{"id":49910,"date":"2013-02-10T10:17:48","date_gmt":"2013-02-10T09:17:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=49910"},"modified":"2013-02-10T10:18:16","modified_gmt":"2013-02-10T09:18:16","slug":"forfaiture-par-rabaa-ben-achour-abdelkefi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/02\/10\/forfaiture-par-rabaa-ben-achour-abdelkefi\/","title":{"rendered":"<b>FORFAITURE<\/b>, par Rab\u00e2a Ben Achour-Abdelk\u00e9fi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. A paru initialement dans <a href=\"http:\/\/www.lapresse.tn\/07022013\/62358\/forfaiture.html\">La Presse.tn<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le 17 d\u00e9cembre 2010, \u00e0 Sidi Bouzid, un marchand ambulant s&rsquo;immole par le feu. Un agent municipal, une femme rigoureuse et sans histoire, lui aurait confisqu\u00e9 son gagne-pain, l&rsquo;aurait bouscul\u00e9 et peut-\u00eatre m\u00eame gifl\u00e9. Acte de r\u00e9volte ou de d\u00e9sespoir ? Le marchand s&rsquo;immole par le feu. Beaucoup de jeunes ch\u00f4meurs, comme lui et avant lui, se sont asperg\u00e9s d&rsquo;essence, ont activ\u00e9 leurs briquets, se sont consum\u00e9s. Le suicide est devenu banal. Mais Mohamed Bouazizi, lui, a d\u00e9sign\u00e9 les coupables de son mal-\u00eatre. Il est mort devant la mairie. Il a d\u00e9voil\u00e9 l&rsquo;envers d&rsquo;un d\u00e9cor de pacotille. La pauvret\u00e9 et le ch\u00f4mage des dipl\u00f4m\u00e9s frappent d\u00e9sormais en pleine figure. Il n&rsquo;est plus possible d&rsquo;\u00eatre aveugle et pour y voir clair, il suffit d&rsquo;aller devant soi, par-del\u00e0 les boulevards de l&rsquo;Environnement, de l&rsquo;Excellence ou de la Qualit\u00e9 de la vie. Ce n&rsquo;est pas une plaisanterie, ce sont de vrais noms de rues. On les retrouve dans toutes les villes. Le pays a eu pourtant de grandes cit\u00e9s, des \u00e9crivains, des artistes, des hommes d&rsquo;\u00c9tat, des princes et des militants. Mais on n&rsquo;aime que ce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas : l&rsquo;environnement, l&rsquo;excellence et la qualit\u00e9 de la vie. O\u00f9 que vous soyez, sur la c\u00f4te ou \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres, parcourez cinq cents m\u00e8tres, un kilom\u00e8tre tout au plus, et vous vous retrouverez dans un de ces quartiers d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s o\u00f9 une jeunesse livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame et d\u00e9sabus\u00e9e en arrive \u00e0 la d\u00e9linquance et \u00e0 la prostitution.<\/p>\n<p>Par sa violence et son imm\u00e9diatet\u00e9 comme par sa valeur symbolique, le geste de d\u00e9sob\u00e9issance absolue du jeune homme, a rendu aux Tunisiens le droit de se r\u00e9volter. Nul ne condamne son suicide, pas m\u00eame les islamistes, car en s&rsquo;immolant il a reconquis l&rsquo;espace des libert\u00e9s confisqu\u00e9es et fond\u00e9, \u00e0 son insu, une conscience politique et une solidarit\u00e9 nationale in\u00e9dites.<\/p>\n<p><!--more-->En d\u00e9cembre 2010, les r\u00e9gions int\u00e9rieures du pays se soul\u00e8vent. La police de Ben Ali frappe fort. Les bless\u00e9s et les morts se comptent par centaines. La r\u00e9volte s&rsquo;intensifie, la gr\u00e8ve est g\u00e9n\u00e9rale, le couvre-feu est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 mais des manifestations s&rsquo;organisent \u00e0 Sfax puis \u00e0 Tunis. Le 14 janvier, le pouvoir vacille et tombe.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, \u00e0 Tunis, durant pr\u00e8s de quatre heures, jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 la police a lanc\u00e9 des bombes lacrymog\u00e8nes, s&rsquo;est ru\u00e9e sur eux, les a pourchass\u00e9s dans les ruelles et les refuges qui s&rsquo;offraient \u00e0 eux, les manifestants ont v\u00e9cu un moment magique. Tunis leur appartenait et le temps n&rsquo;avait plus que la mesure de leur marche jubilatoire. Soudainement conscients de leur force et d\u00e9barrass\u00e9s de la peur qui les engourdissait, ils ont recouvr\u00e9, dans un acte de r\u00e9volte que ne venait alt\u00e9rer aucune tension partisane ou id\u00e9ologique, une libert\u00e9 qui, pour \u00eatre le fondement m\u00eame de l&rsquo;humain, ne leur en \u00e9tait pas moins \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>Au mois de janvier 2011, apr\u00e8s la fuite du pr\u00e9sident Ben Ali et de certains membres de sa famille, un esprit civique, jusque-l\u00e0 inconnu, se r\u00e9v\u00e8le. Dans les villes de Tunisie que prot\u00e8gent les comit\u00e9s de vigilance, les clients ne se bousculent pas devant les magasins o\u00f9 d\u00e9j\u00e0 manquent des denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, les conducteurs respectent la signalisation, ne klaxonnent plus et ne s&rsquo;insultent plus. Les citoyens veillent \u00e0 la propret\u00e9 de leur ville, \u00e0 la bonne marche des cours dans les \u00e9coles et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de leurs voisins.<\/p>\n<p>Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 ? Comment expliquer cette soudaine \u00e9mergence de la conscience citoyenne ?<\/p>\n<p>La r\u00e9volution n&rsquo;a pas eu pas de chef et les Tunisiens ont cru, pendant un court laps de temps, en une coh\u00e9sion sociale jusque-l\u00e0 inconnue. Personne, pensaient-ils, n&rsquo;allait plus jamais leur confisquer leurs droits de citoyens libres. Tant qu&rsquo;ils avaient le sentiment de constituer une unit\u00e9 indivisible dans sa diversit\u00e9, ils se sont comport\u00e9s en vrais citoyens. Mais la politique a vite repris ses droits et op\u00e9r\u00e9 des d\u00e9coupages : les id\u00e9ologies ont ressurgi, s\u00fbres d&rsquo;elles-m\u00eames et des v\u00e9rit\u00e9s qu&rsquo;elles s&rsquo;imaginent v\u00e9hiculer, les int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels des uns et les ambitions des autres ont refait surface et la corruption, le n\u00e9potisme et le client\u00e9lisme que l&rsquo;on croyait \u00e0 jamais enterr\u00e9s, sont r\u00e9apparus toujours aussi d\u00e9moniaques. L&rsquo;unit\u00e9 s&rsquo;est rompue, la solidarit\u00e9 s&rsquo;est \u00e9mouss\u00e9e et l&rsquo;indiscipline a \u00e9merg\u00e9. Le pays s&rsquo;est embras\u00e9 \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Les Tunisiens n&rsquo;\u00e9taient pas, en effet, encore revenus de leur \u00e9merveillement, de leur fiert\u00e9 d&rsquo;avoir gagn\u00e9 l&rsquo;estime du monde, quand ils voient appara\u00eetre, d\u00e8s le mois de f\u00e9vrier 2011, timidement d&rsquo;abord, puis avec force et arrogance, les drapeaux noirs, les mines mena\u00e7antes, les discours de haine et la violence. Les quartiers r\u00e9serv\u00e9s, puis les synagogues, puis les femmes et enfin les artistes, les intellectuels, les journalistes sont les cibles des attaques dites salafistes. Ces derniers dressent la liste des ren\u00e9gats \u00e0 abattre. Elle est longue et se charge chaque jour de nouveaux noms. Dans certaines mosqu\u00e9es, des imams autoproclam\u00e9s appellent au meurtre des pr\u00e9sum\u00e9s ennemis de l&rsquo;islam : les d\u00e9fenseurs des droits de l&rsquo;homme, les la\u00efcs, les cin\u00e9astes, les plasticiens, les sportifs, les hommes politiques, les bloggeurs et les caricaturistes, tous trait\u00e9s de supp\u00f4ts du sionisme et de francophones inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9t\u00e9 2011, le pays se pr\u00e9pare aux \u00e9lections de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale constituante. Un calme pr\u00e9caire s&rsquo;installe comme par enchantement. Les extr\u00e9mistes religieux se terrent. Leur retraite est strat\u00e9gique, elle ne va durer que quelques semaines. La diffusion du film Pers\u00e9polis de Marjane Satrapi par Nessma TV sert de pr\u00e9texte \u00e0 leur d\u00e9cha\u00eenement. Des manifestations paralysent le pays. On lance l&rsquo;anath\u00e8me sur le directeur de la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision et sur ceux, les d\u00e9mocrates en l&rsquo;occurrence, qui n&rsquo;ont vu dans la sc\u00e8ne jug\u00e9e impie que la na\u00efve repr\u00e9sentation de Dieu par une enfant. D\u00e8s lors, d\u00e9mocrates, la\u00efcs, m\u00e9cr\u00e9ants sont autant de synonymes. Le scrutin s&rsquo;en ressentira quelque peu. On ne vote pas pour les ennemis de Dieu !<\/p>\n<p>Avant m\u00eame d&rsquo;arriver au pouvoir, les nahdhaouis avaient donn\u00e9 le ton : aucune tentative susceptible d&rsquo;entraver leur marche inexorable ne serait tol\u00e9r\u00e9e. L&rsquo;avertissement est clair et la menace s\u00e9rieuse. Tandis que leurs discours d\u00e9clament leur attachement \u00e0 la r\u00e9publique, \u00e0 la d\u00e9mocratie, au respect des lois, aux libert\u00e9s fondamentales, au code du statut personnel, leurs troupes et leurs sbires s&rsquo;insurgent contre les principes qui fondent l&rsquo;\u00c9tat de droit et agressent ceux qui pr\u00e9tendent les d\u00e9fendre, partis politiques, syndicats, associations, ou simples citoyens.<\/p>\n<p>Forts de leur fulgurante arriv\u00e9e au pouvoir par la voie d\u00e9mocratique et galvanis\u00e9s par leur victoire, les nouveaux gouvernants du parti Ennahdha laissent transpara\u00eetre des signes tangibles de leur volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie de leur parti sur leurs partenaires de la tro\u00efka, le Parti du congr\u00e8s pour la R\u00e9publique et Ettakatol, sur les institutions de l&rsquo;\u00c9tat et sur la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne tout enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Alors que l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale constituante tente laborieusement de poser les bases d&rsquo;une improbable d\u00e9mocratie, dans certaines mosqu\u00e9es, les extr\u00e9mistes religieux \u00e9noncent les principes fondateurs d&rsquo;un nouvel ordre moral qui prohibe la pens\u00e9e, l&rsquo;art, la mixit\u00e9, l&rsquo;amour, la culture, l&rsquo;ouverture aux autres et d\u00e9nient aux Tunisiens le droit de rire et d&rsquo;aimer la vie. \u00c9purer, assainir, supprimer, bannir, \u00e9radiquer, tuer pour mourir enfin, telles sont les actions qui m\u00e8nent au paradis. Fascin\u00e9s par la mort, ils consid\u00e8rent la vie comme un passage oblig\u00e9, comme un incessant combat contre le bonheur et la joie. Aussi ne pleurent-ils pas les morts et privent-ils les enfants de leur insouciance. La distraction n&rsquo;est pas autoris\u00e9e, ils ne peuvent oublier, serait-ce que le temps d&rsquo;un sourire, d&rsquo;invoquer Dieu et son proph\u00e8te. Leurs amours m\u00eames sont \u00e9ph\u00e9m\u00e8res et, si elles sont religieusement l\u00e9galis\u00e9es par un contrat de mariage \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e (mariage orfi), elles ne durent que le temps d&rsquo;un accouplement.<\/p>\n<p>Les islamistes ont leurs milices. On les appelle pompeusement \u00ab ligues de protection de la r\u00e9volution \u00bb. Leur r\u00f4le est de veiller au respect des r\u00e8gles \u00e9dict\u00e9es par leurs pairs et de condamner les contrevenants. Ces milices sillonnent le pays, l&rsquo;\u0153il mauvais et le b\u00e2ton \u00e0 la main, et s&#8217;emparent des espaces publics, rues, places, universit\u00e9s et lyc\u00e9es. Elles d\u00e9vastent les locaux de l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs tunisiens, des radios et des t\u00e9l\u00e9visions ou de certains partis politiques jug\u00e9s encombrants, saccagent les d\u00e9bits de boissons alcoolis\u00e9s et les bars, agresse les couples, frappe les opposants, en tue un quand il le faut.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la force du poing, du b\u00e2ton et de l&rsquo;arme blanche ne suffit pas. On recourt aussi au feu, lui seul peut \u00e9radiquer les racines du mal absolu : l&rsquo;Histoire. Notre histoire est pour eux un lourd fardeau, elle t\u00e9moigne de la diversit\u00e9 des civilisations, de leur d\u00e9cadence, de leur disparition mais aussi de leur survivance dans les livres, dans l&rsquo;artisanat, dans l&rsquo;art, architecture, calligraphie, peinture, th\u00e9\u00e2tre et po\u00e9sie, dans les coutumes et les traditions.<\/p>\n<p>Sur la terre br\u00fbl\u00e9e, terre sans \u00e2me et sans m\u00e9moire, les islamistes se pr\u00e9parent \u00e0 fonder un empire \u00e9ternel, o\u00f9 ne sera lu qu&rsquo;un livre unique, le Coran, duquel sera bannie toute ex\u00e9g\u00e8se, toute lecture, toute interpr\u00e9tation. Un islam purifi\u00e9 par le feu, d\u00e9barrass\u00e9 de ses \u00e9coles juridiques, de ses th\u00e9ologiens et de ses penseurs verra le jour. Une nouvelle langue, \u00e9trang\u00e8re \u00e0 nos pratiques linguistiques, ronflante et redondante, remplacera notre dialecte tunisien que souillent tout un substrat berb\u00e8re, des mots d&rsquo;italien, de fran\u00e7ais, de turc, d&rsquo;espagnol et m\u00eame de grec. Un nouvel accoutrement qui masque le corps des femmes comme celui des hommes sous robes, niqabs, barbes, bonnets et foulards chassera le diable s\u00e9ducteur.<\/p>\n<p>L&rsquo;islam r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, unifi\u00e9, unique et \u00e9ternel n&rsquo;a pas de m\u00e9moire. Ni Ph\u00e9niciens, ni Byzantins, ni Romains, ni Omeyyades, ni Aghlabides, ni Fatimides, ni Zirides, ni Almohades, ni Turcs, le culte des anc\u00eatres m\u00eame, fondement de la culture maghr\u00e9bine, est rejet\u00e9 comme une h\u00e9r\u00e9sie. On incendie les mausol\u00e9es et on profane les tombes. Dieu est un, sa parole est une, d\u00e9clament-ils. Nul ne peut discuter cette v\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re et quiconque tenterait de le faire est destin\u00e9 \u00e0 la mort. Et s&rsquo;ils se d\u00e9clarent ennemis des juifs et des chr\u00e9tiens, ils vouent une haine particuli\u00e8re aux musulmans qui pr\u00f4nent leur attachement \u00e0 tel ou tel rite. L&rsquo;islamisme ne repose pas sur une revendication identitaire, il s&rsquo;applique \u00e0 effacer toute diff\u00e9rence. Il se veut le conqu\u00e9rant du monde, un monde sans culture, o\u00f9 il r\u00e9gnera sans partage.<\/p>\n<p>M\u00eame un militant islamiste comme le cheikh Mourou est agress\u00e9 \u00e0 sa sortie de la mosqu\u00e9e de Jemmal. L&rsquo;\u00e9tonnement est g\u00e9n\u00e9ral. N&rsquo;est-il pas le vice-pr\u00e9sident du mouvement de la Nahdha et l&rsquo;un de ses fondateurs ? C&rsquo;est que ce militant de la premi\u00e8re heure commet, de temps \u00e0 autre, l&rsquo;insigne erreur d&rsquo;\u00e9mettre une pens\u00e9e personnelle. Un tel \u00e9cart ne peut demeurer impuni. La personne m\u00eame du cheikh est par ailleurs une offense aux militants de son parti : sa jebba, son turban, son accent, son humour, son urbanit\u00e9 qui t\u00e9moignent de sa tunisianit\u00e9 provoquent les foudres des d\u00e9fenseurs de l&rsquo;internationalisme islamiste.<\/p>\n<p>Le cheikh Mourou est malmen\u00e9 au moment m\u00eame o\u00f9 br\u00fblent les tombeaux des saints et les mausol\u00e9es. Est-ce un hasard ? Il serait na\u00eff de le croire.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9s au pouvoir par la voie des urnes, l\u00e9gitimes au regard des hommes et, croient-ils, au regard de Dieu, les islamistes ont un programme et un seul : ils m\u00e8nent une lutte, que justifient tous les moyens, contre la m\u00e9moire et contre l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>En se jouant de leurs alli\u00e9s de la tro\u00efka, en promettant monts et merveilles aux pauvres, aux ch\u00f4meurs, aux c\u00e9libataires, aux jeunes et aux vieillards, aux r\u00e9gions d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es, en embrigadant les enfants, en conservant un silence complice autorisant violence et mise \u00e0 mort des institutions, les islamistes posent les premiers jalons de la conqu\u00eate du pays, de la r\u00e9gion et du monde.<\/p>\n<p>Projet incertain qui va voir se lever devant lui la force \u00e9vidente de l&rsquo;Histoire et la r\u00e9sistance des Tunisiens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. 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