{"id":4746,"date":"2009-11-08T19:52:24","date_gmt":"2009-11-08T18:52:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=4746"},"modified":"2009-11-08T19:52:24","modified_gmt":"2009-11-08T18:52:24","slug":"la-hongrie-hier-et-aujourd%e2%80%99hui-par-auspitz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/11\/08\/la-hongrie-hier-et-aujourd%e2%80%99hui-par-auspitz\/","title":{"rendered":"La Hongrie hier et aujourd\u2019hui, par Auspitz"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong> LA HONGRIE HIER ET AUJOURD\u2019HUI<\/strong> <\/p>\n<p>En R\u00e9publique Populaire, le Parti ne demandait qu\u2019une chose au camarade-citoyen : qu\u2019il se rende chaque jour sur son lieu de travail. Ayant accompli ce devoir, l\u2019Etat-Parti le prenait en charge jusqu\u2019\u00e0 la fin de ses jours, par le versement d\u2019une somme mensuelle. \u00ab \u00c0 chacun selon ses besoins \u00bb.<\/p>\n<p>Dans ces pays de l\u2019ancienne sph\u00e8re communiste, il n\u2019y avait pas de ch\u00f4mage : tout le monde \u00e9tait affect\u00e9 quelque part, on lui demandait de s\u2019y rendre, et au moins on savait o\u00f9 il se trouvait ; il n\u2019y avait pas de ch\u00f4mage, ni d\u2019allocation ch\u00f4mage : tout appartenait \u00e0 l\u2019Etat. Il importait peu de savoir d\u2019o\u00f9 venait l\u2019argent, d\u2019une entreprise, d\u2019une administration, ou d\u2019une caisse d\u2019allocation : comme de toute fa\u00e7on, il n\u2019y avait pas de comptabilit\u00e9, \u00e7a n\u2019avait aucune importance. Tout le monde \u00e9tait affect\u00e9 quelque part, et il y avait parfois 4 personnes pour le m\u00eame poste de travail. Une chose \u00e9tait s\u00fbre : il n\u2019y avait pas de ch\u00f4mage au sens o\u00f9 nous l\u2019entendons.<\/p>\n<p>Personne n\u2019avait de raison de tra\u00eener dans la rue, puisqu\u2019il \u00e9tait \u00ab occup\u00e9 \u00bb sur son lieu de travail. Le brave clochard parisien n\u2019existait pas \u00e0 Budapest ; on ne le rencontrait que dans des films, jamais dans la rue ; il aurait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00eatre antisocial, devant \u00eatre soign\u00e9 en h\u00f4pital psychiatrique, ou en camp d\u2019internement. J\u2019en ai pourtant crois\u00e9 dans les rues, au d\u00e9but des ann\u00e9es 70 : des personnalit\u00e9s d\u00e9truites par la r\u00e9pression de la r\u00e9volution de 1956.<\/p>\n<p>Le sans-logis, en hongrois <i>hajl\u00e9ktalan<\/i>, n\u2019est vraiment apparu dans le paysage qu\u2019avec le changement de r\u00e9gime et le retour du capitalisme ; il est m\u00eame consid\u00e9r\u00e9, dans certains milieux, comme une des caract\u00e9ristiques du capitalisme, et le signe de son d\u00e9clin.<\/p>\n<p><!--more-->Les gouvernements n\u2019ont pas su de quelle fa\u00e7on traiter le probl\u00e8me, et maintenant, les digues sont rompues ; on trouve les clochards dans tous les parcs et jardins publics, dans toutes les stations de m\u00e9tro \u2013 surtout les plus importantes : celles qui ont une correspondance avec une grande gare, comme la gare de l\u2019Est, (<i>keleti p\u00e0lyaudvar<\/i>) ou la gare du Midi,(<i>d\u00e9li p\u00e0lyaudvar<\/i>). <\/p>\n<p>On les retrouve dans les passages souterrains qui servent \u00e0 traverser les grandes avenues, et o\u00f9 souvent, il y a aussi une station de m\u00e9tro, ils sont \u00e9tendus sur des vieux matelas, des cartons, parfois, il faut presque les enjamber. On estime qu\u2019il y a entre 50 et 60 000 personnes dans cette situation mais leur nombre ne va pas aller en diminuant, puisqu\u2019un million de foyers se trouvent en retard avec des dettes de plus de 6 mois, soit \u00bc des m\u00e9nages. Juste avant la rue, certains habitent encore chez des amis ou bien dans des locaux qui ne sont pas des logements, tout \u00e7a dans un contexte de grande pr\u00e9carit\u00e9.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne est apparu d\u00e8s la chute du communisme : des pans entiers de l\u2019industrie ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s, et les salari\u00e9s se sont retrouv\u00e9s dehors, sans aucun droit, puisqu\u2019il n\u2019existait aucun couverture sociale du ch\u00f4mage. Dans certains cas, les activit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9es par des grands groupes comme Danone ou Lafarge, et les usines imm\u00e9diatement ferm\u00e9es pour \u00e9liminer un concurrent.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9carit\u00e9 est le r\u00e9sultat d\u2019un effet de ciseaux entre des revenus qui diminuent, blocage des salaires depuis 2 ans, suppression de toutes les primes du genre 13\u00e8me mois, diminution des retraites, et l\u2019augmentation du co\u00fbt d\u2019entretien du logement, essentiellement les charges. Incapables de faire face, ils sont chass\u00e9s de chez eux, et se retrouvent \u00e0 la rue, du fait de la disparition du lien familial et social.<\/p>\n<p>Soumises \u00e0 une angoisse extr\u00eame, ces personnes se r\u00e9fugient alors dans l\u2019alcoolisme et se retrouvent en peu de temps irr\u00e9cup\u00e9rables pour la soci\u00e9t\u00e9. Il existe des centres d\u2019accueil et de soins, surtout pour les malades, mais aucune r\u00e9habilitation n\u2019est constat\u00e9e ; en tout cas, les responsables de ces centres consid\u00e8rent comme un point positif de pouvoir d\u00e9j\u00e0 approcher ces personnes et de rendre compte de la situation.<\/p>\n<p>Il est bien \u00e9vident qu\u2019au-del\u00e0 de cette souffrance humaine, une \u00e9conomie ne peut pas fonctionner dans de telles conditions, sans parler de l\u2019image que l\u2019on offre aux touristes du monde entier qui viennent visiter une des belles capitales de l\u2019Europe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong> LA HONGRIE HIER ET AUJOURD\u2019HUI<\/strong> <\/p>\n<p>En R\u00e9publique Populaire, le Parti ne demandait qu\u2019une chose au camarade-citoyen : qu\u2019il se rende chaque jour sur son lieu de travail. 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