{"id":44456,"date":"2012-12-04T10:15:49","date_gmt":"2012-12-04T09:15:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=44456"},"modified":"2013-01-02T00:18:06","modified_gmt":"2013-01-01T23:18:06","slug":"lactualite-de-la-crise-danses-autour-de-la-dette-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2012\/12\/04\/lactualite-de-la-crise-danses-autour-de-la-dette-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>DANSES AUTOUR DE LA DETTE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>De curieuses danses sont actuellement observ\u00e9es autour des dettes souveraines grecque et argentine. Dans le premier cas, une op\u00e9ration de rachat de la dette vient d\u2019\u00eatre lanc\u00e9e sous les auspices de l\u2019Union europ\u00e9enne et du FMI, dans le cadre d\u2019un nouveau <i>plan de sauvetage<\/i> qui ne dit pas son nom. Dans l\u2019autre un <i>fonds vautour<\/i> poursuit via les tribunaux le gouvernement argentin de ses assiduit\u00e9s pour \u00eatre rembours\u00e9 \u00e0 leur valeur faciale (\u00e0 100 %) des obligations qu\u2019il d\u00e9tient. <\/p>\n<p>Ce qui est dans les deux cas en cause, c\u2019est la possibilit\u00e9 pour un \u00c9tat de n\u00e9gocier sur le march\u00e9 un remboursement partiel de sa dette (de faire partiellement d\u00e9faut). Et les conditions dans lesquelles il peut affronter les hedge funds qui se sont plac\u00e9s en embuscade apr\u00e8s avoir achet\u00e9 \u00e0 bas prix de la dette sur le second march\u00e9, dans l\u2019espoir de r\u00e9aliser de copieux b\u00e9n\u00e9fices. Les deux histoires m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre regard\u00e9es de plus pr\u00e8s. <\/p>\n<p><!--more-->Elliott Capital Management est un <i>fonds vautour<\/i> bas\u00e9 dans les Iles Ca\u00efmans et pr\u00e9sid\u00e9 par Paul Singer, qui fut l\u2019un des grands donateurs de la campagne pr\u00e9sidentielle de Mitt Romney. C\u2019est lui qui est \u00e0 l\u2019origine de la saisie de la fr\u00e9gate Libertad (Libert\u00e9) de la marine argentine dans un port ghan\u00e9en, dans le but de se faire rembourser \u00e0 100 % des titres qui ont fait l\u2019objet d\u2019un accord de restructuration globale en 2005 et 2010, auquel il s\u2019est refus\u00e9 de participer, alors que 92 % des d\u00e9tendeurs de ces titres de la dette argentine y ont souscrit. <\/p>\n<p>Jusque-l\u00e0, un sc\u00e9nario des plus classiques est poursuivi. Mais la nouveaut\u00e9 est que le juge new-yorkais de district qui a condamn\u00e9 le gouvernement argentin \u00e0 payer au fonds vautour la valeur nominale de ses titres, plus les int\u00e9r\u00eats qui courent, ne s\u2019en est pas tenu \u00e0 cela. Au nom du <i>pari passu<\/i> (la notion de traitement \u00e9gal h\u00e9rit\u00e9e du droit romain), le juge a assorti sa d\u00e9cision d\u2019une injonction qui revient \u00e0 interdire au gouvernement argentin de continuer ses remboursements aupr\u00e8s des cr\u00e9anciers ayant accept\u00e9 l\u2019accord de restructuration. Sa port\u00e9e n\u2019est pas mince, puisqu\u2019elle emp\u00eache tout accord de restructuration qui ne serait pas adopt\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 des cr\u00e9anciers, alors que selon la loi am\u00e9ricaine sur les faillites, l\u2019accord de seulement 70 % d\u2019entre eux est requis. Si la d\u00e9cision du juge devait faire jurisprudence, ce serait dor\u00e9navant tout ou rien sur le march\u00e9 de la dette, tout accord de restructuration devenant impossible ! <\/p>\n<p>Avec la dette grecque, c\u2019est autre chose qui est en cours, sous la direction de la Deutsche Bank et de Morgan Stanley, qui sont aux commandes de l\u2019op\u00e9ration de restructuration. Il est question d\u2019une offre d\u2019\u00e9change de titres de dette grecque contre des bons \u00e9mis par le FESF europ\u00e9en, sur la base du volontariat. Une notion sur laquelle l\u2019Institute of International Finance a beaucoup insist\u00e9, sachant que les banques grecques &#8211; dont il est estim\u00e9 qu\u2019elles d\u00e9tiennent 17 milliards d\u2019euros de titres sur un total de 61 milliards concern\u00e9s par l\u2019offre &#8211; sont un peu pouss\u00e9es dans le dos. Car elles vont au passage enregistrer une moins-value estim\u00e9e \u00e0 4 milliards d\u2019euros !<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s de l\u2019op\u00e9ration, qui est au final destin\u00e9e \u00e0 soulager la dette grecque de 20 milliards d\u2019euros, d\u00e9pend \u00e9galement de l\u2019attitude des hedge funds, qui poss\u00e8dent 21 milliards d\u2019euros de la dette. Toute la question est pour eux de savoir s\u2019il est avantageux de vendre aux conditions propos\u00e9es (qui vont leur garantir des tr\u00e8s substantiels profits \u00e9tant donn\u00e9 leur prix d\u2019achat des titres sur le seconde march\u00e9) ou s\u2019il est possible de faire mieux encore. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il faut interpr\u00e9ter l\u2019annonce par le FMI qu\u2019il n\u2019avalisera pas le <i>plan de sauvetage<\/i> dans sa totalit\u00e9 si l\u2019op\u00e9ration de rachat des titres n\u2019est pas un succ\u00e8s. <\/p>\n<p>Cette amicale pression a de quoi faire r\u00e9fl\u00e9chir les hedge funds, ainsi que la perspective, si tout se passait mal, que le gouvernement grec chute au profit d\u2019une nouvelle \u00e9quipe qui serait emmen\u00e9e par Syriza, qui a le vent tr\u00e8s en poupe dans les sondages \u00e9lectoraux, et qui manifeste des intentions plus radicales \u00e0 propos de la dette publique\u2026<\/p>\n<p>Les contextes sont de ce point de vue diff\u00e9rents, car si la Gr\u00e8ce n\u2019a pas d\u2019autre perspective que de s\u2019enfoncer, l\u2019Argentine est par contre sortie de sa crise sans avoir accept\u00e9 d\u2019appliquer les classiques mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9conis\u00e9es par le FMI. Ce qui laisse d\u2019ailleurs \u00e0 penser que <i>les march\u00e9s<\/i> ont d\u00e9cid\u00e9 de lui donner une bonne le\u00e7on. <\/p>\n<p>Mais les deux danses tournent autour du m\u00eame pot : celui de la dette publique et des al\u00e9as de son remboursement. Un sujet sur lequel on en est seulement aux pr\u00e9mices. Angela Merkel vient de lui apporter un \u00e9clairage, en faisant un pas de deux. Annon\u00e7ant d\u2019abord qu\u2019il serait possible d\u2019envisager une restructuration en bonne et due forme de la dette grecque, une fois l\u2019\u00c9tat parvenu \u00e0 d\u00e9gager un exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire (ce qui est formellement pr\u00e9vu pour 2014\/2015) ;  puis revenant sur ses propos, car cela pourrait selon elle aboutir au rel\u00e2chement des efforts en cours, d\u2019autres pays pouvant se mettre sur les rangs pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un effacement similaire de leur dette. Quoi qu\u2019il en soit, le ver est dans le fruit ! <\/p>\n<p>La question est d\u00e9sormais sur la table : les cr\u00e9anciers de la dette souveraine peuvent-ils pr\u00e9tendre \u00e0 \u00eatre syst\u00e9matiquement rembours\u00e9s ou doivent-ils accepter, et dans quelles conditions, des restructurations destin\u00e9es \u00e0 \u00e9viter pire ? Comment le march\u00e9 de la dette souveraine peut-il lui aussi \u00eatre r\u00e9gul\u00e9 ? Ce n\u2019est certainement pas sans arri\u00e8re-pens\u00e9es que la pr\u00e9sidence russe du G20 vient de d\u00e9cider de mettre \u00e0 l\u2019ordre du jour de sa prochaine r\u00e9union, qui aura lieu en septembre 2013 \u00e0 St Petersbourg, \u00ab\u00a0la modernisation des syst\u00e8mes d\u2019endettement public et de gestion de la dette souveraine\u00a0\u00bb. L\u2019intitul\u00e9 est sibyllin, car le sujet est chaud.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De curieuses danses sont actuellement observ\u00e9es autour des dettes souveraines grecque et argentine. Dans le premier cas, une op\u00e9ration de rachat de la dette vient d\u2019\u00eatre lanc\u00e9e sous les auspices de l\u2019Union europ\u00e9enne et du FMI, dans le cadre d\u2019un nouveau <i>plan de sauvetage<\/i> qui ne dit pas son nom. 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