{"id":43887,"date":"2012-11-22T10:16:03","date_gmt":"2012-11-22T09:16:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=43887"},"modified":"2013-01-02T00:18:49","modified_gmt":"2013-01-01T23:18:49","slug":"lactualite-de-la-crise-lunion-bancaire-dans-les-sables-mouvants-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/11\/22\/lactualite-de-la-crise-lunion-bancaire-dans-les-sables-mouvants-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>L&rsquo;UNION BANCAIRE DANS LES SABLES MOUVANTS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Pi\u00e8ce essentielle d\u2019une int\u00e9gration europ\u00e9enne renforc\u00e9e pr\u00e9sent\u00e9e comme allant tout r\u00e9gler, la mise sur pied de l\u2019union bancaire est mal partie. Le journal boursier Boersenzeitung citait hier Beno\u00eet Coeur\u00e9, membre du directoire de la BCE, selon qui le risque de faillite d\u2019une banque devait \u00eatre prioritairement support\u00e9 par les contribuables de son pays, et non par les contribuables europ\u00e9ens. Un sacr\u00e9 recul, s\u2019il se confirme, par rapport au projet initial de cr\u00e9ation d\u2019un fonds aliment\u00e9 par les banques europ\u00e9ennes et \u00e0 la volont\u00e9 de s\u00e9parer les risques souverains et bancaires en raison de leur caract\u00e8re \u00e9minemment syst\u00e9mique ! La ligne d\u00e9fendue par le gouvernement allemand, qui ne veut pas d\u2019une v\u00e9ritable union bancaire apr\u00e8s l\u2019avoir accept\u00e9 lors du sommet d\u2019octobre dernier, impose sa marque en vidant celle-ci de sa substance.  <\/p>\n<p><!--more-->Que ce soit \u00e0 ce sujet, ou bien \u00e0 propos de la Gr\u00e8ce, les commentaires fleurissent pr\u00e9disant un assouplissement de cette ligne, une fois le cap des \u00e9lections l\u00e9gislatives de septembre 2013 pass\u00e9es. Est-ce si s\u00fbr ? Angela Merkel ne perd pas une occasion pour expliquer que le processus de renforcement de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne va \u00eatre long et que c\u2019est seulement \u00e0 son terme qu\u2019une mutualisation de la dette sera possible, pour les \u00c9tats comme pour les banques. <\/p>\n<p>Mais est-ce r\u00e9aliste de sa part ? Pour l\u2019estimer, il n\u2019est pas inutile de revenir en 2007, pour relever combien la situation des banques de la zone euro \u00e9tait (et reste) tr\u00e8s diff\u00e9rente des am\u00e9ricaines. La totalit\u00e9 des actifs des premi\u00e8res \u00e9tait en effet d\u2019environ 300% du PIB de la zone, \u00e0 comparer avec le 100% du PIB des \u00c9tats-Unis des banques am\u00e9ricaines, et ce avant m\u00eame d\u2019entrer dans des consid\u00e9rations sur l\u2019ampleur de leurs effets de levier et la qualit\u00e9 de leurs fonds propres r\u00e9ciproques. La menace que cela repr\u00e9sentait, en cas de d\u00e9faillance de l\u2019une d\u2019entre elle et en raison de ses cons\u00e9quences syst\u00e9miques, \u00e9tait telle qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas question d\u2019accepter une r\u00e9\u00e9dition en Europe de la faillite de Lehman Brothers. Voil\u00e0 pourquoi le gouvernement britannique de Gordon Brown n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 en 2007 \u00e0 nationaliser Northern Rock et que 500 milliards de livres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9s en 2008 pour prot\u00e9ger les banques britanniques. Toute l\u2019Europe a suivi. <\/p>\n<p>Mais ce danger n\u2019a pas disparu aujourd\u2019hui, si l\u2019on mesure la faiblesse des moyens financiers que les \u00c9tats de la zone euro se sont donn\u00e9s avec le MES, dont le potentiel mobilisable est \u00e0 terme de 500 milliards d\u2019euros. Une d\u00e9confiture bancaire pourrait-elle \u00eatre contenue avec ces seuls moyens, une fois l\u2019\u00e9tape nationale franchie ? C\u2019est une question que n\u2019ont pas manqu\u00e9 de se poser les dirigeants europ\u00e9ens quand ils ont d\u00e9cid\u00e9 s\u00e9ance tenante de mettre sur la table 100 milliards d\u2019euros d\u2019aide pour sauver les banques espagnoles, car ils savaient le montant de la mise minimum \u00e0 cette table du casino ! Vu ce genre de montant, pr\u00e9tendre que les banques en difficult\u00e9 d\u2019un pays devront prioritairement compter sur les seuls moyens financiers de l\u2019\u00c9tat n\u2019est pas raisonnable venant de la part d\u2019un banquier central : ce sont des propos de circonstance. <\/p>\n<p>Le m\u00eame irr\u00e9alisme pr\u00e9vaut \u00e0 propos du d\u00e9sendettement public et de ses accidents de parcours. Le cas de l\u2019Espagne est \u00e0 cet \u00e9gard exemplaire, car les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat que doit consentir l\u2019\u00c9tat espagnol pour faire rouler sa dette et financer son d\u00e9ficit sont de tr\u00e8s loin sup\u00e9rieurs \u00e0 la croissance (la r\u00e9cession, en l\u2019occurrence) de l\u2019\u00e9conomie du pays. Celui de l\u2019Italie montre que disposer d\u2019un exc\u00e9dent primaire n\u2019est pas non plus une recette infaillible. Mais pour revenir \u00e0 l\u2019Espagne, m\u00eame l\u2019intervention de la BCE, Madrid s\u2019\u00e9tant finalement d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 demander \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un <i>plan de sauvetage<\/i>, n&rsquo;am\u00e9liorerait que marginalement la situation. Ce qui explique que Mariano Rajoy pr\u00e9tend n\u00e9gocier avec la BCE un engagement de sa part \u00e0 faire baisser les taux au dessous d&rsquo;un seuil d\u00e9termin\u00e9, qu\u2019il n\u2019a pas rendu public, pour se donner au moins les meilleures chances. In fine, une restructuration de la dette sera au bout du compte in\u00e9vitable, telle qu\u2019elle commence aujourd\u2019hui \u00e0 \u00eatre admise pour la Gr\u00e8ce (mais \u00e0 condition que ce soit plus tard).<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie de d\u00e9sendettement impos\u00e9e par le gouvernement allemand et ses alli\u00e9s fait elle-m\u00eame obstacle au respect du calendrier d\u2019Angela Merkel : la dynamique et les \u00e9pisodes \u00e0 rebondissement de la crise proprement europ\u00e9enne ne lui laissent pas le temps qu\u2019elle r\u00e9clame. N\u2019acceptant ni une restructuration de la dette, ni sa mutualisation, ni une franche intervention de la BCE, la politique allemande se d\u00e9finit non pas par ce qu\u2019elle pr\u00f4ne mais par ce qu\u2019elle refuse. Avant toute chose une mon\u00e9tisation de la dette, sur le mode largement entrepris par la Fed, la Banque d\u2019Angleterre et du Japon, qui laisse la BCE isol\u00e9e dans un monde globalis\u00e9. Est-ce \u00e0 terme tenable ? <\/p>\n<p>A l\u2019inverse, ceux qui fondent leurs espoirs dans le revirement d\u2019une BCE s\u2019engageant dans la m\u00eame politique que ses cons\u0153urs avec d\u00e9termination &#8211; et non plus du bout des doigts comme actuellement, avec son programme d\u2019achats obligataires conditionn\u00e9 \u00e0 des <i>plans de sauvetage <\/i> (OMT) &#8211; rejoignent le club mondial tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 des partisans de la fuite en avant. Au pr\u00e9texte d\u2019accorder aux \u00c9tats ce qui l\u2019est aux banques, ils ne visent qu\u2019\u00e0 eux aussi remettre en marche la machine \u00e0 produire de la dette apr\u00e8s avoir miraculeusement \u00e9vacu\u00e9 ses scories; au lieu de d\u00e9cider de la r\u00e9gler au mieux des besoins du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, et de cesser de lui faire jouer un r\u00f4le de substitut \u00e0 la r\u00e9partition \u00e9galitaire de la richesse.  <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pi\u00e8ce essentielle d\u2019une int\u00e9gration europ\u00e9enne renforc\u00e9e pr\u00e9sent\u00e9e comme allant tout r\u00e9gler, la mise sur pied de l\u2019union bancaire est mal partie. 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