{"id":43638,"date":"2012-11-14T09:45:35","date_gmt":"2012-11-14T08:45:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=43638"},"modified":"2013-01-02T00:19:30","modified_gmt":"2013-01-01T23:19:30","slug":"lactualite-de-la-crise-pris-a-leur-propre-logique-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/11\/14\/lactualite-de-la-crise-pris-a-leur-propre-logique-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>PRIS \u00c0 LEUR PROPRE LOGIQUE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Pourquoi les dirigeants europ\u00e9ens s\u2019acharnent-ils sur la Gr\u00e8ce ? Une premi\u00e8re r\u00e9ponse est qu\u2019il ne veulent pas admettre la faillite de leur strat\u00e9gie, mais elle n\u2019est pas suffisante. La seconde est qu\u2019ils sont pris \u00e0 leur propre jeu. Celui qui consiste \u00e0 financer le d\u00e9sendettement des pays assist\u00e9s en empruntant sur le march\u00e9, ou en apportant sa garantie, ce qui revient au m\u00eame si un accident de parcours intervient et un d\u00e9faut est enregistr\u00e9. Avec alors comme effet pour les \u00c9tats d\u2019accro\u00eetre l\u2019endettement qu\u2019ils sont eux aussi somm\u00e9s de r\u00e9duire. Tout sauf le d\u00e9faut grec ! On comprend d\u00e8s lors pourquoi&#8230; <\/p>\n<p>Avec la Gr\u00e8ce, l\u2019\u00e9chafaudage du cr\u00e9dit est mis \u00e0 nu. Une vis sans fin est actionn\u00e9e, les nouveaux cr\u00e9dits \u00e9tant consacr\u00e9s au remboursement des pr\u00e9c\u00e9dents (augment\u00e9s des int\u00e9r\u00eats), les banques s\u2019\u00e9tant retir\u00e9es du jeu au d\u00e9triment de la BCE qui y est entr\u00e9e. Lorsqu\u2019elles ach\u00e8tent encore de la dette, c\u2019est pour l\u2019apporter imm\u00e9diatement en garantie de leurs emprunts \u00e0 cette derni\u00e8re pour s\u2019en d\u00e9barrasser ; c\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle la BCE a limit\u00e9 l\u2019en-cours des banques grecques, afin de ne pas accro\u00eetre le sien sur la dette nationale. <\/p>\n<p><!--more-->En ne voulant ni remettre au pot, ni restructurer la dette grecque, les dirigeants europ\u00e9ens tentent quand m\u00eame de poursuivre la partie, tandis que le FMI voudrait en siffler la fin pour faire la part du feu, ce qui obligerait les \u00c9tats europ\u00e9ens \u00e0 constater leurs pertes. Ceux-ci s\u2019y refusant, la seule solution qui reste \u00e0 leur disposition est de repousser l\u2019\u00e9ch\u00e9ance en \u00e9talant le remboursement de la dette grecque, ou en diminuant son taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Cela n\u2019ira pas loin et ne fera qu\u2019empirer la situation. <\/p>\n<p>Pour le mesurer, il faut prendre en compte non seulement les cr\u00e9dits mais aussi les garanties dispens\u00e9es. On aurait grand tort de sous-estimer les m\u00e9faits de l\u2019\u00e9quivalent pour les \u00c9tats du <i>hors-bilan<\/i> pour les \u00e9tablissements financiers, de tout ce qui n\u2019est pas comptabilis\u00e9 dans la dette mais peut l&rsquo;\u00eatre \u00e0 la faveur d\u2019un mauvais concours de circonstances, comme le sont pr\u00e9cis\u00e9ment les garanties. La m\u00eame logique que celle de la Gr\u00e8ce a d\u2019ailleurs pr\u00e9valu en France en faveur de Dexia, avec une aussi lourde \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au-dessus de la t\u00eate sous forme de garanties.<\/p>\n<p>Comme un malheur n&rsquo;arrive jamais seul, les dirigeants europ\u00e9ens ont un deuxi\u00e8me gros souci. Les banques disposent du parapluie grand ouvert de la BCE, qui joue son r\u00f4le, \u00e0 voir la relative d\u00e9tente observ\u00e9e sur le march\u00e9 interbancaire, tant qu\u2019il n\u2019est toutefois pas referm\u00e9. Mais les \u00c9tats n\u2019ont pour eux qu\u2019un dispositif qui a fait au contraire la preuve de sa nocivit\u00e9, ce qui explique que les dirigeants espagnols font tout pour ne pas l\u2019utiliser, avec l&rsquo;appui du gouvernement allemand qui cherche \u00e0 \u00e9viter d\u2019\u00eatre entra\u00een\u00e9 dans ce nouvel encha\u00eenement. <\/p>\n<p>Ce qui a conduit Luis de Guindos, le ministre des finances espagnol, \u00e0 pr\u00e9senter lundi dernier devant le Parlement europ\u00e9en un invraisemblable sc\u00e9nario de sortie de crise. Il a d\u2019abord plaid\u00e9 pour un assouplissement des objectifs de r\u00e9duction du d\u00e9ficit \u00e0 \u00ab un rythme raisonnable\u00a0\u00bb, mesur\u00e9 en prenant en compte le d\u00e9ficit structurel (et non pas nominal pour tenir compte de la r\u00e9cession), puis insist\u00e9 sur le fait que l&rsquo;Espagne remplissait d\u00e9j\u00e0 les conditions qui seraient impos\u00e9es en cas de <i>sauvetage <\/i>. Il a ensuite affirm\u00e9 que la mise en place de la <i>bad bank<\/i> (la Sareb), conjointement avec l\u2019injection de 35 \u00e0 40 milliards d\u2019euros d\u2019aide europ\u00e9enne dans les banques, allait se traduire par un important renforcement du secteur financier. Lui permettant de pr\u00e9dire qu&rsquo;il sera pr\u00eat \u00e0 financer l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle d\u00e8s la fin de l\u2019ann\u00e9e, sugg\u00e9rant que la machine allait ensuite repartir. Si ce sc\u00e9nario est la seule alternative qui s\u2019offre au d\u00e9sastre grec et portugais, on comprend que l\u2019affaire est d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s mal partie. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 o\u00f9 en sont les dirigeants europ\u00e9ens : dans un cas, il ne savent pas comment sortir de la dangereuse logique des <i>plans de sauvetage<\/i> qu\u2019ils ont institu\u00e9e, dans l&rsquo;autre, ils font tout pour \u00e9viter que de nouveaux pays n\u2019y rentrent, afin de ne pas se retrouver devant le m\u00eame \u00e9pineux probl\u00e8me\u2026 <\/p>\n<p>\u00c0 quoi bon adopter cette strat\u00e9gie, dans ces conditions ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pourquoi les dirigeants europ\u00e9ens s\u2019acharnent-ils sur la Gr\u00e8ce ? Une premi\u00e8re r\u00e9ponse est qu\u2019il ne veulent pas admettre la faillite de leur strat\u00e9gie, mais elle n\u2019est pas suffisante. 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