{"id":4663,"date":"2009-11-06T19:24:50","date_gmt":"2009-11-06T18:24:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=4663"},"modified":"2009-11-08T20:54:26","modified_gmt":"2009-11-08T19:54:26","slug":"lactualite-de-la-cise-la-machine-a-faire-des-bulles-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/11\/06\/lactualite-de-la-cise-la-machine-a-faire-des-bulles-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: la machine \u00e0 faire des bulles, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA MACHINE A FAIRE DES BULLES<\/strong><\/p>\n<p>Les ministres des finances du G20 se r\u00e9unissent en Ecosse ce soir et demain, l&rsquo;occasion de faire un nouveau point de la situation, pour eux comme pour nous ! En lever de rideau de la conf\u00e9rence, les commentaires vont bon train dans la presse \u00e0 propos du climat particuli\u00e8rement rude et pluvieux du lieu, pr\u00e9sent\u00e9 comme symbole d&rsquo;importantes divergences pr\u00e9sum\u00e9es entre les participants, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir rendre compte de celles-ci. <\/p>\n<p>Alistair Darling, Chancelier de l\u2019Echiquier Britannique et h\u00f4te de la r\u00e9union, a pourtant donn\u00e9 une forte indication \u00e0 ce propos, lan\u00e7ant en pr\u00e9alable \u00e0 celle-ci un avertissement, \u00e0 l&rsquo;occasion d\u2019une intervention sur TV Bloomberg. Il a estim\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire pour le G20 de disposer d\u2019un moyen (non identifi\u00e9 par ses soins) pour lutter contre les bulles form\u00e9es par l\u2019augmentation du prix des actifs, avant qu\u2019il ne soit trop tard et alors que l\u2019\u00e9conomie r\u00e9cup\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne devons pas nous retrouver dans une situation o\u00f9 la pression monte, puis devient de plus en plus forte, pour se conclure avec des cons\u00e9quences catastrophiques\u00a0\u00bb. Alors que les ministres s&rsquo;appr\u00eataient \u00e0 vainement discuter de la mani\u00e8re dont ils pourraient s&rsquo;y prendre pour diminuer les efforts publics (et les d\u00e9ficits), Alistair Darling leur a rappel\u00e9 qu&rsquo;une autre question m\u00e9ritait tout autant leur attention, elle aussi sans solution imm\u00e9diate. <\/p>\n<p><!--more-->Pr\u00e9c\u00e9dent ce sommet, les r\u00e9unions au cours de cette semaine de trois des plus importantes banques centrales &#8211; Fed, BCE et BoE (les Britanniques) &#8211; n\u2019ont sans surprise donn\u00e9 lieu \u00e0 aucune importante d\u00e9cision. Sauf pour la BoE, qui  annonc\u00e9 qu&rsquo;elle allait accro\u00eetre l&rsquo;enveloppe consacr\u00e9e \u00e0 ses achats d&rsquo;obligations, illustration de la situation particuli\u00e8rement p\u00e9rilleuse de la Grande-Bretagne.  Le maintien des taux directeurs \u00e0 leurs tr\u00e8s bas niveaux, eux qui sont pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019origine de la bulle dont Alistair Darling redoute la croissance, est en effet unanimement consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9cessaire. M\u00eame si, agitant pour le moment du vent, les banques centrales continuent d&rsquo;expliquer que, peut-\u00eatre, elles pourraient approcher du moment o\u00f9 elles en viendraient \u00e9ventuellement \u00e0 r\u00e9duire leurs stimulus, en agissant sur leurs taux directeurs et leurs injections de liquidit\u00e9s! La Fed allant pour sa part plus loin, d\u00e9crivant les conditions qui l&rsquo;am\u00e8neraient \u00e0 agir en ce sens pour mieux d\u00e9montrer qu&rsquo;elles ne sont pas r\u00e9unies. Quand au danger du retour imminent et incontr\u00f4l\u00e9 de l&rsquo;inflation, pr\u00e9sent\u00e9 hier comme une menace de premier ordre, il a tout bonnement disparu des discours sans plus de c\u00e9r\u00e9monie. Supposant que des raisons imp\u00e9rieuses sont \u00e0 l&rsquo;origine de ce sur-place, il est possible d&rsquo;en conclure que les exhortations du Chancelier de l&rsquo;Echiquier ont toutes les chances de rester des voeux pieux. Une situation \u00e0 laquelle nous commen\u00e7ons \u00e0 \u00eatre habitu\u00e9s.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas n\u00e9cessaire de chercher tr\u00e8s loin pour trouver ces raisons. Les institutions financi\u00e8res sont toujours globalement dans une situation incertaine (pour manier la litote), contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;il en est retenu si l&rsquo;on se contente de lire les communiqu\u00e9s et de survoler les r\u00e9sultats du petit groupe de mastodontes \u00e9chapp\u00e9s, les m\u00e9gabanques. Elles ont, toutes autant qu&rsquo;elles sont, toujours autant besoin de jouer au casino, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e duquel les banques centrales continent de distribuer plaques et jetons. Rappelons, pour \u00e9clairer la sc\u00e8ne, que les autorit\u00e9s britanniques vont devoir encore apporter dans les prochains mois l&rsquo;\u00e9quivalent de 45 milliards d&rsquo;euros \u00e0 Northern Rock, RBS et LBG, d\u00e9j\u00e0 partiellement nationalis\u00e9es, et que le gouvernement allemand vient une nouvelle fois d&rsquo;apporter des fonds \u00e0 HRE, nationalis\u00e9e \u00e0 100% (3 milliards d&rsquo;euros).  <\/p>\n<p>Mais il est une autre mani\u00e8re de mettre en \u00e9vidence la faiblesse bancaire. Le gouvernement am\u00e9ricain a ainsi garantit 4.300 milliards de dollars (2.890 milliards d&rsquo;euros) d&rsquo;actifs financiers, selon le dernier rapport de la commission de contr\u00f4le du Congr\u00e8s, pr\u00e9sid\u00e9e par Elizabeth Warren. L&rsquo;\u00e9quivalent aux Etats-Unis de l&rsquo;\u00e9norme plan de protection des actifs des Britanniques, cette v\u00e9ritable \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s \u00e0 laquelle ils cherchent \u00e0 se soustraire gr\u00e2ce au m\u00e9cano en cours, qui va profond\u00e9ment remodeler une bonne partie de leur syst\u00e8me bancaire.  Ces garanties, donn\u00e9es dans le feu de l&rsquo;action et la pr\u00e9cipitation du moment, poseraient en effet un probl\u00e8me particuli\u00e8rement redoutable aux gouvernements qui les ont accord\u00e9es, si elles devaient jouer un jour, les actifs en b\u00e9n\u00e9ficiant n&rsquo;ayant pas retrouv\u00e9 de valeur substantielle. C&rsquo;est dire, a contrario, qu&rsquo;elles apportent aujourd&rsquo;hui un soutien d\u00e9terminant au syst\u00e8me bancaire (pour la partie de celui-ci sous son parapluie protecteur, et par contagion pour l&rsquo;autre). <\/p>\n<p>A l&rsquo;image du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en, le syst\u00e8me am\u00e9ricain est globalement totalement sous-capitalis\u00e9, si l&rsquo;on consid\u00e8re dans le premier cas, m\u00eame maintenant, la qualit\u00e9 r\u00e9elle des fonds propres dont se pr\u00e9valent les banques et, dans le second, les estimations des d\u00e9pr\u00e9ciations encore \u00e0 intervenir. On parle de plusieurs milliers de milliards dans les milieux financiers ! D&rsquo;autant que de tr\u00e8s importants paquets d&rsquo;actifs titris\u00e9s de mauvaise qualit\u00e9 et non consolid\u00e9s sont cens\u00e9s devoir l&rsquo;\u00eatre aux Etats-Unis \u00e0 partir du 1er janvier prochain.  Sans tenir compte de l&rsquo;avenir et des risques grandissants que repr\u00e9sentent de nombreux compartiments du cr\u00e9dit, dans tout le monde occidental. <\/p>\n<p>Toutefois, comme l&rsquo;actualit\u00e9 vient de le rappeler, les banques ne sont pas seules en question. Un important syst\u00e8me financier parall\u00e8le existe aux Etats-Unis, o\u00f9 les r\u00e8gles du cr\u00e9dit ont \u00e9t\u00e9 des plus souples et qui est donc particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable aux effets de la crise \u00e9conomique. Aux Etats-Unis, d&rsquo;autre grandes institutions financi\u00e8res continuent de traverser une grave crise. Par exemple CIT, leader de l&rsquo;affacturage et pilier financier des PME am\u00e9ricaines, qui vient de se r\u00e9fugier sous la protection de la loi sur les faillites, un moindre mal dans l&rsquo;imm\u00e9diat, mais qui ne pr\u00e9juge pas de l&rsquo;avenir. GMAC, la filiale financi\u00e8re de General Motors sp\u00e9cialis\u00e9e dans le cr\u00e9dit automobile, qui est \u00e0 nouveau \u00e0 bout de souffle et a entam\u00e9 des discussions en vue d&rsquo;une troisi\u00e8me injection de capital. Ou bien Fannie Mae, sous tutelle gouvernementale, qui r\u00e9clame 15 milliards de dollars de fonds publics suppl\u00e9mentaires, apr\u00e8s en avoir d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u environ 180 milliards, ayant annonc\u00e9 de nouvelles pertes d&rsquo;un montant de 18,9 milliards pour le troisi\u00e8me trimestre. <\/p>\n<p>Si l&rsquo;on prend le cas de AIG, le premier assureur mondial, qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de fonds publics \u00e0 hauteur \u00e9quivalente, il affiche certes des b\u00e9n\u00e9fices pour le troisi\u00e8me trimestre, mais le d\u00e9tail de ses r\u00e9sultats montre qu\u2019il est sauv\u00e9 par ses activit\u00e9s de march\u00e9. Ses deux divisions de l\u2019assurance g\u00e9n\u00e9rale et de l\u2019assurance-vie continuent d\u2019\u00eatre en perte, son portefeuille de d\u00e9riv\u00e9s de cr\u00e9dit (\u00e0 l\u2019origine de ses pertes colossales) n\u2019ayant par ailleurs \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit que de 28% en un an. Sa bonne sant\u00e9 relative n&rsquo;est donc pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la bulle des actifs financiers \u00e0 laquelle il contribue afin de d\u00e9gager des b\u00e9n\u00e9fices. Sans faire particuli\u00e8rement preuve d&rsquo;originalit\u00e9, car c&rsquo;est d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale le cas de toutes les institutions financi\u00e8res, banques comprises,  qui affichent des r\u00e9sultats positifs. <\/p>\n<p>Qu&rsquo;en sera-t-il demain pour toutes, si cette bulle devait, comme c&rsquo;est in\u00e9vitable, \u00e0 son tour \u00e9clater ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA MACHINE A FAIRE DES BULLES<\/strong><\/p>\n<p>Les ministres des finances du G20 se r\u00e9unissent en Ecosse ce soir et demain, l&rsquo;occasion de faire un nouveau point de la situation, pour eux comme pour nous ! 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