{"id":43459,"date":"2012-11-10T11:04:35","date_gmt":"2012-11-10T10:04:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=43459"},"modified":"2013-01-02T00:19:36","modified_gmt":"2013-01-01T23:19:36","slug":"un-coup-de-pompe-prenez-un-peu-de-jorion-par-zephyr-armaguedon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/11\/10\/un-coup-de-pompe-prenez-un-peu-de-jorion-par-zephyr-armaguedon\/","title":{"rendered":"<b>UN COUP DE POMPE ? PRENEZ UN PEU DE JORION<\/b>, par Z\u00e9phyr Armagu\u00e9don"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\" alt=\"\" title=\"Mis\u00e8re - Couverture\" width=\"160\" height=\"245\" class=\"alignleft size-full wp-image-41200\" \/><\/a><\/p>\n<blockquote><p>Billet invit\u00e9. L&rsquo;auteur de la recension me reproche des positions que je ne d\u00e9fends pas. Mais comme il me f\u00e9licite pour des positions que je ne d\u00e9fends pas non plus&#8230; Je ne suis pas marxiste, dit-il : c&rsquo;est vrai. J&rsquo;aurais \u00e9crit \u00e0 Nicolas Sarkozy ? non, jamais.<\/p><\/blockquote>\n<h3>\u00c0 propos de MISERE DE LA PENSEE ECONOMIQUE de Paul Jorion. Fayard, octobre 2012.<\/h3>\n<p>En 378 \u00e0 Andrinople l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale romaine, conduite par Valens en personne, est d\u00e9faite par une coalition de Goths et d\u2019autres suppl\u00e9tifs en r\u00e9volte. Cette bataille perdue est embl\u00e9matique d\u2019un d\u00e9clin. Elle est ressentie comme telle par la soci\u00e9t\u00e9 romaine et ses \u00e9lites m\u00eame si les discours officiels ne peuvent que la nier. Signe de la prise en compte du danger, toute d\u00e9claration publique devra d\u00e8s lors se terminer par un \u00e9loge de la Rome \u00e9ternelle et invincible. Cependant, comme aujourd\u2019hui, la condamnation de ceux qui osent dire la v\u00e9rit\u00e9 et qui d\u00e9noncent\u00a0 la logomachie impuissante, n\u2019y pourra rien.<\/p>\n<p>En faisant du christianisme la religion de l\u2019Empire, le dernier grand empereur, Th\u00e9odose, ne h\u00e2te t-il pas ainsi\u00a0 la chute de la \u00ab\u00a0Rome \u00e9ternelle\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p><!--more-->Paul Jorion a une approche sans doute diff\u00e9rente de nombre de pr\u00e9tendus sp\u00e9cialistes. C\u2019est sous plusieurs angles diff\u00e9rents qu\u2019il nous fait porter notre regard. Ne faut-il pas concentrer justement nos analyses sur certaines cons\u00e9quences inattendues\u00a0?\u00a0On l\u2019imagine plut\u00f4t commencer son r\u00e9cit par \u00ab\u00a0Vous n\u2019avez pas eu la chance de conna\u00eetre cette vieille branche de\u00a0Tom ? C\u2019\u00e9tait un type g\u00e9nial qui\u00a0 p\u00eachait le poisson du c\u00f4t\u00e9 de Laeken. Et quand vous lui demandiez\u2026 etc.\u00a0\u00bb. Le style que l\u2019on retrouve souvent chez\u00a0nombre de chroniqueurs anglo-saxons ou m\u00eame simplement dans le National Geographic. Il y a l\u00e0 une approche apparemment \u00e9clectique qui peut choquer le\u00a0 lecteur fran\u00e7ais s\u2019attendant \u00e0 un style compass\u00e9, \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb, laborieux.<\/p>\n<p>Car le type vous semble \u00e0 premi\u00e8re vue un peu \u00ab\u00a0l\u00e9ger\u00a0\u00bb. Vous vous marrez. Et puis, paf,\u00a0il vous ass\u00e8ne, avec une petite tape sur l\u2019\u00e9paule, au d\u00e9tour du chemin, une v\u00e9rit\u00e9 et des arguments imparables. Ce style et cette forme font de Paul Jorion un p\u00e9dagogue hors pair.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>A la vie, \u00e0 la mort.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mis\u00e8re de la pens\u00e9e \u00e9conomique\u00a0\u00bb va donc \u00e9voquer, parfois \u00e0 travers des exp\u00e9riences personnelles &#8211; notamment au sein de d\u2019institutions financi\u00e8res\u00a0nord-am\u00e9ricaines &#8211; la vie et la mort, analyser nos comportements et pas seulement en mati\u00e8re \u00e9conomique. C\u2019est \u00e0 pr\u00e9sent le septi\u00e8me livre (1) \u00ab\u00a0best-seller\u00a0\u00bb de Jorion. Et il n\u2019est pas inutile, bien qu\u2019il fasse des rappels, d\u2019avoir lu les ouvrages pr\u00e9c\u00e9dents pour mieux comprendre certains points forts de sa pens\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019acceptation de la mort reste difficilement acceptable. Bien qu\u2019in\u00e9luctable nous acceptons mal la disparition d\u2019un \u00eatre cher. Mais quid de la mort d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re\u00a0? Sommes-nous conscients de sa possible disparition\u00a0? M\u00eame si les Mayas ne sont pas morts physiquement, ils ont bien d\u00e9laiss\u00e9 leur mode de vie et leur fa\u00e7on de vivre en soci\u00e9t\u00e9. La vie a continu\u00e9 sous une autre forme d\u2019organisation sociale.<\/p>\n<p>Bien apr\u00e8s 476, l\u2019Empire romain \u00e9tait toujours vivant dans la t\u00eate des peuples d\u2019Occident. Et ce d\u2019autant plus qu\u2019il allait se perp\u00e9tuer pendant plusieurs si\u00e8cles encore en Orient. Pourtant quelque chose \u00e9tait bel et bien mort et on le sentait plus ou moins consciemment.<\/p>\n<p>De l\u00e0 \u00e0 envisager la fin du capitalisme, il n\u2019y a \u00e9videmment qu\u2019un pas que Paul Jorion franchit avec prudence semblant pr\u00eat \u00e0 retourner sur l\u2019autre berge pour donner quelques ultimes conseils \u00e0 ceux qui sont rest\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Des m\u00e9canismes financiers et une machine folle<\/strong><\/p>\n<p>Si vous avez vu et aim\u00e9 \u00ab\u00a0Margin Call\u00a0\u00bb (2) vous appr\u00e9cierez le r\u00e9cit encore plus v\u00e9ridique d\u2019un type qui, travaillant dans des institutions financi\u00e8res am\u00e9ricaine, se rend compte de dysfonctionnements \u00ab\u00a0syst\u00e9miques\u00a0\u00bb, de l\u2019usage d\u2019outils obsol\u00e8tes et d\u2019analyses erron\u00e9es. Il tente bien d\u2019alerter et de rem\u00e9dier\u2026 mais il\u00a0 finit bien s\u00fbr par se faire lourder. C\u2019est un morceau de la vie de Paul Jorion. C\u2019est de l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019il a pu constater la vacuit\u00e9 des pr\u00e9tendus \u00ab\u00a0sp\u00e9cialistes\u00a0\u00bb toujours sans r\u00e9ponse quand on leur pose quelques questions. Celles qui les font vite reculer derri\u00e8re leurs derniers retranchements d\u00e9nu\u00e9s de tous fondements. Par l\u00e0 m\u00eame ne doit-on pas poser la question\u00a0: des correctifs et des outils mieux adapt\u00e9s auraient-ils permis d\u2019\u00e9viter la crise apparue en 2008\u00a0?<\/p>\n<p>La pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0science \u00e9conomique\u00a0\u00bb a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 alors son inad\u00e9quation avec une r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame inadmissible. Elle n\u2019a \u00e9t\u00e9 en fait que la r\u00e9p\u00e9tition de croyances, d\u2019analyses non prouv\u00e9es. D\u00e9j\u00e0 dans les pr\u00e9misses de l\u2019ouvrage, l\u2019auteur avait \u00e9voqu\u00e9 cette propension que nous avions \u00e0 nous raccrocher \u00e0 ce qui existe et qui pour chacun est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9ternel.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e9ficit budg\u00e9taire et \u00ab\u00a0r\u00e8gle d\u2019or\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Paul Jorion nous explique aussi\u00a0 pourquoi la politique europ\u00e9enne budg\u00e9taire de combat des d\u00e9ficits est absurde. Le ralentissement de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique qui en d\u00e9coulera provoquera naturellement un blocage du notamment au manque de rentr\u00e9es fiscales.<\/p>\n<p>On en est toujours \u00e0 une pr\u00e9tendue politique \u00e9conomique ne trouvant d\u2019autre issue qu\u2019alimenter la sp\u00e9culation financi\u00e8re. Notons ainsi au passage que les contribuables de la zone euro ont d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 4500 milliards d\u2019euros\u00a0 d\u2019octobre 2008 \u00e0 octobre 2011. En vain pour ce qui est de conjurer r\u00e9ellement la \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb (3).<\/p>\n<p>Les solutions pour trouver une issue \u00e0 celle-ci paraissent donc \u00e0 la fois d\u00e9risoire et dramatique. Ainsi les institutions financi\u00e8res en ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites \u00e0 cr\u00e9er des <em>bad banks<\/em> qui ont pour avantage de permettre une falsification\u00a0 l\u00e9gale de leur bilan (4).<\/p>\n<p>On peut logiquement pr\u00e9figurer que les r\u00e9centes mesures d\u2019all\u00e8gement fiscal et de baisse du co\u00fbt du travail des gouvernements vont prendre rapidement la voie \u00e0 sens unique de ladite sp\u00e9culation, jeu bien plus rentable que l\u2019investissement dans le secteur productif comme tout le monde le sait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Marx n\u2019a pas de prix.<\/strong><\/p>\n<p>Vous avez compris que Paul Jorion parle de sujets, d\u00e9veloppe des analyses qui ne plaisent pas \u00e0 tout le monde\u00a0!\u2026 Il ne manque pas d\u2019en rajouter une louche en \u00e9voquant Marx \u00e0 qui il rend justice.<\/p>\n<p>Rappelant ses conceptions de la monnaie et du prix, c\u2019est cependant sur ce dernier th\u00e8me qu\u2019il exprime un d\u00e9saccord (5). Il \u00e9voque aussi la fameuse baisse tendancielle du taux de profit, conception marxienne qu\u2019il avait auparavant critiqu\u00e9e. Sur ce dernier point Paul Jorion rejoint nombre d\u2019analystes dont certains sont marxistes, comme Michel Husson. Objectons cependant que d\u2019autres \u00e9tudes r\u00e9centes ont remis la question sur le tapis, montrant que cette baisse tendancielle du taux de profit \u00e9tait bien r\u00e9elle\u00a0; il est capt\u00e9 en grande partie par la sp\u00e9culation financi\u00e8re et le r\u00e9investissement dans la production en est par cons\u00e9quent limit\u00e9 (6).<\/p>\n<p>Notre auteur de \u00ab\u00a0Mis\u00e8re de la pens\u00e9e \u00e9conomique\u00a0\u00bb &#8211; titre, vous l\u2019aviez compris, qui est un clin d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019ouvrage de Marx \u00ab\u00a0Mis\u00e8re de la Philosophie\u00a0\u00bb, se voulant lui-m\u00eame r\u00e9ponse \u00e0 Proudhon \u2013 r\u00e9habilite certes Marx. Mais il en garde n\u00e9anmoins une conception proche de celle de Keynes, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019image d\u2019un partisan s\u2019\u00e9rigeant\u00a0 d\u00e8s l\u2019origine contre le capitalisme, pour le Prol\u00e9tariat. Comme le pr\u00e9tend Keynes, qui n\u2019avait jamais lu Marx dans le texte, il y aurait donc une partialit\u00e9 et un manque d\u2019objectivit\u00e9 chez le penseur allemand puisqu\u2019il chercherait \u00e0 corroborer des th\u00e8ses ainsi pr\u00e9\u00e9tablies.\u00a0Or c\u2019est justement ce dont Marx, dernier penseur cons\u00e9quent de l\u2019\u00e9conomie politique, entend se d\u00e9marquer. Son approche se veut scientifique et ce n\u2019est que l\u2019aboutissement de ses analyses qui lui font conclure au caract\u00e8re messianique du prol\u00e9tariat, et \u00e0 une fin logique du syst\u00e8me capitaliste.<\/p>\n<p>De Marx il reste aussi une m\u00e9thode d\u2019analyse, une dialectique\u00a0 qui tient compte des dynamiques et des conflits, des int\u00e9r\u00eats qui animent la soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est l\u00e0 un instrument incomparable qui peut comme tout instrument \u00eatre mal utilis\u00e9. Et ce n\u2019est \u00e9videmment pas le hasard si l\u2019on a voulu tant de fois l\u2019enterrer m\u00eame si ses ennemis ont par ailleurs tent\u00e9 de se servir de l\u2019outil, ou plut\u00f4t d\u2019une \u00ab\u00a0Excalibur\u00a0\u00bb qu\u2019il faut savoir tirer de sa gangue\u2026<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>La perte du sens<\/strong><\/p>\n<p>A travers ses exp\u00e9riences et ses observations Paul Jorion constate une d\u00e9ficience de ce qu\u2019il appelle la \u00ab\u00a0rationalit\u00e9\u00a0\u00bb. C\u2019est pourtant bien\u00a0 le rationalisme, la Raison, qui est le fondement de la soci\u00e9t\u00e9 moderne, n\u00e9e de l\u2019ascension d\u2019une classe r\u00e9volutionnaire, la bourgeoisie. Cette rationalit\u00e9 n\u00e9cessaire a occup\u00e9 une place de plus en plus importante dans l\u2019organisation de toute la soci\u00e9t\u00e9. A\u00a0 mesure que l\u2019Economie se d\u00e9veloppait elle se renfor\u00e7ait elle-m\u00eame comme mode de pens\u00e9e, \u00e9clipsant peu \u00e0 peu la conception religieuse du monde. L\u2019aboutissement politique de cette mont\u00e9e du rationalisme est illustr\u00e9 par la R\u00e9volution Fran\u00e7aise qui combat l\u2019Eglise et la religion elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>La force du lib\u00e9ralisme, id\u00e9ologie politique de la bourgeoisie, r\u00e9side notamment dans sa capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer les conflits, \u00e0 surmonter les contradictions par les \u00e9changes, en int\u00e9grant les oppositions.\u00a0 A chaque fois, en se r\u00e9novant, le syst\u00e8me acqu\u00e9rait\u00a0 ainsi une nouvelle force.<\/p>\n<p>Comme le dit Jorion tout le XIXe si\u00e8cle est une \u00ab\u00a0\u00e9bullition\u00a0\u00bb d\u2019id\u00e9es, un th\u00e9\u00e2tre de conflits. Le regard lucide sur la soci\u00e9t\u00e9 telle qu\u2019elle est alors, se fait sans concessions, m\u00eame quand il est issu du \u00ab\u00a0camp bourgeois\u00a0\u00bb. Que l\u2019on relise Tocqueville et ses consid\u00e9rations sur la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine ou encore sa description du r\u00f4le de l\u2019Eglise en France sous l\u2019Ancien R\u00e9gime. On comprend mieux ainsi au passage l\u2019attitude de la bourgeoisie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ladite Eglise, g\u00eanante directrice de conscience, mais \u00e9galement d\u00e9tentrice de biens convoit\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais aujourd\u2019hui o\u00f9 sont les Tocqueville du XXIe si\u00e8cle\u00a0? Dans les catacombes, r\u00e9duits au silence, ils n\u2019ont droit au mieux qu\u2019aux lazzi, \u00e0 la d\u00e9formation de leurs propos\u00a0 par de mis\u00e9rables perroquets de la pens\u00e9e unique, ayant surtout \u00e0 c\u0153ur de ne pas perdre leur job d\u2019amuseurs publics patent\u00e9s.<\/p>\n<p>La marchandise, produit moderne du capitalisme est certes attaqu\u00e9e par la crise \u00e9conomique. Elle l\u2019est aussi par cons\u00e9quence sur le plan id\u00e9ologique. Et, dans cet affaissement g\u00e9n\u00e9ral, le capitalisme perd donc aussi sa capacit\u00e9 pragmatique de penser et l\u2019espoir d\u2019une r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence.<\/p>\n<p>Dans ces conditions le discours de Toulon du 25 septembre 2008 par un Pr\u00e9sident qui aura surtout montr\u00e9 par la suite ses capacit\u00e9s de gesticulation, n\u2019\u00e9tait qu\u2019un leurre dans lequel Paul Jorion a cependant voulu croire un instant. Et prenant \u00e0 la lettre ce qui avait \u00e9t\u00e9 dit, lui \u00e9crivant m\u00eame de sa plus belle plume\u2026<\/p>\n<p>Reste t-il seulement une poussi\u00e8re\u00a0de tous ces propos \u00ab\u00a0pr\u00e9sidentiels\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le co\u00fbt et la baisse du travail.<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ouvrage que Paul Jorion mentionne cette notion de baisse du travail. On ne peut ramener le co\u00fbt d\u2019un produit \u00e0 des effets d\u2019aubaine plus ou moins fortuits. Le noyau de sa valeur vient du travail qui est entr\u00e9 dans sa composition. De tout temps l\u2019entrepreneur, le possesseur du capital, ont donc cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9conomiser sur ce co\u00fbt du travail. L\u2019augmentation du capital fixe (machines, technologie\u2026) permet une augmentation des profits. Mais il en r\u00e9sulte pour les salari\u00e9s une perte de revenus constante se traduisant en premier lieu par le ch\u00f4mage.\u00a0 Le travail humain \u00e9tant de moins en moins n\u00e9cessaire pour obtenir la production recherch\u00e9e. Cette baisse des revenus finit logiquement par gripper la machine capitaliste.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 l\u2019origine de toutes les crises typiques du capitalisme. Une surproduction appara\u00eet due \u00e0 une demande non solvable.<\/p>\n<p>La crise actuelle n\u2019a pas d\u00e9but\u00e9 en 2008 et elle n\u2019est pas d\u2019origine financi\u00e8re. D\u00e8s 2006\u00a0 on peut en effet constater une r\u00e9duction et baisse importante des \u00e9changes commerciaux que traduit la chute du fret maritime dans certains grands ports internationaux (7).<\/p>\n<p>Quelle est la limite \u00e0 la baisse du co\u00fbt du travail\u00a0? Quand les travailleurs pauvres des Etats-Unis, de plus en plus issus de la middle-class, sont oblig\u00e9s de vivre dans des bouches d\u2019\u00e9gout ou en sont r\u00e9duit \u00e0 vendre leur sang ou un organe pour payer leur loyer ou simplement de quoi se nourrir, on peut dire aucune. Ce sont les plus forts, ceux qui d\u00e9tiennent le capital, qui d\u00e9cident. La philia aristot\u00e9licienne d\u00e9crite par Paul Jorion, ultime instinct de survie collective, trouve ici ses limites.<\/p>\n<p>Cette seule issue en apparence logique,\u00a0 propos\u00e9e et appliqu\u00e9e, de la baisse du co\u00fbt du travail, gr\u00e8ve tout espoir s\u00e9rieux d\u2019une quelconque reprise \u00e9conomique.<\/p>\n<p>D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, signe de notre \u00e9poque, le travail humain est de moins en moins n\u00e9cessaire. C\u2019est visible dans la production de biens o\u00f9 pour une production donn\u00e9e on utilise le moins possible d\u2019employ\u00e9s et o\u00f9 l\u2019on m\u00e9canise le plus que l\u2019on peut. Paul Jorion mentionne \u00e0 ce propos la conception du XIXe si\u00e8cle\u00a0 des \u00ab\u00a0socialistes\u00a0\u00bb\u00a0 comme Sismondi qui avancent logiquement qu\u2019un travailleur licenci\u00e9 pour cause de modernisation de l\u2019appareil productif devrait pouvoir conserver son revenu puisque son d\u00e9part est li\u00e9 au maintien voire \u00e0 une augmentation de la production. Il a provoqu\u00e9 en fin de compte une augmentation provisoire ou non des profits dont il devrait donc b\u00e9n\u00e9ficier en partie.<\/p>\n<p>La fin du travail, si elle pourrait logiquement correspondre avec un mieux \u00eatre, reste tout au contraire mortif\u00e8re en soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Elle acc\u00e9l\u00e8re un d\u00e9litement des liens sociaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Combien de divisions\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Mais comment changer les choses\u00a0? Qui pourrait \u00ab\u00a0redresser la barre\u00a0\u00bb si l\u2019on consid\u00e8re que le Capital \u2013 \u00ab\u00a0les march\u00e9s\u00a0\u00bb &#8211; a acquis une totale autonomie imposant partout sa loi\u00a0? Peut-on compter sur un sursaut des \u00e9lites\u00a0? Et quel serait leur r\u00e9el pouvoir d\u2019intervention\u00a0? Doit-on \u00e0 nouveau s\u2019interroger sur la nature de l\u2019Etat pour tenter d\u2019y voir autre chose que la conjonction des int\u00e9r\u00eats des puissants?<\/p>\n<p>Apr\u00e8s nous avoir d\u00e9crit un monde en d\u00e9clin, Paul Jorion propose donc quelques solutions. Disons-le\u00a0: elles apparaissent \u00e0 la fin du livre plut\u00f4t comme des rustines ou des incantations pour \u00ab\u00a0donner le change\u00a0\u00bb. Ainsi en est-il d\u2019une politique d\u2019augmentation des salaires doubl\u00e9e d\u2019une mise en veilleuse de la politique du cr\u00e9dit. Mais comment, dans notre soci\u00e9t\u00e9 telle qu\u2019elle est, gr\u00e2ce \u00e0 une hausse des revenus, imaginer une reprise \u00e9conomique sans qu\u2019il y ait usage du cr\u00e9dit\u00a0? Peut-on acheter sa bagnole ou sa maison comptant\u00a0?<\/p>\n<p>En tant que salari\u00e9, syndicaliste, on ne peut cependant qu\u2019\u00eatre d\u2019accord avec une telle politique de hausse des revenus m\u00eame si le b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019en retireront lesdits salari\u00e9s ne pourra \u00eatre que provisoire. Car le cr\u00e9dit, semblant in\u00e9vitable, compte tenu de la baisse des revenus li\u00e9e au ch\u00f4mage et \u00e0 la baisse du travail lui-m\u00eame, on aboutira comme pr\u00e9c\u00e9demment\u00a0 \u00e0 des situations de faillite comme ce fut le cas aux Etats-Unis et en Espagne \u00e0 travers la \u00ab\u00a0crise de l\u2019immobilier\u00a0\u00bb. Les plus modestes qui croyaient acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 se sont retrouv\u00e9s progressivement sans emploi et donc condamn\u00e9s \u00e0 vivre sans toit.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ya ka\u00a0 l\u2019imposer et pis c\u2019est tout\u00a0!\u00a0\u00bb nous dirait un militant du Front de Gauche. Autant dire que ces r\u00e9formes, dans un syst\u00e8me \u00e0 l\u2019agonie, o\u00f9 justement tout r\u00e9formisme est inacceptable et reste\u00a0 r\u00e9solument combattu par la Finance, \u00e9quivalent \u00e0 remettre en question directement l\u2019ensemble de\u00a0 la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. L\u2019affrontement en vue. Et personne ne s\u2019y trompe m\u00eame si les m\u00e9dias font mine de croire eux aussi qu\u2019une r\u00e9forme est possible \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du syst\u00e8me (8).<\/p>\n<p>Que ce soit pour imposer les solutions que propose Paul Jorion, ou plus simplement pour changer le syst\u00e8me, il faudrait \u00e9tablir un rapport de force. Mais qu\u2019en est-il\u00a0? O\u00f9 sont les divisions ? On imagine difficilement qu\u2019elles soient constitu\u00e9es aujourd\u2019hui de financiers repentis, de ministres compatissants, d\u2019\u00e9lus ayant re\u00e7u la R\u00e9v\u00e9lation, comprenant qu\u2019une philia doit \u00eatre maintenue. Donc c\u2019est au peuple, au prol\u00e9tariat combattant qu\u2019\u00e9choit bien une mission qui passe par une rupture sans concession.<\/p>\n<p>Sur cette rupture et sur la fa\u00e7on de la provoquer Paul Jorion reste tr\u00e8s vague. Mais, pour l\u2019instant, s\u2019il en a, il aurait raison de ne pas d\u00e9voiler toutes ses batteries, de ne pas trop s\u2019avancer sur un terrain politique.<\/p>\n<p>Ses propositions ressemblent \u00e0 de vieilles bou\u00e9es trou\u00e9es qu\u2019ils lancent \u00e0 ceux qui veulent rester dans le rafiot en train de couler. \u00ab\u00a0Puisque vous insistez, ben je vous balance ce qui me reste et qui aurait pu vous \u00eatre utile auparavant. S\u2019il n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas trop tard\u2026 Mille sabords\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un coup de pompe ? Prenez un peu de Jorion\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0\u00a0dit, Jorion d\u00e9range car sa critique et ses\u00a0 analyses se d\u00e9veloppent sous plusieurs angles et l\u2019approche parait donc d\u00e9concertante. N\u2019ayant pas un mode d\u2019emploi tout pr\u00eat pour r\u00e9tablir la machine capitaliste, il passe sans nul doute aux yeux des pr\u00e9tendus \u00ab\u00a0\u00e9conomistes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0sp\u00e9cialistes\u00a0\u00bb d\u00e9sarm\u00e9s,\u00a0 pour un bavard. Or justement il dit l\u2019essentiel. Car la science \u00e9conomique n\u2019existe pas, n\u2019a jamais exist\u00e9. Mais seuls les perspicaces d\u00e9c\u00e8lent la Lettre Ecarlate.<\/p>\n<p>C\u2019est par l\u2019observation des interactions sociales, sans qu\u2019il y ait pr\u00e9destination, que des issues peuvent \u00eatre per\u00e7ues. Paul Jorion nous offre plusieurs grilles d\u2019analyses, oriente notre regard vers des ph\u00e9nom\u00e8nes et des rapports sociaux que nous avions n\u00e9glig\u00e9s. Il relance les d\u00e9bats et nous redonne espoir dans un monde en d\u00e9clin qui voudrait nous imposer une pens\u00e9e unique et la confiance aveugle en nos dirigeants.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la crise qui va encore s\u2019aggraver de fa\u00e7on in\u00e9luctable, c\u2019est le Travail qui doit \u00eatre mis en avant et non plus le Capital. A savoir une nouvelle organisation de celui-ci et de la production pour satisfaire les besoins et non plus dans l\u2019optique du Profit. La riposte par l\u2019exemple, dans l\u2019action, est plus que jamais n\u00e9cessaire et urgente.<\/p>\n<p>Socrate \u00e9tait mal vu de son entourage mais il savait donner du peps \u00e0 ceux qui voulaient bien l\u2019\u00e9couter\u2026 Ne for\u00e7ons pas Jorion \u00e0 boire de la cig\u00fce mais, au contraire, l\u2019enqu\u00eate r\u00e9solue, partageons plut\u00f4t avec lui une bonne bi\u00e8re de sa Belgique natale \u2013 d\u2019une brasserie autog\u00e9r\u00e9e\u00a0? -, en souhaitant \u00e0 tous de nouvelles aventures avec une offensive contre le capitalisme \u00e0 l\u2019agonie et tous les r\u00e9actionnaires. Mille sabords\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>================================<\/p>\n<ol>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>\u00a0Au d\u00e9part Paul Jorion est un anthropologue et il mentionne dans \u00ab\u00a0Mis\u00e8re de la pens\u00e9e \u00e9conomique\u00a0\u00bb des extraits de son premier ouvrage\u00a0 \u00ab\u00a0Les P\u00eacheurs d\u2019Houat\u00a0\u00bb (1983). Il \u00e9crit ensuite deux ouvrages m\u00e9thodologiques\u00a0: \u00ab\u00a0La transmissions des savoirs\u00a0\u00bb, avec Genevi\u00e8ve Delbos (1984), et \u00ab\u00a0Principes des syst\u00e8mes intelligents\u00a0\u00bb (1989). Mais c\u2019est avec \u00ab\u00a0Vers la crise du capitalisme am\u00e9ricain\u00a0? \u00bb (2007), pr\u00e9disant ce qui allait se passer qu\u2019il met\u00a0 les pieds dans le plat de l\u2019Economie. Suivent \u00ab\u00a0L\u2019implosion. La finance contre l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00bb (2008), \u00ab\u00a0La crise. Des subprimes au s\u00e9isme financier plan\u00e9taire\u00a0\u00bb (2008),\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019argent, mode d\u2019emploi\u00a0\u00bb (2009), \u00ab\u00a0Comment la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 furent invent\u00e9es\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le prix\u00a0\u00bb (2010),\u00a0\u00ab\u00a0Le capitalisme \u00e0 l\u2019agonie\u00a0\u00bb (2011),\u00a0\u00ab\u00a0La guerre civile num\u00e9rique\u00a0\u00bb (2011).<\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>\u00a0\u00ab\u00a0Margin Call\u00a0\u00bb de J.-Chandor (2012) est un film d\u00e9crivant\u00a0 l\u2019amoralit\u00e9 et le d\u00e9sarroi de traders face au krach \u2013 ici c\u2019est en fait la faillite d\u2019une grosse institution financi\u00e8re &#8211; qu\u2019ils ne peuvent concevoir mais qui se produit cependant. Tr\u00e8s dr\u00f4le. Mais avec Jorion la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passe la fiction\u2026<\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Communiqu\u00e9 de Michel Barnier, rapporteur de la Commission europ\u00e9enne, du 06\/06\/2012.\u00a0\u00a0 <\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>\u00a0\u00ab\u00a0Les plus grandes banques syst\u00e9miques du monde en faillite technique en 2012\u00a0: Deutsche Bank, BNP Paribas, Cr\u00e9dit Agricole, Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale\u2026\u00a0\u00bb R\u00e9novez maintenant 67, article du Cimbre du 03\/11\/2012.<\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00ab\u00a0Or la lutte des classes ne caract\u00e9rise que le capitalisme\u00a0; donc, pour lui (Marx), la lutte des classes et les rapports de forces en g\u00e9n\u00e9ral n\u2019ont rien \u00e0 faire dans une th\u00e9orie de la formation des prix. Au contraire, pour moi (comme d\u00e9j\u00e0 pour Aristote), le rapport de forces est \u00ab\u00a0moteur\u00a0\u00bb dans la formation de tous les prix.\u00a0\u00bb p.184<\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00ab\u00a0La baisse tendancielle du taux de profit des soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res et la crise (1980-2010)\u00a0\u00bb par Onubre Einz.\u00a0 Journal \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb 12\/05\/2012<\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Parmi les signes montrant une baisse de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique r\u00e9elle, l\u2019indice Baltic Dry \u2013 analyse du fret maritime &#8211; pour 2006.<\/em><\/li>\n<li><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><em>Paul Jorion est invit\u00e9 par la presse, en l\u2019occurrence L\u2019\u00c9cho, pour parler des \u00ab\u00a0solutions\u00a0\u00bb (plut\u00f4t des rustines) qu\u2019il propose (blog de Paul Jorion du 07\/11\/12 \u2013 \u00ab\u00a0Des r\u00e9formes \u00e0 mettre en \u0153uvre imm\u00e9diatement\u00a0\u00bb).<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\" alt=\"\" title=\"Mis\u00e8re - Couverture\" width=\"160\" height=\"245\" class=\"alignleft size-full wp-image-41200\" \/><\/a><\/p>\n<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. L&rsquo;auteur de la recension me reproche des positions que je ne d\u00e9fends pas. Mais comme il me f\u00e9licite pour des positions que je ne d\u00e9fends pas non plus&#8230; Je ne suis pas marxiste, dit-il : c&rsquo;est vrai. 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