux en Gr\u00e8ce<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-3.jpg\" alt=\"\" title=\"Tableau 3\" width=\"695\" height=\"177\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41165\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-3.jpg 695w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-3-300x76.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><br \/>\nSource\u00a0: ELSTAT (Hellenical Statistical Authority), <em>Fiscal data for the years 2008-2011<\/em> et <em>Fiscal data for the years 2007-2010<\/em>, Press release, 23 avril 2012 et 17 octobre 2011, Ath\u00e8nes.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es indiquent donc clairement que les politiques d\u2019ajustement budg\u00e9taire aujourd\u2019hui mises en place ne fonctionnent pas.<\/p>\n<h3>II. Pourquoi ces politiques ne fonctionnent-elles pas\u00a0?<\/h3>\n<p>Il faut alors s\u2019interroger sur la raison de l\u2019inefficacit\u00e9, voire de la perversit\u00e9, de ces politiques d\u2019ajustements.<\/p>\n<ol start=\"1\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Elles sont fond\u00e9es sur une erreur de perspective.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019erreur de perspective est induite par les comparaisons qui sont fr\u00e9quemment faites. En effet, des politiques d\u2019ajustement budg\u00e9taires ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es avec succ\u00e8s dans certains pays, comme le Canada ou les pays Baltes. Mais, la volont\u00e9 d\u2019en extrapoler des recommandations pour les pays europ\u00e9ens a produit l\u2019oubli des conditions sp\u00e9cifiques qui ont pu expliquer leur succ\u00e8s \u00e0 un moment donn\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le cas du Canada, si la politique d\u2019ajustement a port\u00e9 ses fruits, ce fut gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019effet de traction assur\u00e9 par l\u2019\u00e9conomie des Etats-Unis et, secondairement, de l\u2019Europe. La baisse de la demande int\u00e9rieure a pu \u00eatre compens\u00e9e par la hausse de la demande ext\u00e9rieure. De plus, il ne faut pas oublier que le Canada est un producteur de mati\u00e8res premi\u00e8res (\u00e9nergie, bois, m\u00e9taux), et que la hausse des prix de ces derni\u00e8res, pour une partie du cycle d\u2019ajustement budg\u00e9taire, a fortement jou\u00e9.<\/p>\n<p>Pour les pays baltes, la taille microscopique de ces \u00e9conomies a permis aux \u00e9conomies ext\u00e9rieures de jouer pleinement le r\u00f4le de \u00ab\u00a0tracteur\u00a0\u00bb lors des politiques d\u2019ajustement. Notons que le commerce entre la Russie et l\u2019UE passe pour partie par les Pays Baltes, et que ces derniers ont largement profit\u00e9 du r\u00e9tablissement de la Russie de 1998 \u00e0 2008.<\/p>\n<p>Les politiques d\u2019ajustement qui ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es tant au Canada qu\u2019aux Pays Baltes n\u2019ont donc \u00e9t\u00e9 possibles qu\u2019en raison de ph\u00e9nom\u00e8nes ext\u00e9rieurs importants, et de la petite taille de ces \u00e9conomies relative \u00e0 leur environnement. Vouloir isoler ces politiques de leur contexte ne peut que conduire \u00e0 des erreurs importantes de perspective, et induire des catastrophes quand on essaye de les imiter.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Graphique 2<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-2.png\" alt=\"\" title=\"Graphique 2\" width=\"600\" height=\"368\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41151\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-2.png 1888w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-2-300x184.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-2-1024x628.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Elles sont fond\u00e9es sur une erreur de contexte.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>De plus, des erreurs tout aussi importantes ont \u00e9t\u00e9 commises quant au contexte ext\u00e9rieur qui accompagne la mise en \u0153uvre de ces politiques europ\u00e9ennes d\u2019ajustement.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, le poids des \u00e9conomies soumises \u00e0 l\u2019ajustement fiscal et budg\u00e9taire au sein de la zone Euro est tr\u00e8s loin d\u2019\u00eatre marginal.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Tableau 4<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-4.jpg\" alt=\"\" title=\"Tableau 4\" width=\"513\" height=\"289\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41166\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-4.jpg 513w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-4-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 513px) 100vw, 513px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re les pays appliquant les formes les plus brutales des politiques d\u2019ajustement, ils repr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 35 % de la richesse de la zone Euro. Si l\u2019on y ajoute des pays appliquant (pour l\u2019instant) des formes plus mod\u00e9r\u00e9es, on atteint 65 %, soit les deux tiers.<\/p>\n<p>On voit que l\u2019un des probl\u00e8mes du contexte vient de la simultan\u00e9it\u00e9 de ces politiques dans des pays repr\u00e9sentant une part importante de la richesse de la zone.<\/p>\n<p>Mais, le probl\u00e8me du contexte ne se limite pas celui de la simultan\u00e9it\u00e9. Ces politiques sont appliqu\u00e9es alors que l\u2019\u00e9conomie mondiale, y compris les pays \u00e9mergents, conna\u00eet sa crise la plus grave depuis celle des ann\u00e9es trente. D\u00e8s lors, l\u2019ajustement budg\u00e9taire et fiscal r\u00e9alis\u00e9 dans ces pays vient ajouter des effets \u00e0 ceux de la crise mondiale. En d\u2019autres termes, ces politiques se r\u00e9v\u00e8lent brutalement <em>pro-cyclique<\/em> dans une p\u00e9riode de r\u00e9cession qu\u2019elles contribuent \u00e0 aggraver, ce qui permet de comprendre pourquoi elles contribuent \u00e0 empirer la situation.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Elles sont fond\u00e9es sur une erreur de jugement.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>Ces politiques contiennent, de plus, de nombreuses erreurs th\u00e9oriques.<\/p>\n<p>D\u2019une part, elles supposent que l\u2019on peut couper dans les d\u00e9penses, ou accro\u00eetre les imp\u00f4ts, sans effets sur la croissance, ce qui est faux, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence. Plus subtilement, elles sont fond\u00e9es sur des hypoth\u00e8ses et des calculs qui n\u2019int\u00e8grent pas ou peu les effets de contexte sur les agents. Or, ces effets sont importants avec le changement des r\u00e8gles tant fiscales qu\u2019en mati\u00e8re de d\u00e9penses publiques. Pourtant, on sait depuis longtemps qu\u2019une remise en cause des prestations de retraites, par exemple, produit une modification imm\u00e9diate des comportements d\u2019\u00e9pargne (propension \u00e0 \u00e9pargner), qui implique que la contraction de la consommation est proportionnellement plus importante. De m\u00eame, des modifications \u00e0 r\u00e9p\u00e9titions du cadre fiscal induit une incertitude extr\u00eamement dommageable pour les entreprises. Ces derni\u00e8res vont alors r\u00e9duire plus qu\u2019il n\u2019est n\u00e9cessaire le niveau de leurs investissements.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, ces politiques prennent pour constant le \u00ab\u00a0multiplicateur des d\u00e9penses publiques\u00a0\u00bb qui lie les d\u00e9penses publiques au PIB, sans prendre en compte le fait que selon la nature des d\u00e9penses qui seront r\u00e9duites, il peut augmenter, ou au contraire diminuer, tr\u00e8s fortement. On le constate actuellement avec le cas de l\u2019Espagne, mais aussi de la Gr\u00e8ce. En fait, ces politiques s\u2019appuient sur une analyse <em>agr\u00e9g\u00e9e<\/em> des politiques fiscales et budg\u00e9taires et elles n\u00e9gligent les transformations, tant dans les comportements que dans les m\u00e9canismes de transmission des effets de ces dites politiques, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle sectorielle. Elles oublient que le \u00ab\u00a0multiplicateur\u00a0\u00bb correspond en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une moyenne, et que ses composants sont susceptibles de fluctuer de mani\u00e8re importante. Elles raisonnent de mani\u00e8re <em>quantitative<\/em> quand l\u2019importance des ajustements qui sont tent\u00e9s sugg\u00e8re que des modifications <em>qualitatives<\/em> importantes se manifestent. La vieille erreur de l\u2019\u00e9conomie standard, le raisonnement \u00ab\u00a0ceteris paribus\u00a0\u00bb (toutes choses \u00e9tant \u00e9gales par ailleurs) se manifeste ici dans toute son ampleur.<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Elles sont fond\u00e9es sur une erreur d\u2019analyse.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>Enfin, ces politiques reposent sur une erreur d\u2019analyse. La crise actuelle n\u2019est pas une crise des dettes souveraines, mais une crise de la comp\u00e9titivit\u00e9 relative des \u00e9conomies fonctionnant au sein de la monnaie unique. Il faut le dire et le redire\u00a0: c\u2019est l\u2019ouverture des \u00e9carts de comp\u00e9titivit\u00e9 qui a provoqu\u00e9 la crise de la dette et non l\u2019inverse. Il en r\u00e9sulte qu\u2019\u00e0 vouloir traiter une maladie par les sympt\u00f4mes, il n\u2019est pas \u00e9tonnant de voir l\u2019\u00e9tat du malade se d\u00e9t\u00e9riorer toujours plus.<\/p>\n<p>Ces \u00e9carts de comp\u00e9titivit\u00e9, qui peuvent \u00eatre mesur\u00e9s par les indices du co\u00fbt salarial r\u00e9el (salaire\/productivit\u00e9) ont \u00e9clat\u00e9 depuis 2002.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Graphique 3<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-3.png\" alt=\"\" title=\"Graphique 3\" width=\"600\" height=\"424\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41153\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-3.png 1884w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-3-300x211.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-3-1024x722.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><br \/>\nSource\u00a0: Donn\u00e9es de l\u2019OCDE.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019existence de ces \u00e9carts qui oblige les pays ne pouvant plus d\u00e9valuer depuis 1999, soit \u00e0 d\u00e9primer leur demande int\u00e9rieure et par l\u00e0 leur croissance (cas de l\u2019Italie) soit \u00e0 subventionner leurs entreprises ou leurs m\u00e9nages, aboutissant ainsi au gonflement d\u2019une dette soit publique soit priv\u00e9e. La distinction entre les deux formes de dettes est largement artificielle, comme on l\u2019a vu dans le cas de l\u2019Espagne, car d\u00e8s que les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par ces \u00e9conomies deviennent v\u00e9ritablement s\u00e9rieux, il y a un mouvement de compensation des dettes priv\u00e9es vers la dette publique.<\/p>\n<p>De plus, il y a un lien quasiment circulaire entre la productivit\u00e9 et la d\u00e9pression. Au d\u00e9part, des gains insuffisants en productivit\u00e9 (par rapport \u00e0 l\u2019accroissement des salaires) d\u00e9t\u00e9riorent la comp\u00e9titivit\u00e9 et conduisent \u00e0 l\u2019accroissement de la dette par le m\u00e9canisme d\u00e9crit. Mais, une fois les politiques d\u2019ajustements fiscales et budg\u00e9taires mises en place, et la forte contraction de l\u2019\u00e9conomie, on se rend compte que les gains de productivit\u00e9 ralentissent, voire s\u2019inversent, au contraire de ce que pr\u00e9tend l\u2019\u00e9conomie dominante.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est li\u00e9 aux rendements croissants qui existent dans l\u2019industrie, mais aussi \u00e0 des rigidit\u00e9s techniques qui font que l\u2019emploi ne peut se contracter aussi vite que la production. Cette baisse, relative ou absolue, de la productivit\u00e9 d\u00e9t\u00e9riore encore un peu plus la comp\u00e9titivit\u00e9 du pays et d\u00e9grade, bien entendu, les r\u00e9sultats des entreprises. Ces derni\u00e8res, soumises par ailleurs \u00e0 une instabilit\u00e9 du cadre fiscal (politique d\u2019ajustement fiscal) r\u00e9duisent plus qu\u2019il n\u2019est n\u00e9cessaire les investissements, ce qui provoque un surcro\u00eet de contraction de la production.<\/p>\n<h3>III. Le risque d\u2019une \u00ab\u00a0grande d\u00e9pression\u00a0\u00bb.<\/h3>\n<p>Dans la situation que nous connaissons actuellement, le risque d\u2019une \u00ab\u00a0grande d\u00e9pression\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne appara\u00eet de plus en plus probable si les politiques d\u2019ajustement ne sont pas interrompues. Cette \u00ab\u00a0grande d\u00e9pression\u00a0\u00bb qui nous menace n\u2019aura pas que des effets \u00e9conomiques et sociaux. Politiquement, elle fera dispara\u00eetre l\u2019Europe comme acteur important \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et provoquera la remont\u00e9e dramatique des facteurs de conflits au sein de l\u2019Europe. Les divers antagonismes, dont l\u2019antagonisme franco-allemand, se r\u00e9veilleront in\u00e9vitablement.<\/p>\n<ol start=\"1\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Les cons\u00e9quences de l\u2019ajustement budg\u00e9taire et fiscal.<\/span><\/li>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les pr\u00e9visions que l\u2019on peut faire il faudra une r\u00e9duction suppl\u00e9mentaire du d\u00e9ficit public pour que les engagements des gouvernements soient tenus. \u00c0 multiplicateur budg\u00e9taire constant, hypoth\u00e8se qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9e fausse,<strong> <\/strong>la correction budg\u00e9taire suppl\u00e9mentaire pour atteindre les objectifs en mati\u00e8re de d\u00e9ficit budg\u00e9taire devrait engendrer une nouvelle contraction de la croissance qui pourrait atteindre 0,9 % du PIB en France en 2013, 1 % au Portugal, 1,5 % en Gr\u00e8ce, 1,7 % en Italie et 10 % en Espagne. Pour ce pays, les experts ont cependant recalcul\u00e9 le multiplicateur des d\u00e9penses publiques, afin de tenir compte de la divergence importante entre les pr\u00e9c\u00e9dentes pr\u00e9visions et la r\u00e9alit\u00e9. Il en d\u00e9coule que, pour 2013, les taux de croissance devraient \u00eatre largement diff\u00e9rent des pr\u00e9visions, comme on peut le constater sur le tableau 5.<\/p>\n<p>Ce dernier pr\u00e9sente les pr\u00e9visions \u00e9tablies par trois institutions internationales, sur la base des donn\u00e9es fournies par les gouvernements (FMI, OCDE et Commission Europ\u00e9enne), des donn\u00e9es rassembl\u00e9es aupr\u00e8s de nombreux pr\u00e9visionnistes, mais qui datent d\u2019avant juillet 2012, les pr\u00e9visions du service des recherches de NATIXIS, et enfin les chiffres corrig\u00e9s \u00e0 partir des nouvelles donn\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Tableau 5<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Estimations de la croissance en 2013<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-5.jpg\" alt=\"\" title=\"Tableau 5\" width=\"695\" height=\"191\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41167\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-5.jpg 695w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-5-300x82.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><br \/>\nSources\u00a0: NATIXIS (service des recherches \u00e9conomiques), OCDE, FMI et Commission Europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>On voit que l\u2019Espagne subirait une d\u00e9pression impressionnante, et que les r\u00e9sultats de l\u2019Italie, du Portugal et de la Gr\u00e8ce sont appel\u00e9s \u00e0 \u00eatre tr\u00e8s mauvais. La France, quant \u00e0 elle, serait \u00ab\u00a0officiellement\u00a0\u00bb en r\u00e9cession, apr\u00e8s une croissance quasi-nulle sur une partie de 2012.<\/p>\n<p>Ces chiffres appellent les commentaires suivants.<\/p>\n<p>Les chercheurs de NATIXIS, dans le cadre de leurs \u00ab\u00a0nouvelles estimations\u00a0\u00bb ont probablement sur\u00e9valu\u00e9 le \u00ab\u00a0multiplicateur\u00a0\u00bb en raison des erreurs commises au pr\u00e9c\u00e9dent. En fait, il est probable que la baisse du PIB ne devrait pas exc\u00e9der, si la politique de rigueur est appliqu\u00e9e dans sa totalit\u00e9, les \u2013 8 % pour 2013, mais qu\u2019une correction plus importante devrait \u00eatre faite sur 2012 (et peut-\u00eatre 2011)<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Par contre, ils sous-estiment tr\u00e8s probablement le ph\u00e9nom\u00e8ne de dislocation de l\u2019\u00e9conomie grecque, qui devrait conna\u00eetre une baisse plus importante que les -2,8 % pr\u00e9vus.<\/p>\n<p>Globalement, et \u00e0 l\u2019exception de l\u2019Espagne, on devrait avoir un \u00e9cart de 3 points environ entre les pr\u00e9visions de la Commission Europ\u00e9enne et la r\u00e9alit\u00e9 pour 2013 pour l\u2019Italie, le Portugal et la Gr\u00e8ce, et d\u2019au moins 1,5 points dans le cas de la France.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Tableau 6<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Pr\u00e9visions de croissance pour 2013, en pourcentage du PIB<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-6.jpg\" alt=\"\" title=\"Tableau 6\" width=\"694\" height=\"192\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41168\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-6.jpg 694w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tableau-6-300x82.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 694px) 100vw, 694px\" \/><\/a><br \/>\nSources\u00a0: NATIXIS, service des recherches \u00e9conomiques et CEMI-EHESS.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences du point de vue de l\u2019accroissement du ch\u00f4mage peuvent \u00eatre imagin\u00e9es. On devrait conna\u00eetre un nouveau bond de ce dernier en Espagne, et une forte augmentation dans le cas de la France et de l\u2019Italie.<\/p>\n<p>Pour la France, les pr\u00e9visions de 500 000 ch\u00f4meurs suppl\u00e9mentaires de juillet 2012 \u00e0 juin 2013 qui ont circul\u00e9 depuis la fin du mois de juin 2012 sont tr\u00e8s probablement inf\u00e9rieures \u00e0 ce que sera la r\u00e9alit\u00e9. Il faut ainsi s\u2019attendre \u00e0 une hausse sur ces douze mois d\u2019au moins 600 000 ch\u00f4meurs et peut-\u00eatre de 750 000 si le gouvernement renforce l\u2019ajustement tant fiscal que budg\u00e9taire.<\/p>\n<\/ol>\n<ol start=\"2\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">L\u2019illusion de la \u00ab\u00a0relance europ\u00e9enne\u00a0\u00bb.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans ces conditions, que pourrait signifier une hypoth\u00e9tique \u00ab\u00a0relance europ\u00e9enne\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Il faut commencer par faire un sort au \u00ab\u00a0codicille\u00a0\u00bb concernant la croissance, rajout\u00e9 \u00e0 la sauvette au nouveau \u00ab\u00a0Trait\u00e9 Europ\u00e9en\u00a0\u00bb. Les sommes sont d\u00e9risoires par rapport aux besoins\u00a0: 120 milliards d\u2019euros, qui plus est \u00e9tal\u00e9s sur trois ans. Cela ne repr\u00e9sente m\u00eame pas, par ann\u00e9e, 1 % du PIB des pays consid\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle fran\u00e7aise, le m\u00eame constat peut \u00eatre dress\u00e9 concernant les diverses mesures pour l\u2019emploi, soit la cr\u00e9ation de 50 000 emplois aid\u00e9s pour 2013 (150 000 sur trois ans) et la mise en place des \u00ab\u00a0contrats de g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb. Avec des hypoth\u00e8ses optimistes, ces diff\u00e9rents dispositifs devraient aboutir \u00e0 la cr\u00e9ation de 120 000 emplois \u00ab\u00a0aid\u00e9s\u00a0\u00bb en 2013. Ceci ne repr\u00e9senterait que l\u2019\u00e9quivalent de 3 mois d\u2019accroissement du ch\u00f4mage\u00a0!<\/p>\n<p>Plus s\u00e9rieusement, dans le cas d\u2019une relance \u00ab\u00a0sym\u00e9trique\u00a0\u00bb (autrement dit affectant de m\u00eame mani\u00e8re tous les pays) que l\u2019on imagine alors pouvoir \u00eatre financ\u00e9e par la Banque Europ\u00e9enne d\u2019Investissement, le probl\u00e8me des \u00e9carts de comp\u00e9titivit\u00e9 se posent imm\u00e9diatement. Admettons que des sommes suffisantes (probablement de l\u2019ordre de 300 \u00e0 450 milliards d\u2019euros par ans) soient engag\u00e9es. Cette demande suppl\u00e9mentaire profiterait massivement \u00e0 l\u2019Allemagne, et d\u00e9t\u00e9riorerait d\u2019autant la balance commerciale de pays comme l\u2019Espagne, le Portugal, la Gr\u00e8ce ou la France. Il faudrait alors financer ces d\u00e9ficits. Admettons que la BCE y consente, et rach\u00e8te alors massivement les obligations \u00e9mises par les pays en difficult\u00e9s. Une \u00ab\u00a0pyramide\u00a0\u00bb de dettes se constituerait \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne. Or, d\u00e8s que les programmes de relance seraient interrompus, les probl\u00e8mes que nous connaissons aujourd\u2019hui se manifesteraient \u00e0 nouveau. Nous n\u2019aurions alors pas d\u2019autre choix que de renouveler ces programmes et de faire grandir cette \u00ab\u00a0pyramide\u00a0\u00bb de dettes. La croissance ne serait maintenue qu\u2019\u00e0 ce prix et toute interruption ferait imm\u00e9diatement ressurgir le spectre de la d\u00e9flation.<\/p>\n<p>Il est excessivement peu probable que l\u2019Allemagne accepte un syst\u00e8me d\u2019accumulation des dettes de cette ampleur.<\/p>\n<p>Le cas d\u2019une relance \u00ab\u00a0asym\u00e9trique\u00a0\u00bb appara\u00eet, en th\u00e9orie, comme plus int\u00e9ressant. Dans cette hypoth\u00e8se, on mettrait des barri\u00e8res douani\u00e8res provisoires entre l\u2019Allemagne et les pays du Sud de l\u2019Europe afin de compenser en partie les \u00e9carts de comp\u00e9titivit\u00e9. La relance b\u00e9n\u00e9ficierait alors aux pays qui en ont besoin. Mais, dans une telle hypoth\u00e8se, il faudrait que ces barri\u00e8res douani\u00e8res soient adapt\u00e9es \u00e0 chaque pays pour compenser des \u00e9carts de comp\u00e9titivit\u00e9 qui sont loin d\u2019\u00eatre uniformes. Outre la complexit\u00e9 du syst\u00e8me, ici encore on constate qu\u2019il ne peut \u00eatre de courte dur\u00e9e. Pour que la r\u00e9industrialisation engendre des gains de productivit\u00e9 suffisants pour r\u00e9tablir la comp\u00e9titivit\u00e9 avec l\u2019Allemagne, il faudrait faire perdurer ce syst\u00e8me sur longue p\u00e9riode (de 7 \u00e0 12 ans). Il est tr\u00e8s peu probable que l\u2019Allemagne consente dans la dur\u00e9e \u00e0 une telle situation qui est, en r\u00e9alit\u00e9, la n\u00e9gation de l\u2019acte unique europ\u00e9en.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\">Le mythe des \u00ab\u00a0r\u00e9formes structurelles\u00a0\u00bb.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p>Devant l\u2019urgence de la situation, et les blocages \u00e9vidents en mati\u00e8re de relance concert\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, on reparle de plus en plus de \u00ab\u00a0r\u00e9formes structurelles\u00a0\u00bb. Il y a, sous ce vocable, le meilleur et le pire\u00a0: les r\u00e9formes structurelles, telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es depuis plus de 25 ans ont tr\u00e8s souvent signifi\u00e9 des pertes importantes de pouvoir d\u2019achat pour une majorit\u00e9 de la population sans contrepartie. De plus, on peut douter que ces mesures soient capables de produire des effets positifs \u00e0 court ou moyen terme.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re piste explor\u00e9e (y compris par un syndicat comme la CFDT) est celle de la flexibilisation du travail. Mais, dans une conjoncture de r\u00e9cession, et peut-\u00eatre de d\u00e9pression, cela signifierait surtout faciliter les licenciements et donc aggraver la crise. La flexibilisation du travail, avec de tr\u00e8s s\u00e9rieuses garanties pour la s\u00e9curisation des revenus des travailleurs, peut \u00eatre une solution en p\u00e9riode de croissance. On constate d\u2019ailleurs qu\u2019au Danemark, pays qui fut le champion de la \u00ab\u00a0flex-s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb, depuis deux ans la dimension \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019est effondr\u00e9e et seule ne demeure que la facilit\u00e9 de licencier. Si la mobilit\u00e9 sur le march\u00e9 du travail doit \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e, c\u2019est bien plus par l\u2019adaptation des comp\u00e9tences aux demandes.<\/p>\n<p>Ceci constitue alors la deuxi\u00e8me piste explor\u00e9e. Il est parfaitement exact qu\u2019un nombre important de demandes d\u2019emploi restent insatisfaites alors que le ch\u00f4mage est important. Ceci indique la permanence de probl\u00e8mes concernant la formation professionnelle, mais aussi la reconnaissance de cette formation par les entreprises. Il est justifi\u00e9 d\u2019explorer une telle voie. Mais, en p\u00e9riode de forte contraction des offres d\u2019emploi, l\u2019efficacit\u00e9 de ces mesures ne pourra \u00eatre que tr\u00e8s limit\u00e9. En fait, am\u00e9liorer les comp\u00e9tences ne peut fonctionner que si les offres d\u2019emploi sont en expansion. Autrement dit, oui la France a un probl\u00e8me avec la formation professionnelle, et non, ce n\u2019est pas en am\u00e9liorant notre syst\u00e8me que nous r\u00e9soudrons le probl\u00e8me d\u2019emploi que nous conna\u00eetrons dans les 18 prochains mois.<\/p>\n<p>Une troisi\u00e8mes piste concerne la hausse de la valeur ajout\u00e9e par produit que devrait viser l\u2019industrie fran\u00e7aise. Ceci correspond \u00e0 une \u00ab\u00a0mont\u00e9e en gamme\u00a0\u00bb de nos productions. C\u2019est la tarte \u00e0 la cr\u00e8me depuis la fin des ann\u00e9es 1970. En fait, les diff\u00e9rents pays (et industries) se sont positionn\u00e9s sur des sp\u00e9cialisations productives, tant dans le choix des produits que dans le choix de gamme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une ligne de produit. Une modification de cette sp\u00e9cialisation est une entreprise ardue, qui prend entre quinze et vingt-cinq ans. Si l\u2019on doit tendre vers des productions dites \u00ab\u00a0haut de gamme\u00a0\u00bb, il faut aussi comprendre que ceci n\u2019implique pas d\u2019abandonner les autres productions, car l\u2019innovation en mati\u00e8re de techniques de production est au moins aussi importante que l\u2019innovation en mati\u00e8re de produits. De toute fa\u00e7on, ce n\u2019est nullement une r\u00e9ponse aux probl\u00e8mes actuels.<\/p>\n<p>Une quatri\u00e8me piste porte sur la r\u00e9forme de l\u2019\u00c9tat. Ici encore, il faut comprendre que c\u2019est une entreprise de long terme (au moins quinze ans) et dont on ne doit pas attendre une baisse imm\u00e9diate du co\u00fbt de fonctionnement de la puissance publique, m\u00eame si \u2013 \u00e0 terme \u2013 on peut s\u2019attendre \u00e0 une am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action publique. Les baisses imm\u00e9diates de co\u00fbts se traduisent en r\u00e9alit\u00e9 par des pertes importantes d\u2019efficience de l\u2019action publique, qui font surgir des co\u00fbts cach\u00e9s qui compensent les gains obtenus. Assur\u00e9ment, la charge de ces co\u00fbts n\u2019est pas support\u00e9e par les m\u00eames agents. Le plus souvent, la \u00ab\u00a0r\u00e9forme de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb signifie le transfert de charges vers les plus pauvres au profit des plus riches, par baisse de la qualit\u00e9 des services publics. Les pertes en productivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale (relatives ou absolues) engendr\u00e9es par ces mesures sont susceptibles de compenser les hausses de comp\u00e9titivit\u00e9 imm\u00e9diate enregistr\u00e9e initialement par ce transfert de charges.<\/p>\n<p>On le voit, les diff\u00e9rentes pistes explor\u00e9es n\u2019offrent aucune alternative \u00e0 la mont\u00e9e de la r\u00e9cession et de la d\u00e9pression \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne.<\/p>\n<h3>IV. Quelles perspectives \u00e0 court et moyen terme\u00a0?<\/h3>\n<p>Les pays de la zone Euro se sont engag\u00e9s dans une spirale de politiques d\u2019ajustement \u00e0 cause d\u2019une erreur fondamentale faite quant \u00e0 l\u2019identification des causes de la crise. Il faut le r\u00e9p\u00e9ter, cette derni\u00e8re est engendr\u00e9e par la crise de comp\u00e9titivit\u00e9 qui a explos\u00e9 depuis les ann\u00e9es 2002. C\u2019est cette crise qui a produit le gonflement des d\u00e9ficits, tant priv\u00e9s que publics, et l\u2019accumulation de la dette.<\/p>\n<p>En l\u2019\u00e9tat actuel, il y a de fortes probabilit\u00e9s pour que la zone Euro s\u2019enfonce un peu plus dans la r\u00e9cession, pour 2012 et 2013. Le risque d\u2019une d\u00e9pression g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e deviendra important \u00e0 partir du second semestre 2013, surtout si les objectifs de r\u00e9duction des d\u00e9ficits budg\u00e9taires sont maintenus, conduisant in\u00e9luctablement \u00e0 de nouveaux durcissements des politiques d\u2019ajustement fiscales et budg\u00e9taires. Ces durcissements menacent de pr\u00e9cipiter la zone Euro de la r\u00e9cession vers la d\u00e9pression. La comparaison avec les perspectives de croissance des pays europ\u00e9ens non-membres de la zone Euro (Su\u00e8de et Royaume-Uni) et des pays non-europ\u00e9ens de l\u2019OCDE (\u00c9tats-Unis, Japon, Australie, Canada) marque un cruel contraste avec la situation des pays de la zone Euro, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019Allemagne.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Graphique 4<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-4.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-4.png\" alt=\"\" title=\"Graphique 4\" width=\"600\" height=\"407\" class=\"aligncenter size-full wp-image-41156\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-4.png 1888w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-4-300x203.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Graphique-4-1024x694.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><br \/>\nSources\u00a0: donn\u00e9es 2007-2011, OCDE, Economic Outlook n\u00b091, mai 2012\u00a0; 2012\u00a0: estimations du service de recherches \u00e9conomiques de NATIXIS\u00a0; 2013\u00a0: estimations CEMI-EHESS.<\/p>\n<p>La dynamique de ce dernier pays s\u2019appuie certes sur des avantages connus mais aussi sur le profit qu\u2019il tire de l\u2019existence de l\u2019euro, et qui serait en r\u00e9alit\u00e9 amplifi\u00e9 dans le cas d\u2019une relance dite \u00ab\u00a0europ\u00e9enne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 que la BCE mette en place un programme de rachat massif des dettes n\u2019am\u00e8nera de r\u00e9pit qu\u2019\u00e0 tr\u00e8s court terme\u00a0: entre 6 et 8 mois, au plus. La morphine, certes, soulage les douleurs du malade, mais ne soigne pas la maladie, et le traitement aujourd\u2019hui prescrit, l\u2019ajustement fiscal et budg\u00e9taire, contribue en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 aggraver celle-ci. De plus, il est clair que des pays comme la Gr\u00e8ce, le Portugal ou l\u2019Espagne ne pourront pas rembourser les titres achet\u00e9s par la BCE. Ces pays sont durablement insolvables, au niveau de parit\u00e9 actuel dans la zone Euro.<\/p>\n<p>On va d\u2019ailleurs voir la situation de l\u2019Italie et de la France continuer \u00e0 se d\u00e9t\u00e9riorer dans le cours de 2013. L\u2019accroissement du ch\u00f4mage, qui est aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s important avec plus de 40 000 ch\u00f4meurs suppl\u00e9mentaires tous les mois, devrait s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer \u00e0 partir du second semestre de la prochaine ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour surmonter cette crise, qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent sauf la d\u00e9pression des ann\u00e9es trente, la zone Euro n\u2019a que deux solutions\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 soit proc\u00e9der \u00e0 une relance dite \u00ab\u00a0asym\u00e9trique\u00a0\u00bb, mais qui poserait des probl\u00e8mes politiques nombreux et difficiles, surtout si elle doit \u00eatre, comme il est hautement probable, maintenue pour une longue p\u00e9riode\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 soit proc\u00e9der \u00e0 la dissolution de la zone euro, en profitant du r\u00e9pit temporaire qu\u2019apportera l\u2019intervention massive de la BCE, afin de faire en sorte que cette dissolution soit concert\u00e9e et ordonn\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 ne pas vouloir choisir, les dirigeants europ\u00e9ens s\u2019exposent \u00e0 subir l\u2019\u00e9quivalent de la \u00ab\u00a0grande d\u00e9pression\u00a0\u00bb, dont les cons\u00e9quences politiques seront bien \u00e9videmment dramatiques, tant pour eux que pour les peuples qu\u2019ils auront entra\u00een\u00e9s dans le chaos.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref\">[1]<\/a> Ces nouvelles estimations ont \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es par le service des recherches de NATIXIS \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt 2012.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref\">[2]<\/a> Le service espagnol des statistiques a d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 corriger ses estimations sur 2010 et 2011, et il est probable que d\u2019autres corrections seront annonc\u00e9es d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2012.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. L&rsquo;ent\u00eatement dans les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 est maintenant susceptible de transformer une situation de r\u00e9cession en authentique d\u00e9pression. Tout le monde le sait, sauf nos dirigeants et les pr\u00e9tendus \u00ab\u00a0experts\u00a0\u00bb qui les conseillent. Bien entendu, le fait que tout le monde le sache sauf eux nous fera une belle jambe une fois que la [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[25,4479,933,1344,1611],"class_list":["post-41137","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-crise","tag-europe","tag-fesf","tag-jacques-sapir","tag-mes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41137","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=41137"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41137\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":45977,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41137\/revisions\/45977"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=41137"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=41137"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=41137"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}