{"id":49069,"date":"2013-01-15T16:15:56","date_gmt":"2013-01-15T15:15:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=49069"},"modified":"2013-01-15T16:16:53","modified_gmt":"2013-01-15T15:16:53","slug":"avances-interets-et-dividendes-par-marian-wielezynski","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/01\/15\/avances-interets-et-dividendes-par-marian-wielezynski\/","title":{"rendered":"<b>AVANCES, INT\u00c9R\u00caTS ET DIVIDENDES<\/b>, par Marian Wielezynski"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft sJe n'ai aucune responsabilit\u00e9 dans le choix du titre.ize-full wp-image-41200\" title=\"Mis\u00e8re - Couverture\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\" width=\"160\" height=\"245\" \/><\/a><\/p>\n<blockquote><p>\u00c0 propos de <strong>Mis\u00e8re de la pens\u00e9e \u00e9conomique<\/strong> (Fayard 2012). A paru dans la revue <a href=\"http:\/\/www.cadrescfdt.fr\/la-revue-0012\" target=\"_blank\">Cadres (CFDT)<\/a>, N\u00b0 452, d\u00e9cembre 2012<\/p><\/blockquote>\n<p>Un soir, sur un plateau t\u00e9l\u00e9, Paul Jorion se trompe et confond Dick Rivers avec Eddy Mitchell. Mortifi\u00e9, il raconte (p. 35) la g\u00eane qu&rsquo;il \u00e9prouve face \u00e0 cette confusion. Selon lui, face \u00e0 la crise \u00e9conomique actuelle, la m\u00eame sorte de honte devrait submerger les acteurs financiers et agir comme une boucle de r\u00e9troaction qui imposerait l&rsquo;apprentissage de comportements plus vertueux. Mais le silence assourdissant de la \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb \u00e9conomique n&rsquo;offre aucun remords possible ni d\u2019autre alternative que le rejet sans appel du capitalisme. Nous devons refuser un monde o\u00f9 \u00ab\u00a0la machine \u00e0 concentrer la richesse\u00a0\u00bb, actionn\u00e9e par des financiers ultra-cupides, tourne \u00e0 \u00ab\u00a0tr\u00e8s haute fr\u00e9quence\u00a0\u00bb. Paul Jorion d\u00e9plore l&rsquo;aveuglement des acteurs sans scrupules de cette course insens\u00e9e et en tient pour responsable la \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb \u00e9conomique. Celle-ci est aux abonn\u00e9s absents quand on a besoin d&rsquo;elle. Elle est un \u00ab\u00a0syst\u00e8me de croyance ferm\u00e9, bien plus proche d&rsquo;une religion que d&rsquo;une science\u00a0\u00bb (page 169). Elle interdit m\u00eame l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 de sa r\u00e9futation et ses propositions dispara\u00eetront avec elle.<\/p>\n<p><!--more-->Cet ouvrage s&rsquo;inscrit dans une s\u00e9rie de textes d&rsquo;\u00e9conomie dont la publication commence en 2006. D\u00e8s cette p\u00e9riode d&rsquo;avant-crise, apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d&rsquo;exercice professionnel dans des soci\u00e9t\u00e9s financi\u00e8res am\u00e9ricaines, Paul Jorion d\u00e9nonce la mauvaise qualit\u00e9 du savoir \u00e9conomique et le \u00ab\u00a0d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb par l&rsquo;ensemble de <i>l&rsquo;establishment<\/i>, \u00e0 commencer par Alan Greenspan, pr\u00e9sident de la <i>Federal<\/i> <i>Reserve<\/i>. On nie l&rsquo;existence de \u00ab\u00a0bulles financi\u00e8res\u00a0\u00bb, par exemple, et l\u2019on \u00ab\u00a0assure\u00a0\u00bb contre des risques logiquement inassurables, comme \u00ab\u00a0l&rsquo;improbable baisse des prix de l&rsquo;immobilier\u00a0\u00bb. Cette d\u00e9n\u00e9gation des faits observ\u00e9s est en r\u00e9alit\u00e9 cong\u00e9nitale \u00e0 la pens\u00e9e \u00e9conomique dominante qui a toujours refus\u00e9 l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 de la surproduction g\u00e9n\u00e9rale. Paul Jorion s&rsquo;inscrit, au contraire, dans la longue lign\u00e9e des \u00e9conomistes qui, depuis Sismondi (1773-1842) d\u00e9noncent le d\u00e9calage entre ce que pr\u00e9voit la th\u00e9orie (l&rsquo;offre cr\u00e9e la demande) et ce que montre la r\u00e9alit\u00e9 (le gaspillage et la d\u00e9flation). Les cons\u00e9quences funestes des d\u00e9cisions mal fond\u00e9es s\u2019aggravent aujourd\u2019hui et ne peuvent trouver de solutions ailleurs que dans la solidarit\u00e9 plan\u00e9taire. La distribution des revenus doit \u00eatre soumise \u00e0 l\u2019\u00e9thique. Mais pr\u00e9cis\u00e9ment, dans le domaine financier, que Paul Jorion conna\u00eet si bien, il est un concept que la \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb \u00e9conomique a du mal \u00e0 \u00e9lucider, et que Paul Jorion nous aide cependant, indirectement, \u00e0 appr\u00e9hender\u00a0: le concept de profit.<\/p>\n<p>Pour payer des dividendes, il faut avoir fait des profits. Cela signifie que les dividendes n&rsquo;\u00e9taient pas disponibles quand les profits ont pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s sur les march\u00e9s. Ce qui veut dire aussi que ceux qui n&rsquo;ont que leurs dividendes pour vivre, &#8211; Paul Jorion ne les porte pas dans son c\u0153ur-, se payent des dividendes d&rsquo;avance pour participer aux activit\u00e9s de march\u00e9 et satisfaire leurs besoins. Si ces avances ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour acqu\u00e9rir des biens (de luxe), des services ou des syst\u00e8mes, elles sont devenues elles-m\u00eames, dans le meilleur des cas, des profits pour l\u2019ensemble des producteurs de ces biens, de ces services et de ces syst\u00e8mes. Si elles ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es, en revanche, de fa\u00e7on t\u00e9m\u00e9raire pour alimenter les enjeux des paris sur les titres financiers imagin\u00e9s par les comptables cr\u00e9atifs de la \u00ab\u00a0haute finance\u00a0\u00bb, observ\u00e9s par Paul Jorion, elles ont manqu\u00e9 au march\u00e9 r\u00e9el des biens, services et syst\u00e8mes, et donc par leur d\u00e9faut, elles ont pu engendrer du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>Notre auteur se tient depuis longtemps aux premi\u00e8res loges pour constater que les d\u00e9p\u00f4ts dans les banques ne sont pas tous d&rsquo;une qualit\u00e9 irr\u00e9prochable. Il voit bien qu&rsquo;une part non n\u00e9gligeable de ces montants ne provient pas de ventes sur des march\u00e9s r\u00e9els, mais de recettes anticip\u00e9es que l&rsquo;on utilise sans vergogne avant leur constatation r\u00e9elle, pour parier sur des chim\u00e8res financi\u00e8res. Il dit que ces avances sont compens\u00e9es par des int\u00e9r\u00eats ou des dividendes (p. 237). Or, ces deux revenus singuliers du capital ne sont pas assimilables les uns aux autres. Les int\u00e9r\u00eats sont n\u00e9goci\u00e9s par contrat et entrent dans le co\u00fbt de production. Les dividendes, eux, sont le partage d&rsquo;un profit r\u00e9alis\u00e9 au pr\u00e9alable, alors qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas disponibles en tant que tels. Il en r\u00e9sulte que les profits r\u00e9alis\u00e9s ne sont pas syst\u00e9matiquement les profits esp\u00e9r\u00e9s. Parfois ils sont meilleurs que pr\u00e9vus, parfois ils sont moins bons. En fait, les profits r\u00e9alis\u00e9s sont probablement \u00e9gaux aux dividendes avanc\u00e9s (dont on ignore tout, dans la finance moderne). La confusion entre int\u00e9r\u00eats et dividendes, \u00e0 laquelle tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9conomistes \u00e9chappent, s\u00e9vit \u00e0 travers la pens\u00e9e \u00e9conomique depuis Jean-Baptiste Say (1767-1832), et c&rsquo;est bien ce qui la rend si mis\u00e9rable.<\/p>\n<p>Dans le cas tr\u00e8s pr\u00e9cis d&rsquo;une erreur de mod\u00e9lisation constat\u00e9e dans sa pratique professionnelle, Paul Jorion met en lumi\u00e8re l&rsquo;absence d&rsquo;une variable repr\u00e9sentative du profit du vendeur dans les composantes du prix (p. 100). Il s&rsquo;agit du march\u00e9 des options, mais la remarque est valable pour tout \u00e9change \u00e9conomique. Tout se passe comme si l&rsquo;acheteur acceptait de payer un prix en \u00ab\u00a0avan\u00e7ant\u00a0\u00bb sur ses propres ressources futures, et sans passer par l\u2019emprunt bancaire, la monnaie qui le rend propri\u00e9taire de ce que vend le vendeur. Celui-ci ignore qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00ab\u00a0avance\u00a0\u00bb, dont il b\u00e9n\u00e9ficie. Et il comptabilise son gain comme une marge qu&rsquo;il s&rsquo;approprie d\u00e9finitivement, sans le savoir, de mani\u00e8re abusive. Avec la financiarisation de l&rsquo;\u00e9conomie, le banquier est plus particuli\u00e8rement avantag\u00e9 dans cette situation d&rsquo;accaparement des avances. Paul Jorion fait son enqu\u00eate sur le traitement par les confr\u00e8res de cette erreur par omission concernant les composantes du prix dans le mod\u00e8le utilis\u00e9 (Black et Scholes, Prix Nobel) et constate que tout le monde conna\u00eet cette erreur, mais que tout le monde s&rsquo;en moque. Le contexte \u00e9conomique est tellement favorable que les pertes r\u00e9sultant d\u2019erreurs se noient dans un oc\u00e9an de profits. Or, cette erreur micro\u00e9conomique est l&rsquo;exact reflet de l&rsquo;illusion macro\u00e9conomique qui consiste \u00e0 croire, comme les ultralib\u00e9raux ne cessent de le proclamer, que la production cr\u00e9e sa propre consommation, de mani\u00e8re exactement \u00e9quilibr\u00e9e, si elle n\u2019est pas entrav\u00e9e par l\u2019\u00c9tat. Ce qui est faux puisque les dividendes ne sont pas disponibles au moment de la production.<\/p>\n<p>Lorsque cette erreur sera enfin r\u00e9fut\u00e9e s\u00e9rieusement, la pens\u00e9e \u00e9conomique acc\u00e9dera aux premi\u00e8res marches du perron qui m\u00e8ne au statut de science. Que Paul Jorion ne perde pas espoir\u00a0!<\/p>\n<p>On ne prendra plus alors les <i>chats sauvages<\/i> pour des <i>chaussettes noires<\/i>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft sJe n'ai aucune responsabilit\u00e9 dans le choix du titre.ize-full wp-image-41200\" title=\"Mis\u00e8re - Couverture\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Mis\u00e8re-Couverture.png\" width=\"160\" height=\"245\" \/><\/a><\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00c0 propos de <strong>Mis\u00e8re de la pens\u00e9e \u00e9conomique<\/strong> (Fayard 2012). A paru dans la revue <a href=\"http:\/\/www.cadrescfdt.fr\/la-revue-0012\" target=\"_blank\">Cadres (CFDT)<\/a>, N\u00b0 452, d\u00e9cembre 2012<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un soir, sur un plateau t\u00e9l\u00e9, Paul Jorion se trompe et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,6],"tags":[2082,972,781],"class_list":["post-49069","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-questions-essentielles","tag-misere-de-la-pensee-economique","tag-dividendes","tag-interets"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=49069"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49069\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":49076,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49069\/revisions\/49076"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=49069"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=49069"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=49069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}