{"id":4730,"date":"2009-11-08T10:38:58","date_gmt":"2009-11-08T09:38:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=4730"},"modified":"2009-11-08T11:03:33","modified_gmt":"2009-11-08T10:03:33","slug":"la-tradition-institutionnaliste-europeenne-par-claude-roche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/11\/08\/la-tradition-institutionnaliste-europeenne-par-claude-roche\/","title":{"rendered":"La tradition institutionnaliste europ\u00e9enne, par Claude Roche"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans cet article je voudrais contribuer au d\u00e9bat sur la constitution \u00e9conomique \u00e0 partir d&rsquo;un travail ant\u00e9rieur \u2013 rest\u00e9 assez confidentiel, soyons honn\u00eate &#8211; o\u00f9 justement je d\u00e9fendais cette id\u00e9e de (r\u00e9)institutionnalisation de l&rsquo;\u00e9conomie. Non pas pour pr\u00e9senter tel ou tel article de loi \u2013 mais pour revenir sur notre tradition de pens\u00e9e en la mati\u00e8re : ce qu\u2019on appelle l\u2019institutionnalisme europ\u00e9en. Cette tradition est h\u00e9las mal comprise de nos jours ; or nous le savons bien : une soci\u00e9t\u00e9 ne progresse que lorsqu&rsquo;elle sait s&rsquo;appuyer sur son histoire pour (\u00e9ventuellement) chercher \u00e0 la d\u00e9passer.<\/p>\n<p>Mon propos va donc d&rsquo;abord \u00eatre celui-l\u00e0 : je pense qu&rsquo;il y a un vrai enjeu \u00e0 se r\u00e9approprier la tradition institutionnelle europ\u00e9enne, telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est constitu\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire y compris dans sa dimension \u00e9conomique et financi\u00e8re : car c&rsquo;est \u00e0 partir d&rsquo;elle que nous pourrons penser le pr\u00e9sent. Mais pour montrer ce point il faut revenir sur ce qui en a fait l\u2019originalit\u00e9 : le lien qu\u2019elle \u00e9tablit entre la loi et la connaissance (morale). <\/p>\n<p><strong>1\/ Pour notre tradition, la loi doit \u00eatre fond\u00e9e en raison <\/strong> <\/p>\n<p>\tOn le sait depuis Montesquieu les diff\u00e9rents pays ont en commun l&rsquo;id\u00e9e de la loi (la forme de la loi). Par contre, et <u>ceci est propre aux Europ\u00e9ens<\/u>, nous pensons que la loi doit \u00eatre l\u00e9gitime aupr\u00e8s de ceux auxquels elle s&rsquo;adresse (la communaut\u00e9) ; c&rsquo;est m\u00eame l&rsquo;essence de l&rsquo;institutionnalisme europ\u00e9en : pour nous, le texte de la loi ne se suffit pas \u00e0 lui-m\u00eame, il n&rsquo;est pas un \u00ab\u00a0donn\u00e9\u00a0\u00bb (par la \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9lation\u00a0\u00bb, par exemple), mais il doit \u00eatre fond\u00e9 pour \u00eatre accept\u00e9 comme tel par la communaut\u00e9. \u00ab\u00a0Ce qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 politique&#8230; n&rsquo;est autre chose que le consentement d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;hommes libres\u00a0\u00bb, (Locke). Et fond\u00e9, pour les europ\u00e9ens, veut dire fond\u00e9 <u>en raison<\/u> : car la raison est exigeante, elle veut aller au fond des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire ici jusqu&rsquo;aux principes moraux du \u00ab\u00a0vivre ensemble\u00a0\u00bb.  \u00ab\u00a0sans quoi m\u00eame le plus grand L\u00e9viathan s&rsquo;effondrerait (Locke)\u00a0\u00bb. : c&rsquo;est ce qu&rsquo;on appellera le rationalisme moral.<\/p>\n<p><!--more-->Historiquement, ce rationalisme moral est issu d&rsquo;un m\u00eame courant de pens\u00e9e, le jusnaturalisme, dont le propos \u00e9tait de d\u00e9cider des lois qu&rsquo;un souverain pouvait promulguer (de jus naturae : droit naturel). Il va progressivement s&rsquo;autonomiser, pour culminer dans les philosophies du XVIII\u00e8me et du d\u00e9but du XIX\u00e8me (Locke et Kant pour donner les r\u00e9f\u00e9rences les plus cit\u00e9es). Mais surtout cette philosophie va volontairement percoler dans la soci\u00e9t\u00e9 civile (c&rsquo;est le sens par exemple de nos fameuses lumi\u00e8res) pour s&rsquo;imposer gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9cho qu&rsquo;elle recevra. Car c&rsquo;est peut-\u00eatre le point le plus important pour nous aujourd&rsquo;hui : cette id\u00e9e d&rsquo;adh\u00e9sion de la communaut\u00e9 fait corps avec l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une <u>compr\u00e9hension morale partageable<\/u> par la communaut\u00e9. Non pas qu&rsquo;on ait pens\u00e9, na\u00efvement, que l&rsquo;homme soit bon naturellement, ainsi que le disait Rousseau. Bien au contraire : on pense que  l&rsquo;homme est corruptible pour employer les termes de l&rsquo;\u00e9poque, p\u00e9tris par la R\u00e9forme ; mais r\u00e9pond-on avec Kant \u00ab\u00a0l&rsquo;assassin sait qu&rsquo;il est un assassin\u00a0\u00bb. Cela veut dire que les humains, \u00eatres dou\u00e9s de raison, peuvent conna\u00eetre les principes moraux et donc s&rsquo;accorder sur les principes de la loi.<\/p>\n<p>C\u2019est cette conviction qui est la base de ce que nous appelons l\u2019\u00a0\u00bbespace public \u00bb (Habermas), espace que nous utilisons comme s\u2019il \u00e9tait naturel, mais qui sans ce rationalisme n\u2019aurait aucune raison d\u2019\u00eatre. C\u2019est elle aussi qui explique la rigueur des textes de l\u2019\u00e9poque totalement rebelles \u00e0 l&rsquo;effet rh\u00e9torique ; telle notre d\u00e9claration des droits qui affirme deux des trois principes moraux fondamentaux : la libert\u00e9 -historiquement : \u00ab\u00a0libert\u00e9 de conscience\u00a0\u00bb et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 en droit (notons que le troisi\u00e8me principe \u2013 que les fran\u00e7ais appelleront fraternit\u00e9 &#8211; est historiquement un principe de solidarit\u00e9). <\/p>\n<p><strong>2\/ March\u00e9 et institution financi\u00e8re <\/strong> <\/p>\n<p>La question qui se pose est alors la contrepartie \u00e9conomique de ces principes moraux et qui va appara\u00eetre sous la forme de l&rsquo;id\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9 civile (la soci\u00e9t\u00e9 civile est soumise \u00e0 la loi mais elle reste autonome par rapport \u00e0 l&rsquo;Etat). On sait qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de la base de notre concept de march\u00e9 ; mais ce que l&rsquo;on sait moins, c&rsquo;est que ce march\u00e9 repose d\u00e8s cette \u00e9poque sur l&rsquo;institutionnalisation de la monnaie et de la sph\u00e8re financi\u00e8re.<\/p>\n<p>D\u00e9taillons : pour le rationalisme moral (ce qu&rsquo;on va appeler) l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9pond de deux principes g\u00e9n\u00e9ralement dirig\u00e9s contre la religion et qui forment la base du march\u00e9\u2026 d&rsquo;une part que le bien-\u00eatre mat\u00e9riel est au coeur de l&rsquo;\u00e9mancipation humaine (on doit construire le paradis sur terre r\u00e9p\u00e9tait-on \u00e0 l&rsquo;envi dans les milieux r\u00e9publicains fran\u00e7ais). Mais d&rsquo;autre part cette recherche de richesse doit s&rsquo;exercer selon le principe de Justice. Et Justice ici doit \u00eatre lu comme justice commutative : ce qui est juste dans les transactions entre les hommes (la justice commutative s&rsquo;oppose \u00e0 la justice distributive qui r\u00e9pond de principes hi\u00e9rarchiques \u2013 Hobbes). La cons\u00e9quence sera alors tr\u00e8s claire sur le plan politique : on va r\u00e9affirmer un droit tr\u00e8s ancien, le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, mais sur des bases nouvelles : ce n&rsquo;est plus \u00e0 la volont\u00e9 du Prince (au l\u00e9gislateur) qu\u2019il appartient de justifier l&rsquo;appropriation, mais au travail. Celui-ci devenant et dans le m\u00eame mouvement le premier des devoirs de l&rsquo;homme (\u00ab\u00a0c&rsquo;est le travail que j&rsquo;y mets qui fait que cette chose est mienne (et) la diff\u00e9rence d&rsquo;industrie explique la diff\u00e9rence des propri\u00e9t\u00e9s\u00a0\u00bb \u2013 Locke ). On est aux portes du march\u00e9. <\/p>\n<p>Pour la franchir \u2013 last but not least &#8211; il conviendra d&rsquo;organiser l&rsquo;outil commun, la monnaie. Car ne l\u2019oublions pas : sans mesure objective entre deux contractants il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 possible et la justice dispara\u00eet. C&rsquo;est pourquoi le march\u00e9, dans notre tradition est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;institutionnalisation de la monnaie (en clair une gestion centrale de la monnaie appuy\u00e9e sur la structuration de la circulation financi\u00e8re, le \u00ab\u00a0march\u00e9 financier\u00a0\u00bb). Il faut d\u2019ailleurs imaginer qu\u2019elle \u00e9tait la question pos\u00e9e : l&rsquo;enjeu, \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e9tait de garantir la <u>justice<\/u> dans les transactions en capital (et non les biens courants, id\u00e9e acquise depuis longtemps d\u00e9j\u00e0). Or on se heurtait l\u00e0 \u00e0 la sp\u00e9culation des interm\u00e9diaires et \u00e0 la manipulation mon\u00e9taire \u00ab\u00a0les banquiers et les changeurs, trop habiles \u00e0 placer la monnaie \u00a0\u00bb (Locke). D&rsquo;o\u00f9 le projet qui se construit aux XVII et XVIII\u00e8me  d&rsquo;organiser les circuits financiers de fa\u00e7on \u00e0 balancer l&rsquo;\u00e9pargne et l&rsquo;investissement. Et d&rsquo;o\u00f9 la cr\u00e9ation des Banques centrales et de la monnaie fiduciaire qui vont partout suivre la mise en place des institutions politiques : sans aucun doute la cause majeure de la forte expansion \u00e9conomique qui suivra. <\/p>\n<p>L&rsquo;histoire devient alors d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat imm\u00e9diat : car de nos jours \u00ab\u00a0les march\u00e9s\u00a0\u00bb sont pr\u00e9sent\u00e9s par leur opposition \u00e0 la loi politique, et ce faisant <i>nolens volens<\/i> on veut montrer qu&rsquo;il en a toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un contre\u2013sens intenable : le march\u00e9 financier n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 construit comme un syst\u00e8me de banques libres (comme le croit M Bernanke). Bien au contraire : c&rsquo;est un syst\u00e8me organis\u00e9 et explicitement organis\u00e9 <u>contre l&rsquo;id\u00e9e de sp\u00e9culer<\/u> (rendons \u00e0 C\u00e9sar ce qui lui appartient : Hayek avait vu juste sur ce point). Tel est l&rsquo;enseignement de notre histoire.<\/p>\n<p><strong>3\/ L\u2019amoralisme de la science \u00e9conomique et sociale<\/strong><\/p>\n<p>Si l&rsquo;analyse est juste, reste alors \u00e0 comprendre un v\u00e9ritable paradoxe : comment se fait-il que cette tradition pourtant si efficace soit devenue si faible chez les intellectuels europ\u00e9ens (on la disait, quand j&rsquo;\u00e9tais jeune, \u00ab\u00a0confin\u00e9e chez les mandarins de Sciences Po\u00a0\u00bb !) ?<\/p>\n<p>Poser cette question est encore une fois revenir sur l&rsquo;id\u00e9e de la science ou plut\u00f4t sur le projet de construire un savoir scientifique dans le domaine de la soci\u00e9t\u00e9. Car on l&rsquo;a dit ci-dessus le propre de notre tradition c&rsquo;est de consid\u00e9rer le plus grand nombre \u2013 \u00ab\u00a0m\u00eame les femmes\u00a0\u00bb disait Descartes \u2013 comme capable de juger des choses politiques et morales. Or le projet d&rsquo;une science sociale va s&rsquo;opposer explicitement \u00e0 cette id\u00e9e : c\u2019est m\u00eame l\u00e0 son origine. Pour \u00eatre tr\u00e8s pr\u00e9cis, il va poser comme une n\u00e9cessit\u00e9 que seuls des \u00eatres raisonnables  (les futurs experts) puissent orienter l&rsquo;action des politiques, et plus encore qu&rsquo;ils le fassent en s&rsquo;appuyant sur les mauvais penchants de l&rsquo;homme : il faut pouvoir canaliser les passions dira Hume, ce qui ipso facto d\u00e9valorisait toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la moralit\u00e9. D&rsquo;o\u00f9 ce projet de la science de donner \u00e0 ceux qui savent et \u00e0 eux seuls le droit (moral) de juger des actions \u00e0 r\u00e9aliser. Mais d&rsquo;o\u00f9 aussi ce parti pris th\u00e9orique de ne consid\u00e9rer les hommes que dans la seule recherche de leur int\u00e9r\u00eat mat\u00e9riel : l&rsquo;<i>homo oeconomicus<\/i>. On est bien s\u00fbr ici aux sources des id\u00e9ologies qui deviendront h\u00e9g\u00e9moniques au XX\u00e8me si\u00e8cle <\/p>\n<p>On ne sera donc pas surpris : c&rsquo;est Smith qui, apr\u00e8s Hume,  l\u00e8vera le premier cet \u00e9tendard. Mais il \u00e9tait encore trop t\u00f4t. En fait ce sont Marx et Comte qui auront le plus fait pour cette id\u00e9e (JS Mill p\u00e8re de \u00ab\u00a0l&rsquo;homo oeconomicus\u00a0\u00bb est un disciple d&rsquo; A Comte) : l&rsquo;\u00e9cho de tels auteurs va cr\u00e9er le terreau sur lequel les sciences sociales modernes vont se d\u00e9velopper.  Et avec elles ces deux id\u00e9es si ancr\u00e9es chez les intellectuels qu\u2019ils les croient naturelles (avec la morgue qui convient pour le \u00ab bon peuple \u00bb) : \u00ab\u00a0qu\u2019\u00e9conomie et politique n\u2019ont rien \u00e0 \u00e0 voir avec la morale \u00bb (\u00ab\u00a0je suis un amoraliste\u00a0\u00bb dira Keynes)&#8230; et que \u00ab la voix du peuple, quand on l\u2019\u00e9coute ne m\u00e8ne qu\u2019au populisme \u00bb \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De telles id\u00e9es sont largement admises de nos jours et l\u00e0 aussi elles semblent naturelles. Mais comme pour le march\u00e9 il faut bien voir qu&rsquo;elles sont dat\u00e9es et m\u00eame plus : historiquement erron\u00e9es. Quoi qu&rsquo;il en soit et si on les accepte, alors il faut en accepter la contrepartie : au mieux il est vain, au pire liberticide de vouloir introduire de la morale dans l&rsquo;\u00e9conomie. <\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9cho de la th\u00e8se de Paul Jorion<\/strong><\/p>\n<p>La boucle est alors tout pr\u00e8s d&rsquo;\u00eatre boucl\u00e9e et c&rsquo;est par l\u00e0 que je voudrais conclure. Car en d\u00e9fendant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;institution \u00e9conomique, en le faisant au nom de la raison (du bon sens) et plus encore \u00ab de l\u2019\u00e9thique \u00bb, Paul Jorion s&rsquo;est de nouveau inscrit dans notre tradition institutionnelle. Il l&rsquo;a m\u00eame reprise &#8211; par  sa critique de la sp\u00e9culation \u2013 l\u00e0 o\u00f9 elle s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e (et ou Milton Friedman avait lui-m\u00eame \u00e9chou\u00e9).<\/p>\n<p>Il ne faut pas chercher ailleurs l&rsquo;origine de l&rsquo;\u00e9cho qu&rsquo;il a re\u00e7u : ce n&rsquo;est pas tant l&rsquo;individu, ni m\u00eame son c\u00f4t\u00e9 proph\u00e9tique qui ont pu r\u00e9sonner. C\u2019est cet ancrage dans notre tradition de pens\u00e9e \u00e0 laquelle inconsciemment nous sommes attach\u00e9s&#8230; et dont on sent confus\u00e9ment que nous l&rsquo;avons oubli\u00e9e.  <\/p>\n<p>Reste alors \u00e0 cheminer sur cette voie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans cet article je voudrais contribuer au d\u00e9bat sur la constitution \u00e9conomique \u00e0 partir d&rsquo;un travail ant\u00e9rieur \u2013 rest\u00e9 assez confidentiel, soyons honn\u00eate &#8211; o\u00f9 justement je d\u00e9fendais cette id\u00e9e de (r\u00e9)institutionnalisation de l&rsquo;\u00e9conomie. 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